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lundi 29 septembre 2003

L’amitié entre femmes serait bénéfique pour la santé

par Gale Berkowitz






Écrits d'Élaine Audet



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Les amitiés entre femmes auraient des effets spécifiques, indique une étude innovatrice réalisée à l’University of California - Los Angeles (UCLA). Ces relations façonnent notre personnalité et ce que nous allons devenir. Elles apaisent notre tumulte intérieur, comblent les lacunes affectives de notre vie de couple et nous aident à nous souvenir de qui nous sommes vraiment.

Peut-être ces amitiés font-elles plus encore. Des scientifiques croient aujourd’hui que le temps consacré à nos amies peut réellement combattre le stress dévastateur que la plupart d’entre nous vivons quotidiennement. L’étude publiée à l’UCLA indique que les femmes répondent au stress par la production dans le cerveau d’une chaîne de substances chimiques qui nous amènent à sceller et à entretenir des amitiés avec d’autres femmes. C’est une découverte étonnante qui vient contredire cinq décennies de recherches sur le stress, pour la plupart limitées à des sujets masculins.

L’oxytocine, une hormone "conviviale"

« Jusqu’à la publication de cette étude, les scientifiques considéraient généralement que les personnes qui vivent un stress déclenchent dans leur organisme une cascade hormonale qui suscite une réaction de lutte ou de fuite aussi rapide que possible », explique l’une des auteures de l’étude, Laura Cousin Klein, Ph.D., aujourd’hui professeure adjointe en santé bio-behaviouriste à l’Université Penn State. Il s’agit selon elle d’un très ancien mécanisme de survie, datant de l’époque où l’humanité devait constamment se prémunir contre l’attaque de grands fauves.

Mais les scientifiques croient maintenant que le répertoire comportemental des femmes va au-delà de ces réflexes de combat ou de fuite. En fait, constate la docteure Klein, l’hormone d’oxytocine libérée lors des réactions des femmes au stress entrave apparemment le réflexe de combat/fuite et encourage plutôt les femmes à prendre soin de leurs enfants et à se rassembler. Des études démontrent que, lorsque les femmes se livrent à ces deux occupations, la production d’oxytocine s’accroît, contribuant à une réduction additionnelle du stress et à un effet apaisant.

Cet effet apaisant ne se produit pas chez les hommes, précise la docteure Klein, parce que la testostérone - qu’ils produisent en grande quantité dans des conditions de stress - semble réduire les effets de l’oxytocine, alors que l’œstrogène les optimise.

La découverte de différences dans les réactions féminine et masculine au stress est survenue lors d’une conversation entre deux chercheures un matin dans un laboratoire de l’UCLA. « Selon une vieille plaisanterie, lorsque des chercheures sont stressées, elles se présentent au travail, nettoient le labo de fond en comble, prennent un café et se parlent de leur vécu, tandis que les hommes, eux, s’isolent quelque part. Un jour, j’ai fait remarquer à une collègue, Shelley Taylor, que près de 90 % de la recherche expérimentale sur le stress se limitait à des sujets masculins. Je lui ai montré les résultats de mon travail au labo et nous avons tout de suite compris qu’il y avait là un filon à explorer. »

Les docteures Klein et Taylor ont consacré du temps à une série de rencontres avec d’autres chercheurs de différentes spécialités. Elles ont très vite compris que les spécialistes avaient commis une erreur énorme en n’incluant pas de femmes dans les populations qu’ils étudiaient, parce que la réaction différenciée des deux sexes au stress a des incidences marquées sur la santé.

Il faudra sans doute encore un certain temps pour que de nouvelles études établissent les diverses façons dont l’oxytocine encourage les femmes à prendre soin des enfants et à rechercher la compagnie d’autres femmes, mais la notion de « soin et d’amitié » élaborée par Klein et Taylor explique peut-être l’espérance de vie des femmes généralement supérieure. Car il ne manque pas d’études pour nous rappeler que les liens sociaux atténuent les risques de maladie en réduisant la pression artérielle, le pouls et le taux de cholestérol.

Il n’y a aucun doute, dit la docteure Klein, que nos amies nous aident à vivre plus longtemps. Dans une autre étude menée sur une période de six mois, des scientifiques ont découvert que les gens qui n’avaient pas d’amis-es étaient plus à risque de mourir. Une autre étude a établi, sur une période de 9 ans, que les personnes qui avaient le plus de proches réduisaient leur risque de mortalité de plus de 60 pour cent.

L’absence d’amies aussi nuisible que le tabagisme ou l’embonpoint

Une étude sur la santé des femmes réalisée à la Harvard Medical School a établi que plus celles-ci avaient d’amies, moins elles étaient susceptibles de contracter des handicaps physiques en vieillissant et plus elles avaient de chances de mener une vie heureuse. En fait, les différences constatées étaient si marquées que l’équipe de recherche en a conclu que l’absence d’amies proches ou de confidentes était aussi nuisible pour la santé que le tabagisme ou l’embonpoint !

Et ce n’est pas tout ! Lorsque les chercheures se sont informées de la capacité de fonctionnement des femmes après la mort de leur conjoint, elles ont découvert que, même face à ce plus important facteur de stress, les femmes qui avaient une amie proche ou une confidente étaient les plus susceptibles de survivre à cette expérience du deuil sans encourir de nouveaux handicaps physiques ou de baisse permanente de vitalité. Celles qui n’avaient pas d’amies n’ont pas toujours eu cette chance.

Mais alors, si nos amies éloignent le stress, qui semble occuper une si grande part de nos vies aujourd’hui, et si elles nous gardent en santé et ajoutent même des années à nos vies, pourquoi semble-t-il si difficile de trouver du temps à leur consacrer ? Cette question trouble également la chercheure Ruthellen Josselson, Ph.D., co-auteure de l’ouvrage Best Friends : The Pleasures and Perils of Girls’ and Women’s Friendships (Three Rivers Press, 1998).

Chaque fois que notre travail ou notre famille en vient à accaparer notre temps, nos amitiés avec d’autres femmes sont la première activité sacrifiée, explique la docteure Josselson. Nous repoussons ces relations au second plan, et c’est réellement une erreur parce que les femmes constituent une telle source d’énergie et de soutien les unes pour les autres. Il nous faut, conclut-elle, disposer d’un espace libre de contraintes où bénéficier de cet échange particulier que les femmes ont entre elles. Il s’agit d’une expérience éminemment salutaire.

Traduction : Martin Dufresne

Mise en ligne sur Sisyphe le 29 septembre 2003


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Gale Berkowitz



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  • > Les amitiés entre femmes seraient bénéfiques pour la santé
    (1/1) 2 octobre 2003 , par





  • > Les amitiés entre femmes seraient bénéfiques pour la santé
    2 octobre 2003 , par   [retour au début des forums]

    Les femmes de ma génération ont été élevées en se faisant dire que l’amitié entre femmes était impossible, qu’il n’existait que la rivalité entre femmes. Il a fallu se battre contre cette idée, mais il était tout-de-même difficile de vivre des amitiés de femmes sans aucune rivalité. Cette période où il a fallu démontrer que l’amitié entre femmes était possible a été difficile et souvent décevante.


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