| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






lundi 14 juillet 2003

Pourquoi le Centre des médias alternatifs du Québec publie-t-il de la propagande haineuse et antiféministe ?

par Micheline Carrier






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Facebook s’engage à prendre des mesures pour contrer la haine sexiste dans ses pages
Facebook considère-t-il la violence faite aux femmes comme une plaisanterie ?
Hélène Pedneault, une battante devant l’imperfection du monde
Entrevue de Julie Bindel au COUAC : "Les pro-prostitution ne se soucient pas des femmes."
Publicité et contenu éditorial dans la presse féminine
Les voix féministes : une nouvelle vague sur les ondes radiophoniques ?
L’antiféminisme dans les médias - Atteinte aux valeurs d’égalité
Le "cracheux de spitoune" de Québécor !
Campagne de dénigrement contre Françoise David - Des groupes de femmes du Québec réclament une rétractation en ondes et le retrait immédiat du concours odieux lancé auprès des jeunes
L’antiféminisme extrême de Richard Martineau
Il va y avoir du sport, du charriage, de la désinformation et un dialogue de sourds
Andy Srougi de Fathers4Justice poursuit Barbara Legault et la revue À bâbord !
Correspondant à l’étranger : une chasse gardée masculine à Radio-Canada ?
Quand Mafalda démasque les « supers héros » !
Humour, sexisme et partisanerie
Sophie Chiasson gagne sa cause : « Le tort causé est très grave, presque irréparable », dit le juge
Les revendications des femmes feraient de l’ombre aux problèmes des hommes
Dossier "La Gryffe" : de l’antiféminisme en milieu libertaire...
Le sexisme très ordinaire de la gauche médiatique
" La planète des hommes " : du journalisme bien paresseux !
Le Centre des médias alternatifs du Québec et l’antiféminisme
Le prétendu "Vol du féminisme" - un pamphlet antiféministe fondé sur des anecdotes truffées d’erreurs
Le féminisme dans la mire des médias
Élisabeth Badinter dénature le féminisme pour mieux le combattre
Élisabeth Badinter : caricatures et approximations
« L’Express » fait fausse route
Plus que sexisme ordinaire, provocation et " festival d’insultes "
Le CMAQ se donne les moyens de contrer les abus sur son site
What is there to debate ?
Le Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ), véhicule du discours masculiniste
Gros débat en cours sur le cmaq.net : le CMAQ fait ses devoirs







Depuis bientôt deux mois et demi, le Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ) a diffusé presque tous les jours de la propagande antiféministe, haineuse et diffamatoire produite par des hommes masculinistes. A la suite d’une foule de protestations indignées, venues tant de l’extérieur que de l’intérieur du CMAQ, les responsables du site ont récemment annoncé leur intention de " prendre les mesures appropriées " afin d’éliminer ces abus. Ils avaient annoncé, il y a plus d’un mois, des rencontres des équipes éditoriales qui devaient se pencher sur la question. Mais la lenteur que met le CMAQ à prendre ces mesures pendant que se poursuit une attaque aussi contraire à ses principes affichés soulève bien des questions. Deux mois et demi, c’est long pour prendre conscience de cette dérive et y réagir !

Nostalgie du pouvoir d’antan

L’idéologie masculiniste nie les inégalités de genre qui découlent d’une culture patriarcale millénaire. Elle prétend que, par un retournement de situation, les hommes sont aujourd’hui victimes d’une discrimination systémique dont le féminisme est responsable. Le masculinisme s’attaque avec un certain succès aux acquis des femmes, notamment dans les domaines de la famille, de la lutte contre la violence, de l’éducation et de la santé. Il souhaite, explicitement ou non, un retour aux valeurs patriarcales du passé qui accordaient aux hommes un contrôle sur les femmes et les enfants dans la vie privée et un accès quasi-exclusif à la vie publique. Bref, le masculinisme cherche à restaurer le pouvoir masculin d’antan. (1) Il est l’équivalent masculin des "Real Women", un groupe féminin ultra-conservateur, et non quelque pendant logique du féminisme. L’antiféminisme haineux est son moteur principal, le mensonge, la désinformation et les attaques personnelles sont ses armes privilégiées. Comme mouvement, le masculinisme s’inscrit dans le courant de la droite néo-libérale qu’illustrent la mondialisation sauvage, le désengagement des États, la montée des intégristes religieux et le ressac antiféministe virulent observable dans les médias de masse, y compris Internet.

La liberté de mentir et de diffamer impunément ?

À l’examen, la presque totalité des textes et commentaires masculinistes diffusés sur le CMAQ véhiculent un contenu partial, mensonger ou injurieux à l’égard des femmes et des féministes.(2) Plusieurs contiennent, de l’aveu de l’administration du CMAQ elle-même, des propos diffamatoires et des attaques personnelles, ainsi que des atteintes à la vie privée des personnes attaquées. Le CMAQ définit la diffamation comme un acte qui consiste à « dire ou écrire des choses non fondées, mensongères en vue de porter atteinte à la réputation, à l’honneur de » quelqu’un-e, et la propagande haineuse, comme [ce] "qui est inspiré par et/ou qui incite à la haine". (3) Comment interpréter le déluge de textes téléchargés sur le site du CMAQ à partir de sites masculinistes bien connus ? La répétition incessante de données fausses et d’attaques antiféministes indiquent une volonté ferme de mener une guerre d’usure, que je n’hésite pas à qualifier de harcèlement. En outre, les "auteurs masculinistes " du CMAQ y copient des articles, des extraits et des photos piratés d’autres sites, et dont ils détournent complètement le sens à leur avantage. À charge pour les cyber-éditrices et cyber-éditeurs d’exiger le retrait à la pièce des documents "volés" sans nécessairement obtenir gain de cause.

Le CMAQ est amplement informé de ces abus. L’un de ses administrateurs a lui-même confondu le principal "envahisseur" en faisant la preuve d’un mensonge diffamatoire maintes fois réitéré dans ses écrits. Celui-ci avait prétendu que Martin Dufresne - un proféministe contre qui les masculinistes ont maintes fois lancé des attaques personnelles et des propos diffamatoires sur le site du CMAQ - avait été " expulsé " du Collectif masculin contre le sexisme (CMCS).
Cet administrateur du CMAQ a prouvé que le menteur avait tenté d’usurper le nom du CMCS et menti sans vergogne à ce propos. Mais le CMAQ s’est contenté de lancer des avertissements au menteur, qui les a superbement ignorés, en poursuivant sa campagne de diffamation et en mettant le CMAQ au défi de l’expulser. En ce 10 juillet 2003, cet homme est toujours le plus prolifique auteur de textes sexistes, misogynes, mensongers et diffamatoires qui s’accumulent sur le site du Centre des médias alternatifs du Québec.

Pourquoi ?

Que fait une telle propagande dans un média alternatif et pourquoi celui-ci hésite-t-il à y mettre fin ? Le CMAQ est un site que j’ai beaucoup fréquenté et souvent recommandé, que je considérais comme progressiste, antisexiste, plutôt de gauche, et auquel j’ai collaboré jusqu’à récemment. Qu’il publie depuis deux mois et demi des textes sexistes, antiféministes, homophobes, diffamatoires et haineux me consterne littéralement. C’est plus qu’une déception, c’est une véritable gifle. J’ai protesté par courriel à plusieurs reprises et j’ai sollicité la semaine dernière un entretien téléphonique avec l’un des administrateurs afin de discuter de cette campagne de haine antiféministe. J’ai ruminé et retenu longtemps ce texte, mais comme la recherche de consensus traîne en longueur sur le CMAQ, je ne peux plus attendre.

On nous a demandé d’essayer de comprendre la nature du CMAQ, site "public et ouvert", sa politique éditoriale, ses principes fondateurs, son type d’administration bénévole, ses difficultés à parvenir à des consensus. Je veux bien. Mais je ne fais que ça, depuis neuf longues semaines, essayer de comprendre ! J’ai bien étudié la politique éditoriale et analysé tous les textes masculinistes assortis de leurs commentaires (horreur, je sais, mais je voulais bien savoir de quoi je parlais). Je pense avoir saisi l’ensemble du tableau. Je ne trouve pas que la politique éditoriale, les principes fondateurs et le fonctionnement du CMAQ justifient tant d’hésitation à mettre définitivement à la porte les menteurs, et autres auteurs de propagande haineuse et de propos diffamatoires.

Il semble que le CMAQ n’apprécie pas qu’on le juge sur ses actes, et la moindre impatience face à sa lenteur de réaction est traitée comme un crime de lèse-majesté. « Ce sont nos principes fondateurs. Pouvez-vous comprendre ceci ? », demande-t-on à un critique. « Notre mode de fonctionnement est en bris de continuité avec l’exercice médiatique traditionnel, qui impose un contrôle au discours et détermine les balises de la pensée. » (5) Beaux principes que ceux qui autorisent une si longue dérive. Mais qui exactement détermine depuis deux mois et demi "les balises de la pensée" au CMAQ, qui y "contrôle le discours" ?

Le CMAQ contribue depuis plus de deux mois au pire ressac
antiféministe des dernières décennies en diffusant des écrits outranciers et c’est à nous que les responsables réclament de "modérer nos propos" et de "pondérer nos analyses" ! (6) Respecter une politique éditoriale, qui semble frappée au sceau de l’infaillibilité, serait-il plus important que de mettre fin à une campagne qui ajoute au préjudice social que vivent déjà les femmes et les féministes et qui démolit la réputation de militant-e-s honorables ? Eh bien, je n’ai rien à faire d’une "politique éditoriale" et de "principes" qui autorisent et protègent pareille injustice à l’égard d’organisations et d’individu-es qui ne méritent en rien pareil traitement. En fait, je considère que les personnes qui diffusent sciemment des propos diffamatoires et haineux sont plus responsables que celles qui les écrivent. Ils ont le choix, le droit et le pouvoir de ne pas les publier, mais ils choisissent de le faire sans égard aux conséquences.

On peut lire dans la politique éditoriale du CMAQ que « Les contributeurs, et seulement les contributeurs, sont responsables du contenu de leurs soumissions. Le contenu des articles et autres documents n’engage en rien le CMAQ. » (7) À titre de journaliste et d’éditrice, j’estime cette prétention illégitime, non avenue et sans la moindre valeur juridique. Je sais qu’un éditeur ou une éditrice n’est pas tenu-e d’endosser toutes les informations et toutes les opinions qu’il ou elle publie, mais de là à décliner toute responsabilité dans ce qui se diffuse sur son site, il y a une marge, indigne d’un média responsable et encore plus indigne d’un média progressiste. Il est clair qu’un site qui se présente comme "public et ouvert" s’expose plus que n’importe quel autre aux pires abus. Ne l’avait-on pas prévu ?

Le CMAQ, ses principes et sa politique éditoriale sont loin d’être les plus grands incompris ni les parties lésées dans cette affaire. Le CMAQ nous demande de le comprendre, mais lui, comprend-t-il dans quelle position il a placé les féministes en général et certaines d’entre elles en particulier ? Je n’ai encore rien lu dans ses propos publiés qui démontre cette compréhension. On nous a aussi reproché notre refus de participer aux monologues lancinants et pitoyables, qu’on qualifie de "débats", et invité à corriger un par un les propos mensongers des textes en question, comme si nous avions du temps à perdre à discuter avec des êtres aussi malhonnêtes et méprisants, de l’aveu même du CMAQ. Aussi bien "jeter des perles aux pourceaux". Le CMAQ aurait même souhaité que les féministes l’aident à SE défendre. Il a fallu qu’un intervenant lui rappelle que c’étaient bien les féministes qu’on attaquait, et non le CMAQ lui-même, simplement utilisé comme un canal de diffusion efficace, avant de passer à d’autres.

Je me demande, comme d’autres, si le CMAQ aurait autant de mal à arriver à un consensus sur l’opportunité et la façon de mettre immédiatement fin à une campagne de diffamation personnelle contre la communauté juive ou la communauté gaie, pour ne citer que ces exemples. Les femmes ne sont pas un groupe qui figure parmi les puissants de ce monde. Il est même habituel de solliciter leur tolérance, leur déférence et leur compréhension à l’égard des dominants de tout acabit. On s’attend toujours à ce qu’elles perpétuent la tradition...

Entre deux chaises ?

Les masculinistes sont sans doute les premiers étonnés de la reconnaissance et du crédit "progressiste" que le CMAQ a accordé à leurs attaques les plus grossières sur des pages entièrement accessibles. Aux critiques, on a affirmé qu’il y avait place pour tous les discours, que les masculinistes défendaient une certaine idée de la justice sociale et qu’on n’était tout de même pas pour exclure un "courant de pensée" du fait qu’il déplaise à certains groupes. (De quoi se sentir dans ses petits souliers...) Le plus prolifique auteur de propagande haineuse et de désinformation a reçu ce message d’un administrateur : « Votre opinion suscite des réactions. Le fait que vous contribuiez incitera d’autres personnes à prendre le micro pour dénoncer, appuyer, nuancer et ça, juste ça, l’émergence de débats sans tabous absurdes, compense largement, à mon avis, les prétendus risques liés à la liberté. » (8) Ce message a été adressé de bonne foi, j’en suis sûre, et écrit avant que le CMAQ comprenne à qui il avait affaire. Il me semble toutefois qu’il y a mis beaucoup de temps.

