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mardi 27 octobre 2009

Un homme qui opprime une femme ne saurait être libre

par Évariste, ReSPUBLICA






Écrits d'Élaine Audet



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Elles étaient des milliers, le 17 octobre dernier, dans Paris, à manifester pour une réelle égalité des droits entre les femmes et les hommes, à l’appel du collectif national pour le droit des femmes et le soutien des organisations syndicales, des associations laïques et des partis de gauche.

Les manifestantes ont dénoncé l’ignoble violence faite aux femmes dans notre pays et dans le monde. C’est ainsi qu’en France, une femme en meurt tous les deux jours et demi, et une autre est violée toutes les dix minutes (48 000 par an). Ces chiffres terrifiants s’ajoutent à ces milliers d’autres femmes qu’on oblige à s’adonner à la prostitution, qui n’est ni un métier, ni l’expression d’un libre choix de la part de ces malheureuses, mais l’une des plus abjectes formes d’exploitation de la personne et d’atteinte aux droits humains. Elles sont encore des milliers de jeunes françaises victimes de mutilations génitales, de violences sexuelles, de mariages forcés, etc. Tout ceci est inacceptable et doit cesser ! Pourtant, nos parlementaires ne semblent pas pressés, à l’exception d’une minorité d’entre eux, de voter la loi-cadre contre les violences faites aux femmes, loi que le Collectif national pour les droits des femmes leur avait soumis en 2008.

Elles ont également appelé à défendre la laïcité, hélas !, bien mise à mal par les communautaristes de gauche comme de droite, alors qu’elles constituent un barrage devant l’offensive des intégristes religieux et des traditions rétrogrades, pour interdire les ports des signes religieux dans l’école publique, la burqa dans l’espace public, etc.

La lutte contre les préjugés sexistes, notamment la lesbophobie, et pour la liberté sexuelle n’a pas été oubliée. Cette lutte passe notamment par la sécularisation totale du Code civil français avec l’abolition des discriminations entre les familles fondées sur des couples hétérosexuels et les familles fondées sur des couples homosexuels.

Il s’agit également de défendre le droit de disposer librement de son corps à travers notamment la liberté et la gratuité d’accès à la contraception et à l’interruption volontaire de grossesse, droits actuellement la cible de menées réactionnaires de la part de la droite, qui est en train de fermer de nombreux centres d’I.V.G.

Elles ont également exprimé leur solidarité agissante avec les migrantes, victimes « collatérales » de la législation sur l’obtention et la conservation d’un titre de séjour, mettant nombre d’entre elles à la merci de maris violents. Elles ont exprimé aussi cette solidarité avec ces Françaises, auxquelles on applique des accords bilatéraux que la France a signé avec certains pays. Ainsi, les intéressées se voient appliquées sur le sol français, très souvent à leurs détriments, un droit étranger, du seul fait qu’elles sont originaires de ces pays.

Nos concitoyennes sont également victimes de discriminations dans le monde du travail. Si, avec 83% des femmes qui travaillent, notre pays s’enorgueillit à juste titre de figurer dans le peloton de tête en Europe, il n’en va pas de même sur d’autres plans. C’est ainsi que les femmes représentent 80% des travailleurs pauvres, occupent 85% des emplois à temps partiel, et perçoivent des salaires 27% moindres en moyenne que ceux des hommes et des pensions de retraire souvent inférieures à celles de leur mari. Nous pouvons incriminer les politiques familiales en France favorisant le maintien au domicile des mères, l’insuffisante compensation des préjudices subis durant leur carrière professionnelle, de ce fait les atteintes à la qualité et à l’universalité des modes d’accueil des jeunes enfants, ainsi que l’absence d’un service public de la petite enfance.

Elles se voient aussi pour la plupart barrer l’accès aux postes à responsabilité dans les entreprises, notamment dans les plus grandes où elles ne sont que 9% des membres des Conseils d’administration, contre 40% en Norvège, 17% au Danemark, 15% aux États-Unis d’Amérique. Elles sont également à peine moins discriminées négativement dans la haute administration de la fonction publique. De même qu’elles ne sont que 14% dans les instances dirigeantes des syndicats patronaux, mais 36% des syndicats de salariés (encore un effort, camarades !).

Quant à l’Assemblée nationale et au Sénat, leur nombre demeure ridiculement bas, ainsi que dans les Conseils régionaux, généraux et municipaux.

Une loi a bien été votée, en 2006, prévoyant des sanctions contre les entreprises qui pratiquent des inégalités salariales, mais elle est inapplicable en l’état. Et pour cause ! Elle ne précise pas la nature des sanctions à l’encontre des contrevenants.

Brigitte Grésy, inspectrice générale des affaires sociales, avance, dans son rapport de juillet 2009, pas moins de quarante propositions pour établir l’égalité entre les deux sexes.

Marie-Jo Zimmermann, députée UMP et présidente de l’observatoire sur la parité hommes-femmes dans le domaine politique, a, quant à elle, déposé en 2008 une proposition de loi relative à l’instauration d’un quota de 40% de cadres de sexe féminin dans les Conseils d’administration des grandes entreprises françaises.

Il est par ailleurs important, pour l’efficacité de la lutte, de ne pas se tromper sur la nature fondamentalement démocratique, et non pas de classes, du combat pour les droits des femmes. Par démocratique, on entend ici d’abord une question qui concerne les femmes de toutes les classes, couches et catégories sociales, même si cela n’est pas vécu ou perçu avec la même acuité. Et ensuite, que du progrès d’une question particulière, et en même temps aussi primordiale que la condition féminine, dépend le progrès général de la société.

Ceci n’empêche pas chacune des femmes de lui ajouter — ou lui substituer le cas échéant — un contenu de classes ou catégoriel. De là, devrait découler une stratégie de lutte inclusive, et non pas exclusive. Cette distinction sur la nature de ce combat nous évite d’opposer artificiellement entre elles, par sectarisme politique, les diverses luttes pour les droits des femmes, mais de les conjuguer, car chacune d’entre elles, même celles dont les objectifs sont modestes ou nous apparaissent comme tels, constitue à la fois un jalon et un tremplin pour d’autres luttes et d’autres acquis au profit de tous les Hommes.

Source : ReSPUBLICA, 24 octobre 2009.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 27 octobre 2009


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