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mardi 20 février 2007

Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes

par Élaine Audet






Écrits d'Élaine Audet



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En 2004, à l’occasion du trentième anniversaire de la création des éditions Des femmes, Antoinette Fouque a fait paraître un magnifique catalogue de leurs publications et, chez Gallimard, un recueil de ses textes, Il y a deux sexes - essai de féminologie.

En avril 1986, au lendemain de la mort de Simone de Beauvoir, alors que tous les journaux rendaient hommage à l’auteure du Deuxième sexe, Libération publiait les commentaires d’Antoinette Fouque sur "cette mort qui va peut-être accélérer l’entrée des femmes dans le 21e siècle." Elle explique que, pour elle, Beauvoir personnifiait un féminisme égalitaire qui procède d’un « universalisme intolérant, assimilateur, haineux, stérilisant, réducteur de tout autre » et qui empêche toute autre réflexion sur les femmes, en particulier la sienne, qui au contraire souhaite inscrire la différence : "ouvrir [notre génération] au pluralisme, aux différences fécondes qui, comme chacun sait, prennent leur source, s’informent, commencent à la différence des sexes".

Antoinette Fouque semble avoir toujours suscité la controverse. Dès 1973, des questions se posent au sein du MLF sur les modes d’action, le statut du mouvement, ses évolutions possibles, qui provoquent des oppositions nettes entre les différents groupes. D’une manière générale, le groupe Psychanalyse et politique, dirigé par Fouque, s’oppose aux autres groupes en s’affirmant antiféministe dans le sens où le féminisme "égalitaire" est pour lui une volonté de nier la spécificité féminine en se limitant à revendiquer pour les femmes le droit d’être des hommes comme les autres : "Égalité et différence ne sauraient aller l’une sans l’autre ou être sacrifiées l’une à l’autre. Si l’on sacrifie l’égalité à la différence, on revient aux positions réactionnaires des sociétés traditionnelles, et si l’on sacrifie la différence des sexes, avec la richesse de vie dont elle est porteuse, à l’égalité, on stérilise les femmes, on appauvrit l’humanité tout entière". (Fouque, 2004, p. 292)

La scission a lieu en 1979 quand Psych et po s’approprie le sigle MLF et l’enregistre comme "marque déposée", s’autoproclamant porte-parole du Mouvement de libération des femmes. Les échanges sur la place publique sont durs, chaque côté représentant deux conceptions opposées du militantisme et du mouvement des femmes. On retrouve, d’une part, le mouvement féministe révolutionnaire de tendance égalitaire, qui se réclame du Deuxième Sexe, et compte dans ses rangs Simone de Beauvoir, Christine Delphy, et Colette Guillaumin, d’autre part, le MLF d’Antoinette Fouque et de Psych et po, avec notamment Annie Leclerc, Hélène Cixous, Claudine Hermann et Luce Irigaray, qui défend la différence et que ses adversaires qualifient d’essentialiste.

Selon Christine Delphy, qui suscite elle-même la controverse aujourd’hui avec ses prises de position sur le port du voile et l’islamisme politique, "le dépôt par Psychanalyse et politique, un groupe issu originellement du mouvement, du titre et du sigle du mouvement de libération des femmes […] n’est que la dernière étape d’un long processus de détournement de fond ; d’un long travail où rien n’a été ménagé, surtout pas l’argent, à la poursuite d’un seul objectif : s’emparer du mouvement de libération des femmes, et le mettre au service de l’anti-féminisme". (Delphy, 1980)

Fouque ne s’est jamais définie comme féministe mais simplement comme une femme qui pense, parle, écrit, lutte pour que les femmes se réalisent dans leur singularité, leur spécificité, leur différence, et non en prenant les hommes comme modèle de l’égalité recherchée. Elle considère le socialisme ou le féminisme comme une étape adolescente de la démocratie. Elle s’est toujours opposée à ce qu’elle appelle le "diktat castrateur" de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femmes, on le devient", en affirmant "on naît fille ou garçon, et désormais, on peut, on doit advenir femme ou homme". (P. 276)

Elle juge la psychanalyse un instrument d’appréhension et de transformation du monde supérieur au féminisme. Pour elle : "Au fondement de cette haine envers les femmes, qui ravage l’espèce humaine, il y a l’envie primordiale, archaïque, universelle et radicalement déniée, de leur capacité procréatrice, de cette part spécifique qui, avec la gestation, leur échoît dans la production de l’espèce humaine. Cette envie, qui est la misogynie même, est la base de tout système d’exclusion de l’autre et la nature de tous les racismes, de toutes les exploitations". (p.289)

On peut ne pas être d’accord avec les prises de position d’Antoinette Fouque, mais on ne peut nier qu’il s’agit d’une femme qui sait soulever des questions essentielles et donner à penser. Aujourd’hui, Psych et po est disparu, mais sa fondatrice continue à jouer un rôle important dans le mouvement des femmes, même si plusieurs persistent à lui tenir rigueur de ses prises de position antérieures : "J’ai été, je suis encore, violemment combattue, en France, pour avoir voulu m’avancer hors de la clôture de l’unisexversalisme et élaborer un au-delà du féminisme, en pensée et en acte".

