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dimanche 28 avril 2013

Prostitution en Grande-Bretagne - Un bien étrange syndicat au service des proxénètes

par Julie Bindel, journaliste indépendante






Écrits d'Élaine Audet



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La journaliste britannique Julie Bindel signe dans la revue gay-lesbienne GAZE un reportage sur ce qui se présente comme un syndicat britannique de la prostitution. En parlant aux principaux acteurs et actrices de l’International Union of Sex Workers, affiliée au BMG Labour Union, une grande confédération syndicale du pays, elle documente dans « An Unlikely Union » la façon dont les intérêts des proxénètes et des propriétaires de bordels ont graduellement déplacé ceux des personnes prostituées. L’IUSW aurait transformé ce qui était au départ un projet de défense des intérêts des prostitué-e-s pour en faire un lobby au service de leurs exploiteurs. Un processus qui donne à réfléchir au moment où la Cour suprême du Canada est invitée dans la cause Bedford c. Canada à décriminaliser les gestionnaires et les tierces parties... au nom des droits des travailleuses du sexe : Lien.

Voici notre traduction de ce texte avec l’accord de l’auteure.

***

En 2002, le GMB, l’un des plus importants syndicats ouvriers en Grande-Bretagne, a créé un précédent. Connu pour sa représentation des hommes dans des emplois traditionnellement masculins – après tout, il a d’abord été créé pour des chaudronniers – il a suscité de la surprise et une certaine consternation quand y est entrée une nouvelle section proposant de représenter les praticiennes du strip-tease et de la danse contact, les acteurs et actrices de porno et les personnes prostituées. La section du Divertissement pour adultes allait, aux dires de ses créateurs, permettre aux personnes travaillant dans l’industrie du sexe de bénéficier des mêmes droits que celles des gens de n’importe quel autre métier ou profession.

Le ferment de ce qui est devenu la section du Divertissement pour adultes est apparu non pas dans un bordel ou un club de danses nues mais dans une université. En 2000, deux anthropologues radicaux, qui croyaient que les droits des personnes impliquées dans la prostitution ne pouvaient être obtenus que par un processus d’organisation collective, ont fondé un groupe de pression appelé l’International Union of Sex Workers (IUSW). Ils ont ensuite compris que c’est seulement en se joignant à un syndicat de métiers classique que leurs membres pourraient bénéficier d’avantages.

Selon Chris Knight, l’un des fondateurs de l’IUSW, celle-ci était, avant de passer sous la coupe du GMB en 2002, « jeune et plutôt informelle ». Dans le premier numéro de leur revue, Respect, publié en 2000, les fondateurs de l’IUSW déclaraient : « Quand le plus vieux métier sortira du placard, méfiez-vous, proxénètes et capitalistes ! » et « Quel que soit votre sexe ou situation sexuelle, si vous sentez que vous avez besoin d’un syndicat, n’hésitez pas à vous joindre à nous ! »

Mais l’IUSW, souvent confondue avec la section du Divertissement pour adultes du GMB, est aujourd’hui loin d’être l’organisation de gauche, pro-travailleuses et travailleurs, que ses fondateurs voulaient créer. Certain-es de ses ancien-nes membres m’ont dit qu’elle agissait davantage comme porte-parole des proxénètes et des prostitueurs-clients et que, loin d’avertir les patrons de « se méfier », comme l’avaient fait ses fondateurs, l’IUSW accueillait aujourd’hui à bras ouverts les gestionnaires de l’industrie du sexe en tant que membres. Mais l’endossement reçu du GMB, même si ce n’est que pour sa section officielle, a créé l’impression que l’IUSW représentait les « travailleuses et travailleurs » au sein de l’industrie du sexe.

De telles organisations sont des groupes de pression à fonction politique qui mènent campagne pour une décriminalisation totale de l’industrie du sexe, d’où le fait que les proxénètes et les prostitueurs-clients sont invités à s’y joindre. Aux Pays-Bas, où la prostitution de bordel est légale depuis l’an 2000, le groupe des droits des femmes prostituées, « Red Thread » (Le Ruban rouge, a fondé en 2002 un syndicat qui, dans ses meilleurs jours, n’a pas dépassé un effectif de 100 membres, principalement composé de gestionnaires et de danseuses. Le Ruban rouge a perdu son financement d’État en 2004. Personne au GMB ou à l’IUSW n’a pu ou n’a voulu me donner des chiffres exacts quant au nombre de membres que compte en fait leur section syndicale, mais d’aucuns l’évaluent à entre 20 et 100 personnes sur une population totale estimée à 80 000 travailleuses et travailleurs du sexe au Royaume-Uni.

Mais la prostitution n’est pas une industrie légitime, et le fait de vivre de ses produits demeure illégal, comme d’autres aspects de ce commerce. La violence, la contrainte, la duperie et des conditions de travail souvent épouvantables font toutes partie de l’industrie du sexe pour les personnes prostituées. Le viol, le harcèlement sexuel et le meurtre sont des risques courants. Mais alors que les fondateurs bien intentionnés de l’IUSW croyaient que la syndicalisation pourrait résoudre ces problèmes, bien d’autres personnes reconnaissent qu’il serait inconséquent et même dangereux de normaliser un commerce exploiteur plutôt d’aider les personnes qui s’y trouvent à y échapper.

J’ai rencontré plusieurs membres de l’IUSW depuis dix ans dans des séminaires, des colloques et des meetings publics, au Royaume-Uni et ailleurs en Europe. Habituellement représentée par Catherine Stephens, l’IUSW sait que je suis opposée au proxénétisme et que j’appuie une éventuelle pénalisation de l’achat de sexe. Je suis également critique de la terminologie adoptée par le lobby pro-prostitution. Selon Stephens, qui est entrée à l’IUSW en 2004, la principale fondatrice de l’organisation, Ana Lopes, était une « travailleuse du sexe migrante », mais cette définition est quelque peu trompeuse. Lopes est arrivée au Royaume-Uni du Portugal pour étudier en vue d’un doctorat. Comme un nombre restreint mais croissant d’universitaires qui étudient le « travail du sexe », elle a commencé à expérimenter personnellement la prostitution, considérant cela comme de la « recherche de terrain ». Mais finalement, les universitaires ont quitté et ce sont les personnes plus directement impliquées dans l’industrie qui ont pris les rênes de l’IUSW. Mais elles aussi sont loin de représenter la majorité des personnes prostituées au Royaume-Uni.

J’ai rencontré Catherine Stephens pour la première fois il y a sept ans. Elle m’a alors dit qu’en huit ans à titre de « travailleuse du sexe », elle n’avait jamais même rencontré de client aux mauvaises manières, encore moins de client violent, et qu’elle « adorait » son travail.

Stephens ne ressemble pas à l’idée qu’on se fait d’une dominatrice. D’âge moyen, les cheveux attachés en arrière et le visage dépourvu de maquillage, Stephens porte habituellement des vêtements amples et des tenues désinvoltes. Elle passe beaucoup de temps à parler de la prostitution, lors de meetings publics ou de réunions privées. On l’entend souvent à la télévision et à la radio appeler au retrait de toutes les lois relatives à la prostitution. Invitée à fournir une citation pour le présent article, comme secrétaire de cette section du GMB, elle a écrit : « La section du GMB destinée aux gens de l’industrie du sexe est, comme toutes les sections du GMB, contrôlée par ses membres et ouverte à toute personne participant à l’industrie du sexe. »

« Catherine est totalement dominante et veut que tout soit fait à sa façon », explique Thierry Schaffauser, un ex-membre chassé de l’IUSW en 2012, principalement, me dit-il, parce qu’il a toujours critiqué le rôle si prédominant des gestionnaires dans le syndicat. « Elle arrive à prendre toutes les décisions sans même en discuter d’abord dans le groupe. »

    « Le principe même de la formation du syndicat était de mettre fin à la prostitution. Mais il y a différentes façons d’arriver à ce but. Marx a dit que tous les travailleurs étaient prostitués. Si nous voulons mettre fin à la prostitution, nous devons mettre fin au capitalisme. » (Chris Knight)

À Parliament Square, je rencontre l’homme qui, aux côtés de Lopes, a mis sur pied l’IUSW en 2000. Je trouve Chris Knight, un homme de haute taille, dans la soixantaine avancée, vêtu d’un chapeau et de denims multicolores, près d’une banderole où l’on peut lire : « Le capitalisme ne fonctionne pas ». Knight s’est engagé dans la création de Democracy Village - un groupe de manifestants et de manifestantes contre la guerre et le capitalisme, qui a longtemps campé sur le square à côté des anarchistes et des picoleurs sans abri.

Knight était professeur d’anthropologie à l’Université de East London (UEL) jusqu’à ce qu’il en soit limogé en 2009 pour sa participation à une manifestation contre le G-20.

Lopes semble avoir été plus intéressée à se joindre à l’industrie du sexe qu’à la démanteler. Peu après avoir commencé à travailler avec Knight, Lopes s’est inscrite à un travail comme téléphoniste érotique.

Je contacte Camilla Power, co-fondatrice de l’IUSW qui a travaillé avec Chris Knight à l’UEL et a supervisé la thèse de doctorat de Lopes. A-t-elle approuvé l’implication directe de Lopes dans l’industrie du sexe, par le biais de lignes de bavardage érotique, comme élément de sa scolarité ?

« C’est ce que les anthropologues appellent de l’"observation participante", me répond Power. « Vous ne pouvez pas travailler avec la communauté et rester à l’extérieur de celle-ci en traitant les gens comme des objets. C’est encore plus vrai avec le travail du sexe, à cause du fossé entre elles et les universitaires instruit-e-s. »

Je demande si Lopes a obtenu la permission du Comité d’éthique de l’université pour faire du travail de sexe par téléphone dans le cadre de ses études. Selon Power, cela correspondait aux « directives éthiques de base en anthropologie » à l’époque. Un porte-parole de l’UEL m’a dit par la suite que l’on ne pouvait localiser de documents pertinents pour vérifier cette assertion.

Lors de sa participation à l’IUSW, Lopes a parcouru le Royaume-Uni pour donner des conférences à d’autres syndicats et à des groupes de femmes, à la recherche d’appuis. En 2001, elle a reçu un trophée plaqué or en forme de pénis ailé lorsqu’elle a remporté le prix de la Lobbyiste de l’année pro-liberté sexuelle lors d’une remise de Prix érotiques. Ces remises de prix sont organisées par la Coalition pour la liberté sexuelle qui, avec l’aide de Catherine Stephens, a mis en place le site Web TLC (pour Tender Loving Care). C’est le fer de lance d’une campagne visant l’instauration de « visites de travailleuses du sexe » dans les services de soins palliatifs et d’au moins un bordel accessible en fauteuil roulant par ville au Royaume-Uni.

Bien qu’il s’agisse officiellement d’entités distinctes, l’IUSW et la section du GMB sont quasi indiscernables l’une de l’autre. En 2003, Lopes a pris la parole lors d’une conférence du GMB à Birmingham pour les travailleuses et travailleurs de l’industrie du sexe. On y a distribué une circulaire du GMB offrant des leçons de danse aux tables et de strip-tease subventionnées par les membres du syndicat et par des fonds publics.

Je demande à un porte-parole de l’IUSW pourquoi le mot « syndicat » figure dans le titre de l’organisation, alors qu’elle ne fait rien de tel. Sa réponse : « Quand l’IUSW a été créée, le problème identifié comme prioritaire par presque toutes les personnes impliquées était leurs conditions de travail, plutôt que le travail lui-même. Comme on dénomme syndicat un groupe de travailleurs qui s’organisent pour améliorer leurs conditions de travail, c’est l’étiquette qu’a adoptée la nouvelle organisation. »

Douglas Fox a longtemps été un visage familier de l’IUSW. Fox et son partenaire John Dockerty gèrent l’une des principales agences d’escortes du nord-est de l’Angleterre. Fox tient à préciser que l’agence est uniquement inscrite au nom de Dockerty. « Je ne suis pas et n’ai jamais été gestionnaire ou propriétaire d’une agence d’escortes. Mon partenaire civil est le seul propriétaire. »

Fox accepte de me rencontrer malgré l’insistance de Stephens pour l’en dissuader. En 1999, son couple a mis sur pied la firme Christony Companions, dans sa ville natale de Newcastle. Fox travaillait comme styliste et Dockerty comme fonctionnaire civil au service des finances de la police. Ils ont créé l’agence, explique Fox, quand une amie escorte a demandé à Dockerty de prendre des rendez-vous pour elle, et que, réalisant la quantité d’argent à gagner, il a décidé de gérer sa propre entreprise.

En 2000, les deux hommes ont été arrêtés à la suite d’une enquête d’infiltration menée par une publication locale. Une journaliste se faisant passer pour une aspirante escorte et équipée d’une caméra cachée a fourni suffisamment de preuves pour que les hommes soient accusés d’avoir vécu des fruits de la prostitution d’autrui. Lors de sa rencontre avec la journaliste, Dockerty l’avait même interrogée sur son cycle menstruel pour le consigner dans son registre. Mais les deux hommes ont finalement été acquittés en raison d’un détail technique : les escortes inscrites dans les livres de Christony ont refusé de venir témoigner, faute d’obtenir du juge le droit de conserver l’anonymat.

Cinq ans plus tard, le cinéaste John Alwen a lu un entrefilet de journal populaire au sujet d’un propriétaire d’agence d’escortes qui avait utilisé son centre d’emploi local pour recruter des femmes, et il a décidé d’y donner suite. Fox et Dockerty ont convenu avec Alwen de se laisser filmer sur une période de plusieurs mois dans un documentaire-vérité sur l’agence Christony. Alors que l’équipe de tournage suivait de près Dockerty et Fox, une autre journaliste infiltrée a procédé à une nouvelle enquête pour un journal local.

Dans l’espoir de stimuler le commerce, Dockerty avait placé une annonce sur le site Web de Christony en offrant aux prostitueurs la possibilité de « gagner » une de ses escortes pour une durée pouvant atteindre quatre heures. Les participants étaient invités à deviner la pertinence d’un indice affiché sur le site chaque mois. Le Scottish Sunday Mail a divulgué l’affaire sur deux pages avec le titre « Le pimp de l’Internet : Un homme d’affaires propose ses filles comme prix sexuels dans un concours en ligne ».

Le documentaire d’Alwen, The Escort Agency, a été lancé en 2006. Une des premières scènes montre Dockerty en train d’organiser un rendez-vous pour un habitué. Le prostitueur, qui réclame la plus jeune des escortes au répertoire de Christony, est un responsable d’école qui tient à ce qu’elle soit vêtue en écolière. Même si Dockerty affirme au prostitueur que « ce n’est pas mon style préféré de rendez-vous », il s’empresse néanmoins de prendre des dispositions pour que Tori, 19 ans, rencontre l’homme dès le lendemain soir.

Malgré les preuves accablantes du documentaire, du journal et du dossier de police sur Christony, Fox nie aujourd’hui que l’entreprise ait eu quelque chose à voir avec la prostitution. Fox m’assure également, lors de notre rencontre, qu’il n’intervient que « comme tout mari ou femme le ferait dans l’entreprise de son conjoint. S’il me demande conseil, je peux avoir une opinion. Mais la gestion quotidienne de l’entreprise n’a rien à voir avec moi. » Dans le documentaire, on voit Fox comptant les 150£ de commission que se réserve Christony sur les 600£ gagnés par une escorte pour un rendez-vous d’une nuit.

En fait, Dockerty et Fox instrumentalisent le GMB comme label de qualité pour mousser leurs ventes. Le slogan qui apparaît sur leur site se lit "Une Agence d’Escortes Éthique de Newcastle et un Membre et Supporter de l’IUSW". « Je n’ai jamais vu une entreprise commerciale se servir d’un syndicat pour stimuler ses ventes », lance une ancienne membre de l’IUSW qui a demandé à demeurer anonyme. « Ils sont censés protéger les travailleuses, pas les profits des proxénètes. »

Thierry Schaffauser est ex-président du l’IUSW/GMB et récipiendaire du Prix érotique de l’Escorte-boy 2010. Jeune et élégant, il a fait de la prostitution de rue à Paris avant de s’installer au Royaume-Uni où il recrute des clients dans la presse gay. Schaffauser et Fox sont à couteaux tirés. Leurs engueulades concernant la fonction des syndicats et l’état de l’industrie du sexe se sont étalées sur Internet, Fox accusant Schaffauser de fausse représentation de la prostitution quand il parle de la violence qui sévit dans l’industrie.

J’ai demandé à Schaffauser si nous pouvions nous rencontrer pour discuter de ses divergences avec Fox. Il a d’abord accepté mais s’est ensuite désisté sous la pression de Stephens. Me disant qu’il avait peur de compromettre sa position à l’IUSW, Schaffauser a tout de même déclaré : « L’IUSW devra éventuellement critiquer et essayer de changer la façon dont fonctionne l’industrie parce qu’on y trouve beaucoup d’exploitation. »

    « J’avais l’habitude d’aller à un sauna gay pour baiser et un type m’a dit que je pourrais en tirer de l’argent. J’ai donc payé un escorte-boy pour du sexe, j’ai pris des notes et je me suis doté d’un site Web. » (Sleazy Michael)

Un autre ancien membre de l’IUSW est un escorte-boy connu sous le nom de Sleazy Michael. Michael, qui était marié et avait deux enfants avant de faire son coming out gay en 2004, me dit avoir lui aussi quitté l’IUSW pour des questions de « politique interne », à savoir son désaccord avec la place de premier plan prise par les gestionnaires dans l’organisation.

M’ouvrant la porte de son domicile, Michael affiche un bronzage intégral et un micro-slip. Il me montre dans sa chambre le fameux pénis volant qu’il a reçu en 2007 à titre d’Escorte-boy de l’année.

« J’avais l’habitude d’aller à un sauna gay pour baiser et un mec m’a dit que je pourrais en tirer de l’argent. J’ai donc payé un escorte-boy pour du sexe, j’ai pris des notes et me suis doté d’un site Web », me dit-il, avant de m’offrir une visite guidée de sa collection de porno et de jouets sexuels. « J’ai déjà reçu ce week-end un client sourd et muet, puis dix minutes plus tard un gay marié qui est encore au placard. Puis, un type est arrivé avec tout un sac d’articles de cuir et de pinces à mamelons. Voilà pourquoi j’aime mon travail : je rencontre tant de gens fascinants. »

Michael s’est impliqué dans l’IUSW après avoir rencontré l’un de ses militants lors de la campagne d’opposition à un projet gouvernemental de pénalisation des prostitueurs, en 2009. Il s’y est joint pour appuyer ce qu’il croyait être un syndicat professionnel, ayant déjà participé à un tel syndicat dans une carrière précédente.

« Il y a quelques années, l’IUSW a presque fermé boutique lors d’une grosse dispute à propos de l’implication de Douglas [Fox]. J’ai pris son parti parce qu’il avait amené beaucoup de ses filles à s’inscrire, mais bien des gens ont claqué la porte parce qu’il tenait une agence d’escortes. »

L’IUSW bénéficie d’un soutien important de plusieurs universitaires. Belinda Brooks-Gordon est maître de conférences en psychologie et politique sociale au centre Birkbeck de l’Université de Londres. Échevin libérale démocrate, c’est une militante passionnée pour l’élimination des lois sur la prostitution. Brooks-Gordon a plaidé pour un droit d’accès des handicapés à des femmes prostituées, avec remboursement par le réseau de soins de santé. Pendant la campagne menée par l’IUSW contre le projet gouvernemental de pénalisation partielle des acheteurs de sexe, Brooks-Gordon, appuyée par Fox et d’autres militants de l’IUSW, a fait circuler une demande de soutien auprès des prostitueurs et des personnes prostituées, via leurs sites Web. Dans son long courriel, Brooks-Gordon a multiplié des conseils sur la façon d’empêcher l’adoption de la loi, ridiculisant au passage le goût vestimentaire de Fiona Mactaggart, la députée travailliste qui avait contribué au dépôt du projet de loi.

L’IUSW a également obtenu le soutien d’universitaires aux États-Unis, dont Elizabeth Wood, qui enseigne la sociologie à la New York State University. Wood est partisane de la légalisation de l’industrie du sexe, et a déjà soutenu que les rapports sexuels avec des animaux peuvent être consensuels « lorsque l’animal n’est pas invité, récompensé ou puni pour essayer de modifier son comportement mais se voit simplement offrir une possibilité et la prend ». Elle ajoute que « les gens à qui cela plaît ne devraient pas être stigmatisés ».

Le lien entre les droits des travailleurs du sexe et les milieux universitaires se sont renforcés en 2009 avec un événement d’une semaine intitulé la « Sex Worker Open University ». Des membres de l’IUSW, des universitaires et des personnes prostituées y ont donné des cours de strip-tease, des conseils aux personnes souhaitant entrer dans la prostitution, des ateliers d’autodéfense et des leçons de lobbying contre les lois pénalisant les profits tirés de la prostitution d’autrui. Un des partisans présents a été le regretté artiste mondain Sebastian Horsley qui a été filmé, lors de l’événement d’ouverture de la semaine, couvrant de mépris l’ex-ministre de l’Intérieur Jacqui Smith, auteure du projet de pénalisation des prostitueurs. La qualifiant de « grasse » et « imbaisable », Horsley en a profité pour se vanter d’avoir couché avec « plus de mille prostituées ».

J’ai plusieurs fois tenté de parler au GMB, pour lui soumettre les allégations de Schaffauser et d’autres personnes. Mais malgré plusieurs tentatives, personne n’a retourné mes appels. Lors d’un article précédent rédigé en 2010 sur une question connexe, j’avais également rencontré un mur de résistance. À une question de ma part sur l’apparente confusion entre l’IUSW et la section Divertissement adulte de la GMB, on m’avait simplement dit de « consulter les Statuts et règlements ».

    « S’il est vrai que des patrons d’agences d’escortes participent activement à l’IUSW eux aussi, le GMB a vraiment besoin de revoir ses critères d’adhésion. » (Cath Elliott)

Cath Elliott, ex-vice-présidente du Comité national des femmes du syndicat Unison, a beaucoup écrit contre la décision du GMB de syndiquer le milieu de la prostitution. Elle dit ne pas pouvoir comprendre comment l’IUSW peut prétendre être un syndicat, alors que ses rangs accueillent proxénètes, prostitueurs et pornographes.

« S’il est vrai que des patrons d’agences d’escortes participent activement à l’IUSW eux aussi, le GMB a vraiment besoin de revoir ses critères d’adhésion », lance Elliott. « Il ne peut absolument pas prétendre représenter les travailleurs lorsque ce sont les patrons qui mènent la barque : ce n’est tout simplement pas la façon dont fonctionne un syndicat. »

Le fait que les propriétaires d’agences et les patrons de l’industrie sont en mesure d’avoir leur mot à dire sur les politiques du GMB tourne en ridicule les principes de base d’un syndicat ouvrier. Plus d’un membre ancien ou actuel de l’IUSW m’a dit que la participation affichée de Douglas Fox avait empoisonné l’atmosphère parmi les rares membres qui se considèrent comme des travailleuses et des travailleurs et n’aiment pas voir des patrons de l’industrie prendre le haut du pavé.

Chris Knight s’étonne que Fox ait été impliqué dans l’IUSW comme porte-parole et me dit que Lopes a quitté l’IUSW il y a quelques années, trouvant que « le groupe était devenu moins progressiste et ne se sentant pas à l’aise avec ses politiques actuelles ». Je demande à Fox s’il appuie toujours l’IUSW et la section du GMB. Il me répond que sa loyauté personnelle va à l’IUSW parce que c’est le « seul groupe de travailleurs du sexe au Royaume-Uni qui est inclusif et solidaire de tous les travailleurs du sexe sans égard à leur opinion politique, leur race, leur sexe ou leur rôle dans une industrie diversifiée et souvent complexe ».

Mais en 2010, dans un courriel annonçant sa démission et envoyé aux membres de l’IUSW, Fox a écrit : « J’espère que l’IUSW continuera à refléter la diversité au sein de notre industrie et à représenter l’ensemble des travailleurs du sexe, quel que soit leur rôle dans le travail du sexe, et qu’elle ne deviendra pas la voix d’une opinion minoritaire. Je vais aussi résilier mon adhésion au GMB demain. J’ai toujours été mal à l’aise de mon implication dans un groupe ayant soutenu financièrement un parti politique [les Travaillistes] dont j’étais gêné des positions, à tout le moins ses attitudes à l’égard des travailleurs du sexe. »

Thierry Schaffauser, quand il a finalement accepté de m’accorder une interview complète au sujet des tractations internes de l’IUSW sous le contrôle de Fox et de Stephens n’est plus non plus impliqué dans la section du GMB ou à l’IUSW. Il se dit intéressé à rassembler des appuis pour un « véritable syndicat de travailleurs », capable d’appuyer les personnes directement impliquées dans la prostitution plutôt que les gestionnaires et autres profiteurs.

« Je pense que le GMB est aussi un syndicat patriarcal, ce qui explique pourquoi ils ne se soucient pas d’une section regroupant des femmes et de jeunes queers », dit-il. « Ils ne nous ont jamais pris au sérieux. »

« Nous avons déjà eu beaucoup de membres, mais toutes les strip-teaseuses sont parties pour se joindre au syndicat Equity, beaucoup ont quitté pour créer la Sex Worker Open University, et beaucoup d’autres ont largué le GMB lorsque est apparu le premier conflit au sujet de l’implication des patrons. »

En fin de compte, cette étrange organisation s’entoure d’une politique du secret que les membres de la cabale au pouvoir, comme Stephens, justifient comme de la « confidentialité » en raison de la nature délicate des activités de ses membres. Mais je n’ai pas réussi à trouver une seule personne adhérant à ce syndicat qui puisse me dire quoi que ce soit de convaincant sur les avantages pour des travailleuses et travailleurs ordinaires d’être membres de l’IUSW. Même si elle se présente comme une organisation de défense des droits des travailleurs, il semble que, dans les faits, elle s’occupe surtout de mener un lobbying pour faire sauter les lois qui criminalisent les exploiteurs dans le commerce du sexe et, en bout de ligne, d’édulcorer les réalités d’une industrie dangereuse et violente.

©Julie Bindel, avril 2013

Original : « An Unlikely Union », Revue Gaze, avril 2013, pp 20-25

Traduit par Martin Dufresne.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 26 avril 2013


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Julie Bindel, journaliste indépendante

Julie Bindel est journaliste indépendante et militante politique. Membre
fondatrice de la campagne féministe de réforme du droit "Justice for Women"
au Royaume-Uni, elle est aussi co-éditrice du livre The Map of My Life : The
Story of Emma Humphreys
et de plusieurs monographies et articles de
recherche sur la violence sexuelle et l’appareil de droit pénal.



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