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mardi 21 juin 2011


Bedford c. Canada
Des femmes autrefois prostituées et des survivantes de la traite témoignent : la prostitution n’est ni un choix ni une façon d’acquérir du pouvoir

par Trisha Baptie, journaliste pigiste






Écrits d'Élaine Audet



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Conférence de presse donnée sur les marches de la Cour d’appel de l’Ontario, le 17 juin, à 10h, en marge des audiences sur l’affaire Bedford c. Canada.

Des femmes ayant été prostituées, des survivantes de la traite des personnes et des alliéEs de partout au Canada ont tenu une conférence de presse sur les marches d’Osgoode Hall, le vendredi 17 juin. Nous avons commenté les arguments avancés par des intervenants à l’appui de la requête Bedford c. Canada et la façon dont ce portrait ne reflète aucunement notre vécu.

Une contrainte et non un choix

« Nous savons, à partir de nos expériences, que les réalités vécues par les femmes dans la prostitution ne sont pas fidèlement représentées par les effets de mise en scène dont font étalage les femmes qui ont intenté ce procès », explique Trisha Baptie, d’EVE (Formerly Exploited Voices Now Educating). « La prostitution est le résultat d’une myriade d’inégalités systémiques entre les sexes, dont le racisme, la pauvreté et la toxicomanie. »

Il n’y a pas de véritable choix quand une personne a à choisir entre la faim ou la prostitution. Ce n’est pas vraiment un choix lorsque la prostitution est le seul moyen d’échapper à une existence morne sur une réserve en milieu rural ou lorsque les réseaux de sécurité sociale ont été tailladés par des milliers de petites coupures, au point de ne plus arriver à fournir quelque aide significative.

Les Anishnawbek de l’Ontario, et en fait toutes les femmes autochtones au Canada, sont surreprésentées dans la prostitution. La moyenne d’âge d’entrée en prostitution des femmes des Premières nations oscille entre 11 et 16 ans. Les femmes des Premières nations sont également plus susceptibles d’être victimes de violence et d’abus, en raison d’un lourd héritage de pauvreté, de colonialisme et d’abduction dans les pensionnats blancs. La suppression des lois sur la prostitution aurait pour effet d’aggraver le génocide racial auquel sont confrontées les femmes des Premières nations du Canada.

Il est significatif que l’avocat des requérantes dans l’affaire Bedford, M. Allan Young, ait déclaré, mercredi le 15 juin : « Cette affaire n’a rien à voir avec la sécurité des prostituées de rue. Elle ne va pas aider les femmes qui sont dans la rue. » Il a également admis que la plupart des femmes prostituées y sont forcées, mais que cette affaire concernait les quelques femmes qui n’y étaient pas contraintes.

Qui en profite ?

En prostitution, les seules personnes à disposer de véritables choix libres sont les hommes qui réclament un accès sexuel tarifé au corps des femmes et des enfants. Nous incluons les enfants, non pour infantiliser les femmes mais plutôt parce qu’un grand nombre de femmes, y compris deux des requérantes dans le présent litige fondé sur la Charte, ont vécu l’exploitation sexuelle de la prostitution avant d’avoir 18 ans.

La racine du problème qui permet à la prostitution et à la traite des personnes de prospérer au Canada est la demande masculine d’accès sexuel tarifé à nos corps, un problème encore passé sous silence.

Cette demande masculine ne demande pas si la femme est là volontairement, si elle est d’âge suffisant, ou si elle est victime de la traite. La demande masculine ne demande pas si elle a d’autres options ou si elle a subi de la violence. La seule chose dont se soucient les hommes qui paient pour du sexe est l’accès sexuel au corps de quelqu’un pour leur propre gratification sexuelle.

Les lois doivent changer

Pour que le Canada soit un pays réellement progressif avec des lois ancrées dans le droit à l’égalité qui favorisent la dignité de TOUTES les femmes, nos organisations affirment que les lois canadiennes doivent bel et bien changer. Le Parlement doit pénaliser la demande, à l’instar du proxénétisme des femmes et des enfants, tout en dépénalisant la personne qui est prostituée.

La prostitution n’est pas la plus vieille des professions, mais bien la plus vieille des OPPRESSIONS. Nous devons tenir tête au préjugé patriarcal selon lequel les hommes doivent avoir accès à tout moment à du sexe à leurs conditions. Nous voulons parler franchement et honnêtement de la façon dont l’abrogation de ces articles de loi constituerait un abandon complet des femmes les plus marginalisées, particulièrement les femmes autochtones, et examiner comment la suppression de toutes les lois sur la prostitution serait un cadeau fait aux proxénètes et aux trafiquants. Nous parlons à partir de notre expérience à titre d’amies des femmes assassinées par Robert Pickton.

Bien que trois femmes en Ontario sont heureuses d’avoir gagné la première manche de leur contestation fondée sur la Charte, nous posons la question suivante : « Si le Canada ne tient pas tête à la demande masculine débridée de sexe tarifé, qui enverra sa fille prendre leur place ? »

Personnes-contacts pour les médias :

  • EVE (Exploited Voices Educating) – Trisha Baptie : Courriel. Site web.
  • Réseau d’action des femmes autochtones (AWAN) - Cherry Smiley
  • Walk With Me : Timea Nagy
    Katarina MacLeod
    Site.
  • Free Them - Shae Invidiata
  • Directeur du programme de la « John School » - John Fenn
  • Resist Exploitation Embrace Dignity (REED) - Michelle Miller

    Traduction : Martin Dufresne

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 juin 2011


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    Trisha Baptie, journaliste pigiste

    Trisha Baptie vit à Vancouver. Elle s’est sortie de la prostitution et a échappé à la toxicomanie et à la rue il y a huit ans. Mère, abolitionniste et journaliste pigiste, elle a récemment couvert pour plusieurs médias le procès du meurtrier en série de femmes prostituées, Robert Pickton.



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