Certains administrateurs ont parfois affirmé ne pas favoriser un
groupe plus que l’autre... Mais il faut comprendre que, dans ce cas,
la " neutralité " équivaut à se faire porteur d’une propagande haineuse. Le CMAQ s’est défendu d’adhérer à l’idéologie masculiniste et aux propos antiféministes diffusés sur son site : le CMAQ ne " publie " ni ne " diffuse " le discours masculiniste, a-t-on affirmé, à preuve les textes masculinistes sont (éventuellement) placés au " Donjon " ! (9) Ce " Donjon " est une zone du site où sont affichés, avec images, animations, hyperliens et autres, les articles qu’on ne veut pas publier en première page. Mais cela demeure une zone publique du site, facilement accessible, au contenu répertorié et accessible par moteur de recherche. La politique éditoriale du CMAQ le prévoit d’ailleurs. Je cite : « Tout matériel qui ne satisfait pas aux exigences définies dans la Politique Éditoriale est exclu des principales catégories de la première page mais reste cependant accessible aux utilisateurs via le Donjon ("Hidden Zone") (...) Sera rejeté au Donjon tout matériel à caractère : injurieux, sexiste, raciste, homophobe, haineux (qui est inspiré par et/ou qui incite à la haine)". » (10).

Des écrits ne cessent pas par magie d’être diffamatoires et haineux une fois relégués au Donjon. L’aura d’interdit qui entoure cet espace
leur assure peut-être même un auditoire accru. Un masculiniste le soulignait dans un message adressé à ses comparses : " Le Donjon, ce
n’est pas le néant, après tout ". Et il avait raison. Cette section du site du CMAQ est devenu en deux mois un salon VIP, une vitrine exceptionnelle pour le mouvement masculiniste. Des textes haineux et diffamatoires s’y trouvent, exposant le Centre des médias alternatifs du Québec aux poursuites que les personnes attaquées pourraient être contraintes d’entreprendre éventuellement.

Pour démontrer leur bonne foi, des administrateurs se sont déclarés pro-féministes. Je veux bien, mais le féminisme, un mouvement soucieux de respect, d’égalité et de solidarité sociale, aura connu de plus fervents alliés... Quoi qu’il en soit, l’antiféminisme et l’indifférence au féminisme ne sont pas des crimes, pas plus que ne l’est le masculinisme quand il ne diffame personne, alors que la diffamation et la propagande haineuse sont, elles, reconnues comme des atteintes aux droits fondamentaux des personnes et relèvent, de ce fait, du Code criminel. Peut-on se dire un site progressiste et voué à la justice sociale en laissant diffamer des personnes et déferler de la propagande haineuse caractérisée, à l’égard d’un mouvement progressiste, en plus ? On ne demande pas au CMAQ d’être féministe ou pro-féministe pour respecter les droits fondamentaux des personnes, qui vont bien au-delà d’un droit de s’exprimer. Un minimum de discernement et d’éthique journalistique suffirait.

Défense néo-libérale de la liberté d’expression

Le CMAQ invoque comme argument principal son choix initial de défendre envers et contre tout (tous, toutes ?) la liberté d’expression. Défendre la liberté d’expression est légitime, j’en suis une ardente défenseresse. Mais, comme n’importe quelle communicatrice responsable, je n’accepte pas qu’on invoque le droit à la liberté d’expression pour justifier la diffusion de propos diffamatoires et haineux. Les masculinistes ont plusieurs fois prétexté cet argument sur le CMAQ, mais il serait décevant que celui-ci les imite. La liberté d’expression n’est pas un droit absolu ; elle doit être arrimée à l’ensemble des droits humains. Elle ne saurait s’exercer délibérément à l’encontre de la dignité, de la sécurité (physique, morale, psychologique, autre) ni de la réputation d’autrui. Il y a TOUJOURS des êtres lésés quand s’expriment, peu importe où et comment, le racisme, le sexisme, la misogynie, l’homophobie et autre haine. Et ce sont habituellement les dominé-es.

La liberté d’expression, telle que semble la concevoir le CMAQ, est celle que privilégient les sociétés néo-libérales, c’est-à-dire une "liberté" qui perpétue les rapports de pouvoir. Comme dans le merveilleux monde de l’économie, qui s’en remet aux "lois du marché" aux dépens des droits humains, la défense néo-libérale de la libre expression se refuse à intervenir pour arbitrer l’équilibre des droits et des forces. On se dégage de toute responsabilité et on se conforte dans l’opinion qu’il revient aux personnes et aux groupes attaqués de se défendre. Cette politique bien traditionnelle de laisser-faire profite d’abord et avant
tout, quand ce n’est pas exclusivement, à ceux et à celles qui parlent et menacent le plus fort, se servent systématiquement du mensonge, de l’intimidation et de la haine pour bâillonner les autres et orienter l’opinion (Ex. : George W. Bush). Cette conception individualiste de la liberté d’expression est contraire à la solidarité sociale. Elle équivaut à la loi du plus fort en gueule, qui puise dans les mêmes racines que la loi du plus fort aux poings ou au fric :le machisme.

Dans cette affaire CMAQ-masculinistes, on peut constater que cette conception de la liberté d’expression protège et encourage les diffamateurs à poursuivre leur "oeuvre". À preuve, ils continuent de placer leurs articles mensongers sur le site du CMAQ, se moquant des incitations polies des administrateurs à se montrer plus modérés. Ils semblent compter sur un refus de principe de les expulser. La politique éditoriale du CMAQ est claire : Un site "public et ouvert" n’exclut personne. "Dans le doute, on publie."

Le CMAQ garde les plus récents délires masculinistes dans sa section "Articles en suspens", le temps d’arriver à un consensus sur les mesures à prendre contre la propagande haineuse. Qui serait lésé si la
désinformation et la diffamation antiféministe étaient suspendues
immédiatement ? Serait-ce vraiment la liberté d’expression ? Ou la
politique éditoriale du CMAQ ?

Le CMAQ menace la liberté d’expression sur Internet

En plaçant la liberté d’expression des propagandistes haineux au-dessus des libertés des personnes qui en subissent les abus, il se peut que le Centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ) contribue à pervertir et à mettre en danger la liberté d’expression de l’ensemble des internautes. Si les gestionnaires de sites Internet se montrent incapables de responsabiliser les usagers et tergiversent aussi longtemps avant de mettre les abuseurs à la porte, les législateurs pourraient imposer des lois répressives et trouver prétexte, dans de telles dérives, à bâillonner les critiques politiques et sociales légitimes en même temps que les propos abusifs. Les personnes et les groupes, qui travaillent de bonne foi à instaurer plus de justice dans ce monde et qui trouvent dans Internet un moyen de communication peu coûteux et de diffusion efficace y perdraient beaucoup. Les cyber-éditeurs et cyber-éditrices ne
pourraient-ils/elles pas imiter les médias traditionnels, en
refusant tout écrit mensonger, haineux et diffamatoire sans
renoncer à diffuser une information différente et critique ? On le fait dans les nombreux forums modérés et responsables qui meublent le cyber-espace.

