| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






samedi 10 octobre 2015

Au chevet de la clique proxénète ?

par AERAFEM






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Amnistie internationale et la prostitution : l’aménagement d’un apartheid sexuel
Amnistie internationale invitée à entendre les femmes au coeur de la prostitution
SPACE international s’oppose à la résolution d’Amnesty International visant à dépénaliser proxénètes et prostitueurs
Prostitution - Amnesty relève les compteurs
Amnesty International et la prostitution - Pas en notre nom !
Dépénalisation de la prostitution : Amnesty a laissé tomber les femmes. Adieu Amnesty !
La prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde mais la plus ancienne forme d’oppression !
Pour Amnesty International, la présence de traumatismes psychiques chez les personnes prostituées serait "un stéréotype"
Prostitution - Amnesty International complice de l’exploitation sexuelle des femmes
Prostitution - Amnesty International incité à prendre le parti des personnes exploitées, non celui des proxénètes
Prostitution - George Soros subventionne Amnesty International pour promouvoir le système proxénète
Amnistie internationale et la prostitution - Une position inacceptable, selon PDF Québec
Honte à Amnistie internationale - Réagir !
MMF-France - "Spécial Abolition de la prostitution" - Sur la décision d’Amnesty International
L’Amicale du Nid - Amnesty International a choisi la violence envers les femmes !
Amnesty International et la défense soutenue du système prostitutionnel
Plainte officielle contre la "consultation" menée par le Secrétariat international d’Amnesty ! au sujet de sa politique de décriminalisation du proxénétisme







Le 11 août 2015, Amnesty International se prononce résolument en faveur de la libéralisation du « commerce du sexe ». Selon l’association, seules des mesures minimalistes mises en œuvre par les pouvoirs publics permettraient de garantir les « droits humains des travailleuses et travailleurs du sexe ».

En poussant la logique commerciale à son terme et étant communément entendu que les employées du commerce sont des vendeuses, s’agirait-il, dans le Code du Commerce, de sécuriser les vendeuses de sexe dans l’opération soit de location de partie du corps, soit de cession gratuite, qui deviendrait alors don d’organe ?

AERAFEM ne saurait cautionner, en aucun cas, un tel dévoiement quant aux droits fondamentaux des femmes. En effet, l’association internationale tient un double discours, qui ne fait que révéler son souci premier à l’égard des acheteurs.

Serait-ce que le droit à la vie privée de ces derniers, venu manifestement en "sous-bassement" de la dignité essentielle de la femme et de l’homme ainsi que du droit à la vie, devrait supplanter leur sûreté et leur liberté ? Cependant, le commerce est une activité publique, s’il est de droit privé, il ne relève pas de la vie privée : trottoirs, vitrines et centres ouverts en témoignent.

AI s’arrange en tout cas d’écarter et d’ignorer ces points et suggère que, précisément, quelle que soit la primauté, aucun de ces principes fondamentaux n’est violé puisque la « sexualité » est un besoin humain - confondu par là le sens de besoin et celui de besoin vital (où la vie serait mise en danger) - qu’il ne peut y avoir en l’occurrence servitude et que, par conséquent, la prostitution relève également de préférences individuelles qui ne sauraient admettre le regard indiscret de l’État.

Dans le même temps, A. I. insiste, dans un contexte économique imparfait, sur la validité du « choix » prostitutionnel pour les femmes en situation de précarité. C’est ainsi que cette logique d’urgence sexuelle virile mais humanitaire viendrait combler les lacunes clairement libérales des propositions de l’Organisation Non Gouvernementale : la prostitution de solution serait salutaire pour les femmes pauvres, leur enlever le pain de la bouche est indécent, les acheteurs seraient des bienfaiteurs ainsi que les pourvoyeurs …

En tant qu’association agissant pour l’éradication des féminicides dans le monde, une telle position nous paraît intenable, les femmes ayant droit à la vie, la liberté, la sécurité et la dignité d’office.

Or et par définition, ces principes fondamentaux ne peuvent être fonction de l’état de fait mais, bien au contraire, sont à même de créer un contexte au sein duquel le politique peut dûment intervenir pour contredire la licence coutumière des hommes qui paient pour utiliser en nombre écrasant des enfants, des fillettes et les femmes telles des « outils-vivants » à jouir. Et à perpétuer la lignée sans plus s’embarrasser de contraintes sociales ? Le sens mécaniste et utilitaire envers le sexe féminin qui doit se savoir honoré d’être utilisé par le désir viril pourrait passer, à n’en pas douter, sous la coupe d’une mutation en "proxénétisme reproductif" (1).

