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lundi 15 novembre 2004

Non au génocide de Gaza : Acte III

par Faïza Skandrani, écrivaine, fondatrice et présidente du groupe Égalité et parité






Écrits d'Élaine Audet



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Couleurs éclatantes des violences recouvrant les ruines et les cadavres laissés par les bombardements, où le choix des moyens personnels prend le pas sur les négociations constructives. Sharon parle du désengagement de Gaza mais continue à détruire Gaza. Jours de pénitence, quelle expression terrifiante ! Se prend-il pour un messie ou un prophète qui a le droit d’imposer pénitence à des civils innocents, sous prétexte d’éliminer les « dangereux terroristes » ?

N’a-t-il pas encore compris que le sang appelle le sang et que ceux qui veulent leur terre ne cèdent ni aux bombardements, ni aux assassinats ciblés ni à la souffrance et que cette souffrance fait renaître le désir de lutter comme un phénix qui renaîtrait de ses cendres ?

Jamais un peuple n’a subi autant de violences que le peuple palestinien, une telle violence dans l’indifférence la plus totale des spectateurs « civilisés » !

Pourquoi alors s’étonner du passage de l’état d’exclusion aux actions de haine qui s’inscrivent dans le temps, la durée et le souvenir des fleurs rougies du sang de l’oppresseur étouffant les souffrances cachées dans les voiles de l’ignorance et de la colère d’une communauté colonisée, annexée, ou immigrée, et toutes les manières exploitées par des États « riches » et se disant à la pointe du progrès et de la pensée démocratique.

Pourtant, ces individus de « seconde catégorie » n’arrivent pas à respirer ce parfum d’autrefois, délicat et naturel comme celui des fleurs réelles laissées dans les jardins oubliés de leur passé, où toutes les communautés vivaient en paix. L’artificiel colle à leur peau brune ou blanche et pour eux les mots AUTHENTIQUES de liberté, de démocratie et de droits humains se gravent en porte-à-faux sur les étoffes des banderoles, et les affiches en papier et les visas sont là pour contrôler leurs allées et venues.

Le monde retrouve aujourd’hui la féodalité et les arabes ne sont pas prêts à l’accepter. Au lieu de la mondialisation prônée, le monde se partage aujourd’hui en peuples de « seigneurs », riches, libres d’aller et venir, de voyager dans des pays de rêves pour trois sous, et en peuples d’« esclaves », pauvres, captifs, avec un droit de circulation restrictif (et cela bien avant les attentats et le terrorisme), enfermés de plus en plus sur eux-mêmes en fonction de leurs aires géographiques, de leurs revenus et de leur statut social.

Un monde sans amour

Cette scission fait que les jeunes d’aujourd’hui ne pensent qu’à traverser les mers au risque de mourir, qu’à préparer des attentats pour ne pas vivre sous la botte de l’oppresseur ou qu’à se marier pour obtenir la nationalité du « seigneur » ou de la « Dame » pour pouvoir jouir ainsi du passeport de la liberté !!!! Un monde où l’amour n’a plus cours et où la nationalité à accorder remplace la dot d’antan.

La fleur de l’armée américaine a envahi le riche orient à force d’ornements poétiques tressés à l’aide des fleurs de la rhétorique.

Le temps où cette haine était dans sa jeunesse se mesure aujourd’hui en nombre d’années : peut-on cerner le temps où cette violence germait avant de comprendre l’éclat et la force qui menacent les libres penseurs aujourd’hui ? À quoi servent les gerbes de fleurs recouvrant les cercueils des victimes de la terreur émanant des États et des groupuscules formés d’individus malmenés, déboussolés, exclus des systèmes qu’ils ont contribué à enrichir. En effet, c’est dans la fleur que se forment les graines et ces terroristes d’aujourd’hui ne sont que les organes reproducteurs des plantes qui les ont nourris depuis les premières fleurs de leur vie. La douce amère qui est une fleur violette à baies rouges a, dit-on, des vertus dépuratives, mais pourra-t-elle encore croître sur les champs minés par les bombes et les attentats suicides, les bombardements, les violences faites aux prisonniers et les violences faites aux civils, la prise d’otages et leur exécution en direct ?

De la corolle de la fleur du XXIième siècle partent non les pétales de la liberté, du savoir, de l’espoir d’un monde meilleur, mais ceux de la cruauté, de l’inhumanité et de la violence en direct !

Les pistils empoisonnés par la poudre pourraient-ils favoriser la floraison de la paix ? Le Quartet cessera-t-il de nous conter fleurette en parlant de solidarité et de droits qui ne ciblent que la solidité de leurs monnaies ? Livre sterling, euro ou dollar sont les perce-neige qui fleurissent précocement dans les communiqués fleuronnés des mots justice, égalité, paix, liberté et solidarité ; ces fleurettes prospèrent en temps de crise, et alors, les étamines et les anthères s’harmonisent avec les couleurs de la guerre et les combines pétrolifères.

Le sens réel des mots

Pour réduire à néant le terrorisme et sortir le monde du danger des cataclysmes, revenons à des discours plus innocents et à des pratiques des droits de l’homme plus sincères, arrêtons de parler de l’antisémitisme quand Tsahal tue des êtres innocents, quand personne ne s’élève contre le meurtre des patients, qui vivent en Afghanistan, en Irak et en Palestine, pilonnée chaque jour par l’armée israélienne. En terminant, j’aimerais poser une question sur le lexique français. Depuis quand une communauté peut-elle s’approprier non seulement les terres partagées entre diverses communautés, mais encore s’approprier à ses propres fins un mot comme le mot « antisémite » qui exclut du sémitisme les arabes musulmans pour mettre en exergue le sémitisme des juifs !

À ceux qui sont adeptes des discours fleuris des néo-conservateurs américains, je leur propose de voyager dans l’Andalousie et dans d’autres pays arabes, où juifs et musulmans vivaient côte-à-côte et jouissaient du même bonheur de vivre dans des pays où ils aimaient à humer le parfum des fleurs d’orangers et des jasmins et où ils cultivaient ensemble les oliviers sur lesquels chantaient les colombes de la paix.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 27 octobre 2004.


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Faïza Skandrani, écrivaine, fondatrice et présidente du groupe Égalité et parité

Faïza Skandrani est écrivaine et poète. Elle enseigne la littérature française à Faculté des Sciences Humaines et Sociales de l’Université de Tunis. Membre du Bureau directeur de l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement (AFTURD), elle est chargée des communications pour cet organisme.



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