On peut envisager un autre risque. Se sachant exposé-es aux injures et à la diffamation, au travestissement de leurs propos et à la désinformation,
certain-es hésiteront peut-être à l’avenir à s’exprimer sur le site du CMAQ, ou même ailleurs. La réputation du CMAQ en souffrira à coup sûr s’il devient difficile d’y départager l’information véritable de la propagande abusive. La crédibilité d’une information tient à sa source autant qu’à son contenu.

Des solutions existent

Sans vouloir m’immiscer dans la "politique éditoriale" et les "principes fondateurs" du CMAQ, m’est-il permis de lui dire qu’il faudra plus que des changements "cosmétiques" pour faire le ménage et rétablir la confiance ?

En somme, il n’existe pas 56 solutions à une situation qui pourrit depuis deux mois et demi. Plusieurs critiques l’ont dit : le CMAQ devrait retirer de son site tous les textes qui contiennent des propos haineux, diffamatoires et des attaques personnelles ; prendre les moyens d’exclure définitivement de son site les menteurs, les diffamateurs et les propagandistes haineux ; se donner le droit de rejeter de son site ce qu’il sait être de la désinformation ; prendre dans les faits parti contre le sexisme comme il le ferait sans doute pour le racisme ; et enfin (ou d’abord) reconnaître que cette dérive a pu être préjudiciable à des groupes et des personnes et faire auprès d’eux amende honorable.

Le principe d’imputabilité n’est pas incompatible, même sur un site "ouvert et public", avec la défense de la liberté d’expression. Si le CMAQ continue de publier cette propagande en le conservant dans son Donjon, tel un trésor, il me semblera difficile de ne pas le tenir responsable des préjudices qu’ont pu et que pourront subir le mouvement féministe, des groupes, des personnes et d’autres sites.

<B<NOTA BENE : UNE AUTORISATION EST REQUISE POUR REPRODUIRE ET DIFFUSER SUR D’AUTRES SITES CE TEXTE EN TOUT OU EN PARTIE.

ONT APPUYÉ CETTE PRISE DE POSITION :

Élaine Audet
Martin Dufresne
Yannick Demers
Florence Montreynaud
Nicolas Phébus
Louise-Anne Maher
Nicole Archambault
Benoît Lacourcière
Anne-Marie Dufresne
Charles Bergeron
Méryl Pinque
Jérôme Dufresne
Moïsette Corriveau
Jocelyn Côté
Claire. E. Dufresne
Stéphane Côté
Violaine Truck
Elahe Machouf
Liliane Blanc
Nathalie Gagnon
Pascale Brosseau
Marie-Hélène Poirier
Laurence Fortin-Pellerin
Jean-Michel Roy
Sébastien Duclos
Micheline Deboudard
Jean-Marc Deboudard
Melissa Lasnier
Hélène Martel

Sources

N. B. Si certains liens ne fonctionnent plus, c’est que le CMAQ a retiré les articles en question depuis la publication de ce texte.

1. Condition féminine Canada, "La réussite scolaire comparée selon le sexe : catalyseur des discours masculinistes", Gouvernement du Canada, mars 2003.
2. À ce jour, 10 juillet 2003, on trouve ces textes soit au Donjon, soit dans la section "Articles en suspens".
3. La politique éditoriale du CMAQ .
4. "Yves Pageau est un menteur", commentaire de Christian Dubois sur le CMAQ, 28 mai 2003, à la suite du texte "ARTICLE DIFFAMATOIRE : Le Conseil du statut de la femme commet deux erreurs importantes"
5. Commentaire du CMAQ sur Sisyphe
6. Commentaire du CMAQ sur Sisyphe
7. Politique éditoriale du CMAQ
8. "Précieuse liberté d’expression", commentaire du CMAQ, 8 mai 2003.
9.Commentaire du CMAQ sur Sisyphe.
10. Politique éditoriale du CMAQ.

Mis en ligne sur Sisyphe le 10 juillet 2003

COMMUNIQUÉ DU CMAQ


Des changements sur cmaq.net


CMAQ, dimanche, 07/13/2003 - 23:07

Pour faire suite à des abus récents de l’espace public offert par le Centre des médias alternatifs du Québec, des changements seront effectués au fonctionnement du site et à la politique éditoriale pour régler la situation.

Le premier changement appliqué dès maintenant consiste à déménager le lien menant à la section des textes rejetés (donjon) hors de la page principale vers la section décrivant la politique éditoriale. Ce changement a pour but de rendre moins visible cette section où depuis quelque temps se retrouvent plusieurs textes et commentaires attaquant de manière personnelle et injurieuse des personnes et des groupes.

Au terme du processus de changement, les textes problématiques qui échouent dans cette section du site cesseront d’être librement accessibles afin de préserver la réputation et l’intégrité des personnes attaquées et de ne pas encourager ce genre de comportement inacceptable de la part de certains utilisateurs.

Rappelons que depuis plusieurs semaines, une foire d’empoigne se déroule sur le cmaq.net entre un groupe d’hommes (dits "les masculinistes") et des lecteurs et lectrices proféministes (dont plusieurs bénévoles du CMAQ). Le débat, principalement alimenté par un très grand nombre de textes et de commentaires, souvent sur le mode de la provocation de la part des tenants de la "parole masculine", a dégénéré en des vendettas personnelles et a donné lieu à un festival d’insultes (des deux côtés) et carrément à des attaques diffamatoires.

La crédibilité et la qualité du cmaq.net se sont retrouvées menacées par cette situation et des réputations ont été entachées.

La politique éditoriale du CMAQ et le fonctionnement technique du site ne permettaient pas de gérer la situation comme elle aurait dû l’être. Après un long - mais rigoureux - processus démocratique impliquant la section de Québec et de Montréal, il a été décidé de modifier ces éléments pour que cessent les abus.

D’ici mercredi, l’ensemble des changement devraient être effectués et mis en vigueur. Un communiqué plus complet sera alors diffusé pour expliquer les changements et la position du Centre des médias alternatifs du Québec. D’ici là, le CMAQ invite ses utilisatrices et utilisateurs à la patience et demande aux protagonistes du respect pour l’espace public qui leur est fourni et pour les personnes qui divergent d’opinion avec eux.

- 30 -

Afin d’éviter une volée de commentaires enflammés et souvent injurieux similaire à celle qui a suivi la précédente diffusion d’un communiqué sur la question, la fonction de commentaires pour ce texte a été exceptionnellement désactivée.

Soumis par cdubois
Centre des médias alternatifs du Québec.


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Micheline Carrier
Sisyphe

Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet.



Plan-Liens Forum

  • Mieux vaut prévenir.
    (1/5) 21 juillet 2003 , par

  • Je suis d’accord
    (2/5) 15 juillet 2003 , par

  • > Pourquoi le Centre des médias... J’appuie
    (3/5) 15 juillet 2003 , par

  • > Pourquoi le Centre des médias alternatifs du Québec publie-t-il de la propagande haineuse et antiféministe ?
    (4/5) 12 juillet 2003 , par

  • Changements CMAQ
    (5/5) 11 juillet 2003 , par





  • Mieux vaut prévenir.
    21 juillet 2003 , par   [retour au début des forums]

    Pour réflexion

    « Il y a beaucoup d’erreurs dans ce drame. Beaucoup trop. Et si l’erreur, c’était d’être femme ? D’être toujours le bouc-émissaire de toutes les frustrations ? Et si l’erreur pour nous, comme société, c’était de penser que tout est gagné pour les femmes ? (...) Le laxisme, c’est de laisser circuler des propos haineux au nom de la liberté de parole. De combien de propos haineux envers les femmes l’assassin des quatorze victimes de cette insensée tuerie du 6 décembre 1989 avait-il nourri son esprit malade ? » (Jean-François Larivée, époux de Maryse Laganière, l’une des victimes de Marc Lépine, à l’École polytechnique de Montréal. "La Presse", 6 décembre 1994)

    Je suis d’accord
    15 juillet 2003 , par   [retour au début des forums]

    Je suis tout à fait d’accord avec le texte. J’ajouterais de que de parler de liberté individuelle sans parler de liberté collective équivaut à un eupéhémisme ; celui de la « liberté » individuelle de la droite.

    Pour moi il est clair que le cmaq aurait une attitude très différente
    si il s’aggissait de propagande raciste par exemple. Donc, cela revient à dire qu’il sont pour une cause progressiste où certaines luttes sont secondaire voire accessoire.

    Salutations pros féministes.

    Ugo Barrette

    > Pourquoi le Centre des médias... J’appuie
    15 juillet 2003 , par   [retour au début des forums]

    Vous pouvez me compter des gens qui appuient la position de Mme Carrier dans son texte « Pourquoi le Centre des médias alternatifs du Québec publie-t-il de la propagande haineuse et antiféministe ? »

    Jean-Michel Roy
    jean-michel.roy@ift.ulaval.ca

    > Pourquoi le Centre des médias alternatifs du Québec publie-t-il de la propagande haineuse et antiféministe ?
    12 juillet 2003 , par   [retour au début des forums]

    Vous savez c’est quoi la censure ? C’est votre solution envers les attaques répétitives des masculinistes. Je vais commencer par vous éclairer à l’aide d’une citations de Noam Chomsky :

    "Je crois en la liberté de parole, je ne crois pas que l’Etat ait le droit de déterminer la vérité ni de punir les déviations par rapport à la vérité [...] L’Etat ne devrait pas pouvoir déterminer la vérité, même s’il se trouve qu’il a raison : ce n’est pas de son ressort. Si scandaleuses que soient vos idées, si vous n’avez pas le droit de les exprimer, vous perdez ce qui fait l’essentiel de la démocratie et de la liberté."

    Le CMAQ a donc trouvé une solution pour les textes qu’ils jugent innacceptables : Le Donjon. Il fallait qu’ils trouvent une telle solution, car ils se font promoteurs de la liberté d’expression. Il fallait aussi qu’ils trouvent le moyen de faire la promotion des articles qui ont de l’allure. Grace au donjon, les articles jugés innacceptables de font pas la manchette et n’apparaissent pas dans aucune des trois catégories principales du site. Ils deviennent donc plus difficile d’acces, tout en restant accessible pour tout esprit curieux de voir au-delà de la censure.

    Ainsi, le CMAQ est le seul médium à ne pas prendre ses utilisateurs pour des ti-counes. La responsabilité d’être critique à l’égard de différents textes est transféré du comité au lecteur.

    Et en tant que lecteur, je m’oppose à toute censure que l’on voudrait m’imposer. Ce serait la pire atteinte à mon intelligence, et manque de respect que l’on pourrait me faire.

    Moi aussi je trouve l’attaque masculiniste gossante, mais se retrouvent-ils en manchette ? Non.

    Chicken

    Changements CMAQ
    11 juillet 2003 , par   [retour au début des forums]

    Bravo, excellente démonstration que je soutiens.

    Personnellement je suis favorable à une limitation d’accès au Donjon à des "observateurs de la censure démocratique", inscrits librement sur identification par courriel (Adresse IP relevée), mais le Donjon ne devrait pas être accessible au public non inscrit (ni donc aux moteurs).

    Le caractère diffamatoire n’est parfois pas simple à établir, voire impossible sans analyse juridique. Je comprend donc qu’il faille du temps pour décider de la place d’un texte, et je ne vois par contre pas vraiment d’inconvénient à ce qu’un texte douteux soit public quelques heures ou jours.

    S’il n’y a de doute pour aucun administrateur du CMAQ, un texte extrême peut effectivement être simplement supprimé ou au moins jeté dans une section archive légale invisible genre Abysse.

    Il me semble enfin que la charte du CMAQ ne prend pas en compte le caractère répétitif des attaques c’est à dire la notion de harcèlement, qui est très visible maintenant. Un contributeur qui répète de nombreuses fois le même genre de message ou de texte devrait être contenu, en s’appuyant sur une nouvelle disposition dans cette charte.

    Le caractère insinuateur des attaques est assez difficile à condamner sur un seul message ou sur le court terme, mais sur de longues périodes ou sur plusieurs forums on se rend compte que l’effet psychologique de cette stratégie est désastreux et qu’elle devrait alors être contrôlée.

    Est-il acceptable qu’un message sur deux soit de dominic ou Yves Pageau ou autre de la bande clairement affichée ? Ce sont des harceleurs en textes. On n’a pas encore parlé de Troll, et pourtant...

    • > Changements CMAQ
      12 juillet 2003 , par
        [retour au début des forums]

      Bonjour Walk,

      Merci de ton commentaire. Pour nos internautes, est-ce que tu pourrais expliquer brièvement ce que sont les "observateurs de la censure démocratique", en mettant un lien approprié, si tu le veux.

      Contrairement à toi, je ne trouve pas que le caractère diffamatoire est difficile à établir, dans le cas qui nous occupe, il y a de multiples exemples dans les textes et dans les messages. Pour la personne diffamée ou attaquée sur le plan personnel un jour ou deux, même une heure, c’est trop pour l’affichage des propos qui la concernent.

      Je pense qu’internet a un drôle d’effet sur les gens. Dans la vie réelle (à l’opposée de virtuelle), ils n’accepteraient pas que les êtres humains soient traités de la sorte. Mais sur internet, on dirait qu’il faudrait accepter n’importe quoi.

