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mercredi 18 mai 2005

Maisonneuve et Radio-Canada très à l’écoute du Forum XXX

par Micheline Carrier






Écrits d'Élaine Audet



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Les médias, on le sait, éprouvent une sorte de fascination pour toute question touchant le sexe et font preuve d’une complaisance, qui va parfois jusqu’à la malhonnêteté, devant le discours banalisant la prostitution. L’émission "Maisonneuve en direct", à la radio de Radio-Canada, en a donné un nouvel exemple, le 18 mai.

Pierre Maisonneuve n’est pas le premier venu. Il est un journaliste expérimenté, qui connaît généralement tous les aspects des sujets qu’il traite et qui ne s’en laisse pas conter par ses invité-es. Cette fois-ci, il avait laissé ses connaissances et son sens critique au vestiaire pour écouter sans sourciller les belles histoires que lui racontaient ses deux invitées, Mme Claire Thiboutot, directrice générale du groupe Stella, et Mme Claudette Plumey du groupe suisse ASPASIE. L’animateur a tout de même eu un éclair de lucidité, à un certain moment, en s’exclamant qu’elles semblaient lui faire "la description d’un sort enviable". Mais ce moment de lucidité n’a pas eu de suite.

L’amorce de l’émission relevait d’une distorsion de la réalité qui augurait de la suite. « Le plus vieux métier du monde, prostituée, diront les uns ou les autres, certains pour condamner, pour réclamer une répression de plus en plus vive, d’autres pour réclamer une reconnaissance, surtout une décriminalisation ou une légalisation des travailleuses du sexe ». Premièrement, la prostitution n’est pas le "plus vieux métier du monde", mais elle en est sûrement l’une des plus vieilles formes d’exploitation des femmes. Les plus vieux métiers sont sans doute ceux de sage-femme et de cueilleur/cueilleuse. La prostitution s’est développée au sein des sociétés marchandes et patriarcales et elle n’est pas inévitable.

Deuxièmement, M. Maisonneuve sait pertinemment, ou devrait le savoir car il en est informé, qu’il existe une autre position, majoritaire même, que les deux seules antagonistes qu’il a énoncées. Cette position demande à la fois la décriminalisation des personnes prostituées et la criminalisation du proxénétisme et des prostitueurs, ces derniers étant les moteurs de l’industrie du sexe. La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), ainsi que les nombreuses collaboratrices/teurs de Sisyphe qui ont écrit sur la prostitution, s’inscrivent dans ce courant. Je pense que c’est également le cas de la majorité silencieuse qui, par définition, ne s’exprime pas sur la place publique et n’intéresse pas non plus les médias. Mais cela fait plus médiatique de polariser les points de vue, de faire croire qu’il y a les personnes très répressives d’un côté et les non répressives ou "libérales" de l’autre.

Pierre Maisonneuve sait que le programme Initiative fédérale de lutte contre le sida a accordé 270 000$ au Forum XXX pour d’autres fins que cette lutte. Mais il ne pose aucune question quand Claire Thiboutot prétend, à présent que Sisyphe a révélé le fait, que le Forum XXX se penchera sur la question de la pandémie du VIH/sida (1). Peut-être pour un atelier, mais cela justifie-t-il une subvention de 270 000$ ? aurait pu demander un journaliste critique et soucieux d’informer. Mais ne troublons pas le ronron de cette entrevue.

D’un ton qui en dit long sur sa désapprobation, M. Maisonneuve parle de "l’état des esprits au Québec" en faisant allusion aux revendications des citoyens qui s’opposent à la prostitution de rue. Comme si ces revendications n’étaient pas légitimes. Comme s’il n’était pas normal de vouloir la paix dans son environnement immédiat et que les enfants soient protégés de tout ce qui est lié de près ou de loin à l’industrie du sexe. Je voudrais bien voir ce que dirait Pierre Maisonneuve si un groupe de femmes prostituées choisissaient sa rue pour faire le trottoir et qu’il n’avait d’autre choix que d’admirer le spectacle du va-et-vient des prostitueurs qui négocient des "passes" devant sa porte. C’est la réalité de plusieurs citoyen-nes de Montréal qui n’ont pas les moyens d’habiter les beaux quartiers mais qui devraient au moins avoir le droit de vivre dans un endroit paisible, sans se voir imposer la prostitution comme métier devant chez eux.

