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Sisyphe et la liberté de parole Quinze ans de silence public ne m’ont donc pas immunisée contre cette maladie qui consiste à me mêler effrontément des affaires de ce monde. En reprenant la parole pour défendre des droits, je rencontre la même vieille ennemie, la censure. Je prends note que mes propos dérangent encore aussitôt qu’ils deviennent politiques. À charge pour les gens qu’ils dérangent de s’interroger sur eux-mêmes, non pas à moi de me taire. La liberté de parole, même relative, est peut-être la pierre que Sisyphe, du mythe du même nom, devait rouler sans cesse au sommet d’une montagne. Je ne me sentirais pas à l’aise de m’asseoir tranquille, plutôt de faire l’effort de la rouler, parce que des gens sans scrupule abusent de leurs pouvoirs et de leurs privilèges.
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LES BREVES : lundi 5 mai
Le Canada, une « république de bananes » ? mardi 1er mai
Qui était Sisyphe ? mercredi 1er novembre
La liberté d’expression en ligne mercredi 16 mars
Fillion déCHOI… Bravo les femmes ! par Martin Dufresne samedi 12 mars
Fin du procès de Sophie Chiasson contre Jeff Fillion - Le verdict d’ici 30 jours - Appui massif à Sophie Chiasson octobre
Les Carnets de Sisyphe Nouveau
Liberté d’expression et diffamation au Canada mercredi 16 juillet
Le CMAQ se donne les moyens de contrer les abus sur son site |
mars 2010 Prostitution et intégrisme religieux, deux thèmes sujets à censure en milieu féministe par Sisyphe La liste féministe NetFemmes a refusé à deux reprises, en février dernier, de publier les messages d’une éditrice du site Sisyphe, Micheline Carrier, sans donner, à nos yeux, une explication satisfaisante de cette décision. Dans le premier cas, il s’agissait d’un communiqué expédié le 1er février et annonçant les plus récents articles affichés dans le site Sisyphe. La liste européenne Études féministes et la liste pancadienne PAR-L ont publié ce communiqué sans y voir quoi que ce soit de répréhensible. Les modératrices de NetFemmes ont estimé qu’un paragraphe de ce communiqué reproduisant un extrait d’un article du Mouvement du Nid en France, sur le film « Travailleurs du sexe », contrevenait à la nétiquette aux chapitres « du respect, de la politesse et de la tolérance ». Dans un courriel qu’on pourra lire plus bas dans cette page, les modératrices de la liste ont accusé l’expéditrice du message de tenir des « propos haineux à l’égard des femmes » et de chercher à provoquer : « La critique du documentaire sur le travail du sexe ne fait pas preuve de tolérance ni de politesse. C’est un paragraphe qui vise à provoquer dans l’optique de promouvoir un texte et un site. Ce texte n’a pas sa place dans la liste », a-t-on affirmé avec assurance. Affirmation d’autant plus étonnante que, le 17 février, la liste NetFemmes a publié exactement le même paragraphe qu’une autre abonnée avait posté, à la seule différence que cette abonnée avait indiqué un lien vers le site du Mouvement du Nid au lieu du site Sisyphe pour la lecture du texte intégral… Était-ce le contenu du commentaire ou la messagère qui était en cause ? Après plusieurs échanges de courriels avec la directrice générale du CDEACF, dont relève la liste NetFemmes, on nous a finalement donné cette explication : « Il [le paragraphe en question] faisait croire que la rédactrice tenait ces propos-là à l’égard du Mouvement du Nid, ce qui contrevient à la nétiquette, car ça attaque un groupe qui travaille pour les femmes. Tel a été la compréhension de la modératrice de Netfemmes, elle a fait valider par une autre personne qui a compris les choses de la même façon. Nous avons passé l’extrait sans contexte aux membres du comité condition féminine, qui ont voté dans le même sens. Et hier en conseil d’administration, la décision était unanime, cet extrait hors contexte est haineux envers les femmes. » Ainsi, en dépit du fait que Micheline Carrier ait mentionné au moins à trois reprises dans ses courriels, depuis le 1 février, que le Mouvement du Nid était l’auteur du paragraphe cité dans son communiqué, la directrice générale a continué de lui attribuer le commentaire sur le documentaire jugé inacceptable. Cette interprétation, qui ne tient pas compte des explications données par la messagère dès ses premiers courriels, ressemble à de la malhonnêteté « dans l’optique » de masquer une erreur d’interprétation et de discréditer une abonnée. Ce n’est pas parce qu’une décision est unanime qu’elle est justifiée. Le comité de la condition féminine et le conseil d’administration du CDEACF ayant endossé, sans plus de preuve, cette attitude accusatrice, on peut se demander s’ils étaient au courant des faits suivants et, s’ils l’étaient, il est permis de s’interroger sur leur sens de l’équité. Le communiqué indiquait clairement le contexte du paragraphe en cause, comme pour tous les autres articles annoncés. Si la directrice générale ne l’a pas transmis au conseil d’administration et au comité de condition féminine du CDEACF, il s’est agi d’un choix délibéré.
mardi 7 septembre 2004
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