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mardi 10 juillet 2007

Politique en France - Oui à la rupture !

par Florence Montreynaud, historienne et écrivaine






Écrits d'Élaine Audet



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Après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République
française, le gouvernement formé en mai et remanié en juin comprend
plusieurs femmes, à des postes importants, mais aucune ministre ni
secrétaire d’État chargée des droits des femmes, ou de l’égalité des femmes et des hommes, ou de la parité. Les protestations de nombreuses associations féministes sont restées sans effet.

Est-ce pour marquer une rupture avec la politique suivie par tous les
gouvernements de la France, de droite et de gauche, depuis le premier
secrétariat d’État à la condition féminine créé par Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et confié à Françoise Giroud ? Plusieurs femmes éminentes ont occupé cette fonction, mais Yvette Roudy, ministre de 1981 à 1986, est la seule à avoir disposé d’un budget significatif, grâce auquel elle a pu mener à bien plusieurs réformes de fond.

En 2007, l’égalité serait-elle devenue une réalité dans un pays où, lors des élections législatives de juin, aucun des grands partis n’a respecté la loi sur la parité, quitte à le payer par une diminution de sa dotation ? C’est donc que la pénalité financière prévue par la loi ne compte pas pour ceux qui cumulent les mandats et refusent de partager le pouvoir.

L’UMP, parti majoritaire, a présenté 26,5 % de candidates et compte 45
élues, le parti socialiste 45,5 % (49 élues). On dénombre au total 107
députées (sur 577, soit 18,54 %) ; elles étaient 76 dans la précédente
assemblée (13,1 %). En Europe, la France est donc passée de la 25e à la 18e place ! Combien faudra-t-il de décennies pour atteindre la parité dans un pays que les hommes politiques ont ridiculisé en votant une loi, unique au monde, et qu’ils refusent d’appliquer ?

Qui peut imaginer que la dignité des femmes est respectée dans un pays où l’un des dirigeants de l’UMP, Patrick Devedjian, qualifie publiquement de « salope » l’élue centriste Anne-Marie Comparini ? Selon cette dernière, dont je salue l’analyse, cela « témoigne d’un manque de respect à toutes les femmes et porte atteinte à la dignité des femmes ». Pourtant, très peu de médias ont fait état de la nature spécifique de cette insulte, qui ajoute une dimension sexiste au nom masculin salaud. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de la banalisation de l’insulte « sale pute », dépourvue d’équivalent masculin.

Qui peut espérer que le seul Service administratif des droits des femmes, rattaché au ministère de l’Emploi, suffira à réaliser l’égalité salariale entre femmes et hommes à travail égal ou comparable, promise dans les deux ans par le candidat Sarkozy ? Depuis la loi sur l’égalité votée en 1972, plusieurs textes sont restés eux aussi lettre morte, car les sanctions prévues sont inefficaces.

Dans un pays où la quasi-totalité des grandes entreprises sont dirigées par des hommes, les salariés masculins, pour un travail égal ou comparable, gagnent en moyenne 15 % de plus que les femmes. Les femmes, qui constituent 80 % des « travailleurs pauvres » (touchant les plus bas salaires), assurent 80 % des tâches ménagères et des soins aux personnes dépendantes. C’est pour ce travail gratuit que le progrès est le plus lent : chaque année, on constate que les hommes en font un peu plus à la maison - en moyenne quelques minutes de plus par an. Combien faudra-t-il de siècles pour atteindre la parité domestique en France ?

Dans un pays qui prétend être celui de la galanterie, mais tolère des
publicités sexistes qui choquent bien des touristes, dans un pays qui
cultive une complaisance quasi générale envers les hommes qui ont recours à la prostitution, dans un pays où il y a encore tant à faire pour déraciner les préjugés machistes, si forts dès la petite enfance, un ministère de l’Égalité des femmes et des hommes, doté de grands moyens, n’est-il pas une nécessité urgente ?

Faire de l’égalité des femmes et des hommes une priorité politique : voilà qui serait une vraie rupture !

Florence Montreynaud,
historienne, auteure de L’Aventure des femmes. XX-XXIe siècle, (Nathan, 2006), fondatrice des Chiennes de garde et de La Meute contre la publicité sexiste.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 5 juillet 2007


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Florence Montreynaud, historienne et écrivaine

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Florence Montreynaud.
Photo : Léonore Branche, 2007.


Florence Montreynaud est l’auteure de quinze ouvrages, dont l’encyclopédie Le XXe siècle des femmes (Nathan, 1992), L’Aventure des femmes. XX-XXIe siècle,(Nathan, 2006), et Un siècle d’amour. De 1900 à aujourd’hui (Nathan, 2009). Elle est fondatrice de plusieurs mouvements féministes : les Chiennes de garde, la Meute contre la publicité sexiste et Encore féministes. Voir biographie de l’auteure dans Wikipedia.



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