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jeudi 17 mai 2012

Conflit étudiant - De l’argent pour les étudiantEs … et les autres !

par Pierre-Yves Guay, Ph.D., professeur à l’École des sciences de la gestion UQAM






Écrits d'Élaine Audet



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Dans le conseil provisoire qu’il souhaite toujours former, le gouvernement entend regrouper les principaux acteurs sociaux dont les intérêts économiques sont liés au partage de l’enveloppe budgétaire que l’État dédie à l’éducation. Selon le gouvernement libéral, ces acteurs devraient accepter une négociation entre des vases communicants : ce que l’un gagnera, l’autre le perdra.

Tout ce beau monde ne parviendra donc jamais à s’entendre sans que le gouvernement n’accepte d’investir davantage en éducation et que les étudiant(e)s y trouvent leur compte sans avoir à jouer David contre Goliath. Ce combat des étudiant(e)s, appuyé par des centaines de milliers, sinon des millions de citoyens et citoyennes, dégénérera davantage si le gouvernement persiste à provoquer le chaos social en refusant d’investir davantage en éducation, comme dans les autres services publics destinés à la moitié la moins bien nantie de la population. Pas d’argent, dit l’État ? Foutaise !

Économie publique 101

Les jeunes nous servent présentement une bonne leçon d’économie publique. Ils nous rappellent que les impôts et les taxes que nous payons se retrouvent dans une grande cagnotte collective qui s’appelle le trésor public. Le gouvernement redistribue ensuite le contenu de cette cagnotte entre les citoyens, dans le but d’offrir à chacun de nous les services essentiels que nous ne parviendrions pas à nous offrir individuellement si nous deviens en assumer entièrement le coût réel, comme le voudrait le principe de « l’utilisateur payeur ». C’est le cas en éducation, en santé, en services sociaux, en logements et en nourriture pour les plus démunis, en transports et en voirie publique, en égouts et en aqueducs, en parcs et aménagement urbain, en environnement, en agriculture, etc. Dans ces domaines, toute « dépense » gouvernementale se transforme en revenus pour les entreprises et les travailleurs qui y œuvrent, ainsi qu’en économie budgétaire pour les citoyens qui en bénéficient.

Anecdote personnelle : À la fin janvier, je revenais des États-Unis. En descendant de l’avion, j’ai fait un infarctus. J’ai été transporté gratuitement à l’hôpital, où le cardiologue m’a sauvé la vie en pratiquant une angioplastie. J’ai été remis sur pied en 48 heures. Gratos pour moi. Ce sont mes concitoyens québécois qui, avec les impôts qu’ils avaient préalablement versés au gouvernement, ont acquitté une facture qui s’est probablement élevée à 20 000$. Mais si mon infarctus s’était produit trois heures plus tôt, en territoire américain, mon assureur aurait dû acquitter une facture variant entre 75 000$ et 100 000$, qu’il aurait bien entendu refilée à l’ensemble de ses assurés, après l’avoir majorée des profits escomptés. Et si j’avais été l’un de ces millions de citoyens américains qui n’ont pas les moyens de s’assurer ou d’acquitter une telle facture médicale, je serais mort.

Mais heureusement pour moi, la RAMQ a « dépensé » 20 000$ de notre cagnotte collective pour me sauver la vie, m’économiser au moins 75 000$, m’éviter la ruine et conserver ma maison. Mon cardiologue, son équipe et les autres travailleurs de l’hôpital se partageront en revenus ces 20 000$ « dépensés » par l’État, dont la moitié retournera dans la cagnotte collective sous forme d’impôt sur le revenu. Bilan : dépense gouvernementale nette de 10 000$ ; revenus nets additionnels pour les travailleurs de la santé de 10 000$ ; économie personnelle : 75 000$. Où est la « dépense » ? Il en a coûté 10 000$ à la société québécoise pour que certains de leurs membres réalisent un revenu ou une économie totalisant 85 000$ !

Si j’avais été un Américain sans assurance, vivant au royaume de « l’utilisateur payeur », mes concitoyens n’auraient certes pas payé un sou pour me sauver la vie. Certains prétendront même que dans un tel système, le gouvernement aurait ainsi « économisé » 10 000$. Mais aujourd’hui, les travailleurs de la santé auraient été privés de revenus équivalents et je serais appauvri des 75 000$ dollars que j’aurais dû transférés dans la poche de mon cardiologue-entrepreneur, déjà bien plus riche que moi, accroissant du coup l’inégalité de richesse entre nous deux. Pour ma part, je serais ruiné et je devrais dorénavant vivre de minuscules subsides gouvernementaux, comme de très nombreux Américains qui ont dû donner tout ce qu’ils avaient pour survivre.

Merci à mes concitoyen-nes québécois-es pour cette solidarité sociale qui m’a sauvé la vie. Sincèrement.

Conclusion : À l’échelle de la collectivité dans son ensemble, les « dépenses » gouvernementales génèrent des revenus équivalents (ou des économies budgétaires) pour les citoyens. Elles produisent de la richesse et corrigent les inégalités de revenus. Le bilan final correspond au jeu de la « somme nulle ». Ces « dépenses » n’existent que dans le langage comptable qui sert à dresser des bilans budgétaires. Mais tout aussi utile qu’il soit pour les gestionnaires de fonds, le raisonnement comptable n’est pas un raisonnement économique, encore moins socioéconomique. À chacun son métier.

Il y a bien entendu une exception à cette conclusion. Lorsque l’État remet des subventions, des dégrèvements fiscaux ou des contrats à des entreprises étrangères, une grande partie de notre cagnotte collective sort de l’économie nationale et se transforme en revenus pour des actionnaires étrangers. Dans ce cas, il s’agit effectivement d’une dépense nette, comme ce sera largement le cas dans le Plan Nord.

Où est l’argent ?

Depuis un siècle, la part de l’impôt des entreprises dans les revenus de l’État n’a jamais cessé de rétrécir, au point d’être devenue insignifiante, alors qu’en sens inverse, la part des particuliers a spectaculairement augmenté, surtout pour la classe moyenne. Beaucoup d’argent est disponible dans les profits spectaculaires que réalisent au Québec un grand nombre d’entreprises milliardaires, surtout les multinationales étrangères de la finance, de la pharmacie, du pétrole, de l’ingénierie, etc., auxquelles le gouvernement offre toujours plus de subventions, de dégrèvements fiscaux et de contrats.

Beaucoup d’argent s’accumule aussi dans les coffres des grands spéculateurs boursiers. Pourquoi ne pas taxer davantage les gains en capitaux provenant de ces transactions financières ? Mais le gouvernement fait exactement l’inverse : il les taxe de moins en moins !

Et pourquoi pas une surtaxe de vente applicable aux produits de consommation ostentatoire, par exemple les voitures de plus de 45 000$, les bateaux de plaisance de plus de 30 000$, les motocyclettes de plus de 20 000$, les bijoux grand chic, les électroménagers plein d’options inutiles, les « Monster Houses », les résidences secondaires de plus de 400 000$, les vêtements haut de gamme inabordables pour la majorité, etc.

Et pourquoi pas une surtaxe applicable aux produits dont il faudrait freiner la consommation parce qu’ils détruisent la santé publique et l’environnement, tandis qu’il existe des produits de remplacement ! Taxons davantage le tabac, la malbouffe, les jeux de hasard, etc. Que l’État augmente les prix de l’alcool et les billets de loterie et les activités de casino qu’il nous vend !

Et avec tout cet argent neuf, offrons un toit aux itinérants qui pullulent dans nos centres-villes et croupissent sur les trottoirs, offrons des logements sociaux à ceux qui sont confinés dans des taudis insalubres, offrons de la nourriture aux cuisines collectives, des soins de santé physique et mentale adéquats, des transports collectifs gratuits, l’accès à la justice et, bien entendu, l’éducation gratuite non seulement de la maternelle jusqu’au cégep, mais jusqu’au doctorat. Révolutionnaire ? Pas du tout. Détournons les yeux de l’exemple américain, royaume de « l’utilisateur payeur » et inspirons-nous plutôt des social-démocraties européennes. Nos enfants nous en remercieront.

Les valeurs du développement durable

Les frais de scolarité ont mobilisé nos jeunes autour de valeurs sociales qu’ils sont déterminés à défendre jusqu’au bout. Ils en ont marre. Mais ils ne sont pas opportunistes, car les étudiant(e)s ne demandent même rien de plus pour eux-mêmes ! Ils refusent simplement l’appauvrissement ! Qui l’accepterait ?

Bien entendu, nous pouvons nous opposer aux idéaux des étudiant(e)s. La mauvaise compréhension de nos propres intérêts peut même pousser la majorité d’entre nous à préférer la vision néolibérale d’une société individualiste, entièrement soumise aux lois du marché et divisée entre des citoyens de plus en plus riches et les plus nombreux, de plus en plus pauvres. Mais la majorité n’a pas nécessairement raison parce qu’elle est majoritaire !

Même si son poids électoral est minoritaire, la jeunesse québécoise actuelle est celle du « développement durable ». C’est ce qu’ils apprennent à l’école. Or, peu de gens le savent, mais l’Assemblée nationale du Québec, la meilleure représentante de la majorité des citoyens, a déjà été audacieuse et progressiste en adoptant la Loi sur le développement durable, entrée en vigueur en 2006. Cette loi, opposable au gouvernement lui-même, contraint tous les ministères et les autres organismes de l’État à agir pour résoudre une foule de problèmes sociaux, dont l’accès insatisfaisant à l’éducation, la mauvaise santé publique, la pauvre qualité de vie dont souffrent bien des milieux, l’équité intra et intergénérationnelle déficiente, l’éthique et la solidarité sociale insuffisantes, l’hyper consommation irresponsable, ainsi que l’apathie citoyenne face aux décisions publiques. À l’instar de l’Assemblée nationale de 2006 et de la majorité électorale qui l’a élue, les étudiant(e)s du Québec partagent ces priorités sociales. Par leurs revendications, ils contribuent à la promotion de la loi et à l’avancement du développement durable ! Ironiquement, seul le gouvernement bafoue impunément cette loi, l’une des rares qui s’adresse justement à lui ! Ce gouvernement représenterait-il aujourd’hui une minorité invisible ?

Tous les citoyens et citoyennes qui utilisent les services publics, qui y travaillent ou qui en dépendent, ont le plus grand intérêt à se rallier à ces jeunes d’aujourd’hui qui, de toute l’histoire du Québec, sont ceux qui portent le mieux le flambeau de la cohésion et de la durabilité sociales.
Rejoignons-les tous et toutes à cette grande manifestation collective annoncée le 22 mai à Montréal. Devant le cul-de-sac actuel, exigeons des élections ! Laissons parler la démocratie des urnes !

Et heureuse soit la nation dont la jeunesse n’a pas oublié comment provoquer le changement vers plus de justice et d’équité.

- Un autre article du même auteur : L’"entente" entre le gouvernement et les étudiantEs - Quelle supercherie !

L’auteur

L’auteur est docteur en sociologie du développement économique et enseigne à l’École des sciences de la gestion de l’UQAM. Au cours de sa carrière, il s’est spécialisé dans le domaine des politiques publiques, en accordant une attention particulière à leurs dimensions politique, éthique et fiscale. Il conseille plusieurs municipalités locales et régionales en matière de développement durable.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 13 mai 2012


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Pierre-Yves Guay, Ph.D., professeur à l’École des sciences de la gestion UQAM



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