Il s’agit là d’une position de principe : le corps humain ne peut faire l’objet d’échange. Le corps humain n’est en rien une propriété cessible. Qu’est-ce qu’un sujet de droit sans corps ? À moins de renier la hiérarchie de principes, la servitude volontaire, pas plus que la traite, ne trouve de justification dans le cadre de ceux affirmés par les diverses « Déclarations Universelles des Droits de l’Homme » !

Si l’argent déboursé en conditions matérielles optimales constitue la seule médiation possible pour déterminer ou non un lien de subordination et d’exploitation, il va sans dire que la traite sexuelle peut très facilement devenir une simple question de libre circulation de « travailleuses ». D’autant qu’A. I. se prononce en faveur de la régularisation systématique des migrantes, qui ainsi concernant un continent s’évaporeraient, et dans les échanges inter -continentaux apparaîtraient socio- professionnellement en services commerciaux de coopération dans les statistiques de la rémittence (2) de la Banque mondiale ?

A.I. brouille les termes à dessein, de sorte que la contrainte doive absolument atteindre un paroxysme, afin que les femmes prostituées ainsi que toute femme puissent seulement espérer une quelconque sécurité. En effet, miser sur la bonne volonté et l’ « éthique » des « proxéneurs » (acheteurs) et des proxénètes (VRP - voyageurs de commerce) revient à rendre les droits fondamentaux des femmes négociables, appréciés au gré d’humeurs seigneuriales plus ou moins bienveillantes. Ce qui confond la survie et le droit à la vie, tandis que la condition première de la vie elle-même, à savoir l’intégrité du corps, en est bassement monnayée.

AERAFEM ne souscrit en rien à ce renoncement gestionnaire, lequel d’évidence et au nom d’un relativisme pragmatique, contribue et continue à justifier des pratiques féminicidaires archaïques, tant contre les prostituées que l’ensemble des fillettes et des femmes.

Prétendre encadrer commercialement a minima ne rencontre aucun succès depuis des siècles et relève finalement, et dans l’ensemble, d’un simple immobilisme historique ; lequel se trouve ainsi en contradiction nette avec une promotion cohérente et digne des Droits des femmes à l’échelle mondiale. D’autant que la preuve n’est nulle part faite par Amnesty International de sa rigoureuse méthodologie scientifique, AERAFEM lui dénie toute crédibilité en ce domaine.

AERAFEM salue et remercie les innombrables protestations d’antennes nationales de l’association qui se désolidarisent de cette position bafouant les législations souveraines et démocratiques, ainsi que les Conventions et Traités internationaux d’égalité des sexes et de protection des fillettes et des femmes.

AERAFEM Paris, siège & Antenne Marseille, le 4 septembre 2015.

Notes

1. Le proxénétisme reproductif étant communément désigné sous la notion de « Gestation pour autrui ».
2. Envoi de fonds aux proches des régions d’origine de travail immigré (terme de géographie)

Mis en ligne sur Sisyphe, le 9 octobre 2015


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

AERAFEM



Plan-Liens Forum

  • Au chevet de la clique proxénète ?
    (1/2) 10 octobre 2015 , par christine gamita

  • Au chevet de la clique proxénète ?
    (2/2) 10 octobre 2015 , par Titi

    rép: Sisyphe




  • Au chevet de la clique proxénète ?
    10 octobre 2015 , par christine gamita   [retour au début des forums]

    Pour plus d’informations sur l’amicale proxène et les proxéneurs, bienvenue dans la course http://susaufeminicides.blogspot.fr/2013/11/amicale-proxene-et-feminicides.html
    Quant aux femmes sans grossesse et leur maternité à l’encan, dès que l’on vit le terme gestante comme pour les chiennes, on sentit le vent mauvais frôler nos bedaines quelques précisions ici http://susaufeminicides.blogspot.fr/2015/06/maternite-lencan.html

    Au chevet de la clique proxénète ?
    10 octobre 2015 , par Titi   [retour au début des forums]

    la position d’Amnesty a t elle évoluée ?
    C’est absolument incroyable cette prise de position contre la moitié de l humanité

    modération a priori

    Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

    Qui êtes-vous ?
    Votre message
    • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


        Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    © SISYPHE 2002-2015
    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin