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vendredi 3 juin 2011

Si nous parlions de parentalité plutôt que d’homoparentalité
Gestation pour autrui et liberté des femmes

par Christine Le Doaré, Irréductiblement féministe






Écrits d'Élaine Audet



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Plutôt que d’homoparentalité, si nous parlions de parentalité. En effet, si l’orientation sexuelle des parents est homosexuelle, la parentalité, elle, ne l’est pas car le lien qui unit les parents à leur enfant est un lien d’amour universel.

Le désir d’enfant, on l’a ou pas, il n’est en rien lié à son orientation sexuelle.

Des couples hétérosexuels mettent des enfants au monde sans nécessairement se poser beaucoup de questions, c’est une des normes de réussite sociale les plus valorisées. De même, des couples homosexuels ne conçoivent pas leur vie sans enfants.

Le désir d’enfant peut être passager ou pérenne, relever du fantasme ou forger un authentique projet de vie. Les motivations sont aussi diverses que pour les personnes hétérosexuelles : envie de s’accomplir en éduquant et en transmettant des valeurs, besoin impérieux de se reproduire et de laisser une trace de soi sur terre ou encore perméabilité à la pression sociale, etc.

Tout dépend de son histoire personnelle et familiale, de sa vie et de ses rencontres et chacun est libre de ses choix de vie.

Dans tous les cas, la plupart des lesbiennes et des gays qui mettent des enfants au monde y tiennent énormément et sont prêts à surmonter tous les obstacles.

En outre, il est désormais démontré que leurs enfants sont aussi heureux que les autres. Aussi, en douter relève clairement de la lesbophobie et de l’homophobie.

Désir d’enfant et procréation homosexuelle

Simple constat : en matière de procréation, il n’y a pas de symétrie entre les hommes et les femmes et, pour l’instant, les hommes ne portent pas les enfants.

Cette asymétrie signifie que la conception est plus facile pour les lesbiennes puisqu’il suffit aux femmes d’un rapport sexuel ou d’un don de sperme, alors que les gays ne peuvent concevoir entre eux sans l’implication déterminante d’une femme. Rappelons néanmoins que la PMA (Aide médicale à la procréation : insémination…) n’est toujours pas ouvertes aux femmes seules ni aux couples de lesbiennes en France, alors qu’elle l’est dans plusieurs pays européens. Les député-es avaient ces derniers jours l’occasion d’y remédier alors qu’un amendement du groupe SRC, adopté par le Sénat, venait en seconde lecture à l’Assemblée nationale. Ils l’ont rejeté et ont sans grande surprise maintenu cette discrimination.

Des lesbiennes vivent d’ailleurs mal cette asymétrie, culpabilisent et opèrent un raccourci en faisant un parallèle entre l’AMP ou PMA (Aide médicale à la Procréation) et la GPA (Gestation pour autrui ou « Mères porteuses »), alors qu’il ne s’agit en rien de moyens comparables.

Les gays sont généralement parents parce qu’ils ont eu des enfants d’une relation hétérosexuelle ou parce qu’ils se sont engagés dans un projet de coparentalité avec une femme ou avec un couple de lesbiennes, ou bien encore, parce qu’ils ont adopté.

Ceci laisse tout de même un certain nombre de possibilités, mais les projets de coparentalité ne sont pas toujours si simples à mettre en place et il arrive parfois qu’ils se passent mal. Le plus souvent, ce sont de bien belles histoires qui placent l’enfant au cœur de plusieurs parents ou couples de parents qui, tous, veillent sur lui.

L’adoption est une forme de parentalité particulièrement généreuse et désintéressée qui consiste à transmettre de l’amour, de l’attention et de la réparation plutôt qu’un patrimoine génétique. Toutefois, les possibilités d’adopter sont trop rares et, en France, l’adoption n’est toujours pas ouverte aux couples de même sexe.

Il serait d’ailleurs temps que la question de l’adoption devienne un véritable sujet de société et que les nécessaires évolutions en France, mais aussi au plan international, soient défendues avec autant de conviction que la GPA (Gestation pour autrui).

Procréation homosexuelle et Gestation pour autrui

Les modes d’accès à la parentalité mentionnés ci-dessus ne suffisent pas aux couples ou célibataires gays. Certains ont recours à la Gestation pour autrui (GPA) à l’étranger, beaucoup veulent à toute force son encadrement chez nous. Bien sûr, des couples hétérosexuels sont aussi concernés, mais cette revendication est surtout portée par les gays.

Comment peut-on définir la GPA ? Dans tous les cas, elle n’est en rien assimilable à une quelconque technique médicale de procréation. Selon les uns ce serait un don, dans ce cas seule devrait compter la volonté de la donatrice désintéressée, ni rémunérée ni indemnisée, et l’on conçoit alors mal la nécessité d’un rigoureux cadre réglementaire. Selon les autres, ce serait un service (payant, gratuit ou indemnisé), voire un acte de vente (définition juridique d’une vente : accord sur le prix et sur la chose).

Dans tous les cas - don, service ou vente - l’acte consiste à mettre à disposition le corps d’une femme et sa capacité d’enfantement, afin que ce corps produise un bébé dans le seul but de le remettre à celui qui a passé commande.

Que l’on soit ou non favorable à la Gestation pour autrui (GPA), force est d’admettre que cette pratique relève de la mise à disposition du corps des femmes. C’est précisément pour cette raison que des personnes pourtant insoupçonnables d’homophobie y sont opposées alors qu’elles sont très franchement favorables à l’homoparentalité.

Les personnes et associations favorables à la GPA s’accordent généralement pour reconnaître que sa pratique dans les pays émergents ne leur convient pas car il s’agit alors d’exploitation de la misère.

Si elles mettent en avant cet argument économique, en revanche, celui de l’appropriation du corps des femmes et de leur faculté d’enfantement n’est guère abordé.

Elles font la promotion d’un encadrement le plus souvent drastique, (n’est pas admise à la GPA qui veut !), et surtout elles vantent la relative gratuité d’un tel acte sur le territoire français.

Toutefois, la notion de dédommagement peut aussi être questionnée car une femme en difficulté sociale pourrait être séduite par le confort et l’attention dont elle bénéficierait alors.

Les candidates seraient sélectionnées en fonction de critères qui divergent selon les tendances politiques, mais à la condition unanime de faire preuve d’un altruisme à toute épreuve. L’enfant à naître ferait l’objet d’un contrat de remise à son « parent social - propriétaire ». Certains appellent la femme qui va le porter et accoucher « mère porteuse », d’autres, « gestatrice ». Certains lui accordent une place dans l’avenir de l’enfant, d’autres non. Sur ce plan la confusion règne, en revanche, tous s’accordent à dire qu’elle n’est pas la mère de l’enfant qu’elle mettra au monde. Aussi, doit-elle renoncer à tout droit, mais aussi à tout lien d’affection le concernant, sa seule motivation devant être la beauté du geste d’abandon en vue du don, service ou de la vente.

Gestation pour autrui (GPA) et féminisme

Mis à part des cas très particuliers au sein d’une famille (don entre sœurs) ou entre proches, quelle pourrait être la motivation d’une femme qui décide de consacrer une année de sa vie, (préparation préalable, grossesse, récupération/réparation) à une GPA ?

À moins de penser que la carrière professionnelle des femmes est secondaire ou que ne sont concernées que des femmes au foyer, ce qui relèverait tout de même d’un sexisme primaire, quel pourrait bien être l’intérêt d’une femme à compliquer ainsi sa vie professionnelle en mettant au monde des enfants pour les autres, alors que notre société n’a toujours pas trouvé les bonnes réponses pour permettre aux femmes et aux hommes d’élever leurs enfants tout en travaillant ? Je n’ai d’ailleurs pas relevé de réponses satisfaisantes en matière de droits sociaux dans les argumentaires pro-GPA.

