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lundi 15 novembre 2010
Aung San Suu Kyi est libérée... à quelles conditions ?

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Photo : ouest-france.fr

Aung San Suu Kyi est libre. La junte birmane a relâché samedi la lauréate du prix Nobel de la paix, privée de liberté pendant plus de 15 des 21 dernières années.

Aung San Suu Kyi, souriante, portant une veste traditionnelle, est apparue aux portes de sa résidence, où elle a été acclamée par la foule de ses partisans qui attendaient depuis la veille sa libération.

"Si nous travaillons dans l’unité, nous atteindrons notre objectif. Nous avons beaucoup de choses à faire", a lancé l’opposante pacifiste, qui a prononcé quelques mots en birman pour remercier ses partisans. Alors que la foule grossissait encore pour atteindre quelque 5000 personnes, la dame de Rangoon a ajouté qu’ils se reverraient tous dimanche au siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

L’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi, âgée de 65 ans, devait légalement prendre fin samedi. Dans la journée, des responsables sont venus lui lire l’ordre de libération. Peu après leur arrivée, les barricades de barbelés qui bloquaient l’accès à la résidence de l’opposante étaient levées, permettant aux centaines de partisans qui attendaient sa libération de s’approcher.

Le président américain Barack Obama a salué sa libération, précisant qu’Aung San Suu Kyi faisait partie de ses "héros" et appelant la junte birmane à libérer tous ses prisonniers politiques.

"Aung San Suu Kyi est une inspiration pour tous ceux d’entre nous qui croient en la liberté d’expression, la démocratie et les droits de l’Homme", a pour sa part déclaré le Premier ministre britannique David Cameron dans un communiqué.

Le président Nicolas Sarkozy s’est également "réjoui" que l’opposante "retrouve aujourd’hui une liberté dont elle n’aurait jamais due être privée". Mais "la France sera extrêmement attentive aux conditions dans lesquelles Mme Aung San Suu Kyi jouira de sa liberté retrouvée", prévient toutefois l’Elysée dans un communiqué. Paris met en garde contre "toute entrave à sa liberté de mouvement ou d’expression", qui "constituerait un nouveau déni inacceptable de ses droits".

La libération d’Aung San Suu Kyi intervient un peu moins d’une semaine après les premières élections organisées dans le pays depuis 20 ans. Verrouillée par la junte au pouvoir, ce scrutin contesté a donné la victoire au Parti de la solidarité et du développement de l’Union (USDP, pro-junte), selon cette formation.

Tenue a l’écart de ces législatives, la "dame de Rangoon" avait appelé la LND, seule opposition crédible dans le pays, à les boycotter. Son parti a été dissous pour avoir refusé de participer au scrutin.

Lors des précédentes élections, en 1990, Aung San Suu Kyi avait conduit la LND a une éclatante victoire. Mais la junte avait ignoré le résultat du vote.

L’assignation à résidence à laquelle l’opposante était soumise avait débuté en mai 2003, après que le véhicule d’Aung San Suu Kyi eut été pris dans une embuscade dans le nord de la Birmanie par une foule manipulée par le gouvernement. Sa détention, qui devait se terminer en mai 2009, avait été prolongée sur décision de justice.

La prix Nobel de la paix avait alors été condamnée à trois ans d’emprisonnement et de travaux forcés, accusée d’avoir enfreint les termes de son assignation à résidence, après qu’un Américain avait tenté de pénétrer dans sa maison sans y avoir été invité. Sa peine avait été commuée en une prolongation de 18 mois de sa résidence surveillée, jusqu’en novembre de cette année.

Surnommée "The Lady" (la Dame) par ses fidèles, Aung San Suu Kyi est devenue l’une des plus célèbres dissidentes du monde en refusant d’accepter la liberté contre l’exil. Elle a ainsi préféré ne pas se rendre en 1999 aux obsèques de son époux britannique par peur de ne pouvoir être autorisée à rentrer dans son pays.

- Source : Associated Press , le 13 novembre 2010 relayé par Le Devoir.
- Lire aussi Radio-Canada, Nouvelles, le 13 novembre 2010.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 novembre 2010



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