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Voter vrai

1er septembre 2012

par Mercédez Roberge

Le mal nommé « vote stratégique » que beaucoup encouragent actuellement est en fait un « vote faussé » puisqu’il ne désigne pas une véritable préférence.

Les partis politiques disent alors « votez pour moi, même si vous ne m’aimez pas », ajoutant même « faites que je sois majoritaire et je monopoliserai le pouvoir, même si je n’ai que 30%-40% des votes ».

J’ai toujours « voté vrai », même si cela signifiait que mon vote serait perdu, puisqu’il était évacué du résultat de ma circonscription et/ou de l’Assemblée nationale. Mais au moins, mon vote dirigeait un peu de financement public vers le parti respectant mes valeurs, et non vers un autre, et il rappelait que le pluralisme politique existe.

Nous envoyons un mauvais message en votant systématiquement autrement que selon nos convictions.

Actuellement, on ne peut pas se fier au nombre de votes accordés aux différents partis ; combien sont des appuis sincères et combien ne le sont pas ? Quel serait le paysage politique sans ces votes faussés à chaque élection ? Le financement public aurait eu quel effet sur le développement des partis et sur ce qu’on connaît d’eux ? Qui serait en avance dans les sondages ? Depuis combien de temps le système aurait-il cessé de travestir la volonté populaire pour enfin la transposer en un nombre équitable de sièges ?

Le mode de scrutin majoritaire est la cause du problème et c’est pour cela qu’il faut le remplacer par un système qui permettra de voter selon ses convictions, en désignant distinctement une personne pour représenter sa circonscription ET son parti préféré : cela s’appelle un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire.

Le résultat de ce changement sera l’obtention d’une Assemblée nationale issue du respect des votes exprimés, plutôt qu’uniquement grâce à la concentration des votes. Les partis y seront représentés selon ce que la population aura demandé, ni plus ni moins.

Conséquemment, la composition du gouvernement suivra cette même logique, ce qui signifiera que ses décisions devront tenir compte de la majorité de l’électorat.

Si toutes les personnes qui rêvent de changement soutenaient la campagne du Mouvement pour une démocratie nouvelle, les présentes élections seraient les dernières à desservir la démocratie.

Le 4 septembre, je vais voter vrai. C’est ma façon de résister le jour des élections. Tous les autres jours, je travaille à instaurer un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire.

* Mercédez Roberge a présidé le Mouvement pour une démocratie nouvelle de 2003 à 2010.

- Lire aussi : Pourquoi Québec solidaire souhaite-t-il un gouvernement minoritaire ?
- Sur le "vaisseau amiral" de la capitaine Marois

Montréal, 31 août 2012

Mis en ligne sur Sisyphe, le 1 septembre 2012

Mercédez Roberge


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