La grossesse n’est évidemment pas une maladie, ni l’accouchement nécessairement difficile et douloureux, néanmoins, pourquoi des femmes prendraient-elles ce risque qui ne peut jamais être écarté d’emblée ? Par goût exorbitant du don ? Il est vrai que nombre de femmes n’envisagent toujours pas de s’épanouir et de se réaliser autrement que par la maternité, il faut bien dire que longtemps, ce fut leur seule fierté. Sauf que justement, il ne s’agit pas ici de maternité ni de parentalité, seulement de production d’enfant, ce qui réduit les femmes à une faculté biologique amputée du projet et du plaisir de parentalité.

Dans notre société patriarcale, les femmes sont encore élevées dans le don d’elles-mêmes, l’effacement et la générosité ; il n’est vraiment pas féministe ni même progressiste de l’encourager et d’exploiter ce conditionnement du genre féminin.

Il est tout de même curieux que les mêmes qui se méfient, à juste titre, du féminisme essentialiste, quand ça les arrange, portent soudainement aux nues des prétendues qualités féminines !

Les pro-GPA nous disent aussi souvent qu’il faut écouter les femmes qui l’ont pratiquée, que chacun est libre de faire ce qu’il veut de son corps.

Cette rhétorique de la liberté (libre choix) est d’ailleurs la même en matière de prostitution, autre domaine de la mise à disposition du corps des femmes. De quel choix s’agit-il vraiment ? Rappelons une fois encore que le seul droit pour lequel les femmes n’ont jamais eu à se battre est bien celui de faire des enfants !

Nul besoin d’avoir un diplôme en féminisme pour savoir que l’objectif premier du patriarcat est de sécuriser l’appropriation et le contrôle du corps des femmes, en matière de sexualité comme de reproduction.

En outre, l’argument de la liberté sans égalité réelle n’est jamais un argument politique très convaincant. Les féministes font aujourd’hui le constat que la libération sexuelle des années 70 - si elle a certes aussi profité aux femmes -, sans égalité réelle, les a surtout mises à la disposition permanente des hommes.

Pour que le patriarcat ou toute forme d’oppression se maintienne, il lui faut des relais et conditionner les opprimés, sinon, le système ne pourrait pas fonctionner. Les femmes conditionnées font partie des rouages, ce sont elles qui éduquent leurs filles et leurs fils pour reproduire les conditions de l’oppression.

Trouver des femmes prêtes à s’engager dans une GPA, tout comme l’on peut trouver des femmes qui trouvent génial d’offrir à Noël un mini fer à repasser à leur petite fille et un fusil à leur petit garçon, ne signifie rien d’autre.

Enfin, une société ne peut avoir comme projet d’organiser toutes les libertés individuelles : je veux repeindre Paris en bleu, je veux vendre une partie de mes organes pour arrondir mes fins de mois, je veux tuer mon voisin parce qu’il est bruyant, etc. merci de me mettre tout ça en forme !

En admettant que la GPA soit réglementée en France, il est raisonnable de penser qu’elle ne concernerait qu’un nombre infime de femmes disposées, étant donné la nature de l’engagement, à la pratiquer.

Dans ces conditions, ce débat doit-il déchirer les personnes et associations LGBT, féministes, comme il le fait actuellement ?

Si est sincère l’argument qui consiste à dire que l’encadrement de la GPA en France est motivé par la nécessité d’éviter qu’elle ne se pratique à l’étranger dans des conditions épouvantables, pourquoi dans ce cas ne pas plutôt se mobiliser pour tenter de la réglementer, voire de l’interdire, à l’échelon international ?

Gestation pour autrui et parent social

La société est en mouvement, les luttes féministes et LGBT permettent d’interroger les déséquilibres dans les rapports sociaux de sexe et la hiérarchie en matière d’orientation sexuelle et d’identité de genre. Elles aboutissent à l’invention de nouveaux liens et façons de vivre, notamment en matière de parentalité.

La parentalité sociale n’est pas qu’un concept intéressant, c’est aussi une réalité qui jusqu’ici n’avait pas de nom mais existait bel et bien. Le parent, c’est en effet celui qui élève l’enfant, lui transmet une éducation et des valeurs, lui apporte une sécurité affective et sociale, ce que tous les parents biologiques n’accomplissent pas toujours.

Pour autant, faut-il tout envisager et autoriser ? Certes dans certains pays on choisit déjà sur catalogue les caractéristiques génétiques de son futur enfant et presque son bébé sur étagère, mais ne serait-il pas extraordinairement paradoxal que la GPA, présentée comme une solution moderne et progressiste, ne soit en réalité qu’un réactionnaire instrument patriarcal de mise à disposition du corps des femmes (cas particuliers au sein d’une famille, don entre sœurs, ou entre proches, mis à part) ?

Prétendre que la GPA est l’alpha et l’oméga de la parentalité sociale, qu’elle tord le cou à la bonne vieille parentalité biologique, n’est pas très honnête. La GPA n’est en rien affaire de parentalité sociale mais bien de parentalité biologique puisque tout l’enjeu de cette forme de parentalité consiste bien à reproduire ses gènes (Une GPA n’est que rarement conçue sans les gamètes du père).

D’ailleurs, l’adoption n’est-elle pas la seule véritable parentalité sociale sans lien biologique ?

En conclusion

La liberté sans égalité réelle n’est pas la liberté de tous et encore moins de toutes. Dans une société libre et égale, dans une société féministe, la GPA pourrait peut-être s’envisager, je ne sais pas. Dans notre société patriarcale, j’émets de sérieuses réserves et avant d’éventuellement les lever, j’attends d’être convaincue par des arguments étayés, précis, progressistes et féministes. Tout le reste serait hors sujet.

- Lire l’excellent blogue de l’auteure ici.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 31 mai 2011


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Christine Le Doaré, Irréductiblement féministe



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  • Si nous parlions de parentalité plutôt que d’homoparentalité
    (1/1) 2 juin 2011 , par Idyllique





  • Si nous parlions de parentalité plutôt que d’homoparentalité
    2 juin 2011 , par Idyllique   [retour au début des forums]

    Merci pour cet excellent article.
    Je déplore l’évolution de la condition des femmes sur cette planète.
    La révolution féministe qui a commencé avec christine de pisan au 14ème... Olympe de Gouges 18ème siècle décapitée en France pour avoir osé réclamer outre les droits de l’homme mais aussi "les droits de la femme" !!

    Je suis contre ce conditionnement éducatif, sociétal, commercial qui consiste à transformer la femme en pondeuse (mère célibataire en galère (parfois mineure), usine à bb de Monsieur Mon Mari, mère par manque d’imagination (ou pour avoir échoué à l’école et n’avoir pas réussi dans le monde du travail) et pour gagner un statut social d’une Etat nataliste qui renvoie les femmes à la maison à coûts d’allocations familiales, d’avantages sociaux et réductions d’impôts ruineux pour la collectivité.
    Hélas, ces femmes-là transmettrons à leurs enfants leur héritage culturel sexiste qui sera renforcé par une société qui vous emprisonne dans un rôle selon que vous êtes né homme ou femme !
    Le pire est venu : louer, acheter un utérus pour produire encore et encore des bb à la pelle pour autrui ! Peu importe l’époque, le continent, l’être humain femme est toujours coincé dans le rôle de poule pondeuse !
    Au point, que nous sommes 7 milliards d’humains, c’est beaucoup trop pour une petite planète ravagée par les dégâts induits par sur surpopulation humaine, une planète aux ressources limitées et que les technologie, l’agronomie ne font qu’empirer le phénomène de destruction irréversible de tous les écosystèmes dont... nous dépendons !
    Décroître devient l’urgence !
    Moins d’enfants pour vivre et s’épanouir mieux à l’échelon individuel et planétaire !
    Avant de penser à se reproduire à gogo (des enfants rien que pour moi) commençons par nous occuper de ces milliards de pauvres qui crèvent d’être nés pour X mauvaises raisons de mères irresponsables ou de mères totalement soumises et aliénés !
    Non, la femme n’est pas une usine de production intensive de mômes !
    La vie offre bien d’autres réalisations beaucoup plus épanouissantes !

    Rappelons-nous, n’oublions jamais ce que l’histoire nous a appris : le choix de ne pas en avoir n’est pas acquis :
    Le 31 juillet 1920, est votée par 521 députés contre 55 la loi qui interdit l’avortement et la contraception. Le but de cette loi est démographique. L’avortement est puni d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans et d’une amende jusqu’à 72 000 francs. Le simple fait d’en parler publiquement, de donner des infos par affichage tombe sous le coup de cette loi (passible d’amende et d’emprisonnement). De même, le fait de divulguer ou d’offrir des procédés contraceptifs est passible de 6 mois de prison et de 100 à 5 000 francs d’amende. La formation à la contraception durant les études médicales est également interdite.

    La loi du 29 juillet 1939 punit aussi les femmes qui ont tenté d’avorter alors qu’elles se croyaient enceintes et ne l’étaient pas. Et donne aux médecins le droit de violer le secret médical pour dénoncer un avortement.

    En 1942, sous Pétain, l’avortement devient un « crime contre l’État » passible de la peine de mort.

    En 1943, une femme pratiquant des avortements est guillotinée.

    En 1967, après sept ans de discussion, la loi autorisant la contraception (et abolissant la partie concernée de la loi de 1920) est votée. Les décrets d’application ne seront publiés qu’en 1969 et 1972. La contraception est légale, pas le fait d’en parler.

    Juin 1970 : proposition de loi autorisant l’avortement en cas de risque pour la vie de la mère, viol ou malformation incurable de l’embryon.

    1970 : création de « Laissez-les vivre » par le professeur Lejeune

    Ce sont les débuts du MLF. Le 5 avril 1971, publication dans Le Nouvel Observateur du manifeste où 343 femmes ordinaires et célèbres déclarent avoir avorté.

    Novembre 1972 : procès de Marie-Claire, 16 ans et de sa mère. Défense assurée par Gisèle Halimi qui a fondé l’association « Choisir. La cause des femmes ». C’est une période de combat des femmes, sans soutien politique.

    En 1973, le Planning familial commence à pratiquer des avortements clandestins. Le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) est créé la même année, pratique des avortements sans s’en cacher, et apprend la technique à tous ceux et celles qui le souhaitent.

    17 janvier 1975 : promulgation la loi Veil qui autorise et médicalise l’avortement. N’abolit pas la loi de 1920 et n’est valable que pour cinq ans, avant évaluation. L’avortement est interdit aux femmes étrangères, et n’est pas remboursé. En 1979-80, la loi est votée définitivement. La mise en place dans les hôpitaux est longue et se heurte à la désapprobation de nombreux membres du corps médical.

    4 décembre 1974 : loi sur le remboursement des contraceptifs.

    31 décembre 1982 : vote de la Roudy, qui autorise le remboursement de l’IVG.

    1993 : loi Neiertz qui prévoit des peines d’amende et d’emprisonnement pour le délit « d’entrave à l’IVG ». Une des lois répressives les moins appliquées.

    4 juillet 2001 : loi autorisant l’avortement hors établissement médical, allongeant le délai légal de deux semaines, supprimant l’autorisation parentale pour les mineures. Les chefs de service d’un hôpital public devront assurer l’organisation des IVG. L’entretien préalable avec un psychologue avant l’IVG n’est plus obligatoire. La publicité et l’information sur l’IVG ne sont plus interdites. Le décret d’application pour l’IVG médicamenteuse, en cabinet médical, n’est paru qu’en juillet 2004.


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