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lundi 23 avril 2007

Présidentielle française - La condescendance ou liberté, égalité, fraternité

par Michèle Bourgon






Écrits d'Élaine Audet



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Je ne connais pas Ségolène Royal pas plus que Nicolas Sarkozy. Ce que j’en sais, ce sont les images que je vois et les textes que je lis. Je suis Québécoise et j’adore la France.

D’abord, depuis le début, je constate qu’on appelle Nicolas Sarkozy par son nom de famille et Ségolène Royal par son prénom. Même qu’on lui donne un surnom : Ségo. Pourquoi ? Parce qu’on lui démontre une certaine affection ? Elle devrait fuir cette condescendance, cette familiarité affectée qui la dessert. Évidemment, la campagne est trop avancée pour qu’on cesse d’utiliser ce diminutif. Au Québec, quand on parle des politiques, on les nomme par leur nom, sauf Mario Dumont qu’on appelle familièrement Mario ou Super Mario, et ce n’est pas par affection... c’est pour montrer son côté populiste, la plupart du temps pour le déprécier.

Un grand hebdomadaire français (Paris-Match) montre, cette semaine, des images des candidat-es. Les hommes et les femmes de l’équipe Sarkozy sont sérieux, en réunion. Ségolène Royal est photographiée embrassant un homme, avec ses enfants, où lors d’une pause-détente où elle rit avec quelques membres de son équipe. Il est rare que, sur les photos, d’autres femmes soient autour d’elle ou, encore, qu’une grosse équipe l’écoute lors d’un caucus. Madame Royal est aussi montrée, dans son bureau, un livre de Rimbaud encerclé d’un collier sur une étagère. Une légende sous la photo indique à peu près ceci : un exemplaire de poèmes de Rimbaud et un collier.

Et bang ! Elle est bourgeoise et superficielle. Ces images qui semblent anodines contribuent à créer dans l’inconscient de l’électorat une impression d’isolement, de phénomène marginal, d’étrangeté, de superficialité, de bourgeoisie, de faiblesse, de légèreté. Elle est la plupart du temps la minorité visible : une femme parmi les hommes. Elle semble unique, plutôt étrange avec un néon qui clignote... comme une incongruité. Ah ! l’image !

On a aussi laissé courir des rumeurs sur son couple à l’effet qu’elle et son époux, François Holland, n’étaient pas si unis que cela. Rumeurs démenties par les principaux intéressés. Mais quand même...

Un autre article de cet hebdo titre : « Les rapporteurs de Ségolène ». Il faut lire le vocabulaire utilisé (complot fomenté, bande de complices, petit patron, manœuvre, etc...). Ces mots insérés dans un court texte sans rapport avec la force des termes ont de quoi faire réfléchir.

Quand on observe tout cela, oui, on peut se dire que sans couilles, la politique, c’est de la ratatouille. Que la femme s’occupe de sa séduction, de son couple, de sa famille et de son intérieur (bourgeois) et que l’homme s’impose comme la seule option. Voilà la direction que semblent vouloir nous faire prendre certains journalistes.

Réducteur et dangereux

Je ne connais pas madame Royal, mais je n’apprécie pas le traitement qu’on lui inflige. On la marginalise, l’air de rien, on l’infantilise, on la phénoménalise. Les effets de l’image sont puissants.

Ségolène Royal n’est peut-être pas la Liberté guidant le peuple, mais qu’on applique au traitement de sa candidature la magnifique devise des Français-es : Liberté, égalité, fraternité.

Présentez Ségolène Royal comme une politique pas comme une « mignonne p’tite madame ». Elle a fait ses classes.

On parle ici d’une possible première Présidente de la France, d’une femme politique importante, pas d’une idiote.

Que la ou le meilleur(e) gagne ! Et vive la France !!!

Mis en ligne sur Sisyphe, le 23 avril 2007


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Michèle Bourgon

L’auteure a été professeure de français au niveau secondaire pendant 13 ans et est professeure de littérature française au niveau collégial depuis 1990. Elle a prononcé de nombreuses conférences sur des sujets littéraires partout au Québec et elle travaille à plusieurs projets d’écriture. Elle a publié Contes de Noël, qui lui a valu un prix littéraire, et des articles dans Brèves littéraires (Laval, 1999) et Nouvelles Fraîches (Montréal, 1991). Elle a participé à la création de l’émission pour enfants, « Charamoule », à Radio-Canada (1988-1989), sous la direction de Pierre Duceppe.



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