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samedi 5 avril 2003


Culottées, ces créatrices !
La liberté pour créer

par Liliane Blanc, historienne et écrivaine






Écrits d'Élaine Audet



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Marie Bashkirtseff (1860-1884) jeune fille très douée mais morte trop tôt pour accomplir son destin de peintre, nous a laissé un témoignage émouvant du combat qu’elle livrait à son entourage et aussi à elle-même :

    Ce que j’envie, c’est la liberté de se promener tout seul, d’aller, de venir, de s’asseoir sur les bancs du jardin des Tuileries et surtout du Luxembourg, de s’arrêter aux vitrines artistiques, d’entrer dans les églises, les musées, de se promener le soir dans les vieilles rues ; voilà ce que j’envie et voilà la liberté sans laquelle on ne peut pas devenir un vrai artiste. Vous croyez qu’on profite de ce qu’on voit, quand on est accompagnée... Ah ! cré nom d’un chien, c’est alors que je rage d’être femme " ! (11)
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Marie Bashkirtseff

Cette jeune fille est peut-être l’exemple le plus révélateur de la dualité qu’a pu vivre une créatrice, consciente de son potentiel artistique mais incapable de se libérer des attentes que sa famille avait placées en elle, c’est-à-dire de mettre tout en œuvre pour réussir LE beau mariage.

Les parents de Marie Bashkirtseff étaient de riches exilés russes qui menaient grand train à Nice et à Paris. Séparée de son mari pour d’obscures raisons, sa mère la prépare dès son jeune âge à trouver un bon parti. "Quand tu seras duchesse", lui répète-t-on sans cesse. Plaire aux hommes aurait dû être sa vocation première, mais un jour Marie découvre la peinture et se prend de passion pour cet art. Elle a du talent et rêve de réussir. Tout au long de son journal, on la voit se débattre entre des pulsions contraires : le besoin de se concentrer et de travailler pour devenir une grande artiste et le retour périodique aux distractions frivoles de son milieu, les essayages de toilettes, les fêtes, les bals. Elle n’arrive pas à se sortir d’un conditionnement qui a commencé très tôt. "À quoi bon étudier ? Tu dessines très bien ! Il faut te marier !" lui dit-on à la maison. Elle s’insurge, tempête :

    Soyez bonne fille, bonne mère !... C’est cela, crétinisez-vous !... Je suis trop pour que cela me suffise. (11 octobre 1878)

    Je suis plus en colère que jamais d’être condamnée à l’obscurité de la carrière féminine. (10 mars 1879)

Elle écrit à sa mère :

    Au lieu de me parler de votre amour, rappelez-vous que vous m’avez moralement assassinée... Mais puisque je ne meurs pas de maladie, je trouverai bien autre chose quand j’aurai définitivement perdu l’espoir de me tirer de l’atroce et abominable vie que vous me faites. (10 février 1881)

Dès sa parution, au début du siècle dernier, son journal a connu une grande popularité, au point d’être réédité à plusieurs reprises. Mais ces propos "scandaleux" n’y apparaissent pas. Au lendemain de sa mort, Marie Bashkirtseff a subi d’autres effets de l’influence des mentalités de son temps qui l’avaient rendue si malheureuse. Des recherches récentes (12) ont démontré que les 84 cahiers et carnets intimes qu’elle a laissés ont subi des coupures et des modifications, que des pages ont été arrachées et que le texte authentique qui reste n’est pas accessible au grand public. Car quelques personnes de son entourage ont essentiellement voulu faire de Marie une jeune vierge à figure et à comportement d’ange pour la faire correspondre au modèle de la pure jeune fille de son temps.

Les textes inédits laissent au contraire percer le tempérament vif, emporté - vivant, quoi - d’une adolescente surdouée, précoce, qui n’avait peur ni des mots ni des réalités de la vie. Morte sans tache, comme on disait alors, mais aspirant à connaître tous les émois que son corps réclamait. Ainsi, elle n’hésita pas à entreprendre une correspondance des plus osées avec Guy de Maupassant, cet "immense mangeur de femmes", à qui elle contait des "atrocités (qui lui passaient) par la tête" (13). Et c’est cela qu’on a voulu cacher pour la faire entrer dans une légende alimentée par des messieurs fin-de-siècle (14) à l’esprit tordu et par une mère éplorée qui n’avait rien compris. La phtisie qui l’a finalement emportée pourrait n’être, après tout, que le choix radical qu’elle s’est imposé pour résoudre son dilemme. Toujours dans les pages supprimées, on retrouve cette phrase :

    Je mourrai ou je parviendrai (22 mars 1875)

Morte à vingt-quatre ans, elle a laissé une centaine de tableaux et d’esquisses, des pastels, des dessins, des études, quelques sculptures. Ce qui nous permet de penser qu’elle avait vraiment pris la peinture au sérieux. Si vous passez par le musée d’0rsay, à Paris, allez contempler son Meeting ; ces gavroches débraillés et insouciants n’ont vraiment pas l’air de sortir des salons qu’elle se devait de fréquenter !

Lou Salomé

Sa compatriote et contemporaine Lou Salomé (1861-1937) prit un tout autre chemin. Coïncidence : elle est née l’année de l’abolition du servage en Russie. Dès son enfance à Saint-Pétersbourg, c’est dans l’indifférence la plus totale face aux critiques que Louise Salomé, sixième enfant et seule fille d’un général au service des Romanov, contrôle sa vie et bâtit son œuvre. "Ose tout.. n’aie besoin de rien", telle est sa devise. N’est-ce pas l’énonciation la plus exacte de ce qui caractérise un être totalement libre ? Libre d’agir, de penser, de produire, Lou Salomé restera, jusqu’à son dernier souffle, fidèle à elle-même. Les hommes de son temps, empêtrés dans les mythes qu’ils ont composés et imposés aux femmes, n’y comprennent rien, à quelques exceptions près. Lou les défie tous : un charme envoûtant, une intelligence hors du commun, ils sont fascinés et déroutés. Ils n’ont qu’une idée en tête : la séduire. Mais comment s’y prendre ? Lou ne se "donne" pas, c’est elle qui choisit et pas souvent. Elle inverse les rôles, alors, bien sûr, c’est sa féminité qu’on met en doute. Pour certains, c’en est trop : déstabilisés, il leur reste la médisance et l’appui des autres femmes pour qui Lou est le diable en personne. Elle passe, sourde à tous les commérages, souveraine.

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Lou Salomé

À dix-sept ans, elle prend l’initiative de demander des cours de philosophie au pasteur de sa paroisse. Ils s’enferment quotidiennement au presbytère dans des tête-à-tête interminables. Elle aura tôt fait de lui rédiger ses sermons du dimanche et de le rendre fou d’elle. Il est marié, il se déclare quand même prêt à tout bousculer pour l’épouser. Liberté chérie, en voici un qui n’a vraiment rien saisi. C’est le premier d’une longue liste. Elle fuit, dans un premier temps, à Zurich pour parfaire sa culture.

La rupture avec les lieux de son enfance est accomplie : n’a-t-elle pas refusé, avant de partir, de recevoir la confirmation de son Église ? Cette décision, qui dénote une force de caractère exceptionnelle, signifiait qu’elle s’éloignait définitivement de son milieu d’origine, soudé, en grande partie, par les rituels religieux.

À Rome, où elle poursuit son périple, c’est la rencontre avec Nietzsche. Pris entre son désir physique à assouvir et les joies intellectuelles qu’elle lui procure, il est vite au désespoir, car il ne l’attire pas. Elle lui offre calmement un compagnonnage amical à trois avec le philosophe Paul Rée. En tout bien, tout honneur, comme on dit. A Saint-Pétersbourg, n’existe-il pas, depuis un certain temps déjà, de ces "communes" qui regroupent essentiellement des jeunes hommes, artistes et intellectuels ? Le compositeur Moussorgsky, une vingtaine d’années auparavant, avait beaucoup apprécié cette façon, originale pour l’époque, d’organiser sa vie pratique. Lou - s’en rend-elle compte ? - va très loin : cette proposition ne cadre absolument pas avec la conception des relations hommes-femmes qui a cours alors et à laquelle Nietzsche, qui n’a rien d’un avant-gardiste dans ce domaine, souscrit. Même leur amie commune, Malvida von Meysenbug, à l’origine de leur rencontre à Rome, et dont le livre Mémoires d’une idéaliste (15) prône l’émancipation des femmes, est quelque peu embarrassée par ce projet :

    Il est impossible que vous viviez avec les deux jeunes gens. Ce serait non seulement un camouflet à la face du monde (mais là n’est pas l’essentiel), cela aurait de grands inconvénients, des aspects vraiment blessants dont seule la pratique vous fera prendre conscience. (16)

Quant à la mère de Lou, qui l’accompagne dans son périple européen, elle n’a qu’une préoccupation : ramener sa fille au bercail le plus vite possible. Mais celle-ci a d’autres plans en tête. La cohabitation se fera, mais à deux, avec Rée, une sorte de rapprochement "frère-sœur". Nietzsche, déchiré, écrira pourtant à sa propre mère, qui ne comprend pas plus un tel comportement :

    On peut dire ce que l’on veut contre cette jeune fille... il n’en reste pas moins que je n’ai jamais trouvé de créature mieux douée et plus réfléchie... Ce n’est pas pour rien que j’ai réalisé le meilleur de moi-même au cours des douze derniers mois. (17)

Ce meilleur de lui-même, c’est cette œuvre ambitieuse qui connaîtra un retentissement immense : Ainsi parlait Zarathoustra. Par la bouche de son Surhomme, il y règle tout de même ses comptes avec Lou :

    La femme n’est pas encore capable d’amitié. Les femmes sont encore des chats et des oiseaux ou, en mettant les choses au mieux, des vaches. (1ère partie : De l’ami)

ou encore :

    Vous allez voir les femmes ? N’oubliez pas le fouet. (1ère partie : Des petites vieilles et des petites jeunes) (18).

Mais Lou est déjà rendue ailleurs. Indifférente aux ragots qu’elle suscite, elle poursuit sa route et, au tournant du XXe siècle, écrit un livre subversif : Eros. Elle s’octroie le droit d’y parler d’un sujet frappé d’interdit pour la femme : le sexe. Et de quelle façon ! L’amour sexuel est un besoin naturel malheureusement vite apaisé, écrit-elle en substance. L’être humain, pour raviver son désir, doit changer de partenaire. Elle prône donc une relation stable, qui comble les besoins affectifs, et des amours que, plus tard, sur la même lancée, le couple Sartre-de Beauvoir nommera "contingentes". Et elle applique cette théorie à sa vie : un mari, Andréas, professeur de langues orientales, qu’elle ne rencontrera qu’épisodiquement - c’est lui qui se pliera à cette façon de vivre -, et quelques amants successifs qu’elle gardera plus ou moins longtemps près d’elle. Elle ne dut certes pas souffrir de cette maladie nerveuse, l’hystérie, alors répandue chez les jeunes femmes et qui semble avoir eu pour origine la répression sexuelle à laquelle elles étaient soumises. "Quel monstre de sensualité !" s’exclama un jour, à son propos, la sœur de Nietzsche. Freud, conquis par son esprit psychanalytique, lui offrira une des cinq bagues réservées à ses rares élus.

On reste abasourdi par tant de détermination et d’audace en un temps où l’Europe entière enfermait encore ses femmes à la maison et ne lâchait dans la rue que les prostituées, au mieux les cocottes auxquelles, du reste, étaient souvent assimilées les artistes. Lou transgressait, tout à fait naturellement, les règles en usage. Elle fut, faut-il le préciser, bien plus qu’un objet de scandale. Nietzsche l’a dit : son influence dans la poursuite de son œuvre a été grande. Freud fit avec admiration, sa disciple de cette toute première femme psychanalyste. Le grand poète Rainer-Maria Rilke, qui partagea sa vie durant trois ans, ne cacha pas non plus ce qu’il lui devait. Il reconnaissait que, sans l’influence de cette femme d’essence supérieure, son évolution n’aurait pas été la même. Les romans et les écrits de Lou influencèrent toute une génération de jeunes allemandes qui n’hésitaient pas à venir la consulter, à la fin de sa vie, alors qu’elle s’était retirée à Göttingen. Quelques-uns de ses écrits ont été traduits en français : à les lire, comment ne pas comprendre que le niveau élevé de sa pensée ait eu bien du mal à s’ajuster aux préoccupations qui mobilisaient toute l’énergie des jeunes femmes de son entourage ?

Vanessa et Virginia Stephen

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Vanessa Bell

Alors queLou Salomé, au tournant de ce siècle, voit sa réputation grandir, presque au même moment à Londres,les sœurs Stephen, jeunes filles éduquées dans un milieu intellectuel très respectable - leur père avait le titre de Sir - prennent une décision très hardie. A la mort de leurs parents, Vanessa et Virginia choisissent de vivre sans chaperon. Elles ont fait leurs choix de vie : l’aînée, sous le nom de Vanessa Bell (1879-1961) sera peintre, l’autre deviendra Virginia Woolf (1882-1941). En attendant la gloire, elles organisent chez elles, avec leurs frères, un salon où se réunit régulièrement un groupe des plus anticonformistes, formé de jeunes étudiants qui fréquentent Cambridge, et qui deviendra célèbre sous le nom de Groupe de Bloomsberry.

Chez les sœurs Stephen on a l’esprit très large. Non seulement on réfléchit sérieusement sur les relations humaines, le sens de l’art, le progrès social, l’économie, mais aucun sujet n’est tabou. On se permet même des écarts de langage, à faire hurler dans sa tombe la reine Victoria récemment enterrée. Une façon pour ces jeunes gens d’afficher leur indépendance et pour les deux jeunes filles de se dissocier des conversations aseptisées des dames au tea-time. Les lettres que Vanessa a écrites à certains de ses amis, en un temps où toute référence à l’amour physique était extrêmement shocking sont de véritables petits morceaux d’anthologie érotique (19).

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Virginia Woolf, portrait par Vanessa

Ces demoiselles ont dû provoquer bien des commentaires. Mais elles ont conservé leur vie durant des manières de vivre peu orthodoxes et un esprit indépendant. C’est-à-dire des conditions tout à fait favorables pour créer. On sait quelle maîtrise d’écriture a atteint Virginia et le rôle magistral qu’elle a joué en tant qu’auteure et éditrice. On connaît moins son aînée, Vanessa, dont la réputation a franchi de façon plus discrète les frontières de son pays. Mais toutes deux ont su très tôt comment passer outre le qu’en-dira-t-on, afin que rien de ce qui leur était étranger n’interfère avec leurs convictions et leur conception de la vie. Dans une Angleterre qui sortait à peine d’une longue répression puritaine, ces jeunes filles ont dû plus d’une fois se faire pointer du doigt. Gageons qu’elles en ont plutôt ri.

Difficile à brider, la créatrice embarrasse. Comment arriver à intimider cet "être nouveau", "androgyne", qui échappe au mythe ancestral que l’homme a solidement forgé, celui de la faible femme ? Par une guérilla d’usure. "Ce n’est pas une femme." N’est-ce pas ce que l’on a dit de Germaine de Staël, de George Sand, de Lou Salomé, de Marguerite Yourcenar ou d’autres moins connues qu’elles ? (...)

Les milieux artistique et littéraire se sont très bien accommodés des préjugés courants sur les femmes et se sont même complus à les renforcer. Si des femmes se sont imposées peu à peu dans tous les domaines de la création, bien rares sont celles qui n’ont pas eu le sentiment d’être partout considérées comme des intruses. Le tapage fait autour de l’entrée tardive de Marguerite Yourcenar à l’Académie française en l98l est un exemple flagrant de la très lente percée des femmes dans les arts. Il souligne également le peu de cas que l’on a fait de leur travail et à quel point les hommes se sont démarqués des "ouvrages de dames". Bien des écrivains de valeur ne sont pas devenus des Immortels, bien sûr, mais l’absence systématique de femmes sous la Coupole officialisait la marginalisation de tout un pan de la littérature française. Le milieu des arts plastiques et celui de la musique ont montré les mêmes réticences. La réussite de Marguerite Yourcenar aurait certainement fait plaisir à Katherine Mansfield qui, en 1908, confessait ainsi sa lassitude :

    Je comprends qu’à l’heure actuelle, j’accomplis de manière approximative l’exploit dont les femmes de l’avenir seront capables. Jusqu’à présent, en vérité, elles n’ont jamais eu leur chance. Notre époque éclairée, notre pays sans préjugé, parlons-en !

Après quelque trois mille ans d’histoire occidentale, Katherine se voyait encore, avec raison, comme une pionnière.

La pression sociale, sauf en de rares moments dans l’histoire de l’humanité, a toujours joué contre l’épanouissement intellectuel et spirituel des femmes. Il a fallu une dose imposante de courage et d’obstination à celles qui ont dû affronter le conservatisme et, souvent, l’hostilité qui les entouraient. Les quelques femmes citées dans ce chapitre ont dû se confronter un jour ou l’autre au poids de la réprobation publique et à leur propre peur de l’isolement social. Quels quolibets devait feindre d’ignorer Rosa Bonheur mêlée aux costauds des Halles ? A quelle force intérieure extraordinaire a-t-elle puisé pour non seulement défier tous les protecteurs de l’ordre établi, mais finir, grâce à sa ténacité, par les faire taire ?

