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samedi 20 mars 2004


L’avenir du CSF et du SCF
Un projet à situer dans la montée de la droite

par Christiane Ouellet






Écrits d'Élaine Audet



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Je suis militante depuis plus de 15 ans et, il faut bien le dire, je n’ai encore jamais vu de ressac aussi fulgurant depuis l’élection de ce nouveau gouvernement de droite. Il me semble, d’ailleurs, que l’on ne contextualise pas encore assez le présent débat autour de la réingénierie et des dangers de disparition du CSF et du Secrétariat à la condition féminine.

Contexte mondial : la droite partout

N’oublions pas que, non seulement cela s’inscrit dans un mouvement de droite ici au Québec avec cette élection d’un gouvernement extrêmement néolibéral, mais aussi dans un contexte mondial de virage à droite. Je ne comprends pas que des hommes et des femmes, très articulés, très sensibles aux phénomènes politiques, démontrant habituellement des analyses très justes, ne fassent pas plus le lien avec ce courant, cette vague de fond qui est en train de nous engloutir nous aussi.

La disparition du CSF et du Secrétariat à la condition féminine n’est que le résultat logique d’une contamination mondiale de la droite. Encore hier, un gouvernement de droite à été élu en Grèce. Comment peut-on ne pas s’inquiéter de ce qui se passe au Québec, de ce que l’on veut faire de la condition féminine, alors que l’on a des exemples à tous les jours de reculs subis dans de nombreux autres pays. Cela peut sembler alarmiste, ça ne l’est pas. Je suis bien consciente que l’on ne reviendra pas si loin derrière. Certains acquis seront très difficiles à nous enlever. Toutefois, ne nous leurrons pas sur les visées de ce gouvernement : l’amélioration des conditions de vie des femmes et l’égalité de fait entre les femmes et les hommes, cela n’a jamais été sa priorité et ne l’est toujours pas. Le lobby masculiniste, soutenu par des femmes qui malheureusement méconnaissent le mouvement des femmes, a fait son oeuvre.

Un discours démagogique sur le mouvement des femmes

Il y a tellement de démagogie dans ces discours, je n’en reviens toujours pas. On accuse les groupes de femmes et le mouvement des femmes d’avoir travaillé en vase clos et de s’être mis à dos les hommes. Les groupes de femmes et les femmes qui ont milité et revendiqué n’ont cessé de travailler avec des hommes. J’ai travaillé 15 ans dans un CALACS, centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle. J’ai travaillé pendant 15 ans avec des policiers, des travailleurs sociaux, des procureurs de la couronne, des médecins, des pères d’enfants abusés, des maris de femmes incestées. J’ai été sur des Tables de concertation où la majorité des membres étaient des hommes. J’ai fait partie de Conseils d’administration où la majorité des membres étaient des hommes. Je ne trouve pas du tout que j’ai travaillé en vase clos. Je ne trouve pas du tout que j’ai été continuellement en opposition aux hommes. Oui, j’ai été opposée à des comportements de certains hommes, j’ai été opposée à un système qui faisait des femmes des subordonnées, qui niait leur potentiel, qui ne les considérait pas comme des personnes à part entière. Oui, j’ai été frustrée devant des injustices, révoltée devant les violences au quotidien que des femmes doivent encore subir. Jamais je n’ai eu comme objectif de diviser les hommes et les femmes, bien au contraire.

Alors, quand je lis et j’entends qu’il est temps que les hommes et les femmes travaillent à une société égalitaire ensemble et que l’on doit associer les hommes à nos luttes, je me demande bien de quoi on parle. Moi, je trouve que l’on a associé les hommes où il fallait qu’il le soit. Que la nature de ces associations évoluent doucement, en prenant le temps de bien évaluer, de bien mesurer où elles sont utiles, voire nécessaires, et où elles ne sont pas efficaces. De nombreux hommes partagent cette vision.

Quand on parle du Conseil de l’égalité et dit qu’il faut travailler à l’égalité de fait... encore là, je ne comprends pas. Je croyais que depuis plus de 15 ans, c’était ce que je faisais très précisément ! !

Problèmes d’hommes

Le décrochage scolaire, le suicide chez les hommes, la violence .. voilà des préoccupations "nouvelles" qui touchent les hommes et, apparemment, pour lesquelles nous ne faisons rien. Je m’excuse, il se fait des choses et ces problèmes ne sont pas des nouveaux problèmes. Lisez Emile Durkeim (bien qu’il ait des thèses parfois assez sexistes), un des premiers chercheurs à faire le lien entre le suicide et le contexte socio-économique. Vous constaterez que le taux de suicide a toujours été plus élevé chez les hommes (et toujours de près de 80%) et ce depuis que l’on tient des statistiques, c’est-à-dire depuis la fin des année 1890 début 1900. Le féminisme n’était pas ce qu’il est aujourd’hui ; alors, de grâce, cessons de mettre sur le dos du mouvement des femmes la détresse vécue par les hommes.

Le décrochage scolaire, c’est un peu la même chose, les garçons ont toujours moins aimé l’école que les filles. On ne s’en rendait pas compte parce que les filles avaient moins accès à l’instruction.

La violence .. même lorsque ce sont des hommes qui sont victimes de violence, dans la grande majorité des cas, ce sont d’autres hommes qui leur font violence.

Je crois que l’on charie sur ces éléments parce que l’on a pas d’autres arguments pour essayer de prouver, de démontrer que les hommes vivent dans la marginalité la plus totale et que en plus on ne se soucient pas de leurs problèmes.

Je ne pense pas du tout qu’il ne faille rien faire pour résoudre et soulager la souffrance des hommes. Bien au contraire. Mais, on ne la soulagera pas si on n’en fait pas une analyse juste. Si l’analyse de ces problèmes est faussée par toutes sortes de mythes et de préjugés, de rancoeur et de résistances, les actions pour y remédier seront inefficaces ou auront des effets pervers sur d’autres groupes de la société, notamment les femmes.

Les hommes ont profité aussi des gains sociaux des femmes

Une dernière chose : de manière assez générale, et plusieurs hommes le confirmeront, les politiques ou mesures ou revendications obtenues par le mouvement des femmes et concernant l’amélioration des conditions de vie des femmes ont aussi eu des effets bénéfiques sur la condition des hommes, le plus souvent en leur permettant de ne pas se plier à des rôles rigides stéréotypés qui ne leur convenaient pas à eux non plus.


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Christiane Ouellet

Christiane Ouellet milite dans le mouvement des femmes depuis près de 20 ans. Elle a travaillé dans un CALACS pendant 15 ans et a enseigné au niveau collégial le cours Technique de travail social. Elle travaille actuellement dans le réseau de la santé et des services sociaux dans la région de l’Abitibi.



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