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lundi 17 décembre 2007

La CLES dit NON à la violence de la prostitution

par la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)






Écrits d'Élaine Audet



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(Montréal, 17 décembre 2007) - Le 17 décembre est déclaré Journée internationale pour contrer la violence envers les personnes en prostitution. Les membres de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) souhaitent marquer cette journée et réaffirmer leur refus de toute violence exercée ici comme ailleurs dans le monde, à l’égard des femmes et des filles qui se retrouvent en situation de prostitution. Nous dénonçons la violence psychologique, physique et sexuelle qu’elles subissent à l’instar de plusieurs femmes dans une société patriarcale mais nous dénonçons aussi la répression judiciaire et sociale à leur endroit.

Cette violence tient à ce que notre société préfère harceler et criminaliser ces femmes plutôt que de s’attaquer à ceux qui sont à la source de ces violences, soit les proxénètes et les clients. L’application actuelle des lois et règlements, aux trois paliers de gouvernement, met l’accent sur la criminalisation des femmes, plutôt que sur l’interpellation des clients et des proxénètes, devant qui les législateurs ferment les yeux de mille et une façons. Ceux-ci se sentent pleinement autorisés à traiter les personnes en prostitution comme une source de profits et de gratification.

Pour les organisations et personnes membres de la CLES, les tentatives actuelles d’imposer une légalisation ou décriminalisation du proxénétisme et des bordels ne feraient qu’aggraver cette violence en multipliant l’exploitation sexuelle commerciale des femmes. Les statistiques d’agression démontrent que proxénètes et clients sont tout aussi méprisants et violents derrière des portes closes que dans la prostitution de rue. La preuve déposée au procès de Robert Pickton - qui a dit avoir tué 49 femmes en Colombie-Britannique - indique que sa ferme était essentiellement un bordel. Au Québec, au moins 5 des 14 femmes en situation de prostitution tuées au cours des 10 dernières années étaient à l’emploi d’agences d’escorte, de maisons closes, de clubs échangistes, de bars ou se rendaient chez des acheteurs de « services sexuels ». Cette violence organisée doit cesser.

La solution n’est pas de normaliser l’industrie de la prostitution - comme certains le réclament - mais de cibler et confronter la « demande » masculine. La CLES soutient qu’un monde sans prostitution est possible. L’expérience de pays comme la Suède démontre que, plutôt que de criminaliser les femmes en situation de prostitution, il est beaucoup plus efficace de leur offrir de véritables solutions en cessant de les arrêter et en les appuyant réellement, tout en ciblant leurs exploiteurs. De plus, le fait de situer l’institution de la prostitution dans un continuum de violence envers les femmes permet de travailler sur des solutions visant une égalité de fait pour toutes les femmes.

Cet appui réel est celui que réclament depuis toujours les femmes défavorisées, sans logis, immigrantes ou narcodépendantes. Elles sont majoritairement les femmes captives de la traite et de la prostitution. Elles demandent du soutien psychologique, l’accès à des logements et des programmes de garderie abordables, des programmes de désintoxication, la possibilité de retourner aux études ou de réintégrer le marché du travail dans des emplois satisfaisants, un soutien au revenu, l’accès à la justice et des démarches d’immigration simplifiées.

La CLES regroupe depuis mai 2005 des intervenantes de première ligne, des chercheurEs universitaires, des auteurEs et des représentantEs d’organismes communautaires et religieux. Toutes et tous mènent un travail d’éducation populaire et de défense des droits des personnes aux prises avec la prostitution, une forme de violence qui est le contraire même de l’égalité femmes-hommes, qu’elle se fasse dans la rue ou via des agences d’escorte, dans des salons de massages dits érotiques, bars spécialisés ou bordels, via la pornographie ou Internet. Elle touche particulièrement les femmes davantage marginalisées (pauvres, racisées, migrantes, autochtones, adolescentes, victimes d’inceste et de viol, etc.).

- English version.

- Pour informations et entrevues, communiquez avec la CLES : Michèle Roy au 529-5252 ou par courriel à la_cles@yahoo.com
- Site Web des
communiqués de la CLES.

- Site Web retraçant les meurtres de femmes par des hommes au Québec en 2007. Voir
les années précédentes dans le menu de gauche.
- "Un groupe de
femmes ex-prostituées s’oppose à un bordel légal à Vancouver"

- "Des femmes
autochtones rejettent la légalisation des bordels"

Mis en ligne sur Sisyphe, le 17 décembre 2007


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la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
La CLES

Courriel : info@lacles.org



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    (1/2) 16 juin 2010 , par

  • Déclaration de Lee Lakeman, de l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel
    (2/2) 23 décembre 2007 , par





  • La CLES dit NON à la violence de la prostitution
    16 juin 2010 , par   [retour au début des forums]

    je suis prostituée en france depuis plus de vingt années, je milite pour abolire la prostitution de rue deja, car effectivement nous subissons de la violence, actuellement je souhaiterais participer a des conferences sur ce sujet, expliquer qu il n est pas simple et sans risque, j ai ete violée, braquée, volée, agressée...
    Rosen Hicher

    Déclaration de Lee Lakeman, de l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel
    23 décembre 2007 , par   [retour au début des forums]
    Déclaration féministe de Pictou au sujet d’un revenu acceptable garanti

    Voici ce qu’elle écrivait à la liste de discussion PAR-L les 21 et 22 décembre :

    Visions de changement

    Je suis reconnaissante pour plusieurs des interventions faites sur la présente liste de discussion depuis quelques mois. J’ai trouvé particulièrement utile que Linda Green me rappelle les trente ans de travail de construction féministe et le recours à la ‘perspective’ des femmes et à des façons de tenir compte du ‘lieu de la terre où nous sommes situées’ et du moment actuel du patriarcat où nous vivons, où nous prenons des décisions et où nous traçons notre voie. J’ai trouvé tes contributions étonnamment généreuses et fidèles à ta conviction féministe que les femmes peuvent apprendre les unes des autres et dialoguer avec respect pour y arriver. C’est une directive que j’accepte.

    Tu nous a rappelé, bien sûr, que nos expériences vécues en tant que femmes et nos positions dans les structures de pouvoir patriarcales affectent notre intérêt personnel, notre accès à un renforcement social et nos sources d’information, et donc nos opinions et nos impressions initiales.

    Les principes du féminisme (et en fait tout effort d’intelligence) exigent que nous prenions en ligne de compte notre connaissance de soi et la connaissance des vies d’autres personnes lorsque nous parlons, que nous écoutons et que nous écrivons. Il est encore plus crucial de tenir compte de ces intérêts lorsque nous bâtissons des alliances, au sein de nos organisations et entre elles.

    Évidemment, « tenir compte de » ne signifie pas débrancher notre cerveau ou abdiquer notre responsabilité de réfléchir et de considérer nos propres intérêts. J’entends bien ce que tu nous dis sur tout danger d’une simplification à outrance des enjeux féministes.

    Nous avons toutes la responsabilité d’élaborer individuellement des idées pouvant être décrites, acceptées et aussi offertes à l’évaluation critique d’autres féministes. Il n’est ni bon ni avisé de suivre comme des moutons ou de se laisser intimider par un chantage moralisant à deux sous plutôt que convaincre par des données probantes et des analyses théoriques. Le fait de former des collectifs et de nous organiser en unités démocratiques nous donne l’avantage de devenir redevables à d’autres femmes, riches d’une intelligence et d’une solidarité accrues.

    Il est bon de se faire rappeler que le fait de prendre à tort chaque opinion émise par qui que ce soit qui dit représenter les intérêts de tout un groupe qui n’a pas choisi cette personne comme porte-parole constitue au mieux un accommodement de pure forme et au pire une politique opportuniste et tyrannique. La plupart des femmes inscrites à la présente liste de discussion ne représentent personne d’autre qu’elles-mêmes. Elles ne sont ni élues ni nommées pour parler au nom de qui que ce soit d’autre. Certaines ne sont même pas membres d’un groupe prenant des décisions par voie démocratique, avec une base explicite d’unité dans ce dossier.

    Il reste que tous les échanges survenus ici ont été révélateurs et instructifs, et je voulais que nos autres collègues sachent que, même si j’ai très peu de temps pour écrire dans ce forum, j’apprécie ta diligence, ton soin et la mise en œuvre de ton privilège comme source de protection pour les femmes violentées mais aussi de soutien pour les esprits en quête de solutions, particulièrement dans le dossier de la traite/prostitution et de la violence anti-femmes qu’elle constitue.

    Je suis une femme blanche issue de la classe ouvrière et de l’assistance sociale, mère autonome d’un enfant Noir. Je m’appuie sur trente ans de militance contre la violence faite aux femmes et je suis responsable élue de plusieurs groupes que je peux nommer de femmes ayant une politique dans ce dossier. Je travaille à abolir la prostitution. Avec ma collective, j’héberge, je conseille, je nourris et j’encourage des femmes qui nous appellent pour être soulagées de la violence sexiste imposée à elles, à leurs filles et à leurs soeurs. À chaque mois de ma vie adulte, j’ai été en communication et en rapport de soutien avec des femmes et des filles prostituées que je peux nommer. J’ai contribué à la rédaction de la loi anti-viol qui a spécifiquement décrit la condition des femmes prostituées face au viol, une loi qui a été défendue en audience parlementaire par des femmes en situation de prostitution.

    Il est vrai que je n’ai pas eu à (ou choisi de) vendre l’accès à ma personne pour des rapports sexuels. Mais j’ai le droit et la responsabilité d’avoir une opinion quant à savoir si c’est ou non une bonne idée de permettre aux hommes d’acheter l’accès à des femmes et des filles. Et j’ai le droit d’avoir une opinion à savoir si les statistiques nous démontrent ou non que la légalisation ou décriminalisation totale va créer plus de misère pour les femmes que je connais et avec qui je parle. J’ai le droit de porter l’opinion des femmes qui m’ont élue ou nommée à la collective de Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter, la Vancouver Anti-Trafficking Coalition, la Vancouver Abolition Table, l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel et d’autres organisations qui partagent la même opinion.

    Nos opinions collectives, fondées sur nos vies et mises à l’épreuve dans notre travail, se sont développées pour former une théorie, selon laquelle le fait de légaliser, décriminaliser ou autrement tolérer la prostitution au Canada en 2007-2008 constituerait et constitue une grave erreur pour l’avancement des femmes, pour la sécurité des femmes prostituées, pour le mieux-être des femmes des communautés autochtones et du tiers monde et pour les filles partout dans le monde. Nous soupçonnons que les deux projets de bordel ’coopératif’ proposés en Colombie-Britannique constituent une tactique cynique dans la lutte pour faire légaliser/décriminaliser la prostitution. Selon notre analyse, les hommes peuvent très bien cesser d’acheter des rapports sexuels et d’acheter l’accès au corps des femmes, et nous réclamons collectivement ce changement. Et nous insistons pour que l’interdit gouvernemental de ces comportements soit appliqué.

    De plus, nous constatons collectivement et intégrons maintenant à notre analyse que l’État canadien se retire de ses obligations de fournir aux personnes des biens et services et de redistribuer les revenus entre les gens. Ces obligations juridiques ont été chèrement gagnées par la classe ouvrière depuis les années 1930, et celles qui nomment spécifiquement les femmes ont été remportées au cours des années 60 et 70. En même temps, le gouvernement canadien criminalise de plus en plus de femmes pour des délits liés à leur pauvreté. Nous avons pour analyse que l’État canadien peut être forcé à répondre au problème de la violence faite aux femmes et aux besoins des résidantes du pays. Nous exigeons donc l’accès aux biens et aux services, y compris des services de sortie de la prostitution, ainsi que la sécurisation des revenus et la décriminalisation des femmes et des jeunes qui ont été forcées de recourir à la prostitution pour survivre.

    Une nouvelle proposition concernant la prostitution

    Oui, la situation est urgente et horrible. C’est comme voir des corps de femmes emportés devant nous dans les eaux d’un torrent. Nous devons les saisir au passage et les ranimer suffisamment rapidement pour être en mesure de saisir les suivantes, et nous devons scinder nos efforts afin que certaines d’entre nous puissent courir en amont et arrêter les hommes de les jeter à l’eau. Il est évident que ce dont nous avons le plus besoin, c’est que les hommes cessent de s’en prendre aux femmes.

    Il nous faut de l’hébergement d’urgence, des services en santé mentale et des services de désintoxication et d’addiction, et il est particulièrement important que les femmes puissent y être admises avec leurs enfants. Il nous faut des soins de santé et des occasions d’éducation et de formation. Mais comme le disait Cherry Kingsley, une jeune femme ayant vécu l’exploitation sexuelle, « toutes les femmes ont besoin de ces choses-là : les femmes ne devraient pas avoir à desservir sexuellement les hommes pour y être admissibles ».

    Nous avons inventé les centres d’aide aux victimes de viol (1973), les maisons d’hébergement (1973) et les centres de femmes pour mettre ces ressources au service des femmes échappant à toute forme de violence et des femmes ayant besoin d’un contact et de défendre leurs droits. Nos centres doivent accueillir les femmes à titre d’utilisatrices, d’employées et de membres du conseil ou de la collective, qui que soient les hommes qui les ont attaquées et quelle que soit la façon dont une société patriarcale blâme tout groupe de femmes violentées pour la violence qui nous est infligée.

    Des services spécialisés de sortie de la prostitution comme PACE et PAAFE ajoutent à cette fonction une compréhension accrue et des occasions particulières. Ma collective a contribué à la formation de l’Alliance pour la sécurité des prostituées et de l’organisation POWER dans les années 1980, où nous avons créé la ‘bad trick sheet’ (circulaire de signalement des pires clients agresseurs) et les trousses de formation à l’entraide. Nous exigeons la décriminalisation des femmes et des enfants prostituées. Nous exigeons de meilleurs soins pour les enfants envoyés « en protection », particulièrement les filles et les enfants arraché-es à leurs communautés autochtones, pauvres ou immigrantes.

    Les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l’ACCCACS ont convenu que, si l’on veut éviter de jeter à la rue et de sacrifier les femmes, il nous faut d’urgence un revenu acceptable garanti, tel que décrit dans la Déclaration de Pictou*. Il nous faut des sanctions efficaces et égalitaires de la violence anti-femmes, une meilleure pénalisation des agresseurs et un meilleur accès aux tribunaux, sans mesures de diversion pré-procès dans les causes d’agression masculine contre les femmes. Il nous faut reconnaître l’aspect raciste et colonial de la plupart des violences infligées aux femmes, y compris la prostitution, et y mettre fin. Il nous faut réclamer des processus de paix internationaux, régler les revendications territoriales et transformer notre politique d’immigration et notre exploitation actuelle du tiers monde pour tenir compte du fait que la plupart des femmes et des enfants poussé-es à la traite le sont par la pauvreté et par la dégradation de l’environnement de leur mère patrie, y compris les réserves autochtones.

    Lee Lakeman

    Vancouver Rape Relief & Women’s Shelter


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