Que de langues ont dû se délier au brusque départ d’Aurore Dupin, future George Sand, pour Paris ! Lui en a-t-il fallu, à elle aussi, du cran pour réorganiser sa vie selon sa volonté et finir par se faire respecter ("la bonne dame de Nohant") sans modifier un seul pas dans sa marche en avant ? Pas sûr qu’à talent égal, d’autres petites Russes de Saint-Pétersbourg aient eu l’aplomb d’une Lou Salomé face aux avis réprobateurs. Car les regards tournés vers celle qui déroge aux conventions de son clan, nul doute qu’ils peuvent intimider la "déviante".

Incapable de s’identifier au rôle ancestral qui lui est dévolu,

    je ne trouve rien à dire aux femmes charmantes
    KATHERINE MANSFIELD, Journal, 26 mars 1914

la créatrice sait que rattraper sa propre identité signifie se placer en état de vulnérabilité extrême. La société a tendance à faire plier, jusqu’à les détruire, ceux et celles qui ne se conforment pas à ses usages ; il faut des dispositions de caractère exceptionnelles pour s’en écarter.

FIN

- Retour à l’article précédent : Le poids du conformisme

Notes

11. Marie Bashkirtseff, Journal, tome II, Paris, Fasquelle, 1955, (2 janvier 1879).
12. Lire à cet effet : Colette Cosnier, Marie Bashkirtseff, un portrait sans retouches, Paris Pierre Horay, 1985. Le Cercle des amis de Marie Bashkirtseff a entrepris une édition intégrale de ses oeuvres, dont neuf (9) tomes ont déjà parus.
(voir le site :
http://perso.wanadoo.fr/cercle.bashkirtseff/bjour.htm

13. Idem, 7e lettre censurée et 8e lettre inédite p. 329-333.
14. Sa biographie, Moussia, par Albéric Cahuet, Paris Fasquelle, 1926, élude bien des aspects de sa vie.
15. Der lebensabend einer Idealistin, trad. franç., Paris, Fischbacher, 1908.
16. Lettre à Lou Salomé, 6 juin 1882, dans Friedrich Nietzsche, Paul Rée, Lou von Salomé, Correspondance, Paris, PUF/Perspectives Critiques, 1979.
17. Nietzsche à sa mère, février 1884, dans Friedrich Nietzsche, Paul Rée, Lou von Salomé, Correspondance, op. cit , p. 297
18. Tout le chapitre pourrait être cité !
19. Voir la lettre à Maynard Keynes citée dans : Frances Spalding, Vanessa Bell, New York, Harcourt, Brace, Jovanovich, 1983, p.120.




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Mis en ligne sur Sisyphe, octobre 2003


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Liliane Blanc, historienne et écrivaine

Liliane Blanc est historienne et écrivaine. Elle est l’auteure de Elle sera poète, elle aussi - les femmes et la création artistique, Le Jour éditeur, Montréal, 1991. Elle prépare actuellement une histoire des Arts au féminin.



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  • être une femme et l’artiste
    (1/2) 4 juin 2005 , par

  • > La liberté pour créer
    (2/2) 21 octobre 2003 , par





  • être une femme et l’artiste
    4 juin 2005 , par   [retour au début des forums]
    article.php3%fid_article_%3Fid673 la liberté pour créer

    dans l’ombre d’un grand artiste,il y a toujours eu l’amour et l’attention
    d’une femme,dans l’ombre d’une grande artiste il n’y a que de l’ombre et des juges tranchants comme
    un éttoufement.

    > La liberté pour créer
    21 octobre 2003 , par   [retour au début des forums]

    Un merci sincère à Mme Blanc.

    Je viens de terminer la lecture de vos trois rubriques sur ces femmes "libres". Le constat que je fais ? J’ai beaucoup de lecture à rattrapper, bien des choses à voir et apprendre sur toutes ces femmes. Mon regard sur le féminisme telle que je le concevais, change peu à peu et révèle (à ma courte honte !) le peu que j’en sais.
    Ces noms de femmes que j’ai déjà entendus mais non étudiés, me révèle les lacunes que des femmes comme moi prise dans un schéma de pensée sur le féminisme, n’aide en rien à notre émancipation.
    Voyez en moi une assidue de votre site...Merci encore !

    PS En attendant votre livre, je cours me procurer quelques titres de vos références...


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