      Laissons de côté la diffamation et les attaques personnelles. Quelle crédibilité a un site qui publie de la propagande mensongère, des extraits de textes défigurés et une information peu fiable ? Quel est l’intérêt de tout cela ? Il me semble, en tout cas, que ça ne doit pas se retrouver sur un site progressiste comme le CMAQ.

      [Répondre à ce message]

      • censure démocratique
        12 juillet 2003 , par
          [retour au début des forums]
        Site de LibrexPression CopID

        Voici comment je définis un système que je qualifie de "censure démocratique" :


        La censure dans le site CopID est qualifiée de démocratique car elle s’opére sur motifs clairs et numérotés, et sous la scrutation d’observateurs extérieurs non identifiés mais joignables par email, lesquels peuvent contester celle-ci publiquement s’ils le souhaitent.

        Dans le message censuré et à l’emplacement de la censure on laisse si possible un double lien vers le message du forum CENSURES qui concerne cette censure (pour les scrutateurs) et vers la charte (pour les lecteurs).

        On indique dans tous les cas à la place de la zone censurée le numéro de l’objet de la censure comme par exemple :

        [*** 1 ***] [charte]

        Les éléments modérés (censurés) sont regroupés avec leurs motifs de censure numérotés et les débats éventuels qui s’ensuivent, dans un forum à accès limité CENSURES.

        L’accès au forum CENSURES est limité aux personnes qui le demandent par simple email. Les adresses email de ces nouveaux scrutateurs sont alors affichées dans ce forum.

        Ce forum étant privé et la liste des scrutateurs anonymes étant "limitée" nous nous conformons ainsi à la loi (ce n’est pas une "publication"), tout en permettant un dialogue polémique mais fructeux.

        En cas de départ d’un scrutateur le pass est modifié et communiqué aux autres.


        Le caractère diffamatoire est une notion très juridique, pas forcément accessible aux non-juristes que sont les webmasters, et parfois même il n’est qualifié juridiquement comme tel qu’au terme d’une longue et compliquée procédure...

        Je ne parle pas d’insultes évidentes, mais de pièges possibles dans la façon de parler des choses. Un simple conditionnel au lieu d’un imparfait peut éviter un procès par exemple. Cette question me parait tout de même assez compliquée en général. Par contre sur le site du CMAQ effectivement on laisse actuellement clairement passer des choses inacceptables.

        Le monde internet est trop nouveau pour qu’on mesure vraiment tout ce qu’il implique. On ne peut pas laisser passer n’importe quoi, et d’un autre côté on ne devrait pas non plus faire peur aux citoyens ordinaires qui veulent juste exprimer le plus librement possible leurs idées sans nuire à qui que ce soit, sous peine de faire du web un désert comme ça commence en France avec la politique sécuritaire actuelle.

        Un système de modération démocratique permet je pense de rassurer les internautes tout en ne laissant pas faire n’importe quoi, et de contribuer à une interaction collective essentielle pour une meilleure démocratie dans le futur.

        [Répondre à ce message]

        • > censure démocratique
          13 juillet 2003 , par
            [retour au début des forums]

          Je suis allé aux références que tu donnes et je ne suis pas sûr de bien comprendre. Le forum Censures ne pourrait-il pas devenir une sorte de club privé où on aurait le droit de faire de la propagande haineuse et de la diffamation entre membres ? Si c’est le cas, il pourrait en résulter préjudices pour certaines personnes, surtout que n’importe qui pourrait s’y inscrire. Je te donne un exemple : supposons qu’un groupe d’hommes déteste les féministes, et certaines en particulier, et veut leur nuire. Ces hommes pourraient s’inscrire au forum Censures afin de faire passer des données fausses ou mensongères. Une personne de bonne foi membre du forum pourrait y croire et ensuite véhiculer ailleurs ces faussetés contre des personnes comme si c’était des vérités. Et les personnes lésées ne pourraient même pas remonter à l’origine de la fausse information pour la corriger. Si un dialogue polémique, comme tu dis, se fait sur le dos de quelqu’un, ce n’est pas mieux en privé qu’en public. Je ne comprends pas la réticence à détruire carrément des textes s’ils sont diffamatoires ou haineux. Pourquoi garder ça ?

          [Répondre à ce message]

          • petit meurtre entre amis ?
            13 juillet 2003 , par
              [retour au début des forums]

            Merci pour ces arguments utiles et pertinents.

            Ce forum CENSURES ne discute que la notion de censure (application de la charte de libre expression), et uniquement sur des textes ou phrases jugés initialement DISCUTABLES par le webmaster ou un des modérateurs. Cette discussion se passe à priori (en tout cas au départ) entre eux seulement, sans les scrutateurs extérieurs (il n’est pas essentiel ni souhaitable qu’ils s’y expriment, mais ils le font à l’extérieur).

            Si propagande ou manipulation il y a pour en faire un lieu d’échanges de textes censurés cela se voit et il revient aux responsables du site d’empêcher la dérive en supprimant les causes.

            Un cas peu discutable genre insulte explicite peut ne rester dans ce forum qu’un certain temps par exemple, ou on peut empêcher que s’accumule un reccueil de textes masculinistes ou racistes. Seuls resteraient des éléments "aux limites".

            Le nombre de scrutateurs peut être limité si on s’aperçoit qu’une bande organisée décrédibilise massivement le mode de censure par des messages publics concertés. L’identification courriel est alors essentielle pour maitriser la situation, car seuls les messages publics "identifiés" ont alors un impact.

            Il faut que n’importe qui puisse s’inscrire au forum pour garantir une pluralité des points de vues et justement apporter les témoignages d’une telle dérive interne au forum. Et aussi précisement pour que les personnes lésées remontent à l’origine d’une fausse information pour la corriger.

            S’il est question de diffamation claire ou de calomnie évidente il revient aux modérateurs de décider leur suppression totale après leur analyse concertée sous l’oeil des observateurs extérieurs. Il n’est pas question dans ce système de choisir d’être réticent à détruire des textes, il est question de se donner un temps "non public" pour valider collectivement au cas par cas une non-publication la plus rationnellement fondée possible.

            Ce forum ne doit effectivement pas devenir un album d’horreurs pour amateurs tordus. Et c’est justement la scrutation externe qui doit en témoigner et l’empêcher.

            L’objectif essentiel est d’empêcher un fonctionnement habituel de modération "entre copains" (petit meurtre d’idées étrangères entre amis), qui pour moi n’a rien de démocratique et contredit une intention affichée de "libre expression".

            Qu’en penses tu ?