M. Maisonneuve demande à ses deux invitées ce qu’elles pensent du point de vue selon lequel la prostitution est l’exploitation des femmes. À quelle réponse peut-il s’attendre de deux personnes qui considèrent la prostitution comme un métier, au même titre que les professions de secrétaire, vendeuse, infirmière (peut-être mieux payé) ? Il aurait pu inviter la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) à répondre à cette question, ce qui aurait donné un éclairage différent sur le sujet et informé davantage son auditoire. Pour la porte-parole d’ASPASIE, toutefois, la prostitution n’est pas un métier comme un autre et il ne faut pas s’imaginer que toutes les prostituées en font librement le choix. Tiens, tiens. Une fausse note dans le discours sur la prostitution banalisée. Mais l’animateur ne saisit pas l’occasion d’aller plus loin, laissant Claire Thiboutot prétendre que la prostitution est une fatalité : la prostitution est une réalité, il faut être pragmatique, c’est un contrat à court terme mais contre de l’argent, comme le mariage est un contrat, il faut appliquer le droit du travail à la prostitution comme tout autre métier. Et il y a des femmes clientes, a-t-elle répété à deux reprises. Vous saisissez l’astuce ? Il y a des femmes clientes, taisez-vous les féministes "pas fines" qui voient dans la prostitution des rapports sociaux de sexe. Et bienvenue aux femmes, peut-être ?

Protection du proxénète ? Pas besoin, si la police remplace le proxénète en protégeant les prostituées. C’est la seule allusion à la violence dans la prostitution - la porte était grande ouverte et l’animateur n’a pas su poser une seule question sur la violence inhérente au "métier de prostitution". Vraiment, il était bien résolu à aider ses invitées à promouvoir leur cause. Il a fait allusion à mots couverts (surtout pas nommer cette "chose"…) à la traite des femmes à des fins de prostitution, en abordant la question des migrantes. La directrice générale de Stella a affirmé qu’il existait des femmes qui venaient clandestinement au pays avec l’aide de "passeurs", mais que, franchement, elles n’étaient pas forcées de s’engager dans l’industrie du sexe... Des réseaux de trafiquants, cela ne se vérifie pas ici, a déclaré Claire Thiboutot, sans que l’animateur ne bronche devant une telle dénégation. (Le ministre de la Justice du Canada semble penser autrement puisqu’il vient de déposer un projet de loi contre la traite des personnes). Tout ce que les médias ont révélé sur les danseuses dites exotiques et Immigration Canada, c’est donc faux. Ce que les recherches indiquent, c’est faux aussi. L’animateur aurait eu une femme ou un homme politique devant lui, ou encore une féministe, et il les aurait confronté-es aux faits, comme tout journaliste digne de ce nom devrait le faire. La porte-parole suisse, qui a vanté le modèle de prostitution de son pays, a pourtant admis que les femmes "d’ailleurs y cassent le marché".

Claire Thiboutot dit qu’on s’ennuie du "red light" au Québec - « Vous ne trouvez pas ? », demande-t-elle à Pierre Maisonneuve. Ce serait la raison du succès populaire des films (Monica La Mitraille, Alys Robi, etc.) qui y font référence. Et sa consoeur suisse, voyant l’émission tirer à sa fin, se hâte d’apporter l’argument massue qui vous flatte l’homme dans le sens que vous savez : « Si on supprime la prostitution, qu’arrivera-t-il à tous ces messieurs qui viennent nous voir ? », demande-t-elle. Pierre Maisonneuve demande : « Pourquoi vont-ils vous voir ? » La réponse de Claire Thiboutot : Justement, la société devrait se poser la question. C’est pour satisfaire leurs besoins sexuels, leur besoin de tendresse... « Qui satisfera leurs pulsions sexuelles ? », s’inquiète sa consoeur suisse. N’attendez pas ici de questions sur les rapports de pouvoir, ni sur une contradiction évidente dans le discours : si la protection de la police est si nécessaire, comme on l’a dit précédemment, les clients des femmes prostituées sont-ils vraiment de gros nounours doux et tendres qui n’ont besoin que d’être consolés par une maman, besoin de tendresse et de se satisfaire sexuellement (je dis "se satisfaire", dans le sens de l’article de Jacqueline Lynn sur ce site). Pourquoi n’y arrivent-ils pas seuls ou avec d’autres femmes dans des rapports autres que marchands ? (Voyons donc ! Quelle question impertinente !)

Du début de cette entrevue jusqu’au moment où l’animateur donne un "merci beaucoup" appuyé à ses invitées, le sens critique et la vérité des faits n’étaient pas au rendez-vous. Le sujet n’était d’ailleurs pas l’objet d’une tribune téléphonique, ce qui aurait peut-être trop révélé « l’état des esprits au Québec ». Taisez ces opinions divergentes qu’on ne saurait entendre. Une demi-heure de pure publicité gratuite pour l’industrie du sexe, non pas une émission d’information qui fait avancer la réflexion sur l’importante question sociale qu’est la prostitution. Il ne faut peut-être pas compter sur ce genre d’émission pour alimenter le débat sur le sujet. Et ce sera la même chose dans tous les médias qui parleront du Forum XXX tant on a peur de passer pour "ringard-e", "pogné-e" et moralisateur/trice en affirmant autre chose qu’une approbation complaisante devant le discours qu’impose l’industrie du sexe à la société, par l’entremise des médias, depuis dix ans.

On parle de la décriminalisation totale ou de la légalisation de la prostitution comme du seul moyen de protéger les personnes prostituées, ce qui est une imposture peu commune de la part des médias qui ont mission d’informer. Ils savent pertinemment que les faits démontrent le contraire dans les pays qui ont libéralisé cette industrie. La prostitution est déjà acceptée et promue, par la plupart des médias, comme un métier ordinaire, banal. Ces médias se font propagandistes de l’industrie du sexe, ignorant ou étouffant les nombreuses oppositions (2). Ensuite on s’étonne que, baignant dans une culture prostitutionnelle, les enfants s’essaient à la prostitution dans les cours d’école, les autobus scolaires et à bien d’autres endroits.

Notes


1. Les motifs de cette rencontre sont pourtant énoncés autrement dans les buts et le programme affichés sur le site du Forum XXX. Il s’agit de discuter des préoccupations et des grandes priorités du mouvement et, pour y participer, il faut remplir certaines conditions : "connaître les diverses réalités du travail du sexe ; reconnaître le travail du sexe comme une forme de travail ; être engagé-e ou vouloir s’engager dans la lutte pour la reconnaissance des droits des travailleuses et travailleurs du sexe ; être engagé-e ou vouloir s’engager dans la lutte pour la décriminalisation". Il n’est pas question d’expertise ou de préoccupation en matière de VIH/sida. Une brève mention dans les <http://www.chezstella.org/forumxxx/...> buts du forum concerne le développement de « nos capacités à faire face à l’épidémie du VIH/sida au Canada mais aussi ailleurs dans le monde ».
2. Ainsi, le sous-comité parlementaire sur le racolage mis sur pied par le ministère de la Justice du Canada a entendu de nombreux témoignages qui démontrent une forte opposition à la reconnaissance de la prostitution comme métier et qui demandent la décriminalisation des personnes prostituées, mais la criminalisation des proxénètes et des clients. D’autres groupes, sans présenter de mémoire au sous-comité, ont néanmoins exprimé une position similaire ailleurs. Des groupes qui luttent depuis longtemps contre la violence envers les femmes, tels que l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel (l’ACCCACS), qui s’est déclarée, lors de son congrès d’avril dernier, contre la décriminalisation totale de la prostitution, la Marche mondiale des femmes, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), récemment créée pour promouvoir une solution s’inspirant de l’expérience suédoise, de nombreux groupes d’intervention sur le terrain, tels que le Projet d’intervention prostitution Québec, Street Outreach de Toronto, Prostitution Awareness Fondation d’Edmonton, des organisations charitables qui, à l’instar de l’Armée du salut, travaillent auprès des personnes prostituées de puis des décennies, des chercheur-es comme Yolande Geadah, auteure de « La prostitution un métier comme un autre ? », Aurélie Lebrun et Lyne Kurzman du Projet de recherche sur le trafic des femmes au Québec à l’UQAM, l’anthropologue Rose Dufour, auteure de « Je vous salue…Le point zéro de la prostitution » qui donne la parole à des femmes prostituées, Richard Poulin, auteur de « La mondialisation des industries du sexe », Janice Raymond de la Coalition internationale contre le trafic des femmes (CATW), Melissa Farley de Prostitution Research and Education, Jacqueline Lynn à propos des Amérindiennes, Gunilla Ekberg, représentante du gouvernement suédois, les nombreux services municipaux, provinciaux, fédéraux, les services de santé et les services sociaux qui luttent pour la réinsertion des femmes prostituées, etc. Les médias ne reflètent donc pas les principaux courants sur la question de la prostitution.

- Pour écouter l’entrevue : Maisonneuve en direct.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 18 mai 2005.


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Micheline Carrier
Sisyphe

Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet.



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  • Même traitement lors d’une émission à Vancouver
    19 juin 2005 , par   [retour au début des forums]

    Stella was interviewed on CBC for a very long interview with at least three of the members including the director and the woman who coordinated the XXX Forum. This was the response from the Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter.

    Date : Tue, 07 Jun 2005 15:01:27 -0700
    From : Suzanne Jay
    <suzannej@rapereliefshelter.bc.ca>
    Subject : interview with Stella
    To : soundslikecanada@cbc.ca

    Dear Producer of Sounds Like Canada,

    I found the interview with the Stella group shockingly sloppy. The host failed to interfere with the insulting and defamatory comments of the Stella guests when she invited them to speak about feminists who disagree with their promotion of sex work. I note that the Stella guests also avoided addressing the considered and carefully developed positions that feminists have taken about the promotion of prostitution. Not one of my co-workers in any centre in Canada would demean a woman by calling her or considering her "a vegetable" or imply that a prostituted woman is "less than human" or "incapable of thought" no matter how much we disagree with her ideas, actions or political positions. An apology to feminists is in order from the host who allowed this kind of comment to pass unchallenged.

    I expect that the producers of Sounds Like Canada will be far more diligent in the future when looking at the issue of prostitution. Another step in correcting the mistake is to interview representatives from La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) in Quebec.

    How to understand and deal with the phenomenon of prostitution is a debate that is going on across Canada and around the world. Your team on the show must have known that a federal justice subcommittee is preparing to make recommendations about the current laws on solicitation after months of travelling across Canada and hearing submissions about the matter. Whatever conclusions we draw and whatever actions we as a society decide to take will have an impact on all women in Canada and around the globe. How a national radio show approaches such an important issue when people are looking for information and careful opinion will matter. The audience of Sounds Like Canada deserve a much more intelligent level of discussion and consideration than they got today with the Stella speakers.

    La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) est un regroupement d’organismes et de personnes qui propose une alternative au discours de banalisation et de légitimation de la prostitution que tient l’industrie du sexe.

    A contact e-mail for La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) is la_cles@yahoo.com

    Sincerely,
    Suzanne Jay
    Vancouver Rape Relief and Women’s Shelter

    Le Forum XXX au téléjounal de LCN
    24 mai 2005 , par   [retour au début des forums]

    La chaîne LCN a aussi de son côté rapporté l’événement au téléjournal, le 21 mai 2005. Nous avons vu les images de femmes prostituées en liesse d’être rassemblées lors de ce fameux
    forum XXX (lettres symbole de la porno d’ailleurs) sur ce supposé
    « métier », « plus vieux métier du monde » ou encore, « métier comme un
    autre », comme on voudrait bien nous le faire croire.

    Encore une autre forme de complaisance des médias. Ce n’est pas parce
    que ces femmes justifient la prostitution (s’autojustifient en
    fait... que peuvent-elles dire d’autre ?) que les journalistes doivent
    y faire écho. Qui s’est avisé, par exemple, de demander combien de
    femmes prostituées le groupe Stella, organisateur de ce forum,
    représente-t-il ? Une infime minorité sans doute. En effet, qui parle au nom des Jade, des Sylviane et des autres qui conçoivent la prostitution comme une voie de destruction sans issue (articles sur ce site) ?

    La prostitution n’est pas un métier, encore moins un métier comme un
    autre. La consommation du corps (marchandisé) des femmes ne cesse de
    croître et de tels événements ne servent qu’à camouffler l’essence
    même du rapport social qui favorise son existence. Il est
    significatif que leurs revendications portent sur la
    décriminalisation de la prostitution plutôt que sur la demande d’une
    aide collective pour lutter contre la prostitution et aider celles
    qui veulent en sortir. Elles ne remettent pas en question le rapport
    social fondamental sur lequel repose la prostitution, soit
    l’exploitation d’une classe de personnes, ne voyant dans la
    prostitution qu’une transaction financière, comme le fait le société
    néolibérale moderne.

    Mes recherches sur la sexualisation des jeunes filles montrent que
    cette culture prostitutionnelle est relayée par Internet et par les
    industries de la mode, du ’dance’ et de la consommation. Les adultes
    découvrent, s’étonnent et s’offusquent aujourd’hui de ce phénomène dont ont fait état de nombreux reportages ces derniers temps. Pourtant, banaliser la prostitution s’inscrit dans la même logique que la sexualisation précoce, mais à l’autre extrême du continuum de l’aliénation de soi.

    Comment ne pas être troublée par la concomittance de ces deux
    phénomènes ? La banalisation de l’un n’est pas plus acceptable que
    celle de l’autre.

    Empowerment des femmes face aux pimps
    21 mai 2005 , par   [retour au début des forums]

    Une loi adoptée hier au Nevada va dans le sens d’un empowerment des femmes face aux proxénètes. En effet, il ne sera plus nécessaire, dans cet État, d’ajouter au témoignage d’une personne prostituée la corroboration d’une tierce partie pour valider la dénonciation d’un proxénète.

    Un élément de plus à démentir la "tendance" à la décriminalisation mur à mur des privilèges masculins en matière d’exploitation sexuelle.

    Martin, 19 mai

    Référence : http://www.local6.com/news/4506548/detail.html

    Nevada Governor Signs ’Anti-Pimp’ Bill
    POSTED : 7:41 am EDT May 19, 2005

    CARSON CITY, Nev. — A bill to make it easier to prosecute pimps and panderers was signed into law Wednesday by Nevada Gov. Kenny Guinn.

    AB470, dubbed the "anti-pimp bill," removes a requirement that an act of prostitution or pimping be corroborated by a third party to prove guilt. With the new law, a pimp can be prosecuted based solely on the word of the prostitute. (...)

    Prostitution, non-pouvoir des femmes
    21 mai 2005 , par   [retour au début des forums]

    « La prostitution est le paroxysme du non-pouvoir d’une femme sur elle-même. Sur son corps, son affectivité, sa vie. La femme marchandise, chosifiée, est vendue au plus offrant, au plus truand. Souteneur ou bande organisée. En France, des dizaines de milliers de femmes, des centaines de milliers dans le monde, sont ainsi livrées au pire des destins. Faire de son sexe l’objet de l’échange argent-plaisir n’est jamais, quoi qu’on dise, librement consenti. Un rapport de forces socio-économiques qui anéantit toute liberté est omniprésent ». (Gisèle Halimi, Le Devoir, 1 août 2002).

    L’état des esprits au Québec ?
    21 mai 2005 , par   [retour au début des forums]

    Sur votre site, il y a ça :

    "Une trentaine de personnalités demandent la décriminalisation des personnes prostituées, mais non de la prostitution".

    C"est pas juste des personnalités, y a pas moins d’une cinquantaine d’autres noms.

    C’est-y à ça que Pierre Maisonneuve fait allusion quand il parle de "l’état des esprits au Québec" ou bien de la propagande joyeuse qu’entretiennent des émissions comme la sienne sur la prostitution qui a l’air un ben beau métier si on écoute ses invitées. Tout homme que je suis je veux pas de leurs services parce que ce qu’elles font, c’est de nuire à toutes celles qui sont dans la misère et voudraient quitter la prostitution, en faisant accroire que c’est un bon travail que la majorité choisissent. Je le dis, c’est elles qui nuissent aux prostituées, c’est pas celles qui s’opposent à la prostitution. Je voudrais pas que ma fille et mes deux petites-filles aboutissent dans ça ni que mon neveu (j’ai pas de gars) devienne un pimp. J’ai plus d’ambition pour eux.

    Vous m’excuserez de pas mettre mon adresse ici la dernière fois que je l’ai mis dans des discussions sur Internet, j’ai eu des propositions.

    Jean-Marc Berthiaume

    Toute vérité est bonne à dire
    20 mai 2005 , par   [retour au début des forums]

    Lire ce témoignage. Et la réponse que lui a fait une autre jeune femme. Elles ne tiennent pas le même discours que celui qu’on a entendu à l’émission de M. Maisonneuve. Mais veut-on vraiment les entendre ?

    « Je te remercie Sylviane pour ta sincérité. J’ai écrit il y a quelques jours mes questionnements concernant justement la liberté de choix. J’ai aussi fait de la prostitution pendant 9 ans. Et ce qui me choque, c’est que ce sont souvent les prostituées qui veulent légaliser la prostitution qu’on entend le plus, parce que les autres, elles ont souvent trop peur, trop honte, pour dire ce qui en est pour vrai. Si à l’époque j’ai cru que c’était un métier comme un autre, il m’arrive de penser que c’était probablement pour me faire avaler la pilule à moi-même et me rendre ça plus acceptable à mes propres yeux. Ça ne fait pas très longtemps même, que j’en ai parlé. Depuis que je suis sortie du milieu, j’en avais jamais reparlé, même aux plus proches de moi, par honte. Si c’était un métier comme un autre, il me semble que j’aurais fais un autre choix. Je n’avais pas de pimp mais je louais des chambres de passe où la dope coulait à souhait et où il y avait tout de même une certaine protection...enfin. Mes amies, elles, ne croyaient pas non plus que c’était un métier comme un autre et elles ont tout fait pour s’en sortir. Malheureusement, toutes n’ont pas réussies et une en est morte. Sans tomber dans la culpabilisation à outrance et dans le jugement de ce que l’on a fait comme "supposé choix", et en ce sens j’utiliserais un autre mot que moralité, je crois de plus en plus que ce n’était pas un choix de se prostituer mais, et que si j’avais eu un réel choix, ce n’est certes pas ce que j’aurais fait de ma vie. Mais comme toi, le besoin d’attention, d’amour et de tendresse, la ferme conviction que seul ce milieu pouvait me prendre comme j’étais, me comprendre, m’aimer, et plus tard le besoin de dope pour geler le tout, tout ça m’a amené tranquillement à faire tout ce que l’on voulait que je fasse.

    Je n’ai pas subi de violence d’un pimp, mais j’ai dû me livrer à toutes sortes de bassesses pour la dope, pour un peu d’amour. Et puis la violence, ce sont les clients qui me l’ont fait vivre. Alors, nier le pouvoir que les clients ont, nier la violence qui est faite aux prostituées, raconter des histoires du genre que la prostitution empêche les hommes de violer et autres sornettes du genre, ce ne sont que des histoires pour nous faire avaler la pilule, et en fait, de plus en plus je me demande si bien malgré nous, nous avons joué le jeu de la promotion de la prostitution au grand plaisir des clients, des pimps et des pushers, majoritairement des hommes. De la même façon que ce sont les femmes qui promouvoient dans certains pays d’Afrique l’excision. Les hommes n’ont même plus à le faire. Et comme je le disais dans un autre message, si c’était si valorisant que ça, n’y aurait-il pas plus d’hommes qui feraient ce métier ? Ça m’aura pris presque 15 ans pour sortir de mon mutisme et pour réaliser que finalement, je vivais dans un monde de violence et que je subissais une forme d’esclavage en pensant que la seule chose que je pouvais donner, et pardonnez-moi mon ton un peu cru, c’était mon cul ! Marie »

    Réaction au texte de Mme Carrier
    20 mai 2005 , par   [retour au début des forums]

    Madame

    Je m’appelle Agnès Connat et j’ai beaucoup milité dans mon quartier du Centre Sud dans le dossier de la prostitution de rue qui nuit tellement à notre quartier.
    C’est avec une certaine émotion que j’ai lu votre article et je rejoins votre point de vue à 100%. J’ai eu l’occasion avec l’association des Rsidants de mon quartier de déposer un mèmoire à la commission parlementaire sur le projet de décriminalisation de la prostitution. Ce projet m’inquiète au plus au point. Et comme vous le dite si bien dans votre article la complaisance des médias est incroyable. Mais il n’y a pas que les médias qui sont complaisants, à preuve, ce spectacle désolant Je ne sais pas si vous êtes comme moi qui dans le cadre du festival de Théâtre des Amérique invite les spectateurs à déambuler dans notre quartier pour vivre la réalité de la prostitution de rue, et je cite,

    Et quand tu sais regarder les hommes au volant, tu vois bien le désir du chasseur prêt à saisir sa proie. Si tu te prêtes au jeu, tu verras que la rue est un théâtre et que le monde des travailleuses du sexe du quartier Centre-Sud égale en trouble et en malaise les fictions les plus dérangeantes.

    Ce festival est financé par tous les paliers de gouvernement et tousirsme Montréal. Je n"ai entendu aucun de nos élus locaux réagir pour dénoncer le fait que les résidantes du quartiers sont transformées en actrices d’un spectacle de rue. En effet, c’est bien le sujet puisque les spectateurs déambulent casque au oreille à travers les parcs et les rues du Centre Sud à la recherche de sensations fortes.

    J’espère que votre voix sera entendue et que ensemble nous réussirons à faire changer le discours.

    • Stella impose sa loi
      25 mai 2005 , par
        [retour au début des forums]

      Vendredi, le 20 mai dernier, se tenait à l’UQAM une journée de sensibilisation sur la sexualisation des filles, organisée par le Y des femmes et le Centre des femmes de l’UQAM.

      Stella a refusé - comme si c’était son droit - que cette journée se tienne dans la salle à côté de celle où se déroulait les activités du Forum XXX parce que ces dames ne voulaient pas se trouver à proximité de Richard Poulin, l’un des conférenciers de cette journée de sensibilisation. Et l’UQAM a obtempéré et donné satisfaction à Stella (cela en dit long sur les "accointances"). Les organisatrices de la journée de sensibilisation ont elles-mêmes fait état de ce fait publiquement et elles ont transporté leurs pénates dans un autre local, plus grand, pour les 225 personnes qui ont assisté à cette activité. Mais la taille du local n’avait rien à voir avec le déplacement. (En passant, les participantes de la journée de sensibilisation ont-elles fait le lien entre la sexualisation des femmes et des filles, dans les médias et ailleurs, et la banalisation de la prostitution ?)

      Stella a le pouvoir de choisir et d’imposer ses choix. À l’émission « Les Affaires et la vie », les porte-parole du groupe n’ont pas voulu participer parce que ... Richard Poulin y était aussi invité. On comprend que Stella ne veuille pas s’exposer à voir ses affirmations réfutées par Richard Poulin, dont l’ouvrage, « La mondialisation des industries du sexe », révèle une toute autre réalité que celle à laquelle veulent nous faire croire celles qui demandent de décriminaliser les clients prostitueurs et les proxénètes.

      Peut-être les porte-parole de Stella ont-elles posé des conditions pour obtenir près d’une demi-heure, seules, à débiter leur propagande sans contre-partie critique, à l’émission de Radio-Canada, « Maisonneuve en direct ». Et à d’autres médias ?

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