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dimanche 15 janvier 2006

Le corps humain est inaliénable ! Pour l’abolition de la prostitution !

par Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution (CLAP)






Écrits d'Élaine Audet



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Une nouvelle organisation a été créée le 8 janvier dans la région de Gatineau et d’Ottawa. Il s’agit de la CLAP (Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution). Elle regroupe de jeunes travailleurs et travailleuses et des étudiantEs qui ont décidé de lutter contre la banalisation de la prostitution. Elle vise à sensibiliser la population aux enjeux d’une possible décriminalisation ou légalisation de la prostitution au Canada.

Déclaration de la CLAP
(Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution)

Le contexte

Un Sous-comité sur l’examen des lois sur le racolage du gouvernement fédéral composé de représentantEs des partis fédéraux a passé l’année 2005 à préparer une série de recommandations pour réformer le code criminel. La majorité de ce Sous-comité risque de recommander, après les élections du 23 janvier, une décriminalisation de la prostitution, y compris du proxénétisme (article 212), des bordels (article 210), du transport des personnes vers une maison close (article 211) ainsi que du racolage et de la communication (article 213). Ou sa légalisation pure et simple, c’est-à-dire la possibilité de mise sur pied de red light districts ou « zone de tolérance » et d’exercice licite de la prostitution dans les villes du pays.

Le Canada a participé pendant de nombreuses années à la traite internationale des femmes à des fins de pornographie et de prostitution en accordant des visas d’artiste à des jeunes femmes en provenance d’Europe et d’Asie au profit de clubs de danse nue. Ce n’est que par un scandale et la pression de l’opinion publique que ce programme a pris fin.

La vente d’organes ainsi que la vente du sang est, pour des raisons éthiques évidentes, interdites au Canada, mais on légaliserait la vente du sexe des personnes ! Le corps humain est inaliénable, en partie ou en tout, il ne doit pas faire l’objet de transactions commerciales. C’est éthiquement inacceptable et humainement indigne.

Les signataires de la présente déclaration refusent de voir leur pays adopter des politiques où le sexe et le corps des êtres humains, plus particulièrement des femmes et des fillettes, deviendraient l’objet de transactions licites. Dans de telles conditions, le Canada, via ses taxes et ses impôts, tirerait profit de la prostitution d’autrui et, par le fait même, deviendrait un État proxénète, ce qui est inadmissible.

Déclaration de la CLAP

Nous, jeunes citoyennes et citoyens du monde, engagéEs pour un monde d’égalité, de justice, de liberté, de paix et de solidarité,

Croyons qu’un autre monde est possible et nécessaire, un monde où la prostitution serait abolie comme l’esclavage des Noirs l’a été ;

Considérons que la marchandisation du corps et des sexes - ce qu’est la prostitution et la traite interne et internationale des femmes et des enfants à des fins de prostitution ou de pornographie - est inacceptable ; elle doit être combattue par tous les moyens possibles, car « traiter une personne comme une marchandise, fût-ce avec son consentement, est un crime » (ministre de l’Égalité des sexes de la Suède, Margaretha Wimberg).

Reconnaissons que la principale cause de la prostitution est la demande des hommes clients-prostitueurs qui s’arrogent le droit d’acheter et d’utiliser sexuellement des femmes et des enfants dans leur propre pays ou dans d’autres pays (tourisme sexuel) ;

Affirmons que l’industrie du sexe est profondément sexiste et raciste, qu’elle est fondée sur les inégalités entre les hommes et les femmes, entre les ethnies, entre les classes sociales et entre les pays du Nord et du Sud ainsi que de l’Ouest et de l’Est ;

Rappelons que la traite des femmes et des enfants à des fins de prostitution et de pornographie, qui alimente l’industrie du sexe aux quatre coins du globe, touche des millions de personnes par année - surtout des femmes et des enfants, particulièrement des fillettes - issues de pays du Sud et de l’Europe de l’Est, au profit des clients-prostitueurs du Nord et de l’Ouest ;

Soulignons que l’industrie de la prostitution (et la traite qui en est une conséquence) s’opère au profit de proxénètes généralement structurés en réseaux aux niveaux local, national et mondial, et qu’elle est largement organisée et contrôlée par des groupes criminels ;

Spécifions que l’âge moyen d’entrée dans la prostitution au Canada tourne autour de 14 ans (les données sont comparables aux États-Unis et en Allemagne) - qu’il ne peut en aucun cas être question de « libre choix » - et que les personnes prostituées au Canada connaissent un taux de mortalité 40 fois supérieur à la moyenne nationale.