            [Répondre à ce message]

            • > petit meurtre entre amis ?
              13 juillet 2003 , par
                [retour au début des forums]

              Le processus me semble intéressant, mais n’est-il pas long et lourd à appliquer ? Pas sûr qu’un site comme le CMAQ, qui reçoit chaque jour de nombreux textes puissent faire ça. D’un autre côté je ne vois pas en quoi ça évitera un mode de fonctionnement entre "copains", le copinage sera élargi, c’est tout. Il faudrait que je fasse l’expérience pratique pour comprendre toutes les implications de cela. Quand un site a des objectifs (justice sociale) et des principes, les faire appliquer serait un minimum. Or, on dit que le CMAQ est contre le sexisme, le racisme, la propagande haineuse, la diffamation, et qu’il est une "alternative" d’information. Je te jure que je n’ai jamais vu pareil dérapage dans les journaux d’ici - je sais pas en France. Et si on est progressiste, est-ce qu’on fait une telle place à des gens de Droite ?

              Il me semble qu’un site public et ouvert a des choix à faire aussi et des engagements à prendre, non, sans que la liberté d’expression soit compromise. Sur ton terrain, laisserais-tu n’importe qui venir faire ce qu’il veut ? Il n’y a pas un droit d’écrire sur le site d’un autre, même public. On peut s’en créer des sites, comme on peut s’acheter des terrains.

              [Répondre à ce message]

              • laisser parler pour contredire efficacement
                13 juillet 2003 , par
                  [retour au début des forums]

                Les informaticiens du CMAQ peuvent très bien programmer un automatisme de modération qui impute une raison de censure à un message, le remplace par cette raison et le recopie en zone censurée. Ce serait plus lourd mot par mot bien sûr. Sous Xoops ce système est très facile à mettre en oeuvre car on peut éditer tous les messages. Sous SPIP standard c’est difficile, il faut recopier et supprimer le message puis le remplacer par un message de censure.

                Je ne crois pas qu’un groupe de 100 personnes par exemple puisse faire du copinage durablement. Elles seraient sous l’oeil d’un seul observateur étranger au groupe que cela suffirait pour révéler publiquement leur connivence. On notera une tendance générale comme celle que tu indiques, c’est à dire la tendance majoritaire du groupe de modérateurs et/ou d’observateurs et ce sera légitime et pas vraiment un problème je trouve.

                Mais on sortira de la situation actuelle où tous les sites (sauf un qui démarre à peine) appliquent en fait une démarche de type "leader + suiveurs", et c’est ça qui m’intéresse. A terme j’aimerais bien voir tourner correctement un site sans webmaster en fait :o) (ce qui ne veut pas dire sans responsables bien sûr).

                Le CMAQ va être contraint de bouger, le Québec se distingue vraiment trop dans cette histoire, non je n’ai pas vu cette dérive en France comme tu peux en juger aussi. Parfois quelques excès d’extreme gauche mais rien de scandaleux pour l’instant. Et si les "gars" allaient y diluer leur fiel un peu ? :o))

                Sur "mon" terrain je laisse faire ce qui ne me choque pas et ne me cause pas immédiatement un procès suicidaire, je laisse parler mes contradicteurs pour mieux démonter les mécanismes de leurs arguments et soit me convaincre soit les réduire. En aucun cas je n’aurais laissé s’installer progressivement un pourrissement comme au CMAQ.

                [Répondre à ce message]

      • aie les moteurs
        12 juillet 2003 , par
          [retour au début des forums]

        J’avais perdu de vue un risque. Même un texte en ligne quelques minutes seulement peut rester visible longtemps dans un moteur si celui-ci est passé juste à ce moment là. Je rectifie donc : certaines choses ne doivent même pas passer en ligne une seconde.

        [Répondre à ce message]

        • > aie les moteurs
          13 juillet 2003 , par
            [retour au début des forums]

          Alors, une solution serait ce que font plusieurs cyber-éditeurs et éditrices : lire les textes pour faire une pré-sélection avant qu’ils ne soient mis en ligne dans la section "Articles en suspens", puis sur la première page. Alors, il serait possible d’éliminer les textes qui contiennent des attaques personnelles, des propos diffamatoires et de la propagande haineuse tels que définis par le CMAQ. Quant à la propagande antiféminisste qui ne rentrerait pas dans ces catégories, personne ne peut l’empêcher sauf le CMAQ, qui pourrait faire le choix de ne pas servir de véhicule de propagande et de désinformation contre un groupe progressiste qui travaille pour la justice sociale. Quel que soit le choix du CMAQ, chacun-e pourra en tirer ses conclusions.

          [Répondre à ce message]

          • publication entre-ouverte
            13 juillet 2003 , par
              [retour au début des forums]

            Hello Micheline !

            C’est précisement ce que permet le système de publication SPIP (utilisé par indymedia Nice Nantes Lille Paris mais pas encore par le CMAQ qui doit tout de même pouvoir le faire).

            Tout inscrit à l’espace interne d’un SPIP est comme un scrutateur. L’expérience montre que seuls les gens vraiment concernés s’inscrivent d’ailleurs. Ce qu’on a pu critiquer sur le fonctionnement du site uZine pour tenter de contrer certaines dérives provient de ce mode de semi-ouverture. La contestation s’est opérée dehors et dans les sites des membres dissidents du minirezo.

            Je voudrais distinguer deux types d’abus dont le mélange sème actuellement la confusion sur le indymedia Québec : L’attaque personnelle infondée et le matraquage.

            Le matraquage masculiniste subjectif n’est pas contrôlé et seule une évaluation des nombres et qualités des messages peut assoir des décisions de suppression de messages harceleurs ou même de banissement de participants.

            Une attaque diffamatoire est actuellement publiée car les modérateurs du CMAQ ne la jugent pas diffamatoire ! Avec les conséquences potentielles qu’ils devront assumer... La première étant de se fâcher avec le féminisme, la dernière pourrait être leur fermeture pure et simple.

            Rien ne les empêche quand ils recoivent une plainte particulière - et c’est le cas aujourd’hui - de rectifier une décision initiale mal fondée. D’ailleurs j’observe maintenant quelques messages marqués "censuré", ce qui me parait inévitable en libre expression. Dans la négative le CMAQ prend parti (ici pour ce déferlement masculiniste) et devient de fait l’adversaire du plaignant à cause de sa politique éditoriale imprécise et non démocratique. Ouvrir tout au public ne signifie pas démocratique (open publishing), c’est le mode de sélection FINAL des textes et de censure des messages, ainsi que la discussion de la charte qui doivent être démocratiques.

            A propos de l’open publishing et des moteurs, je rectifie une nouvelle fois (je cible mieux) mon point de vue : On peut empêcher l’accès des moteurs à la zone des nouveaux textes, dont éviter le risque d’un enregistrement durable sur le web d’une calomnie. Donc je reviens à mon idée qu’on peut laisser voir à un visiteur un petit moment un texte douteux qui n’est pas encore validé.

            Je me demande juste ce qui se passerait si des images pornos étaient envoyées en série...?

            [Répondre à ce message]

          • > aie les moteurs
            14 juillet 2003 , par
              [retour au début des forums]

            Oui, je crois que la présélection s’impose puisque avec 2, 3 ou 20 messages par jour, les attaquants actuels vont pouvoir continuer tout à fait leur harcèlement en exploitant la section "Articles en suspens" et le temps de réaction assez désolant des évaluateurs du CMAQ.

            Mais attention, si cette présélection - qui ne semble guère leur sourire malgré les humiliations qu’elle leur éviterait - ne sert qu’à effacer les attaques les plus évidemment diffamatoires - c.-à-d. celle visant des individus-es - donc celles qui exposent le CMAQ lui-même à des critiques - on verra tous les autres pseudo-éditoriaux de Grujot, Petitro & Co continuer à venir meubler une section du site à peine moins accessible, le fameux "Donjon".***

            Ce qui repose la question de fond, que pose Micheline : pourquoi, mais pourquoi donc le CMAQ inflige-t-il à la collectivité des textes aussi destructeurs, aussi évidemment contraires aux principes qu’il continue à afficher ?...

            Maintenant qu’il reconnaît pouvoir et devoir effacer certains textes, pourquoi le CMAQ n’assume-t-il pas sa politique en cessant enfin sa politique actuelle qui consiste à offrir DÉLIBÉRÉMENT (puisqu’il reconnaît pouvoir rejeter les textes et commentaires reçus) une plate-forme à la Droite en matière d’oppression sexuelle, ce qu’il ne fait pas (encore ?) pour la Droite en matière d’oppression de classe ou d’oppression raciale ?

            Je n’ai qu’une hypothèse logique de solution à cette question : les gens du CMAQ - très majoritairement de shommes - ne le font pas parce qu’il ne s’agit que de femmes et que l’anti-sexisme du CMAQ n’est - tant qu’il ne changera pas de politique - qu’une facade libérale.

            Il me semble donc logique de dénoncer cette organisation - sur la base non de sa morale mais des dommages qu’elle cause - tant qu’elle n’aura pas r.ellement mis fin à sa politique de ocmplicité objective avec la Droite antiféministe, une politique que le CMAQ - on l’a constaté - mène beaucoup plus loin que les médias qui n’ont pas son vernis de progressisme.

            Martin Dufresne, Secrétaire
            Collectif masculin contre le sexisme

            POST-SCRIPTUM
            *** Il paraît que les gens du CMAQ veulent donner un autre nom au "Donjon". Les paris sont ouverts... On pourrait en faire un concours : je lance l’appel... Personnellement, j’aime bien "le TAPIS" comme dans : "Nous avons décidé de balayer ton 682e texte sous le TAPIS, Jojo, mais il restera accessible..." Bon titre : "Le CMAQ fait consensus sur un compromis : celui de dérouler le TAPIS rouge au lobby des agresseurs sexistes."

            Ou peut-être encore, "la FEUILLE DE VIGNE", en fausse pudeur face aux phallocrates de la maison...

            J’attends vos propres idées.

            [Répondre à ce message]

            • > aie les moteurs
              15 juillet 2003 , par
                [retour au début des forums]

              Juste un petit mot pour dire comment je trouve la réthorique employée par M. Dufresne grossière et exagérée et comment les procès d’intention qu’il fait me blessent personnellement en tant que bénévole au CMAQ.

              Franchement nous accuser de vouloir dérouler un tapis rouge au lobby des agresseurs sexistes, c’est grossier et irrespectueux, surtout considérant les positions qui seront annoncées mercredi par le Collectif CMAQ.

              Accuser les bénévoles du CMAQ d’être des anti-sexistes de facade, de ne pas agir parce qu’il ne "s’agit que de femmes" est carrément malhonnête. Nous avons déjà agit de plusieurs façons et continuons de le faire. Il est possible de critiquer la lenteur de notre processus décisionnel, mais est-il possible de laisser tomber à ce stade les accusations de mauvaise foi ? Martin Dufresne ne nous connais pas assez pour aller aussi loin.

              Je comprends Martin tienne beaucoup à la cause qu’il défend, mais un peu plus de respect et de pondération ne nuirais certainement pas à la construction d’alliances. Ce n’est pas parce qu’un groupe n’obéit pas instantanément à ses injonctions qu’il mérite son sarcasme et son acharnement.

              L’égalité entre les femmes et les hommes et entre les personnes en général passe par une communication respectueuse et non piégeante.

              Christian,
              bénévoles au CMAQ-Québec
              qui parle ici en son nom personnel

              [Répondre à ce message]

          • Ce que fera le CMAQ
            17 juillet 2003 , par
              [retour au début des forums]

            Le CMAQ pourrait effectivement faire le choix de ne pas publier de propos masculinistes... Mais ce serait omettre l’un de ses objectifs premiers, qui est d’être un lieu d’échange et de débats à l’encontre de la pensée unique.

            Les propos haineux, diffamatoires, mensongers et toute forme de harcèlement -comme c’est le cas actuellement- doivent être bannis, assurément. Mais les débats sensés et respectueux entre opinions divergentes doivent pour ma part être encouragés... et cela ne signifierait aucunement que le CMAQ soit un véhicule de propagande et de désinformation contre la cause féministe. La récente décision du CMAQ va d’ailleurs en ce sens.

            Par contre, si susciter le débat constructif est l’un des buts du CMAQ, ses bénévoles doivent assurer un encadrement adéquat qui permettra d’éviter les dérapages. Plus encore, il pourrait être pertinent, lorsqu’un texte aux propos douteux est publié, de recommander aux bénévoles du CMAQ d’y répondre immédiatement d’une façon qui donnera le ton aux écahnges subséquents.

            Ceci dit, un appel au boycott du CMAQ a récemment été lançé par tous ceux et celles qui piétinaient d’impatience à voir le site tarder prendre des mesures pour contrer l’assaut masculiniste. En de pareilles circonstances, le CMAQ n’a pas besoin de notre boycott, mais de notre soutien. Et cela se fait justement en intervenant de façon juste et réfléchie dans les débats : les bases du CMAQ, il ne faut pas l’oublier, ce sont ses utilisateurs et utilisatrices (...bien que les bénévoles y fassent un sacré boulot !).

            [Répondre à ce message]

            • > Ce que fera le CMAQ
              17 juillet 2003 , par
                [retour au début des forums]

              Le boycott lancé par Yannick Demers en juin a sans doute contribué à "hâter", si on peut parler ainsi après des mois de dérive, la prise de conscience et la nature des mesures récentes prises par le CMAQ.

              Quant à la parole des masculinistes, si vous aviez bien lu les interventions, vous sauriez que c’étaient leurs propos haineux, diffamatoires et leurs attaques personnelles qui étaient en cause. Or, leurs propos étaient majoritairement de cette eau.

              [Répondre à ce message]


        Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    © SISYPHE 2002-2003
    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin