| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






vendredi 21 juin 2013

Un patron de bordel américain prêt à « bondir au Canada » si la Cour suprême invalide la loi sur la prostitution

par Mike Blanchfield, La Presse canadienne






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Consultation sur la prostitution – Soutenir les personnes prostituées et pénaliser prostitueurs et proxénètes
Prostitution - Fille de survivantEs et hétérosexuelle, j’emmerde la décision de la Cour suprême du Canada !
Des groupes de femmes en quête d’égalité continuent de revendiquer une réforme des lois sur la prostitution
La CSN souligne que la prostitution est une forme de violence et d’exploitation
Décision de la Cour suprême sur la prostitution : il est urgent de criminaliser l’achat d’actes sexuels
L’AFAC est grandement préoccupée par la décision de la Cour suprême dans l’affaire Bedford c. Canada
Lois sur la prostitution invalidées : « une déception » pour le chef du SPVM, Marc Parent
Cour suprême et prostitution - Un jugement qui fait fi des conventions internationales
Bedford c. Canada - Libéraliser les lois sur la prostitution ne protègera pas les femmes
La légalisation de la prostitution, une violence sociétale
La prostitution en Cour suprême ce jeudi 13 juin. "Pénalisons les clients et les proxénètes, décriminalisons les prostituées"
Affaire Bedford sur la prostitution - Des « choix », c’est concret
Cour d’appel de l’Ontario sur la prostitution - Adopter le rôle d’une "dominatrice", acte de subversion ou revanche ?
Ciblez la demande de prostitution
Légaliser les bordels équivaut à légaliser une forme de violence contre les femmes
Après les jugements ontariens dans l’affaire Bedford sur la prostitution, j’ai envie de me vider le cœur 
Prostitution - L’Institut Simone-de-Beauvoir de Montréal a une vision tordue et manipulée de la libération des femmes
Prostitution - La décision de la Cour d’appel de l’Ontario oublie les victimes
Prostitution – La décision de la Cour d’appel de l’Ontario confirme l’attitude d’autruche de la société
Décision de la Cour d’appel de l’Ontario - Une fois de plus, l’appareil judiciaire rate la cible en matière de prostitution
Des femmes ex-prostituées dénoncent la décision Himel
Les contre-vérités de l’affaire Bedford c. Canada : pourquoi décriminaliser la prostitution n’est pas une solution
Bedford c. Canada - Les effets prévisibles de la décriminalisation du proxénétisme
"Droits" des proxénètes contre droits des femmes : des arguments contestables
Des femmes autrefois prostituées et des survivantes de la traite témoignent : la prostitution n’est ni un choix ni une façon d’acquérir du pouvoir
L’atteinte à la sécurité des femmes, au cœur de la prostitution - La solution : décriminaliser les femmes, criminaliser la demande
Résumé de l’intervention en Cour d’appel de l’Ontario de la Coalition féministe pan-canadienne pour l’abolition de la prostitution
Une coalition féministe soutiendra en Cour d’appel que la Charte n’assure pas aux hommes un droit à la prostitution des femmes
Prostitution - Message de l’Ontario aux trafiquants : "Nous sommes à votre entière disposition"
Pour la protection des personnes prostituées : pénaliser "clients" et proxénètes
Prostitution - Déshabiller Jacqueline pour habiller Jeannette
Jugement Himel - Poursuivre les proxénètes et les clients, pas les prostituées
Ouverte à la sexualité, mais contre la prostitution
Pourquoi on aurait tort de légaliser la prostitution
Jugement Himel sur la prostitution - Mettre fin à l’exploitation est la meilleure voie à suivre
Au Canada, plusieurs groupes s’unissent pour dire NON à la prostitution
La décriminalisation de la prostitution n’est pas une solution à la violence envers les femmes
Un triste jugement qui va à l’encontre de l’égalité entre les hommes et les femmes
L’Association des femmes autochtones du Canada s’inquiète du jugement Himel sur la prostitution
Dumont acquitté, Nadia Caron demeure une victime de l’exploitation sexuelle 
Jugement Himel - L’impunité pour les proxénètes et les clients
La Cour supérieure de l’Ontario, la prostitution et la démocratie
La décision de la Cour supérieure de l’Ontario abandonne aux "pimps" les femmes autochtones et les femmes de couleur
La prostitution, un travail pour la juge Susan Himel - Le Cercle de silence le 7 octobre
Prostitution - Rien de banal
Prostitution - Le jugement de la Cour supérieure de l’Ontario vu par Pierre Foglia
Des groupes de femmes outrés que la Cour supérieure de l’Ontario donne aux hommes le droit constitutionnel de prostituer des femmes
Prostitution et démocratie - Cause devant la Cour supérieure de l’Ontario







Le fondateur du Bunny Ranch (un célèbre bordel du Nevada), Dennis Hof (...) est désireux d’étendre son activité de prostitution au Canada et dit qu’il sera attentif jeudi (le 13 juin 2013), lorsque la Cour suprême du Canada entendra des arguments sur le caractère constitutionnel ou non de la loi sur la prostitution au pays et sur son éventuelle annulation.

« Nous surveillons la situation de près parce que dès que nous verrons que ça va être légalisé, comme il se doit, le Bunny Ranch arrivera, et nous arriverons en force." (...)

La Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution, elle, fait valoir que ce sont les hommes qui sont les principaux bénéficiaires de l’industrie du sexe – à titre de proxénètes, de clients et de propriétaires de bordels.

Ces femmes affirment que la loi devrait être modifiée afin de rendre illégal le fait d’agir en proxénète ou en client, mais pas celui d’être prostituée.

L’industrie du sexe au Canada, disent-elles, a eu pour effet de victimiser de jeunes femmes, dont plusieurs sont mineures, en leur imposant une vie de dépendance à la drogue, de violence physique et sexuelle, et essentiellement d’esclavage dans une industrie illégale dont elles sont incapables de se libérer.

La coalition est composée de sept organisations de première ligne, qui interviennent dans la rue et derrière les barreaux avec des femmes maintenues au bas de l’échelle sociale. On y trouve notamment l’Association canadienne des centres contre les agressions sexuelles, l’Association des femmes autochtones du Canada et l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry.

Diane Matte, directrice d’une organisation québécoise qui vise à enrayer l’exploitation sexuelle commerciale, explique que la proposition de la Coalition est basée sur ce qu’on appelle le « modèle nordique » de la législation sur la prostitution, adopté en Suède, en Norvège et en Islande, qui criminalise les proxénètes et les clients, mais protège les femmes prostituées de toute poursuite.

Hof se moque de l’idée. Dans la pratique, dit-il, ça ne fonctionnera tout simplement pas. « Vous tentez de battre en brèche un besoin naturel de l’homme. Voyons donc ! »

Lors d’une récente conférence de presse, Diane Matte a posé le geste peu commun d’accuser Alan Young, l’avocat qui conteste la loi, d’être essentiellement un porte-voix pour l’industrie du sexe, et non un défenseur des libertés civiques ou des droits de la personne, comme il le prétend.

Young a refusé de commenter cette assertion.

Pour Matte, le fait qu’une opération de grande envergure comme le Bunny Ranch annonce son intention de venir au Canada devrait être un motif d’inquiétude.

« Donc, il nous faut bien comprendre que l’industrie n’attend qu’une occasion pour se propager. »

Hof affirme que son entreprise va aider à protéger les femmes canadiennes. (...) Matte dit voir les choses différemment. Elle espère que des critères moraux jouent un rôle dans le résultat final de la contestation judiciaire.

Elle trouve répréhensible l’idée qu’un mec et ses copains peuvent sortir un vendredi soir et acheter une femme ou une fille pour leur plaisir, puis la rejeter quand ils en ont terminé.

« En bout de ligne, dit-elle, ça revient à l’idée qu’on peut acheter les femmes et qu’une certaine catégorie de femmes doit être maintenue en position achetable. La prostitution n’est pas la liberté sexuelle pour les femmes. C’est le fait de mettre une certaine catégorie de femmes au service de la sexualité des hommes. »

Matte affirme que les femmes qu’elle représente en ont assez d’être dépeintes comme « anti-sexe ».

« Nous aimons la sexualité, dit-elle. Mais nous aimons une sexualité où nous décidons que nous pouvons dire non ou oui à qui nous voulons. »

Original : http://www.vancouversun.com/touch/story.html?id=8510471

Copyright : Vancouver Sun, 11 juin 2013

Traduction : Martin Dufresne

Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 juin 2013


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Mike Blanchfield, La Presse canadienne



    Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

© SISYPHE 2002-2013
http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin