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lundi 11 janvier 2010
Des "mères en deuil" et des militantes arrêtées à Téhéran, par Élaine Audet

Après l’arrestation de plusieurs militantes féministes et des droits humains, les forces de sécurité ont arrêté une trentaine de "mères en deuil", qui protestaient à Téhéran contre la mort ou la disparition de leurs enfants lors des manifestations post-électorales, a indiqué le site du chef de l’opposition Mir Hossein Mousavi.

Interdiction de se rassembler

"Aujourd’hui (samedi) à environ 16h, nous nous trouvions dans le parc Laleh où il y avait une centaine de policiers (...) qui ne laissaient pas les mères s’asseoir sur les bancs ou se rassembler en groupes", déclare un témoin anonyme. "Les mères étaient environ 70 lorsque les forces de sécurité les ont chassées hors du parc. Certaines se sont échappées et une trentaine ont été arrêtées et mises de force dans une camionnette de police", a-t-il ajouté. Le site de l’opposition indique qu’elles ont été conduites dans un commissariat, sans autre précision.

La mort de Neda, un symbole

Selon le site des "mères en deuil", leurs enfants ont été tués ou sont portés disparus dans les manifestations en opposition à la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin 2009. Les mères, vêtues de noir, se rassemblent d’ordinaire tous les samedi après-midi dans le parc Laleh. Selon leur site, les forces de sécurité sont très présentes lors de ces rassemblements et certaines mères ont déjà été arrêtées dans le passé. Le groupe des "mères en deuil" s’est formé à la suite de la mort de Neda Agha-Soltan, tuée par balle le 20 juin et devenue le symbole de la contestation populaire et de la répression. La vidéo amateur de sa mort, mise sur internet, avait suscité une vague d’émotion et d’indignation dans le monde.

Libérer les contestataires emprisonné-es

Des milliers de personnes proches de l’opposition, dont plusieurs journalistes, militantes des droits de la personne et collaboratrices de Chirine Ebadi, féministes membres de la campagnes d’Un million de signatures pour les droits des femmes, ont été arrêtées dans la foulée des manifestations post-électorales, qui avaient fait 36 morts, selon le gouvernement et 72 selon l’opposition. Huit autres personnes ont été tuées, le 27 décembre, lors des manifestations antigouvernementales qui ont eu lieu le jour du deuil chiite de l’Achoura, selon des chiffres officiels.

On retrouve parmi les militantes récemment arrêtées : Shiva Nazarahari, Azar Mansouri, Samiye Rashidi, Zahra Jabari, Kobra Zaghe Doust et Mahdiyeh Golrou, Mansoureh Shojaee, Zohreh Tanekaboni, Badarolssadat Mofid, Mahin Fahimi, Leyla Tavassoli, Noushin Ebadi, Nasrin Vaziri, Nilofar Hashemi Azar, Atiyeh Yousefi, Bahareh Hedayat, Nafiseh Asghari, Maryam Ziya, Mahsa Hekmat, Parisa Kakayi, Forough Mirzayie, Sara Tavsoli.

Et chez les "mères en deuil" emprisonnées : Zahra Attab, Massoumeh Attar, Maryam Hosseingholizadeh, Ensieh Bakhshay, Fereshteh Taadoli, Fatemeh Farhadi, Fatemeh Rastegar, Hakimeh Chokri, Kobra Najafpour, Touba Darochafaie, Tahereh Akhshay, Manijeh Taheri, Zahra Afrouz, Zari Nojavan, Soraya Jafari, Leiyla Seifolahi, Fatemeh Salehi, Mansoureh Behkishe, Nosrat Khaki, Sedigheh Chokry, Echrat Khabarhassan, Jila Mahdavian.

Au moment où un dignitaire du régime, Mesbah Yazdi, proclame que les membres de l’opposition et les contestataires de toutes allégeances sont des « mohareb », c’est-à-dire des « ennemis de Dieu », ce qui, en République islamique, implique la peine de mort, quand le guide suprême Khamenei endosse ce type de déclarations, il est impératif de réagir où que nous soyons dans le monde, par tous les moyens à notre disposition pour sauver la vie de celles et ceux qui luttent avec courage, cohésion et conviction pour la liberté, l’égalité des droits et la paix en Iran.

Pour réclamer la libération de toutes les victimes de la répression sauvage de la dictature islamique d’Iran, envoyez vos protestations au :

  • Guide suprême de la République islamique
    Ayatollah Sayed Ali Khamenei
    Courriel
  • Chef du Pouvoir judiciaire de Téhéran
    M. Ali Reza Avaei
    Courriel

    Avec copies au :

  • Directeur, Quartier général de Droits de l’homme de l’Iran
    Son Excellence Mohammad Javad Larijani
    Courriel

    Il faut aussi faire pression auprès de nos gouvernements pour condamner fermement le régime criminel d’Iran.

    Sources

  • Nouvelobs.com et AFP
  • Femmes sous lois musulmanes
  • Sources personnelles en Iran.

    - Voir : Élaine Audet, "Achoura - Répression sanglante en Iran", Sisyphe, 30 décembre 2009.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 10 janvier 2010.



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