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vendredi 16 mars 2007

La CLAP appuie le rapport du CPCF sur la prostitution et la traite au Canada. Des recommandations audacieuses

par Geneviève Lafleur et Mélanie Claude, pour la CLAP






Écrits d'Élaine Audet



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La Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution (CLAP) de Gatineau et de l’Université d’Ottawa désire apporter son appui au rapport du Comité permanent de la condition féminine (CPCF) de la Chambre des communes du Canada*. Enfin ! Un rapport qui va au-delà des débats stériles sur la notion de force et de consentement pour se concentrer sur le lien indissociable entre la traite et la prostitution. Il propose des recommandations audacieuses qui, d’une part, serviront à protéger les victimes de la traite et, d’autre part, à mener une lutte contre ses responsables, à savoir les proxénètes et les clients.

Les manquements canadiens

En mars 2006, un rapport publié par l’organisation canadienne Future Group mettait en évidence les manquements du Canada en matière de lutte contre la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle. De fait, ce document montrait en quoi les efforts canadiens s’étaient strictement concentrés sur la mise en place de mesures législatives (la loi C-49) et sur la coopération et la coordination des agences tant au niveau national qu’international. Autrement dit, contrairement à d’autres pays, depuis sa ratification du Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, en mai 2004, le Canada n’avait toujours pas de plan de protection des victimes de la traite.

Sans vouloir minimiser les efforts du gouvernement canadien en matière de lutte contre la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, nous tenons toutefois à mentionner que le Canada se doit d’être fidèle à ses engagements face au protocole ainsi qu’à la communauté internationale. Le rapport du CPCF rappelle aux autorités gouvernementales l’impératif du devoir d’accorder une protection ainsi qu’une assistance visant la réadaptation des victimes de la traite, d’assurer la confidentialité aux victimes et, par le fait même, les protéger contre leurs trafiquants, d’offrir aux victimes la possibilité d’intenter des poursuites au civil et de profiter des avantages sociaux, en plus de leur offrir la possibilité de demeurer, d’une manière temporaire ou permanente, au pays.

Une lutte en amont

La lutte contre la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, c’est bien plus que la mise en place de lois punitives qui servent à poursuivre les contrevenants. Pour être efficace, la lutte doit aussi miser sur la prévention et la protection des victimes de la traite. En proposant des recommandations qui s’attaquent au système de la traite des personnes, le rapport du CPCF affirme que la simple gestion de la traite des personnes est inacceptable.

Le rapport met en évidence deux causes fondamentales et sous-jacentes de la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, à savoir la pauvreté et l’inégalité entre les sexes. En effet, le rapport du CPCF montre clairement que la traite des personnes exploite la misère et la vulnérabilité des personnes et des groupes sociaux les plus fragilisés dans le contexte de la mondialisation néolibérale. Par ailleurs, le rapport sous-tend que la lutte pour l’abolition de la prostitution et la traite aux fins de prostitution s’inscrit dans l’objectif plus général de lutte pour l’égalité des femmes et des hommes. Or, cette égalité restera inaccessible tant que les hommes achèteront et vendront des femmes et des enfants et exploiteront leur prostitution. Aussi, la CLAP appuie le Comité qui exhorte « le gouvernement fédéral [à] mette sur pied une campagne nationale de communication pour sensibiliser le public au problème de la marchandisation du corps humain, de la prostitution et de la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle ».

Puisque que l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est 14 ans, il semble primordial qu’une campagne visant à sensibiliser les jeunes face aux divers pièges de la traite et de la prostitution soit mise sur pied. Par ailleurs, deux articles, publiés les 9 et 12 mars 2007 dans Le Droit sur la croissance de la prostitution juvénile en lien avec les gangs de rue à Gatineau, rappellent l’urgence d’interagir auprès de nos jeunes afin d’éviter qu’ils deviennent d’un côté de potentielles victimes de la prostitution et de l’autre des clients ou des proxénètes.

On sait que la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle est une triste réalité qui existe au Canada. Par conséquent, invitons nos élu-e-s, tant au niveau local, provincial que fédéral à agir à la fois contre la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle et contre la prostitution, entre autres, en pénalisant ses responsables, les proxénètes et les clients-prostitueurs, et non ses victimes, les personnes prostituées.

* « De l’indignation à l’action pour contrer la traite à des fins d’exploitation sexuelle au Canada », sur Sisyphe.

La Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution (CLAP) de Gatineau et de l’Université d’Ottawa

Courriel de la CLAP.

Lire également : « Traite des personnes et prostitution, un rapport important et novateur », par Richard Poulin

Contact

Milaine Alarie
Courriel : clap_ottawa@yahoo.ca

Mis en ligne sur Sisyphe, le 17 mars 2007


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Geneviève Lafleur et Mélanie Claude, pour la CLAP

Les auteures sont membres de la Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution (CLAP) de Gatineau et de l’Université d’Ottawa dont on peut trouver la plateforme à cette page sur Sisyphe.



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