Psychanalyste et directrice de recherche à l’Université de Paris-VIII, elle a fondé L’Alliance des femmes pour la démocratie en 1989 et, à la fin des années 90, a siégé au Parlement européen où elle a défendu les intérêts des femmes, en particulier contre la normalisation de la prostitution. En parlant des camps de dressage des jeunes filles pour la prostitution, elle écrit : "Je ne confonds pas, bien sûr, ce camp en Italie ni les camps bordels organisés en Bosnie avec les camps nazis. Et pourtant, dans tous ces camps, il y a une même volonté des bourreaux de déshumaniser les détenu-e-s". (p. 282) Et plus loin, elle note que "le libéralisme, comme excès du capitalisme dans l’économie, et le libertinage comme libre-échangisme sexuel se rejoignent pour prendre en tenaille tout processus de libération et amener ce surcroît d’esclavage du corps qu’est la traite des femmes". (p.290)

Les éditions Des femmes, par Antoinette Fouque

C’est en 1973, cinq ans après avoir co-fondé le Mouvement de Libération des Femmes en France, que j’ai créé les éditions Des femmes. Le projet a été discuté pendant presque deux ans au cours de réunions ouvertes, hebdomadaires, où se sont définies et élaborées la structure juridique et les bases de fonctionnement de cette entreprise. Simultanément, nous avons ouvert la première librairie des femmes, (en France et en Europe), à Paris, au coeur du quartier culturel, à Saint-Germain.

A ce moment-là, les luttes des femmes sont fortes, leurs actions multiples pour conquérir leurs droits et affirmer leurs libertés. Pourtant, c’est avec étonnement, scepticisme, hostilité parfois que certains accueillent cette initiative. Des féministes militantes déclarent même préférer les collections que les éditeurs traditionnels se mettent alors à leur proposer (pas pour longtemps, comme le prouvera la suite).

J’ai eu l’occasion d’en parler, lors d’un entretien pour la revue Le débat, en mars 1990, et d’évoquer ce rêve que j’avais depuis le début du Mouvement. Les luttes négatives qu’il fallait bien mener, les luttes contre, pour vaincre l’oppression ne me donnaient que des satisfactions très partielles et très ambivalentes. Depuis le début, je voulais construire, donner lieu, tracer des voies positives. Je voulais mettre l’accent sur la force créatrice des femmes, faire apparaître qu’elles enrichissent la civilisation, et qu’elles ne sont pas seulement les gardiennes du foyer, enfermées dans une communauté d’opprimées. Je voulais ouvrir le Mouvement à un public : publier. (1)

Il n’y avait alors pas d’autres éditions de femmes en Europe et c’est vrai que cette initiative a ouvert la voie : en 1975, en Italie, en 1976, en RFA, en 1977, en Grande-Bretagne, au Portugal, en 1978, en Espagne... se créent des éditions et des librairies "delle donne" "Frauenoffensive", "Virago", "Das Mulheres", "ediciones de feminismo", "Women’s press"...

Le désir qui a motivé la naissance des éditions Des femmes est davantage politique qu’éditorial : à travers la maison d’édition, c’est la libération des femmes qu’il s’agit de faire avancer. Dès la conférence de presse que nous avons donnée à Paris, en 1974, à l’occasion de la sortie des trois premiers livres, j’ai précisé que ce n’était pas une maison d’édition féministe au sens où notre lutte et notre pratique n’étaient pas des revendications. Au point de vue idéologique, la maison d’édition était ouverte à toutes les démarches de lutte, luttes individuelles ou collectives, et dans quelque champ que ce soit. Nous voulions lever le refoulement sur les textes de femmes et publier le refoulé des maisons d’édition (ce qui ne voulait pas dire publier tous les manuscrits, ce qui aurait été de l’idéalisme). Nous l’avons fait, si bien qu’aujourd’hui on parle massivement de l’écriture des femmes. L’être humain naît sexué, fille ou garçon, mais aussi être parlant. Nos expériences, nos actions sont en permanence informées par cette détermination physiologique. Pour l’homme, comme pour la femme, la physiologie, c’est le destin. Mais à tous moments aussi, nos paroles, nos écritures sont en accord ou en désaccord avec la contrainte que le corps impose à la langue et à ses effets de fantasmes.

Né-e fille ou garçon, on devient femme ou homme, masculine ou féminin : écrire ne sera donc jamais neutre. Le destin anatomique se marque, se démarque ou se remarque...

Pour nous, c’était un pari, un risque pris, que des textes écrits par des femmes fassent travailler la langue, y fassent apparaître, pourquoi pas une différence sexuelle. En aucun cas, il ne s’agissait de déclarer a priori qu’il y avait une écriture de femme (2).

Editer, dans ce contexte, prend alors un sens nouveau. Publier des livres, c’est assister des femmes écrivains dans leur travail de mise au monde de textes. De textes filles peut-être, et participer ainsi à la symbolisation d’un engendrement, mettre à jour ce rapport mère-fille que la théorie psychanalytique tend à ignorer.

Il y a une région de l’expérience qui n’est jamais questionnée : c’est l’enfantement d’une fille. L’homosexuation. Le lieu de la différence fondamentale. A se limiter à l’Oedipe, les femmes s’éloignent de leur sol natif. Quand une femme donne naissance à une enfant-fille, elle renoue avec sa propre naissance sur le mode actif. Mais ce qui se passe entre ces deux-là, mère et fille, ne doit pas être dit, on n’en parle jamais. Il s’agirait d’en parler enfin, de repérer les chemins de cette symbolisation différente, de publier le refoulé. Pour une femme, de même que pour un homme, on peut s’en référer à Freud quand il écrit : "wo es war soll Ich werden" (où ça était, Je dois advenir) (3).

Depuis 1974, nous avons publié plus de 400 titres, répartis en une dizaine de collections : témoignages de vie, de luttes, documents, fictions, essais, écrits d’hier, biographies, correspondances, poésie, théâtre, livres d’art et de photos, scénari, livres cassettes…

La bibliothèque des voix

[…] En 1980, j’ai eu envie de faire une "bibliothèque des voix". A l’époque, il n’y en avait pas en France et très peu, non plus, ailleurs. Je voulais dédier ces premiers livres parlants à ma mère, fille d’émigrants, qui n’est jamais allée à l’école, et à ma fille qui se plaignait encore de ne pas arriver à lire, et à toutes celles qui entre interdit et inhibition ne trouvent ni le temps, ni la liberté de prendre un livre.

Je crois que par l’oreille on peut aller très loin... On n’a peut-être pas encore commencé à penser la voix. Une voix, c’est l’Orient du texte, son commencement. La lecture doit libérer, faire entendre la voix du texte - qui n’est pas la voix de l’auteur -, qui est sa voix matricielle, qui est dans lui comme dans les contes le génie est dans le flacon. Voix-génie, génitale, génitrice du texte. Elle y est encryptée dirait Derrida, prisonnière dirait Proust.

La "bibliothèque des voix" compte aujourd’hui plus de 100 titres. Sont ainsi regroupés les voix et les textes de Nathalie Sarraute, Marguerite Duras, Julien Gracq, Françoise Sagan, Marie Susini, Danielle Sallenave, Georges Duby, et Catherine Deneuve, Isabelle Adjani, Arielle Domsbale, Jean-Louis Trintignant, Nicole Garcia, Michel Piccoli, Marie-Christine Barrault, Anny Duperey, Daniel Mesguich, Fanny Ardent ... prêtent leur voix à Madame de Lafayette, Diderot, Balzac, Colette, Proust, Freud ou Stefan Zweig...

Les éditions Des femmes ont sans aucun doute joué un rôle moteur dans la vie éditoriale et culturelle françaises. Elles ont suscité, dans les années 75, un foisonnement de "collections femmes" et, plus récemment, des vocations de femmes éditrices, phénomène qui marque de manière symptomatique la dernière décennie.

La vocation profonde des éditions Des femmes et leur rôle ont toujours été de :

- rendre visible l’apport des femmes à tous les champs de la connaissance, de la pensée et de l’action,
- stimuler la création des femmes et leur désir d’entreprendre,
- enrichir le patrimoine culturel.

Les éditions Des femmes ont conquis une position originale qu’elles ont eu à coeur de défendre. Ce qui ne fut pas toujours facile, quand la médiatisation à outrance participe à la restauration des conservatismes.

Notes

1. Entretien intitulé "Femmes en mouvements : hier, aujourd’hui, demain", paru dans Le Débat n°59, mars-avril 1990, Gallimard.
2. Le Débat, op.cit.
3. Cf. l’entretien avec Catherine David, paru dans Le Nouvel Observateur du 15 avril 1983.
- Antoinette Fouque, Il y a deux sexes - essai de féminologie, Paris, Gallimard, 2004.
-  Christine Delphy, "Libération des femmes an dix", Paris, Questions féministes, no. 7, février 1980.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 11 janvier 2006.

Pour être au courant des dernières publications, dont l’essai, Le féminisme irréductible, de Catharine A. MacKinnon, les contes, Comment sont nées les étoiles ? de Clarice Lispector, les nouvelles, Éclats de vie, de Geneviève Serreau, etc., voir : le site.


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Élaine Audet

Élaine Audet a publié, au Québec et en Europe, des recueils de poésie et des essais, et elle a collaboré à plusieurs ouvrages collectifs. Depuis 2002, elle est l’une des deux éditrices de Sisyphe.
Ses plus récentes publications sont :
- Prostitution - perspectives féministes, (éditions Sisyphe, 2005).
- La plénitude et la limite, poésie, (éditions Sisyphe, 2006).
- Prostitution, Feminist Perspectives, (éditions Sisyphe, 2009).
- Sel et sang de la mémoire, Polytechnique, 6 décembre 1989, poésie, (éditions Sisyphe, 2009).
- L’épreuve du coeur, poésie, (papier & pdf num., éditions Sisyphe, 2014).
- Au fil de l’impossible, poésie, pdf num., (éditions Sisyphe, 2015).

On peut lire ce qu’en pensent
les critiques et se procurer les livres d’Élaine Audet
ICI.



Plan-Liens Forum

  • Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
    (1/10) 15 février 2012 , par Sisyphe

  • Un débat nécessaire
    (2/10) 1er février 2006 , par Élaine Audet

  • > Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
    (3/10) 31 janvier 2006 , par J. G.

  • libération des femmes, encore, toujours
    (4/10) 31 janvier 2006 , par léa

  • A Elaine Audet
    (5/10) 27 janvier 2006 , par Marie-José

  • > (suite)
    (6/10) 23 janvier 2006 , par Internaute

  • Vieilles querelles de cheffes versus problemes actuels !!!
    (7/10) 23 janvier 2006 , par Internaute

  • > Antoinette Fouque et Psychanalyse et Politique, ou comment l’ensemble du mouvement féministe français s’est réunis... contre elles.
    (8/10) 23 janvier 2006 , par Internaute

  • une entreprise comme une autre
    (9/10) 22 janvier 2006 , par Anna Scatach

    rép: Marie-France
    rép: Alberte Capdevielle
  • > Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
    (10/10) 22 janvier 2006 , par Aliexen

    rép: Aliexen
    rép: Internaute
    rép: Internaute
    rép: Internaute




  • Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
    15 février 2012 , par Sisyphe   [retour au début des forums]

    Nous avisons Gaston (et autres pseudonymes), qui laisse des messages contenant des liens inappropriées sous différents articles que nous en avons assez de supprimer ses messages. Voici ses coordonnées pour tous ces messages ; 1Carl1@yahoo.com (pas sûr) — IP 188.126.73.205 et avec cet IP nous franchirons une nouvelle étape, s’il récidive.

    Un débat nécessaire
    1er février 2006 , par Élaine Audet   [retour au début des forums]

    Je ne m’attendais pas à ce que mon compte-rendu du livre d’Antoinette Fouque, "Il y a deux sexes", provoque tant de remous, sur la liste Études féministes et dans les commentaires qui suivent l’article sur Sisyphe. Je pense que le débat qu’il a entraîné devait avoir lieu et ne doit pas être esquivé.

    Je ne connais personne qui justifie l’appropriation du Mouvement de libération des femmes (MLF) par Antoinette Fouque et son groupe. Le mouvement féministe peut s’enorgueillir de n’être ni monolithique ni hiérarchique et de n’avoir pas versé une goutte de sang au cours de son histoire. Sur Sisyphe, nous publions des textes aux positions parfois contradictoires, qu’il s’agisse notamment des positions abolitionnistes sur la prostitution ou le port du voile, mais nous croyons important de favoriser la réflexion et le débat, en autant que les textes ne sont pas contraires à nos buts affirmés. À titre d’exemple, nous ne publierons jamais de textes en faveur de la légalisation de la prostitution.

    J’ai tenté de donner une idée du livre très intéressant d’Antoinette Fouque. Pour ma part, je ne crois pas qu’elle nie l’influence des rapports sexuels de domination sur l’existence des femmes, mais simplement qu’elle a voulu montrer que la pratique de la maternité, comme toute autre pratique, génère pensée et culture, même si le patriarcat s’en est servi pour enfermer les femmes dans leur seul rôle biologique. Différence, selon moi, n’est pas synonyme d’identité ni de dualisme, mais d’altérité assumée. Comme le souligne l’écrivaine québécoise Louky Bersianik : « Donner la vie n’est pas une valeur patriarcale. En soi, ce n’est ni bon ni mauvais, mais ça nous appartient. Comme un droit et non un devoir".

    Je suis d’accord avec Marie-Jo Bonnet pour que nous cherchions à "accéder à une pensée symbolique qui oserait relier des éléments conçus comme contradictoires ou s’excluant l’un l’autre". C’est ce qu’écrit d’ailleurs A. Fouque : "Égalité et différence ne sauraient aller l’une sans l’autre ou être sacrifiées l’une à l’autre. Si l’on sacrifie l’égalité à la différence, on revient aux positions réactionnaires des sociétés traditionnelles, et si l’on sacrifie la différence des sexes, avec la richesse de vie dont elle est porteuse, à l’égalité, on stérilise les femmes, on appauvrit l’humanité tout entière" (p. 292).

    Fouque refuse également de dissocier la création et la procréation en imposant aux femmes de sacrifier ainsi une part d’elles-mêmes. L’important est d’être libre de choisir sa propre voie sans être enfermée dans des stéréotypes sexistes. Quant à ses attaques contre le féminisme américain, Fouque a dû changer parce qu’elle a été la première à publier en français l’une de ses plus brillantes porte-parole, Catharine A. MacKinnon.

    Ce débat m’a amenée à repenser à un numéro des Cahiers du GRIF, "D’amour et de raison" (Hiver 83-84), consacré aux mêmes questions avec des textes, entre autres, de Françoise Collin, Marcelle Marini, Nancy Huston, ainsi qu’à l’essai de la regrettée Mary O’Brien, professeure de sociologie, de philosophie politique et d’études féministes à l’Université York, à Toronto, "La dialectique de la reproduction" (Remue-ménage, 1981), qui passe au crible l’œuvre de Hegel, Marx, Simone de Beauvoir, Hannah Arendt, Evelyn Reed, Sheila Rowbotham et de plusieurs autres, en analysant rigoureusement l’origine du patriarcat, l’aliénation spécifique des femmes et les moyens de s’en libérer.

    Il me semble que, dans ce débat, il y a souvent confusion entre la quête d’égalité avec les hommes ("L’un est l’autre") et celle de l’égalité des droits. C’est pour cette dernière que nous luttons en tant que féministes et non pour être semblables aux hommes. Nous sommes à la fois singulières, différentes et solidaires.

    Cordialement,

    Élaine Audet

    > Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
    31 janvier 2006 , par J. G.   [retour au début des forums]

    A Judith Ezéchiel, Aliexen, Scatach et quelques autres.

    Pourquoi autant de haine ?
    Savez-vous que la haine rend stérile ? Qu’avez-vous fait toutes ces années ?
    Donnez-nous des nouvelles de vos combats au lieu de discréditer ceux des
    autres, des nouvelles des femmes que vous avez aidé à vivre, de vos pensées,
    de vos élaborations pour les femmes.
    Bientôt 200 millions manqueront sur la terre à cause des foeticides de
    fœtus femelles, des infanticides de petites filles, des violences et mauvais
    traitements, et vous, toujours ce sigle, cette histoire d’il y a plus de 25 ans. Vous
    allez ressasser ça indéfiniment ? Et passer votre vie à calomnier ? La haine
    n’est pas un bon moteur.
    Quelle colère à vous lire !
    Pendant ce temps, A. Fouque faisait des journaux pour les femmes, publiait,
    pour les sauver, Eva Forest, emprisonnée et torturée dans les prisons
    franquistes, Aung San Suu Kyi, prisonnière de la junte birmane et tant
    d’autres qui luttent dans leur pays.
    Essayez au moins de comprendre votre ressentiment, d’en sortir ! Et relisez,
    oui, relisez donc "Il y a deux sexes". C’est un livre d’amour.

    J G.

    libération des femmes, encore, toujours
    31 janvier 2006 , par léa   [retour au début des forums]

    Les questions soulevées dans ce forum notamment sur les impasses du
    féminisme pour celles qui n’ambitionnent pas de devenir des hommes comme les autres, méritent un vrai débat auquel contribue très heureusement l’article d’Elaine Audet.

    Pour ma part, j’ai toujours trouvé que Beauvoir, qui a incontestablement
    apporté un éclairage important sur la condition des femmes, était en
    même temps terriblement méprisante, voire même machiste, avec ses
    développements sur le corps des femmes, la maternité, et même l’homosexualité.

    Je la trouve d¹ailleurs pour cette raison bien plus essentialiste ­- les femmes étant pour elle l’aliénation même - qu’Antoinette Fouque,qui,elle,
    n’enserre personne dans un destin qui n’aurait pas été choisi.

    A Elaine Audet
    27 janvier 2006 , par Marie-José   [retour au début des forums]

    Je trouve très intéressant, et vous en remercie, que vous ayez décidé de publier cet article sur Antoinette Fouque, sa pensée et ses créations.
    Trop souvent, des gens qui ne l’ont ni lue, ni écoutée, ni rencontrée,se permettent des déformations, des caricatures et même des mensonges au sujet de ses propos et de ses positions.(Voir certaines des réactions haineuses à votre article,évidemment téléguidées par des adversaires de longue date,coutumières de la désinformation plutôt que du débat).
    Mais alors, pourquoi d’entrée la dire anti-féministe,ce qui peut porter à confusion sachant que le terme n’a pas forcément la même signification dans tous les pays et qu’il recouvre des réalités différentes. Antoinette Fouque s’en explique dans ses textes et surtout par toutes les actions qu’elle a menées. Je dirais qu’elle lutte à la fois contre l’anti-féminisme et pour dépasser ce qui, dans le féminisme,continue à opprimer les femmes, contre ce que le féminisme a de misogyne. Et quand on voit Christine Delphy en survoilée de "Frère Tarik"(cf.le très beau livre de Caroline Fourest),on comprend qu’il ne suffit pas d’être féministe pour être du côté des femmes et même, à lire ses accusations totalement diffamatoires à l’encontre de Psychanalyse et Politique, qu’il existe bien des féministes qui sont contre les femmes.
    Affirmer la différence comme richesse de l’humanité et le rôle particulier des femmes comme modèle de création généreuse, ne me semble pas remettre en cause la nécessaire lutte pour les droits, bien au contraire.
    Marie-José

    > (suite)
    23 janvier 2006 , par Internaute   [retour au début des forums]
    http://www.c-e-r-f.org

    La vérité c’est que les querelles de personne et le sectarisme ont anéanti le mouvement féministe en France.

    Et que cela continue !

    Au C.E.R.F. nous sommes abolitionistes, mais nous retrouvons chez certaines reglementaristes – pas toutes mais certaines – des motivations réellement féministes ( recherche de l’autonomie des femmes ...) même si nous estimons qu’elles se trompent. De même pour le débat sur la loi sur le voile ou sur la Constitution européenne….
    Le clivage differentialisme / universalisme, le debat sur l’aspect de gauche ou de droite du féminisme ont été instrumentalisés par des personnes plutôt qu’exploré intellectuellement pour faire avancer réellement la réflexion et donc la force globale du mouvement – « des femmes » ou « feministes » .

    Le mouvement a été infoutu de faire la part des choses entre fonds communs et divisions de détail ou de personne. Je ne veux même pas savoir « à qui la faute » tellement le résultat m’écoeure.

    Pendant que les féministes se disputaient, ce sont des juristes qui ont fait avancer certains droits concrets des femmes dans le domaine financier en particulier : droit des concubines, commerçantes, conjointes, droit des successions … N’est ce pas un tantinet ridicule ?

    Nous avons à faire face à des défis majeurs pour les femmes : montée du bigotisme – islamique en particulier mais pas seulement, fin du pétrole et autres problèmes économiques … Et où en est l’expression des femmes ? A moins que rien.

    LE FEMINISME N’EXISTE PLUS AUJOURD’HUI QU’ A TRAVERS SES RECUPERATEURS : syndicats, partis, mouvements laiques, religions, gays, sans parler des femmes qui se sont construit une carrière en passant par le féminisme.

    Brillant résultat !

    Vieilles querelles de cheffes versus problemes actuels !!!
    23 janvier 2006 , par Internaute   [retour au début des forums]
    http://www.c-e-r-f.org

    Il est evident que ce genre de "mise aux point", une generation ou presque apres, va attirer les foules vers le feminisme français !

    Personne n’a envie d’approcher un mouvement qui lave son (vieu de plus !) linge sale en public, comme si cela s’etait passé hier ...(!)

    Nous sommes qualifiées de revanchardes par rapport aux hommes, faut il le prouver en étant rancunières sans prescription ! Non mais les filles, ça fait 40 ans .bientot.. on s’en f-o-u-t ...

    Il y a plus important a penser aujourd’hui pour les femmes.

    Anne Vigerie

    C.E.R.F.

    > Antoinette Fouque et Psychanalyse et Politique, ou comment l’ensemble du mouvement féministe français s’est réunis... contre elles.
    23 janvier 2006 , par Internaute   [retour au début des forums]

    Elaine Audet nous fait parvenir son article sur Antoinette Fouque http://sisyphe.org/article.php3 ?id_article=2207 où elle écrit que Fouque "semble avoir toujours suscité la controverse." En réalité, le mouvement des femmes français n’a jamais été aussi uni que face à Fouque et au groupe dont elle a été le gourou, Psychanalyse et Politique". Lors du dépôt, comme marque commerciale, du nom "Mouvement de Libération des Femmes", "Mouvement de Libération des Femmes International", "des femmes" et du signe féministe (oui, le poing fermé à l’intérieur du signe femme, créé par mes soeurs américaines avant l’émergence du mouvement français), l’ensemble du mouvement féministe a mis de côté ses divergences pour s’unir contre cet acte d’appropriation scandaleuse. Quand Psychépo a ensuite entraîné en justice les éditions Tierce, (maison d’édition féministe, oui, de la revue d’en face et de Questions féministes, par exemple) pour concurrence déloyale—c’est à dire d’avoir signé avec nous toutes une pétition contre le dépôt—le mouvement français s’est soudé encore plus dans son opposition à Fouque.

    Le dépôt du MLF, bien évidemment, était un outil pour PsychéPo dans ses efforts d’expropriation du mouvement et de sa production ; par exemple, les éditions des femmes ont réédité en 1982 Le Torchon brûle, périodique "menstruelle" réalisée par une large palette d’individues et groupes féministes qui signaient leurs articles par des prénoms, des pseudonymes, ou même par "des femmes"— justement devenu marque commerciale déposée par A. Fouque et al. "Fouque ne s’est jamais définie comme féministe" nous dit Audet "mais simplement comme une femme qui...." Correction : simplement comme fondatrice du mouvement de libération des femmes (et elle est présidente de l’association 1901 MLF). Et de se présenter en tant que telle à la presse et aux hommes politiques, comme, par exemple quand elle a appelé publiquement et à coup de grande publicité (le groupe semblait avoir des fonds illimités à voter Mitterrand au nom du mouvement tout entier, dès le premier tour, alors qu’il est évident que personne ne peut parler au nom d’un mouvement social, et encore moins d’un mouvement aussi anti-hiérarchique que celui-ci. De plus, il y avait une candidate féministe, Huguette Bouchardeau.

    Sommes nous simplement rancunières ? Oui, "rancunières" contre les mensonges, contre les comportements autoritaires, contre le salissement et l’expropriation du travail d’un mouvement social auquel nous avons consacré une partie importante de nos vies.

    Bien entendu, il faut lire le livre Chronique d’une imposture, produit par des féministes à l’époque, surtout l’introduction de Simone de Beauvoir, et le récit d’une ancienne membre du groupe qui décrit les pratiques du groupe qui ressemblent étrangement à celles des sectes. (Audet fait bien de nous rappeler les écrits haineux et revanchards de Fouque contre Beauvoir, qui était une femme généreuse, modeste, qui a soutenu et respecté le mouvement [et le mouvement le lui a rendu].)

    Mais il y a aussi de nombreuses critiques de ses autres écrits, et j’invite les participantes d’etudesfeministes-l à nous les envoyer. De mon côté, j’ai montré comment Fouque construisait et diabolisait un soit-disant « féminisme américain » pour ses propres fins. Un extrait d’un article que j’ai écrit dans Nouvelles questions féministes :

    L’utilité de ce "féminisme américain" comme cible est confirmée plus tard. Nadja Ringart se rappelle, "[J]e me voulais très oecuménique, jusqu’à ce que ... Antoinette me démontre laborieusement que je me trompais en croyant à la sororité des femmes ; cette illusion, importée des Amériques, empêchait ... ’la dynamique des contradictions". Psychanalyse et Politique allait jusqu’à assimiler l’ex-présidente, Rosalyn Carter au féminisme pour mieux dénoncer sa nature capitaliste (Dhavernas 1980, 39). Tout cela pour attaquer plus tard "l’idéologie américaine hypocrite à laquelle tout le féminisme se conforme" (Chroniques d’une imposture, 1981).

    Audet nous assure qu"[o]n peut ne pas être d’accord avec les prises de position d’Antoinette Fouque, mais on ne peut nier qu’il s’agit d’une femme qui sait soulever des questions essentielles et donner à penser." Essentielles, en effet ! En dehors des pratiques mentionnées ci-dessus, Fouque représentait et représente l’essentialisme, le différentialisme forcené, contre lequel la majorité du mouvement français, radical et matérialiste pour la plupart (plus qu’égalitariste, et bien, bien plus que différentialiste) s’est insurgé. Et ces derniers temps, Fouque répète de plus en plus souvent qu’elle a "fondé" le mouvement des femmes (dira-t-on que Cohn-Bendit a "fondé" mai 68 ? Un parti, une organisation, une association peuvent être fondés, mais jamais un mouvement). Et elle est également repartie en croisade contre « l’idéologie féministe de l’indifférence sexuelle." Son différentialisme va jusqu’à dénoncer la Constitution française parce qu’elle omet de dire "que tout être humain naît garçon ou fille, donc qu’il est homme ou femme pour toute sa vie." (Il y a 2 sexes) Moi, je préfère rester Beauvoirienne dans ce cas, merci.

    Cordialement,

    Judith Ezekiel

    Études féministes

    author of Feminism in the Heartland

    editorial board, Women in Social Movements

    Alexander Street 6

    une entreprise comme une autre
    22 janvier 2006 , par Anna Scatach   [retour au début des forums]

    Antoinette Fouque a besoin de publicité, Elaine Audet s’exécute ! mais quel est le sens de tout ça ? lire ou écouter Fouque c’est perdre son temps, elle n’a rien à proposer pour améliorer la condition humaine (masculine ou féminine) son discours vise à se démarquer pour mieux se remarquer, elle fait de l’argent rien de plus, on en fait avec tout dans l’édition, la presse, les médias, elle a choisi son créneau et s’y cramponne ! c’est pas parce qu’elle emploie le mot "féminologie" qu’elle est digne du moindre intérêt ! Il faut souffrir d’une sacrée cécité pour ne pas voir cela et encombrer le site de tant de mauvaise pub gratuite ! quel discrédit pour Sisyphe !

    • Des propos inutiles et déplacés
      23 janvier 2006 , par
      Marie-France   [retour au début des forums]

      Vous n’avez sans doute rien à dire sur le fond du sujet pour tenir de tels propos à connotation personnelle et insinuer de telles choses sur l’auteur de cet article. Vous décrétez que "lire ou écouter Fouque, c’est perdre son temps". Etes-vous au courant de choses qui s’appellent la liberté intellectuelle, la liberté de pensée, la liberté critique et la liberté d’expression ? Toutes ces libertés supposent qu’on accorde aux autres le droit de se faire une opinion par elles-mêmes sans les prendre à partie sur le plan personnel et sans insinuer qu’elles sont à la solde de tel pouvoir ou de telle personne. Ne pas partager votre opinion n’est pas un crime, vous savez.

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    • ZEN
      22 janvier 2007 , par
      Alberte Capdevielle   [retour au début des forums]

      Hou la méchante qui montre ses vilaines dents devant l’intelligence !
      Pour moi, Antoinette Fouque est un des plus bel esprit du 20ième siècle. j’ai été à ses côtés dans les années 70 jusqu’en 81 et ce fut abondant, joyeux, combatif, léger, impossible. J’y ai trouvé les clés de ma recherche future. C’est alors ouvert devant moi un immense espace de création et mon combat, dès lors, n’a jamais cessé de se matérialiser dans des actions quotidiennes ; pendant que mon esprit se prenait à penser et que je me mettais à lire, lire jusqu’à en devenir presque aveugle. " Les Editions Des Femmes" est un chef d’oeuvre merci Antoinette.
      Monsieur ou madame l’anonyme je vous invite donc à lire et particulièrement à lire Antoinette Fouque, vraiment, sans à priori haineux ( la haine est une entrave)mais sans doute est-il déjà trop tard !
      Maria Callas alias une Corse en colère

      [Répondre à ce message]

    > Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
    22 janvier 2006 , par Aliexen   [retour au début des forums]

    La position d’Antoinette Fouque et son école (avec Psychanalyse et politique) et celle de Simone de Beauvoir s’inscrivent dans deux courants qui ne concerne pas uniquement le combat féministe. Antoinette Fouque et ses complices s’inscrivent dans le courant essentialiste alors que Simone de Beauvoir et l’ensemble du féminisme égalitaire s’inscrit dans le courant constructiviste. On retrouve également ces deux courants de pensée très souvent dans les questions sociologiques. Le courant essentialiste prétend que l’on naît avec des caractéristiques qui nous sont propres. Le courant constructiviste, lui, affirme que la construction d’une personnalité se fait en fonction de nombreux contexte : le contexte social, culturel, familial, religieux, économique, etc ... et que rien n’est jamais une fatalité, que tout peut être déconstruit comme reconstruit puisque tout a été construit au départ. C’est l’éternelle question de Voltaire et de Rousseau ("est-ce que l’on naît bon-ne ou mauvais-e ou est-ce que l’on ne naît ni bon-ne ni mauvais-e mais que l’ensemble des expériences vécues avec notre (ou plutôt nos) contexte(s) modèle notre vision des choses et donc notre comportement.

    Personnellement, je suis constructiviste. Je trouve que l’idée selon laquelle une personne est un tout dès sa naissance et que rien ne se construit est non seulement un non sens mais est un raisonnement extrêmement dangereux. D’une part, il s’oppose à toute notion de libre arbitre et enferme l’humanité dans une fatalité. En prenant l’exemple des rapports sociaux de sexe, on ne parviendra jamais, selon ce raisonnement, à changer les mentalités. "Les hommes oppriment les femmes, c’est dans l’ordre des choses... les femmes ont des qualités que les hommes n’ont pas, on ne peut pas arriver à faire cohabiter les personnes des deux sexes. Aucun homme ne pourra jamais changer ce qu’il est au fond : agressif, dominateur, etc ... il faudra faire avec ...". Le courant essentialiste est aux antipodes du respect de la diversité. D’ailleurs le présent articles et les prises de position d’Antoinette Fouque ne traduise pas fidèlement ce qu’est le courant constructiviste. Il est réduit à un mot : l’égalité. Bien sûr que nous nous battons pour l’égalité des droits. Et heureusement ! Cela ne veut pas dire que nous voulons que les femmes deviennent des hommes. D’ailleurs, cette formule typique d’Antoinette Fouque, est aberrante d’inexatitude. D’une part nous luttons pour que les gens, dans leur diversité, puissent exister et avoir droit au respect et à la dignité. Le courant essentialiste défendu par Antoinette Fouque s’oppose précisément à cette perspective et s’oppose donc à la liberté, à l’affranchissement et à la diversité des personnes puisque ce courant de pensée considère qu’on naît d’une certaine façon, et que l’on est prisonnier-e de cette condition.

    Comment concevoir, par exemple, que 2 000 ans d’obscurantisme ne laissent pas de séquelles dans la mémoire collective ? Comment concevoir que l’ordre patriarcal, misogyne et homophobe, de cette société n’a aucune influence sur notre personnalité ? Comment aussi concevoir que le contexte familial, économique, culturel, etc ... n’altère pas d’une façon ou d’une autre notre perception du monde ? Comment prétendre donc que notre personnalité (et donc nos qualités et défauts) est quelque chose d’inchangeable ?

    L’opinion d’Antoinette Fouque, avec tous ses amalgames (exemple : une femme qui veut avoir les mêmes droits qu’un homme veut être un homme) ne me surprend qu’à moitié. Le fait qu’elle soit psy, ne me surprend pas non plus. Ses convictions rappellent celles du vieux pervers misogyne et homophobe, père de la psychanalyse, Sigmund Freud qui disait que l’attitude d’une femme réclamant l’égalité découlait d’un sentiment de frustration de ne pas avoir de phallus (sic !!!!!!!)

    On retrouve bien là l’opinion d’Antoinette Fouque qui dit que les femmes réclamant l’égalité veulent être des hommes (!!!!).

    Ce type de point de vue, largement défendu par les machos de tous poils, y compris les talibans, ayatollahs, les papes, les rabbins, etc

    Ce type de point de vue selon lequels les femmes ont des spécificités bien précises et que les hommes en ont d’autres bien précises aussi, qui sont leur essence et que les femmes cherchant l’égalité dans le respect de la diversité, des différences (ce qui exclut infacto les comportements sexistes et homophobes) sont des femmes qui veulent devenir des hommes ne nous rapproche à aucun moment de quelque notion progressiste que ce soit. Au contraire, derrière l’essentialisme se cache le conservatisme, l’obscurantisme et donc l’aliénation.

    • > Antoinette Fouque, entre féminisme et libération des femmes
      22 janvier 2006 , par
      Aliexen   [retour au début des forums]

      Nous sommes bien d’accord qu’il y ait deux sexes. Antoinette Fouque aurait pu faire un "2" encore plus grand et qui clignoterait en rouge et jaune, ça ne poserait pas plus de problème. Mais elle semble oublier qu’il existe une différence fondamentale entre sexes et genres. Peut-être devrait-elle être un peu plus à l’écoute de la sociologie. C’est une science intéressante et qui mérite toute notre attention.

      D’autre part, si Antoinette Fouque est contre l’IVG et la contraception (puisqu’elle enferme les femmes dans leur destin biologique, qu’elle définit comme une richesse plutôt que comme un carcan), elle a alors, vis à vis de la sexualité, une vision très réductrice qui la limite à la reproduction. Je n’ose alors imaginer ce qu’elle peut penser de l’homosexualité féminine et masculine qui ne permettent pas de se reproduire (sauf par le biais de l’insémination artificielle).

      Ce serait une bonne chose qu’Antoinette Fouque réalise que les misos méprisent les femmes, les haïssent même, mais pas pour leur capacité potentielle (car la stérilité existe) à procréer ... Au contraire, le fait qu’une femme soit fertile a toujours été très apprécié par les misos de tous ordres, y compris les religieux. C’est bien l’affranchissement des femmes à leur destin biologique qui leur pose problème.

      Il serait temps que l’on en finisse avec le sexisme, y compris lorsqu’il prend les initiales MLF (qui, quoiqu’en dise Fouque, ne lui appartiennent pas) ou le nom pompeux de Psychanalyse et Politique, et que l’on cesse de cantonner les femmes dans les deux catégories si chères aux misos, "mère" ou "pute". C’est ce schéma là qui est castrateur, pas le féminisme qui se bat pour le détruire. Antoinette Fouque se battant pour que les femmes accomplissent leur "destinée physiologique" (CAD "pondre" des gosses) est elle-même castratrice ainsi que son groupe, et porte (ou tente de porter) une sérieuse atteinte aux droits des femmes, ainsi qu’à la libération des femmes et des hommes de la dictature des genres.

      Qu’elle n’ait pas alors le toupet de se réclamer du mouvement de libération des femmes ! C’est un mensonge épouvantable. Elle ferait mieux de rejoindre ses amis, les masculinistes et Elizabeth Badinther plutôt que prétendre défendre la cause des femmes.

      A bon entendeuse ...

      [Répondre à ce message]

      • Antoinette Fouque : un debat d’idees ou des reglements de compte ?
        24 janvier 2006 , par
        Internaute   [retour au début des forums]

        Ce qui est desolant dans ce debat, qui a commence par un beau texte d’Elaine Audet, c’est le manque de rigueur et le style agressif et parfois insultant. On peut ne pas etre d’accord avec les positions d’Antoinette Fouque, mais on ne peut pas deformer sa pensee a ce point. Je n’ai lu nulle part par exemple qu’elle est contre l’IVG et la contraception, ni qu’elle limite la sexualite a la reproduction (Elle fait partie des signataires du manifeste des 343). Si vous comparez Antoinette Fouque a Elizabeth Badinter c’est que vous ne connaissez ni l’une ni l’autre. Sur quoi se basent tout votre "savoir" sur le sujet ? Quelles sont les references ? Cette remarque vaut pour tous les intervenants precedents.

        Merci

        [Répondre à ce message]

        • Merci Antoinette !
          25 janvier 2006 , par Internaute
            [retour au début des forums]

          Je ne me retrouve pas du tout dans tout le négatif haineux qui est dit à propos d’Antoinette Fouque et je m’étonne des contre-sens ou des contre vérités qui sont portés sur ses positionnements et sur ses analyses. C’est en cela que je rejoins la remarque du texte précédent sur les sources sur lesquelles s’appuient les commentaires. Pour ma part, j’ai lu le livre d’Antoinette Fouque, "Il y a deux sexes", et c’est une pensée riche, généreuse, complexe que j’ai rencontrée. Elle m’aide à réfléchir et à grandir en tant que femme, et sa pensée est un projet politique pour que les femmes et les hommes vivre en harmonie, en démocratie. C’est pourquoi je lui dis un grand merci.

          [Répondre à ce message]

        • > Du concret, SVP...
          25 janvier 2006 , par Internaute
            [retour au début des forums]

          En effet, quel dommage !

          Car sans vouloir faire l’hagiographie d’Antoinette Fouque, et n’ayant pas une connaissance aussi approfondie de la question féministe et de ses différents courants, les précédentes critiques ne semblent découler que d’un emballement personnel de leurs auteur(e ?)s sans réelle citation de l’objet de leurs incriminations !

          Calmons-nous, donc, en nous rappelant que finalement, pour la plupart d’entre nous, la vie de femme que nous souhaitons mener rentre pourtant dans le schéma classique du bonheur en couple et en famille, avec un compagnon aimant, des enfants épanouis et solides dans leur corps et dans leur tête, et matériellement, ce qui est nécessaire pour vivre NORMALEMENT.
          Car comme l’a joliment chanté Kent, "le bonheur est souvent banal".

          Mais si cette vision semble à certain(e)s un peu trop simple, qu’ils/elles aient la pudeur de se rappeler qu’elle est un idéal pour beaucoup d’hommes et de femmes qui n’ont pas la chance de vivre en Europe.

          A vous maintenant de réfléchir au combat pour les femmes qu’il faut mener, contre qui et contre quoi...
          Et en tout cas, ensembles.

          [Répondre à ce message]


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