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mardi 27 avril 2010

Mon accouchement, mon choix !

par Claudia Bouchard, pour le Collectif Rebelles Saguenay






Écrits d'Élaine Audet



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À l’approche de la Journée Internationale des sages-femmes, le 5 mai prochain, il m’apparaît nécessaire de relancer le débat quant aux possibilités offertes aux femmes en matière de suivi de grossesse et d’accouchement. En effet, à l’heure actuelle, la seule option pour les femmes du Saguenay Lac-St-Jean est de donner naissance à l’hôpital. Devant ce constat, des femmes de la région se mobilisent et revendiquent depuis quatre ans l’ouverture d’une maison des naissances en région. En réponse à ce projet, l’hôpital de Chicoutimi a récemment offert aux sages-femmes de s’intégrer entre les murs de l’institution. Cela témoigne d’une réelle incompréhension des besoins formulés par les femmes. Pour cette raison, le Comité Maison des naissances 02 et ses allié-e-s continuent de réclamer la concrétisation du projet de Maison des naissances, afin que les femmes bénéficient d’une réelle liberté de choix quant à leur suivi de grossesse et leur accouchement et qu’elles parviennent à un plein contrôle sur leur corps.

Quels enjeux pour les femmes ?

Au terme de nombreuses luttes, les femmes au Québec ont acquis le droit à la contraception, à l’avortement, à l’accompagnement avec une femme médecin, représentant des gains vers un plein pouvoir sur leur corps. Malgré ces avancées, un bout de chemin reste à faire. En effet, leur admission à l’hôpital signifie souvent une perte de contrôle sur leur corps. À leur arrivée à l’hôpital sont enclenchés des protocoles médicaux qui ne tiennent pas suffisamment compte des particularités de chacune et où l’espace de décision est restreint. Une tendance à la surmédicalisation de l’accouchement (péridurale, césarienne, etc.) est d’ailleurs observée et est fort préoccupante pour la santé des femmes. L’accès aux services des sages-femmes peut contrebalancer cette tendance inquiétante car plusieurs études démontrent que l’accouchement à domicile ou en maison des naissances avec une sage-femme diminue les risques de césarienne, d’utilisation de forceps et de ventouses, de déchirures du périnée du troisième et quatrième degré, etc. Rappelons qu’il ne s’agit pas ici de sages-femmes pratiquant en milieu hospitalier. L’accès à un réel contrôle des femmes sur leur corps devra ainsi passer par la reconnaissance que l’accouchement ne constitue pas qu’un phénomène exclusivement biologique qui doit être laissé entre les mains d’experts du milieu hospitalier. Chaque femme est unique et a des besoins qui lui sont propres. Elle doit donc être perçue comme étant la principale actrice de sa grossesse et de son accouchement.

Pour se réapproprier l’accouchement

La médicalisation du processus naturel qu’est l’accouchement s’est concrétisée par l’évacuation des praticiennes ayant depuis toujours assisté les femmes, les sages-femmes. Elle s’est également soldée par la mise à l’écart des mères par rapport aux décisions qui concernent cet événement important de leur vie. Afin de se réapproprier la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement, les sages-femmes ont elles-mêmes mis sur pied une formation universitaire de quatre ans. On y conçoit la grossesse et l’accouchement comme des processus appartenant aux femmes. Les sages-femmes préconisent ainsi le respect de la diversité des besoins des femmes et les encouragent à faire des choix quant aux soins et aux services qu’elles reçoivent ainsi qu’à la manière dont ils sont prodigués. Les futures mères qui ont un suivi avec une sage-femme ont la possibilité de vivre leur accouchement à l’endroit où elles veulent, soit à l’hôpital, à leur domicile, ou dans une maison des naissances. La maison des naissances constitue toutefois le principal lieu de travail des sages-femmes. Les femmes peuvent y effectuer le suivi complet de leur maternité, peuvent y accoucher et revenir avec le bébé par la suite. C’est un endroit où les femmes se sentent comme chez elles. En plus de l’attention spéciale portée à la famille entourant l’enfant à naître, les futurs parents ont l’occasion de rencontrer d’autres familles engagées dans le même type de parcours.

Une maison des naissances en région : où en est le dossier

En regard de la volonté de plusieurs femmes de pouvoir être suivies par une sage-femme durant leur grossesse et leur accouchement, le comité Maison des naissances 02 milite depuis quatre ans pour l’ouverture d’un tel lieu en région. Tout récemment, l’Agence régionale de la santé et des services sociaux et l’hôpital de Chicoutimi proposent plutôt d’embaucher des sages-femmes qui pratiqueraient uniquement à l’intérieur de l’hôpital de Chicoutimi. Cette réponse est nettement insatisfaisante et témoigne d’un manque de considération face aux besoins formulés par les femmes sur une expérience qui les concerne spécifiquement. En effet, depuis la création d’ententes avec divers centres hospitaliers visant à offrir aux femmes suivies avec une sage-femme la possibilité d’accoucher à l’hôpital avec cette dernière, une très mince proportion des futures mères prennent cette option, vivant plutôt leur accouchement en maison des naissances. Cela démontre que les femmes ne veulent pas seulement être assistées par une sage-femme, elles veulent donner naissance dans un lieu qui prône une philosophie et des valeurs plus proches des leurs. Limiter la pratique des sages-femmes au milieu hospitalier ne constitue donc pas une solution satisfaisante.

État des lieux au Québec

Au Québec, plusieurs années de projets-pilotes avec des maisons des naissances ont confirmé la sécurité des accouchements en dehors d’un centre hospitalier, en autant que celui-ci se trouve à moins de 30 minutes de la maison de naissance. Plus d’une dizaine de maisons des naissances existent maintenant dans la province. La demande des futures mères y est même supérieure au nombre de places disponibles, ce qui contraint certaines femmes d’accoucher à l’hôpital. Les besoins des femmes en termes de suivi de grossesse et d’accouchement ont semblé convaincre le gouvernement provincial d’élargir les services offerts par les sages-femmes. Dans la Politique de périnatalité 2008-2018, il prévoit augmenter à 10% le nombre de suivi de grossesse effectué par des sages-femmes d’ici 2018. L’ensemble des acteurs et actrices démontrent ainsi une volonté commune de garantir à toutes les Québécoises l’accès aux différents lieux de naissance (maison des naissances, domicile ou hôpital) avec la ou le professionnel-le de leur choix (sage-femme ou médecin). Pourquoi donc le projet de Maison des naissances tarde-t-il autant à se concrétiser en région ?

Le projet de Maison des naissances, fort de nombreux appuis

Nous sommes préoccupées quant à la liberté des femmes de choisir la manière dont elles veulent vivre leur accouchement. À preuve, près de 200 personnes ont participé en mars 2009 à la marche « la clé de ma maternité, ma liberté de choisir », qui revendiquait l’ouverture d’une Maison des naissances au Saguenay Lac-St-Jean. En plus de l’appui de la population, le Comité Maison des Naissances 02 bénéficie du soutien du Collectif Rebelles Saguenay ainsi que du Collectif pour un libre-choix en santé. Nous attendons toutes et tous que l’Agence régionale de la santé « accouche » d’un projet de maison des naissances en région et sommes décidé-e-s à nous mobiliser jusqu’à ce que nous obtenions une maison de naissance !

Claudia Bouchard, pour le Collectif Rebelles Saguenay

Vous pouvez démontrer votre soutien au projet de Maison des naissances en région via la campagne « le droit de choisir » de la Coalition pour la pratique sage-femme au Québec, qui exige que soit garanti aux Québécoises l’accès aux différents lieux de naissance (maison de naissance, domicile ou hôpital) avec la ou le professionnel-le de leur choix (sage-femme ou médecin), en signant la pétition en ligne.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 25 avril 2010


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