| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






samedi 27 janvier 2007

Les promesses brisées de Stephen Harper

par Andrée Côté






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Canada - Le retour des Autochtones : une lutte à nulle autre pareille
La cheffe Theresa Spence s’exprime sur sa grève de la faim et la situation actuelle des Autochtones
Repenser le multiculturalisme
G20 à Toronto - Le Comité jeunes féministes de la CLES dénonce les violences sexistes et la violation des libertés civiles
G20 et brutalité policière au pays de Stephen Harper
Gouvernement Harper – Sabrer avec un zèle religieux dans les programmes pour les femmes
Sommet UE-Canada : les sables bitumineux en accusation
Le viol psychologique d’Omar Khadr
Manifestation pour le retrait de l’ambassadeur du Mexique au Canada
Équité salariale - Entre un idéologue obtus et un opportuniste, les droits des femmes sont menacés à Ottawa
Stephen Harper est-il allergique à Céline Galipeau en particulier ou aux intervieweuses en général ?
La fin de l’équité salariale pour les femmes dans la Fonction publique fédérale
Les femmes et la crise économique
Le budget fédéral laisse tomber les femmes, les travailleurs et les travailleuses
Lettre à la Gouverneure générale Michaëlle Jean en faveur de la coalition des partis d’opposition à Ottawa
Harper Rule : une gouvernance sexiste et inéquitable
Les femmes vous observent, disent des groupes de femmes au premier ministre Harper
Le Comité de la CEDEF de l’ONU scrute la performance du Canada
"À voix égales" invite le Premier ministre à nommer des femmes au Cabinet
Appel des artistes pour la Paix : "Dans dix ans, quelle direction voulez-vous voir le Canada et le Québec emprunter ?"
Votre vote comptera-t-il le 14 octobre ?
Avortement et élection : souvenons-nous
Élection Canada - Sur la question de l’égalité des femmes, Stephen Harper ne répond pas
Maintes raisons de ne pas voter pour Stephen Harper
"Les conservateurs nous ont rappelé que nous sommes ‘juste’ des femmes"
Élections fédérales - Battons-nous contre la droite !
Dieu au pouvoir ! God Bless Canada !
La Fédération des femmes du Québec appelle les Québécoises et les Québécois à battre les Conservateurs
Margaret Atwood s’explique - Harper : déconnecté, dépassé
Ingérence de l’Église catholique dans la campagne électorale au Canada
L’Association des Femmes Autochtones du Québec répond aux excuses du gouvernement Harper
Les compressions du gouvernement Harper forcent le départ d’une leader féministe
Le gouvernement Harper cherche à réduire les femmes au silence
La ministre Oda quitte le ministère de la Condition féminine. Enfin !
La déclaration du Canada à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies est tendancieuse et décevante
Politique Canada : dossier principal
Stephen Harper tient ses promesses
Des coupures antidémocratiques à Condition féminine Canada
Le gouvernement Harper veut museler les groupes de femmes
La ministre de la Condition féminine, Bev Oda, passe un mauvais quart d’heure devant un comité parlementaire
La ministre à la Condition féminine du Canada interdit aux groupes de femmes de défendre ... les droits des femmes
Il faut rétablir immédiatement le Programme de contestation judiciaire
Le discours de la Traîne
Pour l’égalité entre les femmes et les hommes, il faut changer le mode de scrutin !
Victoire réjouissante : Vivian Barbot a battu le ministre Pierre Pettigrew
Voter ? Mais pour qui ?
Des leaders afro-québécoises inquiètes s’adressent aux chefs des partis politiques en campagne électorale
L’R des Centres de femmes écrit aux quatre chefs de parti à Ottawa
"Des tribunaux islamiques au Canada ?"
10 ans de budgets fédéraux : les femmes doublement pénalisées
Le budget fédéral ne tient pas compte des femmes
Une décennie de reculs : le Canada de l’après-Beijing
Une autre élection injuste pour la population québécoise et canadienne
Harper, une menace sérieuse au droit des femmes à l’avortement







Il y a un an jour pour jour, le 18 janvier 2006, Stephen Harper déclarait, en campagne électorale : « Oui, je m’engage à soutenir les droits humains des femmes et je conviens que le Canada doit en faire plus pour respecter ses obligations internationales en matière d’égalité des femmes. Si je suis élu, je prendrai des mesures concrètes et immédiates, tel que recommandé par les Nations Unies, pour m’assurer que le Canada respecte entièrement ses engagements envers les femmes au Canada. » (Traduction.)

Le 23 janvier, son parti remportait les élections fédérales. Quoique minoritaire, le gouvernement Harper s’est empressé de mettre en oeuvre une série de politiques qui envoient un message non équivoque : l’égalité des femmes et la promotion de leurs droits humains sont le dernier souci de ce gouvernement.

Aboli, coupé, modifié

Malgré le fait que 65 % des femmes ayant de jeunes enfants travaillent en plus de s’occuper de leurs responsabilités familiales, le gouvernement Harper a aboli le nouveau programme pancanadien de financement des services de garde au printemps 2006. Il a remplacé ce programme par une allocation taxable de 100 $ par mois par enfant de moins de six ans. Si, au Québec, une telle somme peut aider les parents à payer les services de garderie à 7 $ par jour, en Ontario, ce montant ne couvre même pas les frais pour deux jours par mois en garderie.

En septembre 2006, le gouvernement Harper a annoncé qu’il ne retiendrait pas les recommandations du Groupe de travail sur l’équité salariale et n’adopterait pas une loi fédérale sur l’équité salariale. Pourtant, après plus de trois ans de recherche et de consultations, ce groupe de travail avait constaté que le régime prévu par la loi canadienne sur les droits de la personne est un lamentable échec et qu’une révision en profondeur s’imposait afin de mieux protéger les travailleuses des postes, des télécommunications, des banques et des autres entreprises relevant des compétences fédérales. Il a recommandé l’adoption d’une loi fédérale semblable à celle qui existe au Québec. [...]

En septembre 2006, le gouvernement Harper a aboli le financement du Programme de contestation judiciaire (PCJ), un programme qui a financé d’importantes causes-types portant sur les droits à l’égalité ou les droits linguistiques. [...] Sans l’appui financier du PCJ, les groupes de femmes n’auront plus les moyens d’intervenir pour contester des lois et des politiques discriminatoires ou plaider en faveur d’interprétations égalitaires du droit.

C’est aussi en septembre dernier que le gouvernement a coupé de cinq millions le budget de 13 millions de Condition féminine Canada, limitant ainsi sa capacité de faire de la recherche sur la réforme des politiques et de s’assurer que les différents ministères effectuent une « analyse comparative selon les sexes » avant d’adopter toute loi ou politique qui pourrait avoir un impact discriminatoire sur les femmes. Ces coupes vont aussi entraîner la fermeture de 12 des 16 bureaux régionaux de Condition féminine Canada.

Finalement, le gouvernement a annoncé, début octobre, qu’il adoptait de nouveaux critères de financement pour les groupes de femmes. Dorénavant, le Programme de promotion de la femme (PPF) ne financera plus la recherche ni la défense des droits des femmes auprès des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux.

À cela s’ajoute le fait que la promotion de l’égalité a été retirée du mandat du PPF, qui ne financera dorénavant que des projets visant à assurer la « participation » des femmes à la vie sociale, économique et culturelle dans leur communauté. En vertu des nouveaux critères de financement du PPF, des subventions pourront dorénavant être accordées à des entreprises privées et des organismes religieux. Ce faisant, le gouvernement tente de museler des groupes de femmes, par exemple l’Association nationale Femmes et Droit, qui oeuvrent pour une réforme égalitaire des lois et des politiques.

Ce qu’il reste à faire

Interrogée par les membres du comité permanent, la ministre responsable de la Condition féminine, Bev Oda, a déclaré que l’égalité des femmes est chose acquise et que les féministes qui disent le contraire « victimisent » les femmes. Selon elle, il n’est donc plus nécessaire d’adopter des mesures systémiques pour combattre la discrimination. [...]

Pourtant, la bataille pour la réalisation effective des droits à l’égalité des femmes est loin d’être terminée, comme en attestent tous les rapports sur la question. D’ailleurs, dans son rapport de janvier 2003, le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination envers les femmes était d’avis que le gouvernement fédéral devrait « redoubler d’efforts » pour atténuer la pauvreté dont sont victimes les femmes et éliminer la discrimination de droit et de fait envers les femmes autochtones.

Le comité recommandait aussi que le Canada améliore l’actuel programme des aides familiales en réexaminant notamment l’obligation de vivre chez leurs employeurs et en accélérant le processus d’obtention de la résidence permanente ; qu’il redouble d’efforts dans la lutte contre la violence faite aux femmes ; qu’il prenne des mesures pour augmenter la représentation des femmes dans la vie politique et publique ; qu’il en fasse davantage pour mettre en place un réseau de garderies abordables, etc.

Dans la conjoncture actuelle, alors que le gouvernement conservateur ouvre grand ses portes aux forces fondamentalistes de droite et aux groupes antiféministes, il est tout particulièrement important que les groupes de femmes puissent recevoir du financement pour continuer à défendre les droits des femmes et intervenir en faveur de réformes législatives égalitaires. C’est non seulement l’égalité des femmes mais aussi le fonctionnement démocratique de notre société et la préservation de nos acquis en matière de protection des droits de la personne qui sont en jeu.

Dans Le Devoir, 18 janvier 2007, section Opinion.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 janvier 2007


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Andrée Côté

L’auteure est directice des affaires juridiques à l’Association Femmes et Droit



    Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

© SISYPHE 2002-2007
http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin