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samedi 29 mars 2008

Quand la haine des femmes devient propagande

par Milaine Alarie, pour la CLAP






Écrits d'Élaine Audet



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Tout récemment, le journal Oral Otis, publié par la faculté de Génie de l’Université d’Ottawa, a imprimé un article qui en a surpris plus d’un par son contenu misogyne. En effet, l’auteur faisait la promotion de la violence sexuelle, du mépris des femmes et même du viol. (L’article qui suit contient des propos crus.)

Des propos haineux

Tout d’abord, le thème de la semaine concernait le soi-disant problème des hommes dont la partenaire atteint l’orgasme avant eux. Déjà, à la base, on peut s’attendre à un contenu sexiste puisque l’idée d’une femme qui atteint l’extase avant son partenaire est considérée comme problématique par l’auteur. Mais il y a pire ! Parmi les conseils pour « remettre la femme à sa place », l’auteur propose au lecteur « d’éjaculer sur elle après son orgasme : Si elle ne comprend pas le message après la première ou deuxième fois, elle le comprendra certainement lorsque tu commenceras à viser ses yeux. Les cheveux ne sont pas particulièrement plaisants non plus, et Dieu sait que les oreilles sont un lieu qui s’infectent rapidement. Peut-être peux-tu la forcer à te sucer juste après. Je suis certain qu’elle appréciera le goût de poisson frais ».

Plus loin, l’auteur recommande de « glisser ton ballonnet de viande un peu plus bas et de lui défoncer l’anus. Ceci est une bonne façon pour toi de te donner du plaisir intense, tandis que ça ralentira les ardeurs de ta partenaire ». Puis, concernant la femme qui en a assez et qui voudrait cesser de faire l’amour, l’auteur propose implicitement le recours au viol : « Ne la laisse pas s’en aller... Rappelle-toi, vous deux n’avez pas terminé tant et aussi longtemps que tu ne décides pas que c’est terminé ».

Les discours misogynes : une question d’humour ?

Dans une entrevue, Rob Arntfield a affirmé que l’article avait comme objectif d’être comique. L’Université d’Ottawa a vite répondu aux critiques affirmant qu’elle était très déçue de constater que, pour certains étudiants, la violence envers les femmes est un sujet drôle. Le journal Oral Otis a dû publier une lettre d’excuse officielle sur son site web, dans le but de faire taire les plaintes.

Inacceptable dans un journal étudiant... mais ailleurs, oui ?

Pour la plupart des gens, le scandale réside dans le fait qu’un journal étudiant n’est pas l’endroit où publier ce type d’article. Publier cet article fut en effet une grande erreur de la part de l’Université d’Ottawa, puisqu’il représentait une réelle propagande haineuse envers les femmes et que ce type de discours n’aurait jamais dû être publié dans un journal universitaire. Mais y a-t-il un journal adéquat pour ce genre de propagande misogyne ? Le fait que cet article se soit en quelque sorte « échappé » démontre que, pour encore bien des hommes, la femme est un être humain inférieur qui mérite d’être dressée et ce, par la violence sexuelle. Ce constat devrait réveiller les ardeurs des femmes d’ici et d’ailleurs. Bref, cet article nous rappelle aussi que le féminisme a encore sa raison d’être.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 24 mars 2008


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Milaine Alarie, pour la CLAP

L’auteure est bachelière en Études des femmes et en Développement international et mondialisation. Elle est aussi membre de la Collective des luttes pour l’abolition de la prostitution (CLAP), une jeune ONG féministe militant pour l’égalité entre les sexes, principalement pour l’éradication de toute forme d’oppression sexuelle.



Plan-Liens Forum

  • > Quand la haine des femmes devient propagande
    (1/4) 2 avril 2008 , par

  • Rapprochement
    (2/4) 26 mars 2008 , par

  • > Quand la haine des femmes devient propagande
    (3/4) 26 mars 2008 , par

  • Loi anti-sexiste en France
    (4/4) 25 mars 2008 , par





  • > Quand la haine des femmes devient propagande
    2 avril 2008 , par   [retour au début des forums]

    Je trouve profondément aberrant qu’un universitaire puisse écrire pareille texte sans encourir de conséquences ! Cela nous en dit long sur la prochaine génération d’élite que nous nous préparons. Si ce texte aurais visé n’importe laquelle des minorités présentes au Canada, cela aurais fait un tollé du Diable ! Bel exemple du deux poids deux mesures qui a cour présentement. Pas étonnant que l’exploitation sexuelle, la prostitution forcé ainsi que la violence sexuelle soient passé sous silence par nos élites bien pensantes. Les agressions sexuelles ont de graves conséquences sur la vie des personnes, sur la qualité de vie des individus. Banalisez les agressions sexuelles, c’est renier l’humanité de la victime. Assez c’est assez ! Brisons le silence…

    Rapprochement
    26 mars 2008 , par   [retour au début des forums]

    Je suis assez d’accord avec l’internaute qui pense que tout est lié. Lisez ces articles :
    - Pornographie : "Ça fait mal, tellement mal" ou pourquoi certaines femmes ne veulent pas savoir
    - Le harcèlement sexuel à l’adolescence, élément d’une culture sexiste
    - Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    - La sexualisation précoce des filles peut accroître leur vulnérabilité
    - Sexualisation précoce des adolescent-es et abus sexuels

    C’est à se demander si l’hypersexualisation de la société n’a pas un objectif politique qui serait de maintenir le contrôle du sexe masculin sur le sexe féminin. Avec la prostitution banalisée et la pornographie comme instruments principaux. À force d’envoyer le message que porno, prostitution, hypersexualisation sont tout à fait acceptables, on met en danger la vie et l’avenir des filles d’aujourd’hui. Ce sont là des "feminist issues".

    > Quand la haine des femmes devient propagande
    26 mars 2008 , par   [retour au début des forums]

    C’est également vulgaire.

    L’auteur devrait être expulsé de l’Université.

    Loi anti-sexiste en France
    25 mars 2008 , par   [retour au début des forums]

    Et si, pour accélérer les choses, on se mettait nous aussi à tenir des propos sexistes ?

    Par exemple
    Comment s’appelle le corps gras à la base du pénis ?
    Un homme
    A quoi cela sert t-il
    A rien

    et encore : http://www.babilive.com/forum/showthread.php/humour-anti-macho-289.html?s=bda734c27f799b1d48677653edc14ce9&t=289

    Puisqu’ils occupent encore majoritairement le pouvoir (médiatique, politique, publicitaire), ils finiraient peut-être par pondre une vraie loi antisexiste.
    Rien de tel parfois que de combattre le mal par le mal...
    Et là où ça lui fait mal à Raoul, c’est sous la ceinture.
    Je sais, c’est « pas bien, etc » … mais si c’est efficace ?

    • Le feu contre le feu
      25 mars 2008 , par
        [retour au début des forums]

      On dit aussi combattre le feu par le feu. Je suis d’accord avec ce que tu dis. En ce sens, je crois que le discours de la non-violence ou de la paix à tous prix que véhicule le mouvement féministe joue contre lui.

      [Répondre à ce message]

      • Violence et critique
        26 mars 2008 , par
          [retour au début des forums]

        À tout le moins faudrait-il ouvertement se montrer critique face à ce genre de discours, ce qui n’est pas à confondre avec violence. Mais tant que le mouvement féministe craindra de passer pour puritain et laissera croire que tout ce qui concerne le sexe est acceptable et relève de la liberté de choix, on aura de ces jeunes nourris par la pornographie et le discours pro-prostitution qui en reproduiront les modèles à l’école comme ailleurs. Le problème du mouvement féministe n’est pas d’être non violent, c’est de ne pas faire le lien entre tous les maux qui nous affligent (prostitution, porno, violence, sexisme, viol, harcèlement des filles à l’école, hypersexualisation dans les médias).

        [Répondre à ce message]


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