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jeudi 7 juillet 2011 Ça va bien, ces temps-ci, pour les hommes violents, par Micheline Carrier
Alors que la femme de chambre, qui dit avoir été agressée par Dominique Strauss-Kahn aux États-Unis, est tout bonnement abandonnée par la justice américaine sous prétexte qu’elle a menti sur d’autres sujets dans le passé, au Québec, le cardiologue Guy Turcotte est déclaré non criminellement responsable du meurtre de ses deux jeunes enfants. Dans le premier cas, on ne donne pas à la présumée victime d’agression le droit de s’expliquer devant la justice avant de trancher. Dominique Strauss-Kahn lui-même n’a-t-il jamais menti dans le passé ? N’a-t-il pas parfois été inconvenant - employons cet euphémisme - envers les femmes ? Oui, selon les médias français. Mais on ne retient pas le passé d’un accusé en justice, surtout dans des affaires qui impliquent des rapports avec les femmes, on retient seulement le passé de la victime ou de la présumée victime. Alors, harceleur et agresseur potentiel, assurez-vous de choisir votre victime - et de préférence qu’elle ne soit pas de votre statut social de manière à ce qu’on lui impute des erreurs passées ou lui reproche de ne pas être une sainte - et vous pourrez agir comme vous le voulez en toute impunité. Dans le cas du Dr Guy Turcotte, il s’agit de l’exemple courant d’un homme frustré par le divorce demandé par son ex-femme et qui veut le lui faire payer. Il s’en prend donc aux enfants de cette femme (et qui se trouvent aussi les siens, mais il semble l’avoir oublié) et les tue sauvagement. Moyen sûr d’atteindre une femme. Ce n’est pas la première fois qu’un homme abandonné par sa conjointe agit de cette façon. Mais le Dr Turcotte a le bon statut social. Quel homme de sa classe aurait tué ses enfants, à moins d’être mentalement dérangé ?, diront plusieurs. Pourtant, d’autres hommes (et des femmes) ont été condamnés dans des cironstances semblables ou moins pires, mais ils n’étaient pas de la classe des intouchables. Il y a des gens, et apparemment ce jury, qui ont du mal à croire qu’on puisse tuer ses enfants à moins d’être dérangé mentalement. Ce n’est pas parce qu’ils ne peuvent le concevoir que cela n’existe pas. Les enfants sont bel et bien utilisés comme arme contre leur mère dans de tels cas, - un "sacrifice" pour compenser les blessures d’amour-propre - avec la complicité d’une trop grande partie de la société. À l’avenir, un homme pourra-t-il invoquer un déséquilibre mental pour justifier le meurtre de sa conjointe ou de son amie, ou encore le meurtre de ses enfants, dans le cas de problèmes conjugaux ? Les femmes qui ne veulent plus endurer des relations insatisfaisantes devront peut-être se donner des moyens exceptionnels de se défendre et de protéger leurs enfants lors d’une rupture. Il semble bien qu’un homme abandonné devienne un être dangereux. Dans les deux cas, je ne suis pas certaine que justice soit rendue. Ces décisions judiciaires nous amènent à réfléchir sur l’égalité des personnes face à la justice. "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir". Micheline Carrier P. S. Vous pouvez commenter ces événements en cliquant sur Commenter cet article. Commenter ce texte ![]() © Sisyphe 2002-2014 | ||||
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