| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






lundi 30 décembre 2002

L’enjeu du biopouvoir, c’est le contrôle du monde

par Élaine Audet






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Le Conseil de l’Europe doit travailler pour les droits des femmes
Le Conseil de l’Europe et la Conférence de La Haye sont-ils en train de légaliser la GPA ?
Pour l’arrêt immédiat du commerce d’enfants et de la location du ventre des femmes pauvres
Gestation pour autrui (GPA) - Rupture avec l’éthique et fausse notion de l’altruisme
Pour une société émancipatrice : ni prostitution, ni gestation pour autrui (GPA)
Conseil de l’Europe et maternité de substitution (GPA) - Une rapporteure en conflit d’intérêt
Sortir en douce de l’espèce humaine...
Mères porteuses - gestation pour autrui. Pour ou contre ?
GPA - Attention ! Une image peut en cacher une autre
Mère porteuse ou GPA – ‘Proxénètes de l’utérus’ et ’exigence d’une mère absente’
Du désir d’enfant au blanchiment d’enfant
Protégez les femmes de l’achat et de la vente des bébés et des mères
En Inde, la gestation pour autrui est loin de profiter aux femmes comme on le prétend
Bioéconomie - La vie elle-même, au coeur d’une nouvelle phase de la globalisation capitaliste
Pourquoi nous sommes contre la Gestation pour autrui (GPA) ou le recours aux mères porteuses
Le remboursement des mères porteuses ? Du délire !
La maternité de substitution, une industrie grandissante
La légalisation de la gestation pour autrui
Québec - Commentaires sur la réglementation entourant la procréation assistée
Un débat public sur la procréation assistée est nécessaire
Le commerce des organes n’est pas un problème mathématique
Breveter l’humain
Le projet de loi sur les NTR pourrait être encore retardé
Y a-t-il un bon clonage et un mauvais clonage ?
Le projet de loi sur la procréation assistée, une porte ouverte aux abus ?
Glossaire de la biotechnologie
L’éthique de la parole donnée : condition de l’engendrement de l’être et du savoir







Le dimanche 25 novembre 2001, le président de la société Advanced Cell Technology affirmait avoir réussi à produire les premiers embryons humains clonés connus dans le monde en transférant le noyau d’une cellule dans des ovules préalablement énucléés de femmes, technique déjà utilisée avec succès pour le clonage de la brebis Dolly.

ACT affirmait avoir également réussi à induire le développement embryonnaire d’un ovule humain sans aucune fécondation ni clonage (parthénogénèse), en soumettant l’ovule à un choc chimique qui a produit quelques cellules avant de mourir.
Quand on parle de production de cellules souches, on a tendance à oublier que cette marchandisation du vivant ne peut se faire sans ovules et que ces ovules essentiels à la production d’embryons proviennent de femmes réelles.


L’usinage des femmes


La compagnie a payé des femmes jusqu’à 4.000 $US pour le don de leurs ovules et dit "avoir appliqué à des ovules de femmes volontaires les techniques de clonage jusqu’à présent réservées aux animaux". Elles font déjà partie de la chaîne de montage de la biotechnologie. Leur corps, complètement instrumentalisé, devient ainsi le champ de cette culture hautement lucrative.


Les chercheurs disent avoir activé 22 ovules humains par parthénogénèse et réalisé un transfert de noyaux dans 17 ovules. Pour pouvoir cultiver des cellules souches, il faut que les embryons fournissent au moins 100 cellules, ce qui se produit entre le cinquième et le septième jour.


Dans l’expérience d’ACT, les embryons n’ont pas survécu au troisième jour et n’ont atteint que six cellules. Il n’est pas difficile d’imaginer le nombre élevé de femmes et d’ovules qui seront nécessaires dans ce processus douloureux, dangereux, très coûteux et aléatoire dont, en bout de ligne, seuls les plus riches pourront profiter, contrairement à ce qu’on veut faire croire au public pour obtenir son assentiment.


Les apprentis sorciers n’ont pas besoin de se cloner pour se multiplier


En ce qui a trait au principe de précaution, rien ne peut nous assurer que des ovules ne seront pas détournés pour des fins autres que thérapeutiques avec tous les risques de réactions en chaîne imprévisibles et irréversibles qui pourraient en découler. C’est faire preuve d’une inconcevable naïveté de croire qu’une fois acquise la possibilité de clonage reproductif par la création de cellules souches, le milieu scientifique résistera à la tentation d’une telle performance.


Pour Louise Vandelac, "dans ce domaine, il faut ouvrir d’abord les têtes avant d’ouvrir les ventres et le travail de légitimation idéologique par de telles annonces intempestives jouent un rôle idéologique de premier plan pour légitimer le clonage sous toutes ses formes".


Tant qu’une loi contre le clonage n’est pas adoptée par tous les pays, touchant à la fois la recherche privée et publique, les apprentis sorciers trouveront refuge pour leurs expériences dans des pays laxistes comme le Canada. Le gouvernement fédéral semble beaucoup plus intéressé à passer à la vapeur son projet de loi répressif C-36 (dit anti-terroriste) que de combler ce vide juridique inadmissible.


Le clonage est une bombe à retardement beaucoup plus nocive à long terme que tout ce que l’humanité a connu à ce jour, car quiconque s’emparera du biopouvoir contrôlera le monde.


Article paru en décembre 2001 dans l’aut’journal


Mis à jour sur Sisyphe le 28 décembre 2002


Pour plus de renseignements sur Clonaid, Raël et le clonage :
Le Devoir


Le Monde


Sur le vide juridique face au clonage :
Libération

Autres articles de ce dossier

Louise Vandelac, l’amour du vivant
Premiers engagements
Le biopouvoir
Pour une écologie politique du vivant
Une porte ouverte aux abus ?
Sortir en douce de l’espèce humaine
L’éthique de la parole donnée

COMPLÉMENT DE DOSSIER

Le clone et ses fantômes, un documentaire radiophonique de Doris Dumais, à l’émission Des idées plein la tête, Radio-Canada. On peut écouter le documentaire sur le site même de Radio-Canada.

Glossaire de la biotechnologie, sur Sisyphe


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.


Élaine Audet

Élaine Audet a publié, au Québec et en Europe, des recueils de poésie et des essais, et elle a collaboré à plusieurs ouvrages collectifs. Depuis 2002, elle est l’une des deux éditrices de Sisyphe.
Ses plus récentes publications sont :
- Prostitution - perspectives féministes, (éditions Sisyphe, 2005).
- La plénitude et la limite, poésie, (éditions Sisyphe, 2006).
- Prostitution, Feminist Perspectives, (éditions Sisyphe, 2009).
- Sel et sang de la mémoire, Polytechnique, 6 décembre 1989, poésie, (éditions Sisyphe, 2009).
- L’épreuve du coeur, poésie, (papier & pdf num., éditions Sisyphe, 2014).
- Au fil de l’impossible, poésie, pdf num., (éditions Sisyphe, 2015).

On peut lire ce qu’en pensent
les critiques et se procurer les livres d’Élaine Audet
ICI.



Plan-Liens Forum

  • > L’enjeu du biopouvoir, c’est le contrôle du monde
    (1/1) 15 juin 2005 , par Mouton Enragé





  • > L’enjeu du biopouvoir, c’est le contrôle du monde
    15 juin 2005 , par Mouton Enragé   [retour au début des forums]

    Petit erreur dans le texte, les ovules ne sont pas les seules sources de cellules souches. Mais pour le reste, le document est très pertinant !


        Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    © SISYPHE 2002-2002
    http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin