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vendredi 3 mars 2006

Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes

par Richard Poulin et Amélie Laprade



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Nombril à l’air, mini-débardeurs, string dépassant de leur jean taille basse, elles ont sept, neuf, douze ou quatorze ans. Proies idéales des marchands de la mode, elles apprennent à séduire par la mise en valeur sexuelle de leur être. Elles se transforment ou sont transformées en nymphettes et en mini-femmes fatales. Les parents sont dépassés ou complices. Les marques de vêtements accentuent cette érotisation. Les jeunes filles disposent aujourd’hui de magasins et de marques spécialisés (Jennyfer, Tammy by Etam, NoBoys, pour les plus courantes, Lulu Castagnette ou Miss LM pour les plus « lolitesques »). De nouvelles lignes XXS mettent en avant les attributs encore inexistants des fillettes. Elles sont transformées en objet de désir, alors qu’elles n’ont pas encore les moyens d’être sujets de désir. Elles deviennent prisonnières du regard de l’autre pour exister. Les fillettes s’exposent et se forgent une idée de la sexualité et de l’amour centrée sur le sexe et la consommation. Les adultes qui abhorrent les pédophiles donnent pourtant à voir leurs enfants comme des objets sexuels. Les enfants érotisés, qui risquent de devenir des enfants consommables, des enfants marchandises sexuelles, sont également des consommateurs de pornographie.

Ces tendances sociales commencent à effrayer. Les réactions se multiplient. On se préoccupe de la sexualisation précoce des fillettes et s’inquiète de plus en plus de l’influence de la pornographie sur les jeunes et le développement de leur sexualité. Les chercheurs aux prises avec des enfants ayant des comportements sexuels d’adulte commencent à développer des programmes d’intervention pour leur venir en aide. Mélanie M. Gagnon, doctorante au département de psychologie de l’Université de Montréal, qui participe à la mise sur pied d’un tel programme en Outaouais, explique : « Dans les cours d’écoles, des enfants âgés de six à douze ans procèdent à des attouchements sexuels sur d’autres garçons et filles. Ces attouchements vont jusqu’à la sodomie. »

La pornographisation

Des magazines à la publicité, de la télévision à Internet, des films aux images fixes, la société actuelle subit un « vacarme sexuel » assourdissant ainsi qu’une banalisation de la pornographie et du sexe-marchandise (1). Nous sommes dans une ère de perpétuelle provocation érotique, d’une sollicitation sexuelle permanente. L’époque n’est plus à la suggestion, mais plutôt à l’exhibition et à l’ordonnance de normes à suivre. Pour être bien dans sa peau et dans sa vie, pour être in et échapper à la ringardise, qui semble menacer tout un chacun et qui est l’une des grandes hantises des jeunes et des moins jeunes, il faut adopter de nouvelles pratiques sexuelles et consommer les produits de l’industrie du sexe : films, gadgets sexuels, etc. Il faut oser tout essayer et apprendre à aimer la sodomie, l’éjaculation faciale, la double ou triple pénétration, le triolisme, l’échangisme, etc.

Même les magazines pour femmes et pour adolescentes multiplient les dossiers racoleurs et les conseils prosélytes : « Poser nu, pourquoi pas vous ? », « Poser pour Playboy, oui c’est possible » (Le Mag des castings, juillet-août 2005), « Fantasmes, tabous, j’ose tout » (Bien dans ma vie !, été 2005), « Faut qu’ça fesse ! » (Femme d’aujourd’hui, été 2005). Les informations sur l’art de pratiquer la sodomie, la fellation, etc., et les tests du type « Quelle bête de sexe êtes-vous ? » ou encore « Êtes-vous une véritable braise ou un vrai glaçon ? (2) » sont désormais légion. Se multiplient les reportages complaisants sur les stars pornographiques, les personnes prostituées heureuses de l’être et les industries du sexe. Les gadgets vendus dans les sex-shops sont testés et cotés par des magazines féminins et font l’objet d’une promotion accrocheuse.

Les médias véhiculent un message sur la sexualité qui est loin d’être subtil. En substance, il dit ceci : presque tout le monde a une vie sexuelle fascinante et variée, sauf vous. Adoptez d’autres positions sexuelles, apprenez à aimer les actes sexuels vus dans la pornographie, amusez-vous avec les gadgets sexuels, vous connaîtrez l’épanouissement sexuel et, par conséquent, l’épanouissement personnel.

Sur la toile, le sexe est envahissant : environ 70% du contenu du Web concerne le sexe ou est lié au sexe. Les sites pornographiques y sont de plus en plus nombreux. Si l’on en croit une étude menée en 2004 par la N2H2, une société américaine spécialisée dans le filtrage de contenus sur le réseau, le nombre de pages pornographiques sur le Web est estimé à 260 millions, soit 1 800 fois de plus que cinq ans plus tôt. L’industrie du divertissement pour adultes génère plus de 10% de tout le trafic Internet dans le monde, soit quelque 3 à 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an, et 25% de la recherche en ligne concernent des sites au contenu pornographique.

Ce qui est nouveau depuis les années quatre-vingt-dix, c’est la « pornographisation », c’est-à-dire le recyclage d’archétypes pornographiques dans la publicité, la littérature, la télévision, la presse écrite, la mode, les comportements sexuels, les fantasmes sexuels, etc.

La pornographie, qui est une industrie massivement diffusée, s’ébat, avec succès, hors de son ghetto, en proposant ses normes sexuelles. Aussi, des magazines comme Vingt ans en France (dont le lectorat a en réalité seize ans), font écho à l’imagerie pornographique et la normalisent incroyablement. Un test dudit magazine range dans trois catégories les lectrices : « 1° La super extra-salope : « C’est bien, tu vas peut-être un peu loin, mais tu as de l’humour » ; 2° La salope normale : « Tu es fille de ton temps, moderne, c’est bien : tu as des aventures et un peu de sentiment, mais tu ne te laisserais pas avoir par ton mec s’il faisait la même chose » ; 3° La ringarde, le dinosaure présoixante-huitard. » La journaliste du magazine féminin donne ses conseils. Si la jeune fille n’entre pas dans les deux premières catégories majoritaires, c’est qu’elle est coincée. Ce prosélytisme rudimentaire - car c’est de cela qu’il s’agit - est basé sur l’ordonnance de nouvelles normes à suivre, lesdites normes étant étroitement liées à l’imagerie pornographique.

Au Québec, le magazine Adorable, dont le public est constitué d’adolescentes, joue dans le même créneau. En 2002, ce magazine avait dû retirer des kiosques son Guide 100% sexe (99 trucs coquins) pour pornographie « excessive », une « erreur de jugement », selon la direction du magazine. Il n’en poursuit pas moins sa campagne de normalisation pornographique. En octobre 2004, ce magazine « inspirant, glamour et tendance », qui bénéficie de subventions du gouvernement fédéral, notamment du Programme d’aide aux publications et du Fonds du Canada pour les magazines, présentent ses « idées sexy ». Il est proposé : « 1° Exhibez-vous dans Internet ! Pour celles d’entre vous qui ont une légère tendance exhibitionniste [...] le Web offre un thrill anonyme. 2° Instruisez-vous ! Lisez des histoires érotiques ou carrément débridées comme les romans du Marquis de Sade. En plus de vous stimuler [...] elles vous apporteront ce petit plus que certaines ont et que d’autres n’ont pas. 3° Visitez un sex-shop... » En encadré, les lectrices apprennent qu’il est « tout à fait normal [...] de vous habiller supersexy, de porter des talons hauts au lit, de faire l’amour les yeux bandés ». Un autre encadré intitulé « Quelques ajouts coquins dans vos ébats de couple » suggère « des fichus de soie pour lui attacher les mains et les pieds au lit ; des menottes ; un vibrateur mauve à tête de castor grignoteur [...] un ou une bel(le) inconnu(e) juste pour un soir ; un fouet ou un masque de cuir ».

Dans un autre article de la même livraison sur le « Féminisme vs pornographie, où en sommes-nous ? », la journaliste fait la promotion du « travail du sexe », de la pornographie, et donne la parole à un « directeur de casting de films porno », de la compagnie Productions Eromodel, qui explique que « les femmes sont ici pour leur bon plaisir et pour l’argent, bien entendu ». La livraison de juillet 2005 d’Adorable fait encore une fois l’éloge des gadgets sexuels trouvés en sex-shop, comme le Hustler Taboo (sangles pour attacher sa/son partenaire), de l’émission Hot-Parade, « une fiesta mensuelle pour adultes où on présente tout ce qui est hot et sexy sur la planète », propose une histoire du X et conseille le sexe express, accompagné d’« une panoplie de jouets sexuels ».

Il s’agit non seulement de « booster son plaisir » (Bien dans ma vie ! été 2005) et de croire que tout ce qui est pornographique est hot, mais surtout de réguler la sexualité féminine autour de l’idée de la performance sexuelle. Les femmes et les adolescentes doivent absolument vivre une sexualité épanouie (3). Cette dernière exige à la fois une connaissance technique du corps, sa mise en condition (si ce n’est sa transformation) et l’adoption de pratiques pornographiques : « Utilisez les sexy toys !  » (Isa, juillet 2003), « Et si je lui faisais un strip-tease ?  » (Bien dans ma vie ! , été 2005), « Sodomie 101 (4) : Passer par la porte d’en arrière », suivent les conseils pratiques : « Primo, s’ouvrir l’esprit ; Deuxio, s’ouvrir le corps... » (Femmes d’aujourd’hui, été 2005).

« La place accordée aux rubriques ayant explicitement l’activité sexuelle pour sujet dans la presse féminine [...] et l’exposé fréquent des normes destinées à réguler cette activité tendent ainsi à poser un impératif érotique (5) ». Celles qui n’embarquent pas sont coincées, elles sont simplement out, et finissent par se sentir coupables de ne pas fonctionner selon les normes promues. La sexualité est aussi omniprésente dans la plupart des magazines pour les adolescentes. « Elle est souvent suggérée aux ados comme moyen d’obtenir autre chose (6). »

L’hypersexualisation des jeunes filles va de pair avec la pornographisation des codes sociaux. La pornographie modélise les conduites sexuelles, et au-delà du sexe, les comportements des femmes et des hommes. Elle fait la promotion de certaines pratiques sexuelles et donne à voir ce qui serait l’essence même du féminin et du masculin.

La pornographie affecte la culture en profondeur. Elle est à ce point importante qu’elle est, pour un nombre important de personnes, le lieu principal d’éducation sexuelle, du moins si l’on se fie à un sondage mené par le Kinsey Institute en 2004. Ce sondage révèle que 86% des répondants croient que la pornographie peut éduquer les gens et 68% pensent qu’elle permet une attitude plus ouverte sur la sexualité, y compris sa propre sexualité. Plusieurs hommes, particulièrement les plus jeunes, pensent que la pornographie permet de savoir ce que les femmes désirent et espèrent d’un rapport sexuel (7). À ce niveau, notre pré-enquête auprès d’étudiant-es universitaires corrobore ces données (8) :

Tableau 1

La majorité des répondant-es (hommes ou femmes) croient que les images pornographiques peuvent influencer leur sexualité. On y retrouve une proportion légèrement plus élevée de garçons que de filles (68,2% contre 53,8%) en accord avec cet énoncé.

Nous observons encore une fois qu’une majorité de répondant-es affirment que les images pornographiques peuvent inspirer leur vie sexuelle et leurs désirs ou fantasmes. Ici, une proportion légèrement plus élevée de filles que de garçons sont en accord avec ces énoncés. Sans doute est-ce là un effet de l’influence de la pornographisation sur les perceptions des jeunes face à leur vie sexuelle, et... sur leurs pratiques.

La pornographie infantilise les femmes et féminise les enfants.

Cette affirmation est au cœur même de la dynamique pornographique et de l’hypersexualisation des jeunes filles.

Une des techniques d’infantilisation (qui est apparue à la fin des années quatre-vingt) utilisée par la pornographie est l’épilation totale du pubis (acomoclitisme), comme si la femme mise en scène était d’âge prépubère. Cette technique a également pour fonction de mieux montrer les parties génitales, car la pornographie vise une « extrême visibilité » (9). Aujourd’hui, chez bon nombre de mes étudiantes de deuxième année universitaire, il est normal d’épiler le pubis. Pour des raisons d’hygiène, prétendent certaines, comme si le corps naturel de la femme était « sale ». Ce préjugé ne tombe pas du ciel, il suffit de regarder le nombre de publicités qui enjoignent les femmes de se laver, de se parfumer, de se « déodorer », de s’épiler, de tarir tout fluide émanant de leur corps, etc. Hier synonyme de sexualité chez les femmes, le poil pubien est désormais anti-érotique. Comme si la femme ne devait pas être une femme, mais se devait de rester fillette. De nos jours, les poils pubiens sont associés à la souillure, aux mauvaises odeurs. Le sexe glabre (ou presque) est une norme (10). En mai 1994, le magazine Vingt ans donnait déjà ses instructions pour l’épilation à la jeune fille qui, venant à peine d’achever sa puberté, se retrouvait à traquer ses poils pubiens.

Dans notre enquête, nous avons posé des questions sur les pratiques épilatoires. Les résultats sont très intéressants.

Graphique 1

La presque totalité des filles s’épilent le dessous des bras et les jambes, et 3 filles sur 4 s’épilent les parties génitales. Quant aux garçons, plus de la moitié d’entre eux s’épilent les parties génitales. Ces résultats démontrent que la consommation de la pornographie par les jeunes influence leur perception du corps (ce qui est esthétique ou non et ce qui est sain ou non) et interfère sur leur rapport au corps.

Les données illustrent la divergence d’opinion concernant l’épilation des parties génitales. Nous avons demandé aux étudiant-e-s si les filles et les garçons doivent s’épiler les parties génitales. Nous avons observé les plus grandes divergences d’opinion chez nos répondantes féminines. En fait, près de 60% d’entre elles croient que les filles devraient s’épiler en partie ou totalement les parties génitales. Lorsque nous leur demandons si les garçons doivent faire de même, la proportion diminue à 45%. Plus nombreuses sont les filles par rapport aux garçons qui s’opposent à l’épilation partielle ou totale des parties génitales chez les filles et chez les garçons.

Pour la Dre Franziska Baltzer, l’acomoclitisme est plus qu’à la mode, elle est la règle : « [À] la clinique, lorsque nous procédons à un examen gynécologique, nous sommes surpris lorsqu’une fille a encore du poil pubien ! C’est l’exception ! Ce phénomène date d’environ 3 ans. Il est apparu subitement et maintenant, tout le monde le fait. Aujourd’hui, il y a des filles qui se rasent le poil pubien aussitôt qu’il apparaît. Cette semaine, par exemple, j’ai vu une fille de 12 ans qui avait son poil pubien rasé. Il y en avait une autre, il y a environ 2 ou 3 semaines, qui avait dix ans et elle était rasée. Ce sont les mères qui amènent leurs filles pour se faire raser le poil pubien. La fille de 10 ou 12 ans ne sait certainement pas où aller [...] pour ce type d’épilation (11). »

Dans la pornographie actuelle, un pubis non épilé fait partie des bizarreries, au même titre que la zoophilie et l’ondinisme. Sur les sites pornographiques, cette catégorie est nommée « Hairy » en anglais et « Poilues » ou « Hirsutes » en français. Les marchands de pornographie constatent que les « cassettes de femmes poilues ne se vendent plus » (12).

L’amplification de la conscience du corps

Comme les danseuses nues du début des années quatre-vingt, les jeunes femmes d’aujourd’hui se font tatouer, percer, gonfler les seins et les lèvres de la bouche et, pour quelques-unes, supprimer les grandes lèvres du vagin (nymphoplastie).

Aux États-Unis, 30% des étudiantes ont le nombril percé. Aujourd’hui en France, on n’hésite plus à confier son nombril au bistouri : les opérations de plastie abdominale (12% des interventions) arrivent avant le lifting du visage (10%) et la correction du nez (8%), selon les Annales de la chirurgie plastique esthétique.

On estime que près de 4 000 augmentations du volume mammaire sont pratiquées annuellement au Québec. La RAMQ, pour sa part, reçoit entre 2 000 et 3 000 demandes par année. En 1999 aux États-Unis, 192 000 interventions pour des implants mammaires ont été pratiquées sur des femmes, soit 20% de toutes les interventions de chirurgie esthétique. Et, selon la Société américaine des chirurgiens plasticiens, entre 1992 et 1999, les implants mammaires ont augmenté de 413%. En 2003, sur un total de 8,3 millions d’interventions esthétiques (une augmentation de 293% par rapport à 1997), 7,2 millions ont été effectuées sur des femmes (87%). Selon l’American Society for Aesthetic Plastic Surgery (ASAPS), 220 000 personnes de moins de 18 ans auraient eu recours à la chirurgie plastique, soit une augmentation de 75 000 depuis l’an 2000. Les jeunes filles de moins de 18 ans optent principalement pour l’augmentation mammaire et les injections de Botox. Comme si les normes pornographiques leur pénétraient littéralement la peau.

Consommation

Selon l’enquête de Marzano et de Rozier (13), qui ont interrogé 300 adolescent-es français-es, 58% des garçons et 45% des filles ont vu leurs premières images pornographiques entre 8 et 13 ans ; 58% des garçons et 42% des filles de leur échantillon estiment que leur sexualité est influencée par la pornographie.

Notre enquête révèle que l’âge de la première consommation de porno est de 12 ans pour les filles et de 13 ans pour les garçons. Mais les jeunes ont pris connaissance de l’existence du porno à 10 ans pour les filles et à 12,5 ans pour les garçons. La majorité a consommé via 1° la télévision (75% des répondant-es), 2° Internet (50% des répondant-es), 3° ami(e)s (14% des répondant-es).

Toutefois, selon Réseau Éducation-Médias, plus de la moitié des jeunes Canadien-nes disent avoir tombé par hasard, en 2004, sur des sites pornographiques en se servant d’un moteur de recherche, lors d’une erreur de frappe, en tapant l’adresse d’un site, en cliquant sur un lien dans un courriel, une messagerie instantanée ou un bavardoir (chat room) ou en utilisant les logiciels de partage de fichiers qui véhiculent beaucoup d’images et de vidéos pornographiques facilement accessibles.

Dans notre pré-enquête, il semble y avoir un lien étroit entre l’âge de la prise de conscience de l’existence de la pornographie et sa consommation avec l’amplification de la conscience du corps mentionnée plus haut : plus l’âge est jeune, plus la proportion de répondants ayant un tatou ou un percing est élevé.

Que nous disent ces résultats ? Plus l’âge de la consommation de la pornographie est précoce, plus le corps sera transformé et emblématisé. Certes, notre enquête n’a pas de prétention scientifique, mais elle peut tout de même nous donner une piste intéressante pour une analyse plus approfondie de la question, surtout si elle se traduit dans une enquête nationale représentative de la population.

Conclusion

Sans prétendre que la pornographie modélise complètement leur sexualité, imaginer après cela que les enfants ne sont pas influencés par cette industrie relève de l’aveuglement. D’autant plus qu’aux stéréotypes sexuels véhiculés par la pornographie s’ajoute la pression médiatique qui normalise la pratique pornographique, qui hypersexualise les comportements et les corps, avant tout féminins, et qui féminise les enfants. On consomme de la pornographie de plus en plus jeune et ses codes physiques et sexuels se banalisent.

Les codes pornographiques et l’air du temps apprennent aux jeunes femmes et aux fillettes que leur corps doit nécessairement être transformé, mis en valeur, sexualisé, pour plaire et séduire, sinon leur valeur est faible ou nulle. Les jeunes hommes commencent aussi à subir des pressions pour transformer leur corps, mais ces pressions ne vont pas aussi loin que celles éprouvées par les filles (chirurgie plastique, gonflement des lèvres, etc.).

Les tendances actuelles de la mode, le discours des magazines féminins ainsi que la banalisation généralisées des industries du sexe agissent tous à leur façon sur la sexualisation des jeunes filles selon les codes pornographiques.

L’hypersexualisation, qui semble être à la fois leur avenir et l’étalon de leur réussite de séductrice, est également leur prison, leur nécessaire soumission aux désirs d’autrui, aux désirs masculins.

À moins que les résistances s’organisent.

  • Note de Sisyphe

    Dans Les meurtres en série et de masse, dynamique sociale et politique publié en mars 2009 aux Éditions Sisyphe (Montréal), les socioloques Richard Poulin et Yanick Dulong établissent un lien entre la consommation de la pornographie et ce genre de crimes. Pour de l’information sur ce livre, allez à cette page. En France, c’est la Librairie du Québec/DNM à Paris qui distribue ce livre. Votre libraire peut le commander pour vous chez ce distributeur dont voici les coordonnées :

    La Librairie du Québec/D.N.M.
    30 rue Gay Lussac
    75005 Paris
    +33 1 43 54 49 02
    Courriel : direction@librairieduquebec.fr

    Notes

    1. Plusieurs auteurs ont abordé ce problème, notamment Authier, Christian, Le nouvel ordre sexuel, Paris, Bartillat, 2002 ; Deleu, Xavier, Le consensus pornographique, Paris, Mango, 2002 ; Guyenot, Laurent, Le livre noir de l’industrie rose, Paris, Imago, 2000 ; Levy, Ariel, Female Chauvinist Pigs, New York, Free Press, 2005 ; Marzano, Michela, La pornographie ou l’épuisement du désir, Paris, Buchet-Chastel, 2003 ; Paul, Pamela, Pornified. How Pornography is Transforming our Lives, our Relationships, and our Families, New York, Times Book, 2005 ; Poulin, Richard, La mondialisation des industries du sexe, Ottawa, L’Interligne, 2004, Robert, Jocelyne, Le sexe en mal d’amour, Montréal, Éditions de l’Homme, 2005.
    2. Des menottes et une sorte de ceinture de « chasteté » en métal fermé par un cadenas sur un corps féminin illustrent ce dernier test proposé par Le Mag des castings (été 2005).
    3. Moulin, Caroline, Féminités adolescentes, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005. p. 44<.
    4. « 101 » est un chiffre qui renvoie au Québec au cours d’introduction à une matière.
    5. Giet, Sylvette, Soyez libres ! C’est un ordre. Le corps dans la presse féminine et masculine, Paris, Autrement, 2005, p. 101.
    6. Bouchard Natasha et Pierrette Bouchard, « La sexualisation précoce et la vulnérabilité des filles », dans Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard et Isabelle Boily, La sexualisation précoce des filles, Montréal, éditions Sisyphe, 2005, p. 16.
    7. Cité dans Paul, op. cit., p. 18.
    8. Un questionnaire a été diffusé dans deux cours universitaires ; il a été répondu par 88 étudiant-es. Le but initial de l’exercice était de vérifier la validité ou non des questions.
    9. Bonnet, Gérard, Défi à la pudeur, Paris, Albin Michel, 2003, p. 130.
    10. Ce phénomène est également à noter chez les hardeurs qui s’épilent en partie ou totalement la région du bas-ventre et du scrotum.
    11. Baltzer, Franziska, op. cit., p. 9.
    12. Deleu, op. cit. , p. 126.
    13. Marzano, Michela et Claude Rozier, Alice au pays du porno, Paris, Ramsey, 2005.

    Mis en ligne sur Sisyphe le 3 mars 2006

  • Suggestion de Sisyphe

    Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard et Isabelle Boily, La sexualisation précoce des filles, Montréal, les éditions Sisyphe, 2005. Voir information sur cette page. Vous pouvez aussi demander à votre libraire de commander ce livre pour vous. En Europe, on peut s’adresser à la Librairie du Québec à Paris : 30 rue Gay Lussac, 75005 Paris, +33 1 43 54 49 02

    Sujet lié : La mode hypersexualisée, par Mariette Julien, éditions Sisyphe 2010, 10$ + 2,50$ frais d’expédition. Voir ce site.

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    Richard Poulin et Amélie Laprade

    Richard Poulin est chercheur et sociologue à l’Université d’Ottawa. Amélie Laprade est sociologue et analyste de recherche à Santé Canada.



    Plan-Liens Forum

  • Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (1/13) 14 décembre 2012 , par Internaute

  • Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (2/13) 30 janvier 2012 , par jeunesse

  • Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (3/13) 6 février 2009 , par Gégoulde

  • Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (4/13) 30 septembre 2008 , par Sophie

  • > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (5/13) 20 mars 2008 , par Pierre

  • > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (6/13) 16 mars 2008 , par Miriam

    rép: Sisyphe
  • Très bonne analyse mais...
    (7/13) 30 novembre 2006 , par 100 % Shaved

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    (8/13) 22 août 2006 , par pierre thérond

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  • > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (9/13) 5 mai 2006 , par droit de l’enfant Océan indien

  • Libéralisme Sexuel
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  • >Le sexe, outil de la jeune fille moderne
    (11/13) 5 avril 2006 , par François

  • > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (12/13) 8 mars 2006 , par stef

  • > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    (13/13) 7 mars 2006 , par Viking

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  • Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    14 décembre 2012 , par Internaute   [retour au début des forums]

    Bonjour,

    La revue Artéfact a consacré un dossier fascinant sur cette thématique, d’ailleurs, si je m’en souviens bien, je crois qu’ils vous ont mentionné dans les références.

    En tout cas, je vous laisse découvrir le dossier au travers du lien que vous trouverez ci-dessous et je vous dis bravo pour cet article intéressant.

    http://issuu.com/revue-artefact/docs/artefact_2

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    Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    30 janvier 2012 , par jeunesse   [retour au début des forums]

    Je suis d’accord, la pornographie pervertit. Mais ça n’effacera pas les pervers de la Terre ! Depuis toujours, les films représentent la purge de nos émotions, cela parait évident lorsqu’il s’agit de pornographie... Je n’ai jamais encore entendu parler du fait que les films d’horreur poussaient a tuer...

    L’Homme est naturellement vicieux, mauvais car il pense avant tout a soi.

    Le problème avec la pornographie, c’est qu’on pense que les films sont censés donner une vision de la réalité, donner la frontière entre la normalité et la perversion. AU CONTRAIRE ! La pornographie permet de matérialiser une perversion de l’esprit, rien d’autre. Apres se pose le problème du tournage : cette matérialisation devient trèèèèèès matérielle pour les acteurs ; des personnes se font filmer en train de se faire violer...!

    Pour moi la limite de la perversion est le consentement mutuel. On atteint la perversion si une des personnes n’est pas consentante, après les gens font ce qu’il veulent !

    Et puis... Cette histoire d’épilation... on est d’accord pour dire que c’est abusé non ?

    [Répondre à ce message]

    Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    6 février 2009 , par Gégoulde   [retour au début des forums]

    Bonjour,
    merci pour cet article fort intéressant. Cependant il reste une question : si les marchands de pornos n’arrivent plus à vendre les cassettes catégorie "poilue", en quoi décident-ils de la tendance de la population à traquer le poil avec acharnement ?...

    [Répondre à ce message]

    Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    30 septembre 2008 , par Sophie   [retour au début des forums]
    Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes

    Bonjour. je vous écris pour vous dire que je suis totalement en désacord avec la partie qui dit que les filles se rasent le pubis à cause du porno. moi je me rase cette partie parce que quand je suis menstruée, le poil colle à la serviette et ça devient réellement inconfortable. De plus, le poil retient les odeurs et le goût (ca a l’air stupide mais c’est vrai). J’ai eu quelques aventures avec d’autres filles et effectivement ca pue et ca goute l’urine... Donc, selon moi, le fait de se raser est simplement une question de respect de soi et de son partenaire.

    [Répondre à ce message]

    > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    20 mars 2008 , par Pierre   [retour au début des forums]

    Merci beaucouip pour cette information très détaillée :P

    Vous nous falicité la tâche pour notre projet !

     :)

    [Répondre à ce message]

    > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    16 mars 2008 , par Miriam   [retour au début des forums]

    Tres Biien !!

    Je suis en secondaire 1 Et je fait un devoir sur L’Hypersexualisation.
    Ici j’ai trouver tout ce don j’avais besoin.
    Sa explique trees biien c’est quoi L’Hpersexualisation.

    Mercii !!! 8D

    [Répondre à ce message]

    Très bonne analyse mais...
    30 novembre 2006 , par 100 % Shaved   [retour au début des forums]

    Juste pour dire que l’article est très pertinent mais que je ne suis pas d’accord avec la partie sur l’épilation.

    Les gens ne s’épile pas à cause du porno. Dans certaine région comme le moyen orient et certains pays arabe, s’épiler le pubis est une pratique qui existe depuis des décennie et qui est preuve de bonne hygiene.

    De plus, l’épilation des parties (filles ou garçon) n’est pas faite que dans un but estéthique. pour ma part je trouve effectivement cela plus estétique mais je trouve aussi que les sensations de caresse sont bcp plus agréable la sensibilité est décupler. et quelle bonheur de faire des gaterie a sa femme toute épilé :) c’est bien plus agréable a faire dans ces condition qu’avec une "hairy" !. autre exemple, en me rasant sous les bras par exemple, je transpire moins. c’est un plus réel et c’est pour cela que je continu pas par conditionnement.

    tout ça pour dire que l’épilation des partie comporte selon moi de nombreux avantage et que sa généralisation bien que sans doute accentué par les film porno n’est pas selon moi une volonté de rajeunir les femmes. C’est plutôt une recherche d’esthétique, d’hygiène et de plaisir. D’ailleur ma femme qui prefere s’épiler n’a jamais regardé de porno.

    désolé pour le manque de structure du raisonnement mais j’ecris cette réponse en 5 min
    @+

    [Répondre à ce message]

    > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    22 août 2006 , par pierre thérond   [retour au début des forums]

    Dans une société, la libéralisation de la sexualité est toujours le signe d’un rétrécissement de la liberté de l’individu. Liberté sexuelle = danger pour nos démocraties ?

    [Répondre à ce message]

    > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    5 mai 2006 , par droit de l’enfant Océan indien   [retour au début des forums]

    Votre analyse interessante ne parle ni des effets en amont : contraceptifs IVG et normalisation des deux.
    1) Règles ou saignements menstruels ne sont pas la même chose
    2)qu’est ce que l’Amour, le couple ?
    3) Maturité des attraits et des sentiments
    4) Attente normale
    5) Aboutissement de l’Amour, dont la procréation
    6)les mystères de l’Amour dont le souhait de créer une famille
    7)la famille : sa force, le mariage
    8)l’indissolubilité du mariage dans et avec un caractère sacré.
    9)construction de la société, sa vie ...
    10)effets secondaires des contraceptifs sur les filles et les garçons.
    11)les dérives (possibles dans l’hypersexualisation, l’érotisation, la pornographie chez les jeunes) l’homosexualité qui rassure (soit à la suite de traumatismes de la petite enfance soit autres)...
    Dans les dictatures tout est fait en permanence pour empêcher le couple d’exister. Et lorsqu’il existe pour le briser, l’emprisonner, le mutiler - le bouche à oreille fonctionne suffisamment ... (humiliations publiques)

    [Répondre à ce message]

    Libéralisme Sexuel
    12 avril 2006 , par Michel D.   [retour au début des forums]

    Remarquable description, détaillée, de ce que l’on devrait appeler le "libéralisme sexuel" !
    Vu que, comme dans le social et l’économique, on nous a fait ingurgiter , mine de rien, ce bouleversement sémantique qui substitue "libéralisation" à "libération".
    Une ou deux remarques que j’espère constructives...
    Attention au bébé qui barbote dans l’eau du bain !
    "...dans les cours d’école, des enfants...procèdent à des attouchements...".
    Une des tendances du "libéralisme sexuel" n’est-elle pas , justement, de faire considérer comme "pathologiques" ( notons la "médicalité" du terme "procéder à des attouchements" ), voire criminels, les jeux sexuels qui surviennent naturellement chez les enfants bien-portants, pour les remplacer par la consommation d’un produit qui lui, est réellement pervers, bien que présenté comme "normatif" ? ( ce que met très bien en évidence, par ailleurs, l’article ).
    Quant au "piercing", dont on parle sous le titre "amplification de la conscience du corps", on dirait plutôt le signe d’un refus du plaisir physique, une gêne dans, justement, la conscience orgastique du corps, si pas le symbole d’une appropriation du corps par la machine économique ( si on accepte le "piercing", pourquoi refuser la puce sous-cutanée ? )
    La conscience du corps, dans le "libéralisme sexuel", est celle d’un corps objet, et non d’un corps qui se vit joyeusement.
    C’est peut-être là, d’ailleurs, qu’il faut chercher le "pourquoi" de cette déferlante porno. la pornographisation ne marcherait pas si le plaisir sexuel génital était , en réalité, largement partagé.On ne mange pas de Mac Do quand on connaît les produites fermiers !
    D’où, sans doute, ce discrédit porté sur le génital ( la sexualité adulte ), dont la manifestation la plus criante est l’épilation du pubis. Avez-vous noté que tous les ressorts de la pornographie sont basés, en dernière analyse, sur des pulsions prégénitales, dès lors figées en "perversions" ? ( ce terme n’étant pas à entendre "moralement" , mais bien dans le sens de déformation d’une pulsion naturelle ).

    [Répondre à ce message]

    >Le sexe, outil de la jeune fille moderne
    5 avril 2006 , par François   [retour au début des forums]

    Je vais débuter mon commentaire avec un extrait de l’article ’Ados au pays de la porno’ du Devoir...

    « Je viens d’entendre parler de ce jeune garçon de 16 ans qui affirme être tellement dégoûté par cette abondance de sexe qu’il a décidé d’être seul et de s’adonner à la lecture », relate Francine Duquet, qui y décèle à la fois un signe encourageant et un symptôme désolant. « Il y a encore des jeunes romantiques qui sont critiques face à cette surenchère sexuelle. Mais il est triste de constater que ces mêmes jeunes sont déstabilisés et déçus... »

    Il y a une dixaine d’années, ce jeune garçon était moi. Je rêvais d’une copine mignonne avec qui je pouvais avoir une relation enjouée. Cependant, les filles ne voulaient rien de moi. Elles préfèraient les gars dangereux, tabous, dominants (qui ont toujours su attirer les femmes) en espèrant attirer leur attention et qu’un jour ils tomberaient en amour avec elle. Car dans l’ère de Post-Feminisme, la femme est dite à répétition qu’elle a absolument droit au meilleur de tout : et cela inclut les garçons. Seule différence, les valeurs familiales, qui réflètaient une patriarchie pré-féministe à éliminer, ont été abandonnées. Pour le mettre en perspective, le marché de l’amour a été complètement libéré, laissant place au capitalisme affectif.

    Pour jeune fille (qui décide ultimement avec qui elle baise), il n’y a que les premiers qui comptent, les mâles alphas, plus grands, plus beaux et plus obscurs, auprès de ses pairs. Elles sont prêtes à donner n’importe quoi pour faire partie de leur monde. Par principe d’offre et demande, ces garçons se servent du pouvoir qu’on leur donne pour exiger les plaisirs publicisés par la porno.

    Les grands perdants sont alors les filles, ainsi qu’un grand nombre de garçons qui finissent seuls et vivent d’autres séries de problèmes dans l’age adulte. Car ne l’oublions pas, dans cette chasse au meilleur homme, il n’y a pas de deuxièmes places.

    Bref, ayant perdu confiance chez les filles pour qui je ne remplissais pas le critère, je me suis mis à me foutre de leurs sentiments. Je voulais leur donner ce qu’elles me donnaient. Étrangement, c’est dès que j’ai arrêter de respecter les filles que soudain elles se sont précipitées sur moi ! J’ai facilement embarqué dans le jeu (car je me foutais maintenant de leurs sentiments) et ça a duré plusieurs années, où fille après fille espérait me prendre comme copain et me changer pour me faire tomber en amour avec elle.

    Je me suis rendu compte que les filles veulent changer un homme, et prennent des années, sinon jamais, à se rendre compte que ça ne se fait pas. Je crois que j’ai abandonné le personnage que j’étais devenu : heureusement, vers la mi-vingtaine plusieurs filles se reveillent et changent leur critères. Mais au Québec, pays de l’éternelle adolescence, ce n’est pas tout le monde, et ce n’est souvent pas dans la vingtaine !

    Selon moi, cette sexualisation est contre le gré des filles et marche sur le principe d’offre et de demande, avec l’aide des suggestions retrouvées dans la porno, dont les garçons sont les grands consommateurs. Si toutes les jeunes filles du Québec trouvaient un pair chez tous les jeunes gars, elles ne se vendraient pas au plus bas prix. Cependant, chez elles, ce ne sont que les ’meilleurs’ qui comptent. Voilà pourquoi nous vivons cette grande guerre des ’prix’, où la valeur se traduit par la sexualisation.

    [Répondre à ce message]

    > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    8 mars 2006 , par stef   [retour au début des forums]

    article très réaliste et parfaitement rédigé.

    [Répondre à ce message]

    > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
    7 mars 2006 , par Viking   [retour au début des forums]

    Encore un excellent article,
    Je ne peux que vous encourager. Mon combat de sexolique continue et vos articles sont toujours un coup de booster hallucinant. Continuez à rendre ce combat "scientifique". Dans nos sociétés laïcs, plus les scientifiques reprendront le flambeau dans la lutte contre la pornographie, plus l’écho sera favorable.
    Merci encore.
    Continuez

    [Répondre à ce message]

    • Il y a comme un poil dans la soupe...
      11 avril 2006 , par Internaute
        [retour au début des forums]

      Je vais suggérer la lecture de ce texte à mes étudiants.
      C’est une démonstration éloquente des effets de la porno, mais c’est aussi un peu le portait de notre aliénation globale. Quand on perd conscience de ses chaînes.

      [Répondre à ce message]

      • Hygiénisme et normes fascisantes
        3 septembre 2007 , par
        Chaminou   [retour au début des forums]

        Très bon article, dont la lucidité fait plaisir... J’ai vraiment très peur pour l’avenir, notamment rapport à ce système insidieux qui a su étouffer toute révolte, et chez les ados, et chez leurs aîné-e-s.

        Je me souviens avoir connu divers matraquages lorsque j’avais leur âge (il y a de cela dix ou quinze ans) et ceux-ci ont brisé les rêves que je me faisais du libre arbitre et de la sexualité épanouie et sans entraves (et surtout pas celle que la porno nous IMPOSE). Alors je n’ose même pas imaginer ce que cela peut donner aujourd’hui, au quotidien.

        Notre société est malade, et les macs se frottent les mains. Entre désirs et fatasmes conditionnés, difficile de se frayer un chemin, et de lutter contre tout cela. Très triste.

        [Répondre à ce message]

        • Caricature
          31 octobre 2007 , par Flavien
            [retour au début des forums]

          Ce teste met en exergue des éléments très intéressants et pour cause je suis sexolique, dommage qu’il généralise à outrance les faits. Toutes les personnes qui s’épilent n’ont pas forcément des tendances pédophiles, c’est aussi ridicule que d’affirmer qu’un homme a une voiture rouge parce qu’il est agressif...
          Vous n’êtes pas honnêtes dans votre raisonnement, comment voulez vous sensibiliser la population avec des caricatures pareilles ? En lisant votre texte on a l’impression de vivre dans les années 50... La libération de sexes est utile et ne doit pas être réprimée, tout est dans la façon de le faire...
          Mort au porno !

          [Répondre à ce message]

    • > Hypersexualisation, érotisation et pornographie chez les jeunes
      12 janvier 2008 , par punk malgré son jeune âge
        [retour au début des forums]

      Je suis une jeune Punk de 15 ans qui fait une recherche sur l’Hypersexualisation pour mon travaille de Français car c’est un sujet qui me touche beaucoup. Sérieusement, merci beaucoup pour cette article, c’est vraiment intéressant. J’en ai beaucoup apris mais j’en reviens tout simplement pas de tout ce qui peu se passé. Malgré mon jeune âge, j’ai une opignon assé clair sur ce sujet : Je suis contre ça. C’est effrayant tout ce que l’on peu voir a mon école. En fait, voilà un peu pourquoi je suis devenu Punk. Encore une fois, merci beaucoup, c’est super intéressant.

      [Répondre à ce message]


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