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décembre 2003

Femmes et enfants tués par des hommes ou par des inconnus au Québec en 2003

par Martin Dufresne






Écrits d'Élaine Audet



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Dans un travail de sensibilisation populaire et de confrontation des pouvoirs établis, le Collectif masculin contre le sexisme recense les noms et résume les circonstances des incidents où des femmes et des enfants ont été tué-es par des hommes (ou des inconnus) au Québec depuis le massacre perpétré par un antiféministe à l’École Polytechnique de Montréal, le 6 décembre 1989. Nous faisons ce travail depuis maintenant onze ans.

Nous n’utilisons que les données publiées et donc disponibles en bibliothèque, en nous en tenant aux éléments qui permettent de rappeler le nom et l’identité des protagonistes de ces drames et la dynamique qui a mené au meurtre. Sans un tel travail, nous croyons que ces traces seraient immédiatement oubliées par tous sauf par les proches des victimes.

Nous faisons ce travail pour qu’une prise de conscience collective de l’ampleur du désastre sexiste amène une levée de boucliers contre le laxisme de notre société à l’égard des privilèges masculins, dont celui de s’en prendre à une conjointe, surtout à l’occasion d’une séparation. Si le fait de rappeler ces crimes et leur contexte pouvait éviter ne serait-ce qu’une tuerie de plus, est-ce que cela n’en vaudrait pas la peine ? Notre affiche est apposée au mur de dizaines de maisons d’hébergement au Québec. Ce tragique décompte les aide à jauger les risques réels auxquels leur conjoint les expose. J’ose croire que cette liste a pu sauver des vies et justifier de saines colères.

Martin Dufresne
Secrétaire
Collectif masculin contre le sexisme

"Où que ce soit au monde, s’il n’y a pas de noms, il n’y a pas de mort-es." (Laura Bonaparte, une des Mères de la Place de Mai, en Argentine)

*

Femmes/enfants tué-es par des hommes ou des inconnus en 2003 :
au moins 32 (27 femmes, 5 enfants).
De ce nombre - au moins 17 femmes tuées par un conjoint, ex-conjoint, partenaire sexuel ou membre de leur famille (63% des femmes)
- et 4 enfants tuées par leur père (80% des enfants)

Rosa del Carmen Yanez Cartagena, 40 ans, poignardée à la gorge par son ex-conjoint, Gabriel Salgado, 56 ans, le 11 mars 2003, à Montréal. Séparés depuis 7 mois, ils s’étaient rencontrés pour régler les derniers détails. Elle le reconduisait en voiture chez lui lorsqu’il a commencé à lui reprocher un nouveau conjoint et l’a poignardée avec un couteau qu’il portait caché sur lui. Elle a tenté de fuir, il l’a suivie dans la rue et l’a achevée avant d’être saisi par des passants. Accusé de meurtre prémédité.

Emma Reda di Girolamo, 61 ans, de Kirkland, tuée à coups de tuyaux avec son mari Michel par deux cambrioleurs américains, les cousins Ernest et Justin Gay, à une des fermes que possédait le couple aux États-Unis et où ils se rendaient le week-end.

Christine Baillargeon, 16 ans, apparemment poussée hors d’un camion en marche, le 31 mars 2003 à La Tuque, par son amant, Dave Robert, 20 ans, qui a été décrit par la famille de la victime et par d’autres témoins comme très violent et possessif. Le véhicule lui a écrasé la tête. Robert a prétendu que Baillargeon avait pris de la drogue, était « devenue hystérique » et s’était jetée elle-même hors du camion. Robert a tenté de s’innocenter d’avance en passant un test de polygraphe en compagnie de son avocat. On ne sait pas si une accusation a été portée en fin de compte.

Alyn Taylor-Francoeur, 50 ans, battue à mort de plusieurs coups à la tête le 1er avril 2003 à Granby dans un stationnement de Caisse populaire alors qu’elle sortait d’un bingo. C’était une marcheuse enthousiaste qui allait souvent faire ses transactions bancaires le soir.

Béatrice Thibodeau, 70 ans, fauchée par Alexandre Collin, 20 ans, à Thetford Mines le 7 avril 2003, lorsque celui-ci a tenté de se suicider en se lançant à très haute vitesse en voiture dans un ravin, sans s’occuper de deux piétons en bordure du chemin.

Nadège Châtelain, 50 ans, tuée à coups de hache en pleine rue, le 9 avril 2003 devant son domicile à Rawdon, par son ex-conjoint Michel Desjardins, 47 ans, dont elle était séparée depuis 4 mois et qui habitait non loin depuis, dans une maison de chambres. Il s’était présenté chez elle en soirée, elle a refusé de le laisser entrer, il est parti et revenu deux heures plus tard avec une hache et l’a agressée avec sa mère de 69 ans, Mauricette Châtelain-Tessier, qu’elle avait appelée à la rescousse et qui a, elle aussi, subi de graves blessures. Desjardins a été arrêté et accusé de meurtre prémédité.

Sidney Normandin, 37 ans, une prostituée montréalaise, retrouvée momifiée 5 mois après sa mort, le 7 mai 2003 à Montréal, une plaie à l’abdomen et enveloppée dans une couverture, dans l’appartement d’un revendeur de drogue, Jean-Pierre Calce, 36 ans, lui aussi décédé depuis le début de décembre 2002. Il l’aurait tuée puis aurait succombé à un malaise après avoir tenté d’effacer les traces du meurtre.

Andrée Guénette, 52 ans, battue et tailladée à mort le 8 juin 2003 à Mont Saint-Michel par son conjoint Marcel Millette, 55 ans, qui était depuis longtemps d’une violence extrême avec elle et était « barré » dans tous les bars de la région. Millette s’est ensuite jeté dans la Lièvre, au même endroit où son frère s’était déjà suicidé de la même façon.

Jacqueline Lecors, 62 ans, suffoquée avec un sac de plastique au début juin 2003 par son ex-conjoint, André Louis-Saint, 72 ans. Les deux étaient d’origine haïtienne et elle le parrainait au Canada depuis son arrivée. Il l’épiait et la violentait. Il a été arrêté, intoxiqué, dans un parc voisin du domicile de la victime.

Lydia Enaruiluk, 66 ans, morte d’un arrêt respiratoire durant une agression par son fils Lazaruesie Qaquluk, 38 ans, à Povungnituk le 13 juin 2003. Celui-ci a été accusé de voies de fait ayant causé la mort.

Elisapi Assepa, 31 ans, tuée d’un coup de .12 qui lui a arraché la tête par Levi Novalinga, 40 ans, qu’elle était venue injurier à l’entrée de chez lui., à Povungnituk le 14 juin 2003.

Josée Matte, 36 ans, trouvée morte le 27 juin dans son logis de Pointe St-Charles avec son conjoint Johnny Boudreault, 38 ans, qui après avoir caché durant plusieurs jours son cadavre dans un coffre s’est finalement pendu dans le logement en laissant une note indicatrice d’un meurtre-suicide.

Audrey Martin, 22 mois, oubliée par son père Dominic Martin, 26 ans, dans une voiture laissée ne plein soleil toute une journée, le 17 juillet 2003 à Montréal. Après un battage médiatique délirant le présentant comme une victime, toute poursuite contre le père a été abandonnée le 25 avril 2004, la procureure Marion Ouimet allant jusqu’à affirmer qu’il n’y avait eu « aucune négligence ou erreur de jugement dans cette affaire », le père étant « stressé » du fait de devoir amener sa fille à la garderie...

Claudette Frenière, 57 ans, une « femme à sa place », tuée de coups à la tête et au visage et asphyxiée dans son lit à Rosemont, le 14 juillet 2003. Un homme en état d’ébriété avait été vu lui criant des menaces quelques semaines plus tôt. Jean William Cook, 57 ans, qu’on avait vu dans le quartier le soir du crime, a été arrêté le 31 mars 2004 sur la base d’indices trouvés près du corps.

Lyne Massicotte, 43, de Montréal, disparaît le 17 juillet dans la région de Québec où elle était venue rejoindre Alain Perreault, un homme avec qui elle communiquait par Internet. Sa voiture a été retrouvée portant des traces de boue correspondant au bord du Saint-Laurent dans la région de Lotbinière où des recherches ont été organisées pour retrouver son corps à la mi-septembre 2004. Perreault a déclaré avopir eu une relation sexuelle avec elle mais qu’elle était repartie lorsqu’il a refusé de conduire vers Québec après avoir fumé un joint.

Valérie Aubin, 20 ans, une jeune femme atteinte de schizophrénie qui communiquait par Internet avec Duane Pereira, un colosse de 24 ans, et avait amorcé une relation avec lui. Le 24 juillet 2003, celui-ci s’est rendu à la maison de Pierrefonds où elle vivait avec son père pour voler des objets de valeur repérés lors d’une visite précédente. Il la croyait sortie, et l’a tuée (en la poussant à terre, a-t-il dit) lorsqu’il l’a trouvée à la maison. Avec un complice Raymond Norris, 28 ans, il a dépecé le corps de sa victime avec une scie à fer, l’a ensaché dans un sac de hockey et l’a jeté dans le fleuve St-Laurent, en laissant une dédicace signée sur un bloc de pierre au bord de l’eau, avant de revenir mettre le feu au logis pour faire disparaître les traces du meurtre. Comme le sac a flotté, il a été récupéré et la police a rapidement arrêté Pereira et Norris. Norris a été condamné à 6 ans, Pereira a plaidé coupable à une accusation de meurtre au deuxième degré et a été condamné à 15 ans par je juge Boilard. Deux ans avant l’attentat, il avait purgé une peine de 5 mois pour avoir assailli dans un abribus une autre adolescente draguée par Internet.

Manon Dubé, 45 ans, et ses filles Marie-Hélène, 15, et Audrey, 12, abattues tour à tour par leur mari et père, Jacques Picard, un machiniste de 45 ans, le 24 juillet 2003, à Otterburn Park. Il avait dit à un ami « que sa femme voulait le laisser et qu’il allait se retrouver tout nu dans la rue. » « Ardent chasseur », Picard, qui s’est ensuite suicidé, avait 16 fusils et carabines dans la maison.

Ivy Roberts, 47 ans, suffoquée avec un sac de plastique par son conjoint, Réjean Auchu, 50 ans, le 25 juillet 2003 à Metabetchouan. Auchu avait été plusieurs fois condamné pour agressions sexuelles, voies de fait et vol. Il était sévèrement intoxiqué au moment de son arrestation.

Julie Marcil, 26 ans, étranglée par un client de l’agence d’escortes pour qui elle travaillait, Luxure V.I.P, en août 2003, à Montréal. Massimo Guiesto, 31 ans, a été accusé de meurtre au deuxième degré mais les médias ont été très discrets sur cette affaire.

Jeanne-Lolita Cameron, 69 ans, tuée à coups de marteau à la tête par son conjoint, Marcel Desrosiers, 69 ans, le 8 septembre 2003 à Lavaltrie.

Jeanie Poucachie, 20 ans, battue, violée et étranglée par un autre Autochtone dont elle avait refusé les avances, Alphonse Papattie, 27 ans, le 12 septembre 2003 à Lac-Simon.

Judy O’Reilly, 52 ans, poignardée par son conjoint, Leonard Ishmael, 50 ans, le 18 septembre 2003, à Gatineau. Il avait commencé à dépecer son corps au moment de son arrestation.

Véronique Lalonde, 21 ans, violée et poignardée à mort le 20 septembre 2003 dans un boisé utilisé pour la prostitution sur la rue Notre-Dame, près Dixon, à Montréal. Aucune arrestation n’a été effectuée.

Marie-Claire Pothier, 22 ans, trouvée étranglée dans un loft de Saint-Henri, le 30 septembre 2003. Récemment séparée, elle s’était laissée convaincre de retourner chez son ex-conjoint, Stephan Carr, 35 ans, qui a été trouvé pendu dans l’appartement.

Marcela Paolucci, 73 ans, battue dans son logement de Montréal le 30 octobre 2003 par Stephen Harding, 33 ans, un voisin violeur en série, qui a été identifié par son ADN pour trois viols commis en juin et oct. 2003. Paolucci est décédée de ses blessures le 2 avril 2004.

Marguerite Montreuil, 80 ans, poignardée en pleine rue à Amos, le 3 novembre 2003, alors qu’elle revenait de l’église, par un ex-locataire de sa maison de chambres, récemment expulsé, Fernand Côté, 63 ans.

Jessica Sylvain, 14 ans, tuée à coups de couteau à Oka, le 27 novembre, par son père, Yves Sylvain, 35 ans, après qu’elle ait eu été convaincue de revenir à la maison malgré sa crainte des attaques de celui-ci contre les membres de la famille. Sa mère et ses deux sœurs avaient réussi à s’échapper de la maison après l’explosion de colère du meurtrier, durant le souper. Jessica avait confié à une amie sa crainte d’être tuée par son père. Celui-ci avait cessé de consommer des antidépresseurs.

Tamara Shaikh, 35 ans, tuée à coups de pied et à coups de poing à Ville LaSalle le 30 novembre par son ex-conjoint, Tommy Kane, 39 ans, quelques jours après lui avoir annoncé sa décision de divorcer. Elle était retournée le voir pour essayer de le convaincre de suivre une cure de désintoxication.. Trois autres personnes - deux femmes et un pasteur - ont essayé de s’interposer. Kane, une ex-vedette de football, a plaidé non-coupable au moment de sa comparution, puis, au moment du procès, a négocié un plaidoyer de culpabilité à un simple meurtre au 2e degré (homicide involontaire), en s’excusant auprès de la famille de sa victime au procès. Condamné à 18 ans de prison en novembre 2004, malgré un rapport de deux psychiatres disant que toxicomane, déprimé et sans emploi au moment du meurtre, il n’était « pas à même de former une intention criminelle »..

Elizabeth Fuller, 52 ans, abattue dans sa camionnette le 10 décembre, à Cowansville, par Michel Lacroix, 44 ans, le conjoint qu’elle avait décidé de quitter après plusieurs épisodes de violence conjugale où la Sûreté du Québec s’était rendue sur place mais n’avait jamais déposé d’accusation criminelle. Lacroix a fracassé l’une après l’autre toutes les vitres du véhicule avec la crosse de son fusil avant d’abattre Fuller à bout portant. Il s’est ensuite enfui en voiture et s’est suicidé un peu plus loin.

Ginette Synott, 62 ans, trouvée morte avec son mari Jacques Synott, 65, à leur domicile de Lorraine le 31 déc. Asphyxiés dans leur lit par monoxyde de carbone - la voiture était dans le garage. Leurs enfants ont nié la thèse du suicide. (À confirmer)


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Martin Dufresne

Longtemps associé au Collectif masculin contre le sexisme, créé en 1979, Martin Dufresne est connu comme un allié des milieux féministes et a produit dans plusieurs médias des analyses percutantes sur divers aspects de la condition masculine, ainsi que sur la violence faite aux femmes.



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  • Femmes et enfants tués par des hommes ou par des inconnus au Québec en 2003
    (1/1) 10 avril 2010 , par





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    good post..


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