Soutenons que la prostitution n’est pas un travail ou un métier, ni un plaisir, ni un « service » offert à des « consommateurs », encore moins une « liberté » ou un « droit ». La prostitution est l’assujettissement sexuel de personnes qui sont monnayées pour le plaisir d’autres personnes. Les violences physiques et sexuelles imposées aux personnes prostituées ne peuvent, en toute légalité, être normalisées sous la forme de « conditions de travail » et de risques propres au « métier » ;

Refusons que les proxénètes soient reconnus comme des « entrepreneurs » ou des « hommes d’affaires » ;

Dénonçons l’industrie du sexe qui exploite la misère et la vulnérabilité des personnes et des groupes sociaux les plus fragilisés dans le contexte de la mondialisation néolibérale, notamment dans des situations marquées par la guerre, les conflits, les crises économiques, sociales, politiques et environnementales ;

Revendiquons :

• le droit pour chacun-e de vivre sans être prostitué-e ;
• la suppression de toute pénalisation des personnes prostituées ;
• la réintégration des personnes prostituées dans leurs droits bafoués de femmes, d’hommes et de citoyenNEs ;
• la mise en œuvre d’importants moyens, notamment mais non pas exclusivement financiers, qui leur permettrent de vivre dignement ;
• la pénalisation des clients-prostitueurs ;
• une lutte sans merci contre tous les proxénètes et contre toutes les formes de proxénétisme ;
• une campagne nationale d’information et de sensibilisation pour contrer la prostitution et la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, à des fins de prostitution ou d’autres formes d’assujettissement sexuel -une telle campagne nationale (sur le modèle de celle contre le tabac ou l’alcool au volant) viserait à changer les mentalités et à cesser de banaliser la prostitution.

Recommandons :

• de placer la prostitution au cœur des politiques de lutte contre la violence à l’égard des femmes ;
• de débloquer des crédits pour protéger les victimes de la traite et de la prostitution ;
• d’encourager la création et le développement de Centres pour les victimes de violences masculines, y compris pour les victimes de la prostitution et de la traite pour les protéger des proxénètes, des filières criminelles ou des auteurs de violences (notamment les clients-prostitueurs), ou de doter de ressources additionnelles et suffisantes les centres existants pour qu’ils puissent protéger également les victimes du système prostitutionnel ;
• d’offrir des ressources d’accompagnement global des personnes prostituées pour leur permettre de se reconstruire et de se réinsérer dans un milieu social et professionnel ;
• d’élaborer des politiques visant à prévenir la prostitution des personnes, notamment des jeunes, y compris dans certains pays sources de la traite à des fins de prostitution vers le Canada ;
• de mettre en place des programmes de sensibilisation sur les conséquences de la prostitution en matière de santé.

La lutte pour l’abolition de la prostitution et la traite aux fins de prostitution s’inscrit dans l’objectif plus général de lutte pour l’égalité des femmes et des hommes. Cette égalité restera inaccessible tant que les hommes achèteront, vendront et exploiteront la prostitution des femmes et des enfants.

Contact : Milaine Allarie
Tél. : (819-663-7557 ou 819-923-2323
Courriel : clap_ottawa@yahoo.ca

Mis en ligne sur Sisyphe, le 14 janvier 2006.


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  • Egalité : agir à la base
    (1/1) 30 décembre 2007 , par





  • Egalité : agir à la base
    30 décembre 2007 , par   [retour au début des forums]

    J’approuve totalement ce que vous dites.
    J’ajouterais ceci : il faut aussi travailler à la base.
    Arrêter de valoriser chez le petit garçon uniquement l’activité et et chez la petite fille la passivité.
    Un changement ne pourra survenir que si l’éducation change et devient enfin égalitaire.
    Concrètement, il faut travailler sur les stéréotypes véhiculés par les manuels scolaires, les livres, les films...et éduquer les parents à éduquer ?

    De plus, il faut aussi s’occuper des "clients" qu’une vraie souffrance inconsciente amène à consommer (ce qui n’enlève rien à leur responsabilité).


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