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lundi 14 octobre 2002 À l’AGA de la Fédération des femmes du Québec Prostitution : Un consensus à l’arraché
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Lors de leur Assemblée générale annuelle, le 22 septembre 2002, les déléguées de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) sont parvenues à un consensus pour « décriminaliser les pratiques exercées par les prostituées et "les travailleuses du sexe" ». Une position qui se situe, selon un communiqué de la FFQ, « dans le cadre de la lutte contre la violence faite aux femmes. Après avoir adopté une vingtaine de propositions soumises par le conseil d’administration (C.A.) à la suite de la tournée provinciale de 2001, l’assemblée a confié au C.A. le soin de former un comité chargé de poursuivre la réflexion sur la nature de la prostitution : travail comme un autre ou forme d’esclavage et de violence envers les femmes.
La division des déléguées de la FFQ reste entière sur ces deux positions, ainsi que sur la criminalisation des proxénètes et des clients. L’appui d’influentes militantes de longue date, dont Françoise David, à l’utilisation de l’expression "travailleuses du sexe ", revendiquée comme « identitaire » par Stella, a permis d’inclure les deux formulations, soit celle de prostituées ET de "travailleuses du sexe", dans ce consensus obtenu à l’arraché. Et ce, en dépit de l’indécision d’une partie des participantes à l’AGA, qui ne semblaient pas avoir été préparées à une telle tournure du débat, ainsi que des fortes réticences de membres importantes de la FFQ, dont le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS). Dans son document de travail de février 2002, le RQCALACS affirme en effet : « (...) en nommant les femmes travailleuses du sexe, nous croyons qu’on minimise la violence, la pauvreté et l’oppression qui mènent des femmes et des filles à la prostitution et les y confinent. On légitime également l’industrie du sexe comme un secteur économique au lieu de la voir comme un système d’exploitation ». Stratégie pour un consensus : la culpabilisation On peut s’interroger sur la façon dont ce consensus partiel a été obtenu de l’assemblée. Selon des participantes, l’atmosphère des débats aurait été fortement influencée par la stratégie de Stella, un groupe d’aide et de défense des droits des « travailleuses du sexe », créé en 1995. Ce groupe s’est prononcé, à plusieurs reprises dans divers forums et assemblées, en faveur de la décriminalisation de tous les aspects de la prostitution, y compris pour la décriminalisation des clients et des proxénètes. En marge de l’AGA, des déléguées ont en effet soutenu que Stella avait fait usage de stratégies qui lui seraient habituelles, cherchant à intimider celles qui ne sont pas familières avec des débats de cette nature. Dans les assemblées, les porte-parole de Stella se présenteraient en grand nombre, elles seraient mieux préparées, plus articulées et plus agressives que celles des autres groupes. Elles réussiraient ainsi à faire entendre leurs points de vue avant et parfois aux dépens de tous les autres, et même à l’imposer. En somme, elles procéderaient comme les lobbys de pression plus forts qui étouffent des points de vue, pourtant beaucoup plus représentatifs de la majorité, mais moins bien soutenus. L’une des stratégies de Stella et de ses sympathisantes consiste, selon des participantes à l’AGA, à tenter de culpabiliser les personnes qui ont un point de vue différent du leur. Elles les accusent de mépriser les femmes dans la prostitution, de refuser de les écouter, de leur nier des droits et de les refouler en marge du mouvement des femmes. Cette façon de faire, qui se dispense d’une analyse globale et approfondie du problème de la prostitution, en déstabilise plusieurs. Les personnes qui considèrent que la prostitution n’est pas un moyen légitime d’accéder à l’autonomie économique se voient accusées de ne rien connaître de la réalité. Stella et ses porte-parole rappellent sans cesse que se prostituer peut rapporter davantage que des emplois au salaire minimum. Elles atténuent et mettent parfois en veilleuse le fait que les proxénètes et les trafiquants de drogues prennent une large part des gains de la prostitution. Certaines semblent croire que la décriminalisation totale de la prostitution changerait cet état de choses de façon quasi-automatique. (Voir à cet égard les débats sur le réseau Netfemmes.) Les porte-parole de ce groupe insistent, enfin, sur le soi-disant travail "social" des femmes dans la prostitution. Ces dernières connaîtraient les hommes mieux que les autres femmes, parce qu’elles recueilleraient leurs confidences, etc. Ce "travail" serait donc « nécessaire », selon Stella qui n’analyse pas, cependant, les conditions qui feraient de la prostitution une soi-disant nécessité sociale. Cette argumentation rejoint le discours traditionnel de personnes qui veulent valoriser leur statut à leurs propres yeux et à ceux d’autrui. Mais ce discours « racoleur » a des chances de rallier une partie de l’opinion, notamment les "acheteurs" potentiels et les personnes qui souhaitent faire l’économie d’une réflexion sur le rôle et les conséquences de la prostitution dans l’ensemble des problèmes de la condition féminine à travers le monde. Formation plus que consultation Quelque temps après son assemblée générale, la FFQ a rendu public le rapport de Françoise David, qui a présidé une tournée provinciale portant sur la prostitution, à l’automne 2001. Il s’agissait moins, selon le contenu du rapport, de consulter les membres de la FFQ sur le sujet que de les préparer à en débattre à l’assemblée générale de septembre. F. David définit ainsi son mandat : « J’ai eu le plaisir d’être embauchée par la Fédération comme contractuelle afin d’effectuer une tournée des régions pour commencer les débats sur cette question avec nos membres. Un canevas de formation a été conçu avec la précieuse collaboration de Martine David et Suzanne Biron. » En quoi consistait précisément cette formation ? On croit comprendre qu’il s’agissait de présenter les deux tendances (n’y en a-t-il que deux ?) face à la décriminalisation de la prostitution. Le rapport énumère les questions et les réflexions des participantes, mais il ne présente pas d’analyse proprement dite, ce qui n’était peut-être pas l’objectif visé. « Une remarque revient souvent dans les évaluations anonymes, peut-on lire dans le rapport : la difficulté de retransmettre dans les groupes la formation reçue lors de la tournée. On aime beaucoup le tableau synthèse, il aide à la compréhension, mais plusieurs participantes évaluent qu’elles auront quand même une certaine difficulté à expliquer les deux tendances dans tous leurs aspects. L’animatrice conseille de s’en tenir à l’essentiel et d’axer les débats surtout sur les recommandations. » Ces débats sont-ils possibles et efficaces si on ne connaît et ne peut expliquer « les deux tendances dans tous leurs aspects » ? Une autre question plus importante se pose. Si l’objectif de ces rencontres était de préparer les membres à se former une opinion personnelle et à en débattre en toute liberté, n’aurait-il pas été préférable de confier cette responsabilité à une personne qui n’était pas identifiée à l’un ou à l’autre des deux principaux courants d’opinion sur la décriminalisation complète de la prostitution ? Avant cette tournée, Françoise David avait déjà annoncé ses couleurs en exprimant une position proche de celle du groupe Stella en faveur de la décriminalisation complète de la prostitution. Elle avait déjà elle-même posé publiquement certaines questions, dont celle attribuée dans son rapport à des participantes à la formation : « Pouvons-nous convenir que les femmes, comme les hommes, ont des pratiques sexuelles très diversifiées et qu’il n’y a pas qu’une seule vision féministe de la sexualité ? » Sans accuser l’intéressée d’avoir cherché à orienter les débats et les opinions, peut-on convenir que le fait de connaître d’avance les convictions personnelles de la présidente de la tournée, ancienne présidente de la FFQ et personnalité qui jouit d’une grande notoriété publique, comportait un certain risque de « teinter » la formation et les débats ? Les participantes et les recommandations La Fédération des femmes du Québec regroupe à la fois des membres individuelles et des associations. Le rapport indique le nombre de femmes rencontrées (530 au cours de 26 rencontres). N’aurait-il pas été pertinent d’indiquer de quels groupes ces femmes provenaient ? On aurait pu savoir, par exemple, si des groupes ont été mieux préparés que d’autres à participer aux débats sur les propositions du 22 septembre. Le rapport indique aussi des formations « avec des femmes des communautés culturelles (rien n’est dit cependant de la façon dont ces femmes des plus vulnérables voient les choses) ; d’autres demandes continuent d’arriver à la FFQ pour des formations. Le sujet suscite énormément d’intérêt, surtout dans les groupes autonomes de femmes. » La formation a donc débordé les seuls rangs des membres de la FFQ. Enfin, le rapport conclut que des recommandations sont ressorties des rencontres, mais qu’elles ne sont pas d’ordre public et ne sont accessibles qu’aux membres de la Fédération des femmes du Québec. Il s’agit des recommandations débattues à l’AGA du 22 septembre. On peut alors se demander quelle était la pertinence de rendre public un rapport qui ne contient pas d’analyse et dont les conclusions n’étaient pas « d’ordre public ». On connaît au moins sur quoi portaient les propositions qui ont été adoptées le 22 septembre par la FFQ. Selon le communiqué de la FFQ, elles visent principalement :
Et après ? Le conseil d’administration de la FFQ et le mouvement des femmes ont du pain sur la planche pour les prochaines années et devront forcément établir des priorités. Il y a gros à parier que les questions de fond touchant les principaux responsables de la prostitution (clients et proxénètes) seront reportées indéfiniment. Il n’est pas difficile d’imaginer à qui profitera le plus ce statu quo entériné par la plus grande organisation des femmes au Québec. Si les choses en restent là, plusieurs pourront s’interroger sur la cohérence d’une organisation, qui mène des campagnes permanentes contre la violence faite aux femmes, mais qui hésite à s’attaquer aux racines d’une violence contre les femmes aussi flagrante, c’est-à-dire le système proxénète.
Lire le Dossier sur la prostitution sur le site Les Pénélopes. © Sisyphe 2002-2010 |
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Élaine Audet et Micheline Carrier |
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Plan-Liens Forum (1/3) 17 octobre 2002 , par Vivian Barbot rép:
Élaine Audet et Micheline Carrier
rép:
un gars ben ben ordinaire....
(2/3) 17 octobre 2002 , par Francoise David rép:
Paulette Giroux
rép:
Marie-Jeanne Fortier
(3/3) 16 octobre 2002 , par Carole Lejeune, Comité de la condition des femmes, CSQ rép:
Internaute
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Nous avons bien lu vos commentaires sur notre article, « Prostitution : un consensus à l’arraché », et nous aimerions apporter des précisions. Tout d’abord, il est vrai que nous n’étions pas à l’assemblée de la Fédération des femmes du Québec, car nous ne sommes pas membres de la FFQ. Nos convictions féministes à toutes les deux sont connues depuis longtemps. Élaine Audet, qui tient une chronique féministe depuis 12 ans dans « L’aut’journal », a demandé d’assister à cette importante assemblée générale, en tant que journaliste amie. Mais on lui a dit qu’aucun-e journaliste n’était admis-e. Ce qu’elle a respecté. Rien ne nous empêchait, cependant, de mener notre propre enquête sur le déroulement de cette assemblée. Nous n’avions pas à privilégier la seule opinion officielle qui s’est exprimée par voie de communiqué. Les personnes qui nous ont donné les renseignements à la base de notre article sont membres de la FFQ. Certaines ont participé à tout le processus de réflexion sur le sujet, et toutes étaient présentes à l’AGA. Manifestement, elles ont eu du déroulement des débats une perception quelque peu différente de ce qui ressortait du communiqué émis par la FFQ au lendemain de cette rencontre. Le contexte même des débats, qu’elles ont décrit, justifie qu’elles aient réclamé l’anonymat, ce qui n’invalide en rien leurs témoignages. Nous n’avons pas de motifs valables de mettre leur parole en doute. Vous écrivez : « En outre, vos affirmations selon lesquelles nos membres n’étaient pas préparées au débat sont totalement erronées puisqu’elles ont toutes été invitées à participer à la tournée québécoise sur le travail du sexe et la prostitution l’année précédente et ont pu suivre de près les travaux du comité de réflexion sur la prostitution et le travail du sexe par le biais de nos publications. » C’est précisément cette préparation que nous avons questionnée à partir du rapport de Françoise David, qui ne nous semblait pas suffisant pour que les membres se forgent leur propre opinion. Nous nous posions également des questions sur la nature de la formation donnée. Environ dix jours avant la publication de notre texte, Micheline Carrier a écrit à la FFQ posant deux questions : 1. en quoi consistait précisément cette formation, dont parlait le rapport de Françoise David ? 2. était-il possible d’obtenir la liste des groupes qui ont reçu cette formation ? Elle n’a pas reçu de réponse. Vous écrivez : « Dire que le consensus sur la décriminalisation des pratiques exercées par les prostituées a été obtenu à l’arraché tient de la fabulation. » Ce n’est pas « le consensus sur la décriminalisation des pratiques exercées par les prostituées » qui a été obtenu à l’arraché, mais la formulation de « travailleuses du sexe », qui indique la reconnaissance de la prostitution comme un moyen économique de gagner sa vie, plutôt qu’une mise en marché des femmes par des proxénètes pour des acheteurs-consommateurs, avec tout ce que cela implique quant au respect de la liberté et de l’autonomie des femmes (comme certains groupes le pensent). Nous approuvons la décriminalisation des femmes prostituées. Élaine Audet a écrit son appui sur cet aspect de la question à Michèle Busque et à Nicole Nepton, de Stella, ainsi que dans son article « Droits des femmes ou droit aux femmes ». Micheline Carrier a pris la même position dans son article « Bientôt des proxénètes et des bordels subventionnés ? » On peut lire ces deux textes sur ce site. On peut questionner le fait que la plus importante organisation de femmes au Québec ne discute pas du problème fondamental lié à la prostitution, à savoir le rôle des proxénètes et des clients dans la mise en marché du corps et de la sexualité des femmes. Le statu quo à cet égard annonce-t-il une concession aux groupes qui réclament la décriminalisation des clients et des proxénètes ? Comment peut-on vouloir protéger les femmes dans la prostitution sans aborder ce volet de la question ? Comment peut-on voter des résolutions pour protéger les femmes prostituées contre diverses formes de violence sans une analyse des causes de la prostitution et de ses conséquences pour l’ensemble des femmes ? Sans débattre du fait que la prostitution est en soi une forme de violence ? L’assemblée et la tournée de formation ont peut-être fait cette analyse, mais cela ne ressort pas dans le communiqué de la FFQ, ni dans le rapport de Françoise David. Vous écrivez : « Le climat du débat sur la prostitution et le travail du sexe au Québec, très animé et émotif, rappellera à certaines et à certains celui qui prévalait au moment où les lesbiennes revendiquaient que le mouvement des femmes les entende et les appuie. À cette époque aussi, on a accusé ces groupes de femmes de mener un lobby indu et d’intimider les membres par le seul fait de dire haut et fort qu’elles étaient lesbiennes et qu’elles vivaient des discriminations. » Nous croyons que la comparaison est un peu tordue. Les femmes lesbiennes revendiquent le droit d’aimer des femmes et de vivre sans hommes. Elle ont obligé le mouvement féministe à les écouter, en affirmant haut et fort leurs droits (pas en empêchant les autres de s’exprimer, ni en les culpabilisant). Les luttes légitimes des femmes lesbiennes (qui sont des luttes pour l’autonomie) ne devraient pas, selon nous, être utilisées comme comparaison pour justifier les stratégies de celles qui réclament que la prostitution soit considéré un « travail comme un autre ». Demander la décriminalisation et la protection contre les violences pour les femmes engagées dans « l’industrie du sexe » est une chose. C’en est une autre de chercher à imposer la reconnaissance de la prostitution comme une activité légitime pour atteindre l’autonomie économique, ainsi que le proxénétisme comme un entrepreneurship légitime, quand en réalité un très grand nombre de femmes considèrent qu’il s’agit plutôt d’une forme d’exploitation, voire d’esclavage.
Bonjour aux membres de la FFQ, Serait-il possible que, sur votre site, vous mentionniez, en première page,le nombre de femmes qui sont membres de la Fédération des Femmes du Québec car, le nom semble indiquer que votre Fédération représente toutes les femmes du Québec ce qui, évidemment, n’est absolument pas le cas. Je vous réfère au préambule de la Charte québecoise des droits et libertés de la personne qui précise que : " le respect de la dignité de l’être humain et la reconnaissance des droits et libertés dont il est titulaire constituent le fondement de la justice et de la paix." Le respect du corps de l’être humain fait partie de son droit au respect de sa dignité et l’acceptation de la formule "travailleuses du sexe" porte atteinte à celui-ci. Je n’ai absolument rien contre les prostituées, pour celles dont c’est un choix personnel je le respecte, cependant il ne faut pas en faire un choix de société. À force de vouloir démontrer qu’on a l’esprit ouvert, on risque de verser dans l’extrême. J’espère que je ne verrai jamais le jour où, alors que nos élus coupent sur les subventions d’aide aux femmes victimes de violence, ils voteront des subventions pour des cours universitaires afin d’enseigner aux "travailleuses du sexe" comment faire jouir un homme uniquement avec leurs cils. Paulette Giroux. pgmmm@globetrotter.net N.B. Copie du message que j’ai adressé sur Netfemmes, le 18 octobre 2002, 12:45 hres.
Bonjour, Je me suis trompée sur un point dans ma réplique et j’aimerais que vous ajoutiez cet erratum. De janvier 2000 à mai 2001, j’ai animé un comité mis sur pied par la FFQ sur la prostitution/travail du sexe. C’est ce comité qui a produit un rapport et des recommandations qui ont été distribués aux membres en août 2001. L’une des recommandations avait trait à la décriminalisation des clients. Cette recommandation était la seule à ne pas être unanime mais majoritaire. Je faisais partie de la majorité. La nouvelle loi suédoise qui criminalise les clients m’a interpellée comme bien d’autres féministes. C’est seulement au bout d’une longue réflexion que j’en suis venue a exprimer mon désaccord avec cette loi et à le dire publiquement. Mais la tournée était terminée depuis longtemps. Voila pourquoi, dans ma réplique spontanée, j’ai affirmé que j’avais pris position après la tournée. Ça demeure vrai de ma position publique mais faux pour ce qui est du comité. De toute façon, entre vous et moi, qui aurait pu dans une totale neutralité animer cette tournée ? Franchement, le mieux que la FFQ pouvait faire c’était d’embaucher une féministe qui s’engage a susciter les débats sans trancher et à le faire le plus objectivement possible. C’est ce que j’ai fait et les évaluations remplies anonymement par les participantes le confirment. J’ai parfois l’impression que pour certaines féministes, les points de vue défendus par la tendance représentée par Stella ne peuvent être féministes et qu’il aurait mieux valu les taire. Je continue de croire au contraire que les deux grandes tendances (je sais qu’il y a des sous-tendances...) méritaient d’être présentées aux membres de la FFQ qui sont assez grandes pour se faire une idée par elles-mêmes. Les débats suscités dans la tournée par cet exposé ont été passionnants et très respectueux. Françoise David
Vous écrivez : « J’ai parfois l’impression que pour certaines féministes, les points de vue défendus par la tendance représentée par Stella ne peuvent être féministes et qu’il aurait mieux valu les taire. » Vous ne précisez pas d’où vous vient cette impression. Notre texte soulève la question des stratégies employées par le groupe Stella pour faire valoir ses positions, non celle de la pertinence d’exposer ces positions. Nous résumons des revendications de Stella, dans notre texte, et dans les références de certains textes de notre dossier (encore incomplet), nous avons mis des liens vers deux sites où s’expriment abondamment les positions de Stella : Cybersolidaires et Netfemmes. Vous écrivez : « Je continue de croire au contraire que les deux grandes tendances (je sais qu’il y a des sous-tendances...) méritaient d’être présentées aux membres de la FFQ qui sont assez grandes pour se faire une idée par elles-mêmes. Les débats suscités dans la tournée par cet exposé ont été passionnants et très respectueux. » Tout à fait d’accord. Ce n’était pas l’objet de nos interrogations critiques. Dans votre premier message du 16 octobre 2002, vous avez écrit : « Tout cet article écrit au conditionnel, plein d’accusations et d’insinuations...mais vous n’affirmez pas... ! Comme si vous n’étiez pas certaines de ce que vous avancez. Et, en effet, il aurait été intéressant que vous vous donniez la peine d’aller aux informations. » D’abord, tout cet article n’est pas écrit au conditionnel, comme vous l’affirmez, et nous n’avons rien insinué. Nous avons utilisé le conditionnel, comme le veut entre autres la pratique journalistique, quand nous citions une source qui avait demandé l’anonymat et parce que nous n’étions pas nous-mêmes sur place. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Élaine Audet a écrit trois messages à la FFQ pour demander une accréditation. On lui a répondu que l’AGA avait lieu à huis clos. Est-ce une pratique courante, pour une organisation démocratique comme la FFQ, particulièrement lors d’un débat présentant un tel intérêt public ? Nous n’avons aucune raison de douter des témoignages que nous avons reçus. Et contrairement à ce que vous dites, nous sommes allées aux informations. En fait, nous nous sommes adressées à des militantes de la base plutôt qu’aux porte-parole officielles, ces dernières ayant déjà exprimé leur point de vue par voie de communiqué.
Des insinuations plus ou moins hargneuses, disiez-vous, Madame David, que je n’ai pas l’honneur de connaître. Pourtant, l’article de Yolande Geadah confirme beaucoup plus que ces supposées insinuations. Il semble que le processus ait été biaisé dès le départ en faveur du groupe que vous appuyez, et comme par hasard, c’est vous qui avez animé cette tournée de formation. Formation à quoi ? À accepter la prostitution comme un métier normal, ordinaire ? Il y aurait eu un peu de lavage de cerveau dans tout ça que personne ne s’en étonnerait.
J’ai lu tous les articles et les commentaires dans le forum. Je trouve bien curieux qu’on ait toujours tendance, chez les femmes, à commander le respect de tous les points de vue aussitôt que ces points de vue divergent. N’êtes-vous pas capables d’accepter les divergences d’opinion sans les considérer comme des attaques ou du non respect ? Ou s’agit-il d’une attitude québécoise qu’un maudit Français ne peut pas comprendre ? Florent B.
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