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lundi 22 août 2011

Le Printemps arabe apporte peu aux femmes marocaines

par Abderrahim El Ouali, IPS






Écrits d'Élaine Audet



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Depuis le début des manifestations au Maroc le 20 février, les femmes ont été à l’avant-garde. La plupart des porte-parole du mouvement de protestation sont des femmes – ce que des observateurs et activistes perçoivent comme une nouvelle phase de l’émancipation féminine dans ce pays d’Afrique du nord.

"Nous avons assez attendu. Aujourd’hui, les femmes sont sorties pour dire qu’il est temps que justice soit faite", a déclaré à IPS, Safaa Ferradi, une activiste locale.

"La grande majorité des femmes présentes dans notre mouvement sont d’un niveau culturel et académique élevé", a confié à IPS, Rabah Nouami, un dirigeant local du Mouvement du 20 février à Casablanca. "Cela fait tellement honneur de voir que la plupart des porte-parole du mouvement sont des femmes. Mais les femmes ne sont pas toujours influentes au niveau des décisions au sein du mouvement".

Malgré les efforts déployés par l’État et la société civile, les femmes demeurent victimes de violences et de discrimination.

Une étude officielle réalisée par la Haute commission de planification du gouvernement a montré que quatre formes de violence sont encore infligées à la femme marocaine : "physique, sexuelle, psychologique et économique".

Le nouveau Code de la famille de ce pays de 32 millions d’habitants est entré en vigueur en 2004. Il a accordé aux femmes le droit de divorcer, de se marier sans l’autorisation des parents, ainsi que le droit à une pension alimentaire en cas de divorce. Mais, ce nouveau code n’a pas donné aux femmes les mêmes droits à l’héritage.

Le problème, semble-t-il, n’est pas dans les textes juridiques, "mais dans l’application de ces textes", a souligné à IPS, Fatima Bouhraka, une écrivaine sur les questions des femmes. La plus forte résistance aux droits des femmes est culturelle, selon Bouhraka. La culture marocaine considère "l’homme comme celui qui commande et qui doit être toujours obéi".

Cette culture est renforcée par d’autres facteurs "comme la pauvreté et l’ignorance des droits et devoirs de chacun", a indiqué à IPS, Taoufiki Belaid, un membre d’Amnesty International. Les femmes qui sont victimes de violences, ainsi que leurs agresseurs, "ignorent leurs droits et devoirs", a-t-il dit.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de mesures qui soient en train d’être prises pour renforcer la sensibilisation sur les femmes et leurs droits. Abderrahim Messoudi, qui organise des ateliers sur la question dans les universités avec un groupe appartenant à l’Association marocaine des droits de l’Homme, a déclaré à IPS que le problème, c’est la participation minimale des femmes elles-mêmes à de telles activités.

L’indifférence des femmes pour les actions de la société civile est due, selon des femmes militantes indépendantes, à la perception que ces activités sont biaisées. "Il n’existe pas une véritable société civile. Tout le monde essaie de manipuler la cause féminine selon ses propres intérêts", a affirmé Ferradi.

Mais, beaucoup ne sont pas d’accord avec ce point de vue. "En quelques années, la société civile a réalisé des choses que les partis politiques n’ont pas pu faire depuis des décennies", a souligné Bouhraka. Mais, il est nécessaire, selon elle, de séparer totalement les associations de la société civile des partis politiques. "Plus une association est indépendante, plus elle est digne de confiance".

Au Maroc, le fait d’être mécontent des partis politiques n’est pas une chose nouvelle. Seulement 37 pour cent des électeurs ont participé à la dernière élection générale en septembre 2007.

De nouvelles mesures électorales au Maroc appellent à ce que les femmes occupent au moins 30 des 326 sièges au parlement. Mais, cela ne satisfait pas les activistes marocains. "Le parlement et le gouvernement resteront tous deux essentiellement dominés par les hommes", a affirmé Bouhraka.

Selon une étude réalisée en 2010 par la Haute commission de planification, les femmes représentent seulement 25 pour cent de la population active. Les femmes sont également analphabètes de manière disproportionnée - plus de 50,8 pour cent des femmes marocaines ne savent pas lire et écrire.

Les violences, la discrimination économique et sociale ont amené les femmes à descendre dans les rues pour protester sous les couleurs du Printemps arabe. "Nos revendications sont la liberté, l’égalité et la dignité humaine", a indiqué Ferradi. "Dans notre mouvement, les revendications sont égales aussi bien pour les femmes que pour les hommes", a expliqué Nouami.

La nouvelle constitution du Maroc, adoptée le 1er juillet, appelle à un projet pour établir un partage équitable entre les hommes et les femmes. Mais, "au Maroc, les slogans brandis sont une chose, la réalité en est une autre", a souligné Bouhraka. "Il y a des mains discrètes qui empêchent toute loi favorable au pays et à la population". (FIN/2011)

CASABLANCA , Inter Press Service News Agency, le 12 août 2011.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 août 2011


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