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dimanche 6 septembre 2009

Placer Téhéran face à sa cruelle misogynie

par Tarek Fatah, journaliste et membre du Congrès musulman du Canada






Écrits d'Élaine Audet



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Un autre article éloquent et criant de vérité de Tarek Fatah. Il invite notamment les féministes gauchistes canadiennes à soutenir haut et fort les Iraniennes, sans quoi l’histoire les jugera sévèrement pour avoir refusé aux mères et aux filles de l’Iran les libertés qu’elles revendiquent pour elles-mêmes.

Lorsque le Printemps de Prague a échoué en 1968, peu de gens auraient imaginé que les graines de dissidence écrasées sous le poids des chars soviétiques fleuriraient 20 ans plus tard et entraîneraient la disparition de l’URSS elle-même. Un peu de la même manière, un été de protestation et de rébellion s’est épanoui à Téhéran, en 2009, et il me semble pouvoir dire que, cette fois, il ne faudra pas attendre vingt ans pour que la structure fossilisée de l’État s’écroule.

La raison ? Cette fois, ce sont les mères et les filles de l’Iran qui se sont rebellées contre la République islamique d’Iran et qui sont descendues dans la rue pour mener les hommes.

Pendant 30 ans, une nation entière a connu l’emprisonnement, la torture, le meurtre, et, à l’insu du monde, le viol institutionnalisé de ses filles - et ce, au nom de l’islam. Aucune autre dictature, pas même celle des Saoudiens, n’a utilisé le viol comme moyen de domination comme l’ont fait les ayatollahs iraniens. Paradoxalement, le tout a été maquillé en acte de piété et de religiosité.

Cette vérité commence à émerger au grand jour. Un membre de la milice iranienne des Basiji aurait parlé à Sabina Amidi, une journaliste pigiste pour le Jerusalem Post, de sa participation forcée au viol de jeunes Iraniennes avant leur exécution. Le Basiji a révélé* que ses supérieurs justifiaient cette pratique par l’argument douteux que, selon la charia, « il est illégal d’exécuter une jeune femme, quel que soit son crime, si elle est vierge. »

Pour contourner ce problème, rapporte la source d’Amidi, les mollahs arrangeaient des mariages forcés entre les jeunes filles et des gardiens de prison la nuit précédant l’exécution. « La jeune fille est forcée d’avoir des rapports sexuels avec un gardien de prison – autrement dit, elle est violée par son mari. »

Ce témoignage n’a pas été vérifié. Mais pour ceux d’entre nous qui suivent depuis longtemps les histoires atroces en provenance de l’Iran, il est tout à fait crédible. Il y a en effet de nombreux précédents, comme ceux décrits ci-dessous. Mais nous savons aussi que cette histoire sera étiquetée comme une autre tentative par les « sionistes » de dépeindre l’Iran sous un mauvais jour. Cette accusation passe-partout a fait taire de nombreuses critiques du régime iranien.

Dans les premiers jours de la République islamique d’Iran, le viol préalable à l’exécution de jeunes militantes iraniennes pour la démocratie était généralisé.

Laissez-moi vous présenter, à titre d’exemple, Soraya Abolfathi, qui avait seulement 20 ans quand elle a été arrêtée par les Gardiens de la Révolution iranienne pour avoir participé à une manifestation contre l’ayatollah Khomeni le 19 août 1981. Elle a été emmenée à la prison de Tabriz où, pendant les 34 jours qu’a duré sa détention, elle a été torturée à maintes reprises pour l’amener à dénoncer ses amis. Elle a refusé. Le 28 septembre 1981, elle a été mise à mort par un peloton d’exécution. Toutefois, on croit généralement que la nuit précédant son exécution, elle a été mariée de force avec un mollah dans un « mariage de plaisir », puis violée pour garantir qu’elle ne mourrait pas vierge.

Les mollahs croient que les vierges sont assurées d’une place au paradis. Les violer garantit qu’elles iront en enfer.

Le caractère systémique de l’utilisation du viol par l’Iran comme moyen de châtiment est répugnant. Pourtant, étonnamment, le régime iranien a des partisans ici même au Canada, jusqu’au sein des groupes féministes de gauche sur qui on peut toujours compter pour défendre les droits des femmes dès qu’ils sont menacés en Occident.

Elles devraient être mieux avisées. Ce ne sont pas seulement les Iraniennes qui ont été violées et tuées par le régime meurtrier de l’Iran. L’une des nôtres a subi cette humiliation, mais rares sont ceux qui sont prêts à en parler ouvertement.

Je parle de Zahra Kazemi, une photographe journaliste canadienne qui a été arrêtée, torturée, violée puis assassinée par les mollahs. Elle est toutefois commodément oubliée par tous ceux qui se disent mandatés pour dénoncer le viol comme arme de guerre.

Au sein de la communauté musulmane, il y a eu un déni complet de ce qui est arrivé à Kazemi. Par exemple, dans une émission de télévision, un vice-président de la Fédération canado-arabe a semblé excuser le régime iranien et a vigoureusement nié que Kazemi avait été violée. Et ce, malgré le fait que Shahram Azam, un ancien médecin militaire, a déclaré qu’il avait examiné le corps de Kazemi et observé qu’il montrait des signes évidents de viol et de torture brutale, dont une fracture du crâne, le nez cassé, des orteils broyés, des ongles arrachés et des doigts fracturés.

Il semble que les femmes d’Iran en ont marre des mollahs. Le temps est venu pour toutes les Canadiennes de se tenir aux côtés de leurs sœurs, car l’histoire les jugera sévèrement si elles refusent aux filles de l’Iran la liberté qu’elles revendiquent pour elles-mêmes.

* « …jusqu’à ce que la mort nous sépare », Poste de veille, 19 juillet 2009.

Source :

« Tarek Fatah : Confronting Tehran’s vicious misogyny », The National Post, le 22 juillet 2009.

  • Version française : Poste de veille, un site à visiter.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 3 août 2009


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    Tarek Fatah, journaliste et membre du Congrès musulman du Canada


    Tarek Fatah est l’auteur de The Jew is Not My Enemy : Unveiling the Myths that Fuel Muslim Anti-Semitism, à paraître aux éditions McClelland & Stewart en octobre 2010. Il a été président fondateur du Congrès musulman du Canada. Il écrit aussi chronique au journal National Post.



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