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mardi 27 juin 2006

Enjeux de la prostitution considérée comme "travail du sexe"

par Richard Poulin, sociologue






Écrits d'Élaine Audet



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Dans les débats actuels opposant les féministes abolitionnistes aux féministes favorables à la prostitution assimilée à un « travail du sexe », l’évaluation de l’envergure de l’industrie de la prostitution et de son corollaire, la traite à des fins de prostitution, est un enjeu majeur. Il y a d’autres enjeux, bien évidemment, mais le problème de l’estimation de la traite des êtres humains est en quelque sorte un concentré des divergences entre ces deux courants, aux multiples ramifications, et l’une de ses expressions. Néanmoins, avant d’en traiter les contours, il faut résumer certains des paramètres de la controverse qui est plus complexe qu’il n’y paraît à première vue.

Décriminalisation et réglementation

Le débat a agité récemment deux listes de discussion féministe sur la Toile : PAR-L et Netfemmes. L’animatrice de Cybersolidaires, Nicole Nepton, a été l’une des principales intervenantes sur ces listes pour le courant favorable à la prostitution considérée comme un « travail du sexe ». Si Cybersolidaires et Stella, à Montréal, défendent la décriminalisation de la prostitution, proxénétisme y compris, d’autres comme Les Putes, une association française, militent pour sa légalisation, proxénétisme y compris, sur le modèle allemand ou néerlandais. L’association suisse, Aspasie, qui se situe dans une problématique similaire, ne remet nullement en question la fiscalisation (forme de légalisation) helvétique de la prostitution qui, en 1995, a été assimilée à un « service » soumis à l’impôt et aux taxes. Bref, ce courant est divisé sur le cadre juridique qui devrait ou non encadrer la prostitution.

La perspective défendue par Stella et par Nicole Nepton est que seules les lois du travail devraient s’appliquer dans le domaine de la prostitution, puisque cette activité est un « travail ». En conséquence, elles exigent la disparition des articles 210 à 213 du Code criminel canadien. L’article 210 concerne la tenue de « maisons de débauche », l’article 211, le transport de personnes vers « des maisons de débauche », l’article 212, le proxénétisme, et l’article 213, la communication (racolage) dans les lieux publics. Les lois sur la prostitution doivent être éliminées au profit des autres lois déjà existantes qui non seulement encadrent le travail, mais aussi la violence, le viol, le harcèlement, etc. Leur application suffirait à rendre le « métier » plus sécuritaire et permettrait de le déstigmatiser en le normalisant.

Les abolitionnistes rejettent ces solutions législatives. De leur point de vue, l’élimination de ces articles du code criminel vise non pas dans son essence la décriminalisation des personnes prostituées, mais la décriminalisation de l’industrie de la prostitution dans sa totalité, notamment des trafiquants et des proxénètes. Il s’agit en fait d’une politique de déréglementation libérale en faveur de l’industrie de la prostitution et de la traite.

Les abolitionnistes constatent que la légalisation de la prostitution entraîne une croissance de cette industrie et, par conséquent, un essor de la traite à des fins de prostitution. La grande majorité des personnes prostituées dans les pays réglementaristes est d’origine étrangère, victime d’une traite à des fins de prostitution dont le caractère peut être aussi bien légal, via par exemple les visas « d’artiste » pour l’industrie masculine du « divertissement », qu’illégal (« criminel » pour les États en question). Les États réglementaristes légalisent la claustration des femmes ou leur mise à l’écart sociale dans des red light districts. Les proxénètes voient leurs activités et leurs revenus légitimés et les clients prostitueurs ont officiellement et en tout bon droit accès au corps et au sexe des femmes.

La légalisation ne met pas fin, loin s’en faut, à la stigmatisation. Au contraire, la reconnaissance de la prostitution comme « travail » ou comme « service » la renforce en isolant physiquement et socialement les personnes prostituées dans des bordels, des chambres-vitrines et d’autres lieux clos « agréés » ainsi que dans les zones de « tolérance » souvent situées dans des lieux loin des regards et donc propices aux actes violents sur les personnes prostituées. La réglementation n’assure pas, par conséquent, une meilleure sécurité aux personnes prostituées, d’autant qu’elle les rive aux proxénètes aussi solidement que les coins de Vulcain n’immobilisaient Prométhée à son rocher. Cette légalisation encourage l’accumulation d’argent des proxénètes transmutés en honorables hommes et femmes d’affaires et le dépouillement individuel et monétaire des personnes prostituées.

La réglementation a également pour effet de criminaliser les personnes prostituées qui ne sont pas en règle. La légalisation impose une série de contraintes, de conditions, de règlements et, bien évidemment, de frais supplémentaires aux personnes prostituées qui doivent, en conséquence, multiplier les passes pour pouvoir y faire face. C’est sans doute la raison de l’échec historique du réglementarisme qui, avant la Deuxième Guerre mondiale, dominait l’Europe. En France, avant 1946, année de la fermeture des 1 500 maisons closes officielles, on estimait qu’une femme prostituée sur cinq était en bordel, et une sur quatorze seulement n’était pas une « insoumise », c’est-à-dire était officiellement enregistrée. Rien ne fonctionnait comme prévu : les maisons closes légales n’empêchaient pas la prostitution de rue et les clandestines étaient nettement plus nombreuses que les enregistrées, ce qui est également le cas dans les régimes réglementaristes actuels. Les personnes prostituées développent les stratégies nécessaires pour ne pas être dépouillées entièrement de leurs revenus ; elles résistent à la réglementation étatique en refusant notamment, pour la très grande majorité d’entre elles, de s’enregistrer, même s’il leur faut l’être pour avoir accès à certains droits sociaux.

Mais, rétorquent les propagandistes de la prostitution comme un travail, la réglementation n’est pas la perspective qu’elles promeuvent. En effet, elles militent pour la décriminalisation de la prostitution et non pour sa légalisation, d’où le dialogue de sourds dans le débat actuel. La distinction entre la décriminalisation totale de la prostitution et sa légalisation n’est pas toujours évidente, d’autant plus que le modèle proposé par la directrice de Cybersolidaires et par Stella n’existe nulle part. Les abolitionnistes s’évertuent à montrer l’existence de nombreux méfaits dans les pays réglementaristes pour les femmes en situation de prostitution et, plus généralement, pour l’ensemble des femmes. Face à leurs arguments, la parade est toujours la même : les abolitionnistes en critiquant les effets de la réglementation telle qu’elle existe réellement et se déploie en Europe et dans les pays du Pacifique Sud se trompent de cible, puisque ce n’est pas ce que proposent Stella et Cybersolidaires. Pourtant, il est fort à parier que leur solution - la décriminalisation totale de la prostitution - aurait des effets similaires à ceux de la réglementation puisqu’elle permettrait, en autres, de légitimer le proxénétisme et l’enfermement des femmes dans des bordels. Un des effets immédiats de l’application du code du travail dans le domaine de la prostitution serait l’acceptation du « droit » à la prostitution dès l’âge de seize ans. L’âge légal de l’entrée sur le marché du travail au Canada est bel et bien seize ans. Advenant une décriminalisation totale de la prostitution, si d’aventure un âge légal différent était adopté pour le « travail du sexe », une telle loi risquerait de se voir contestée avec succès pour cause de discrimination sur la base de l’âge.

Mais comme la décriminalisation totale relève d’un projet ni défini réellement ni existant ses partisan-es peuvent lui donner un contenu variable, changeant, chimérique et, surtout, peu concret, par conséquent difficilement critiquable. Il relève de la profession de foi plutôt que de la démonstration.

Abolitionnisme, prohibitionnisme et réglementarisme

Le courant abolitionniste n’est pas non plus unanime dans son analyse et dans ses propositions d’action. Il a environ 130 ans d’existence à l’échelle internationale. Il a fait des compromis, a limité son action pendant longtemps à l’abolition des règlements qui pèsent sur les personnes prostituées au lieu de lutter pour l’abolition de la prostitution, a pu présenter à l’occasion des traits puritains, etc. Appliqué par certains États, l’abolitionnisme comme système juridique s’est souvent révélé hypocrite ou dysfonctionnel. Il n’a pas développé les services adéquats nécessaires aux personnes prostituées. Certes, les pays qui ont développé une action « abolitionniste » soutenue connaissent une croissance beaucoup plus faible de la prostitution (et donc de la traite à des fins de prostitution) que les pays réglementaristes. En outre, vraisemblablement, dans ces pays, la répression du proxénétisme semble permettre aux personnes prostituées une plus grande indépendance que dans les pays qui l’ont officialisé. Cette indépendance est toute relative dans la mesure où les personnes prostituées sont arnaquées par différents parasites qui profitent de leur situation. C’est du moins ce que révèlent des enquêtes comme celle de Catherine Deschamps (Le sexe et l’argent des trottoirs, Paris, Hachette, 2006) qui défend en France une perspective favorable à la prostitution en tant que « travail du sexe » et qui exprime des sympathies pour les proxénètes, pas ceux bien sûr des réseaux criminels étrangers, mais pour le proxénétisme à la française de type « artisanal ».

Néanmoins, il y a quelques invariants cruciaux dans la position abolitionniste : la prostitution est une atteinte à la dignité humaine et doit être combattue en tant que telle ; il faut mettre fin à la criminalisation des personnes prostituées, qui sont des victimes du système prostitutionnel et non ses responsables, et réprimer ceux qui exploitent leur prostitution, les proxénètes ; l’État ne doit ni imposer de règlements sur les personnes prostituées, ni les surveiller ; la prostitution est le socle sur lequel se développe la traite des êtres humains - combattre la traite sans en combattre sa cause, la prostitution, est un cul-de-sac ; le consentement ou l’absence de consentement dans la prostitution est une question non pertinente, car comme pour l’esclavage, c’est l’existence même de l’institution qui pose problème. De plus, aujourd’hui, une partie de plus en plus importante du courant abolitionniste préconise la pénalisation des clients prostitueurs puisqu’ils concourent à l’exploitation de la prostitution d’autrui.

Théoriquement, le système prohibitionniste criminalise tous les acteurs de la prostitution mais, dans les faits, sont particulièrement sujettes aux poursuites judiciaires les personnes prostituées.

S’il y a des traits communs entre les systèmes juridiques et philosophiques, c’est entre le prohibitionnisme des conservateurs et le réglementarisme des libéraux qu’on les retrouve : tous les deux criminalisent les personnes prostituées, qui ne fonctionnent pas dans le cadre légal préétabli, et tous les deux assurent que la prostitution relève du libre choix.

Les conservateurs pensent que les personnes en situation de prostitution ont choisi de vivre en marge de la société. Ils croient qu’elles sont essentiellement des délinquantes, des déviantes ou des criminelles et qu’elles sont entièrement responsables de leur sort et non des victimes d’une situation intolérable. En fait, de leur point de vue, ces personnes sont fondamentalement des perverses coupables de la débauche que l’on doit réprimer. Elles savent trop bien jouer de leur « pouvoir sexuel » pour faire succomber les hommes les plus vertueux en échange d’avantages matériels. Comme dans la propagande pornographique, les conservateurs prétendent que les personnes prostituées sont les instigatrices des rapports sexuels tarifés, ce qui leur permet de dédouaner les clients prostitueurs de toute responsabilité, d’où une répression visant principalement les premières.

Les réglementaristes et les partisans de la prostitution en tant que « travail » considèrent également que les personnes prostituées ont choisi d’exercer la prostitution et que seule une minorité d’entre elles est victime de la prostitution « forcée », non volontaire. Ils affirment que les femmes prostituées exercent dans la prostitution un pouvoir, le pouvoir « sexuel », lié au « pouvoir de séduction » féminin, et par conséquent considérer cette industrie comme une institution d’oppression des femmes, c’est infantiliser ou victimiser les femmes, refuser leur « autonomie », nier leur « droit à l’autodétermination personnelle », si ce n’est remettre en cause l’une des rares sphères de pouvoir féminin dans les sociétés. Analyser la prostitution comme institution d’oppression des femmes revient également à désavouer la parole des femmes prostituées qui ont décidé rationnellement et en connaissance de cause d’exercer ce « travail » pour les avantages qu’il confère. La parole des personnes prostituées ou ex-prostituées qui se qualifient elles-mêmes de « survivantes » et qui s’opposent à la prostitution n’est, par ailleurs, jamais prise en compte.

Les abolitionnistes ont beau souligner que l’âge moyen de l’entrée dans la prostitution au Canada et dans les autres pays capitalistes dominants est quatorze (14) ans, que 80% des personnes ont été prostituées à un âge mineur, que l’entrée dans la prostitution s’explique par différents facteurs, dont la violence sexuelle subie dans l’enfance, l’itinérance à la suite d’une fugue ou du rejet du foyer familial et les nécessités de survie dans les rues, la croissance des inégalités et des pauvretés dans une société d’hyperconsommation, etc., rien n’y fait, leurs arguments tombent à plat et sont ignorés par les partisans de la décriminalisation totale de la prostitution. Au mieux, sont-ils rejetés du revers de la main au moyen d’une phrase condescendante du type : « Les abolitionnistes croient que les personnes prostituées sont des inadaptées nécessairement victimes de traumatismes psychologiques. » Comme si la violence sexuelle dans l’enfance n’avait aucun impact chez les jeunes qui l’ont subie. La prostitution n’est pas envisagée par les partisans de sa banalisation comme un continuum où la violence sexuelle est l’un des déterminants importants, mais comme un choix opéré librement. Évidemment, il leur est difficile d’intégrer la question de l’âge moyen de l’entrée dans la prostitution qui est de quatorze ans dans le cadre d’une problématique basée sur le libre choix, d’où leur silence significatif et « assourdissant » sur cet aspect pourtant fondateur de la prostitutionnalisation des personnes.

En dehors des infections sexuellement transmissibles, les effets sur la santé sont également ignorés. Les enquêtes sur les états de stress post-traumatique dont la prévalence est très élevée chez les personnes prostituées, sur les suicides et les tentatives de suicide, dont les taux sont les plus hauts dans les sociétés, toute catégorie sociale confondue, sur l’assuétude à l’alcool et aux drogues, etc., ne sont jamais discutées, comme si cela faisait partie des risques normaux du « métier » et ne méritaient ni analyses particulières ni topologies totalisantes. Lorsque ce courant aborde les meurtres des personnes prostituées, au lieu de pointer du doigt les rapports de pouvoir dans la prostitution et l’objectivation des personnes comme causes de cette violence mortifère, n’est souligné qu’un aspect : la loi canadienne sur la prostitution est responsable « indirectement » de ces meurtres (Lowman). En conséquence, sans aucune preuve ni démonstration, une nouvelle profession de foi est énoncée : la décriminalisation ou la légalisation de la prostitution augmenterait la sécurité des personnes prostituées et aurait pour effet de réduire la violence à leur endroit. Pour mémoire, rappelons que Jack L’Éventreur assassinait des femmes prostituées dans une ville où la prostitution était réglementée.

Violence et prostitution

On le sait, la prostitution est une activité à haut risque : la violence y est présente de façon structurelle. Toutes les enquêtes l’attestent. Ainsi, 97% des femmes prostituées des provinces de l’Ouest du Canada ont fait état de la violence des prostitueurs. Elles ont vécu, en grande majorité, de nombreux actes contre leur intégrité physique et psychologique de la part des prostitueurs : viol, viol collectif, viol sous la menace d’une arme à feu ; elles ont été battues (certaines avec des objets comme une batte de base-ball, un cric, etc.), étranglées, poignardées, enlevées, torturées, etc. Ces violences ont souvent nécessité l’hospitalisation : points de suture, fausses couches, paralysie, fractures, etc. Sans compter les insultes et les quolibets dénigrants et stigmatisants. À Calgary, 82% des enfants prostitués ont signalé avoir subi des actes de violence de la part des clients prostitueurs. Nombre de ces jeunes ont craint l’assassinat. Cette crainte est fondée. De 1992 à 1998, il y a eu quatre-vingt-six meurtres attestés de personnes prostituées au Canada.

En Zambie, en Thaïlande, en Turquie et en Afrique du Sud, respectivement 82, 55, 80 et 66% des personnes prostituées ont déclaré avoir subi des agressions physiques et 78, 57, 50, 57% ont déclaré avoir été violées par des prostitueurs. En Allemagne, en Colombie et au Mexique, respectivement 61, 70 et 59% des personnes prostituées ont été physiquement violentées ; 63, 46 et 47% ont été violées par des prostitueurs.

Dans tous les cas, la violence physique et sexuelle est importante quel que soit le régime juridique encadrant la prostitution, que les femmes prostituées soient clandestines ou non, sur le trottoir ou non, en bordels agréés ou non. C’est une chimère de croire que la légalisation ou la décriminalisation de l’industrie prostitutionnelle est un facteur de sécurisation des personnes prostituées, car ces « solutions » ne remettent pas en cause l’un des fondements de la violence dans la prostitution : le déséquilibre de pouvoir fondamental entre le prostitueur et la personne prostituée et entre le proxénète et sa « propriété ». Elles n’améliorent en rien la sécurité des pensionnaires des bordels agréés, bien au contraire, puisque le contrôle proxénète s’en trouve renforcé et l’impunité des prostitueurs accrue.

- La seconde partie de cette analyse se poursuit dans le texte intitulé « L’envergure de la traite à des fins de prostitution ». Les deux articles peuvent toutefois se lire séparément.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 22 juin 2006.


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Richard Poulin, sociologue


Sociologue, l’auteur est professeur titulaire à l’université d’Ottawa et associé à l’Institut d’études et de recherches féministes de l’UQÀM, auteur de plusieurs ouvrages sur la prostitution et la traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle dont : Enfances dévastées, l’enfer de la prostitution (Ottawa, L’Interligne, 2007), Abolir la prostitution. Manifeste (éditions Sisyphe, Montréal 2006), co-auteur avec Yanick Dulong de Les meurtres en série et de masse, dynamique sociale et politique (éditions Sisyphe, 2009), La mondialisation des industries du sexe (Ottawa, L’Interligne 2004 et Paris, Imago, 2005), et il a coordonné le numéro d’Alternatives Sud, Prostitution, la mondialisation incarnée (Paris, Cetri et Syllepse, vol. XII, n° 3, 2005). Voir plus d’information sur les publications de l’auteur sur le site du Département de sociologie, Université d’Ottawa.



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