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lundi 15 mars 2004

Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?

par Pascale Camirand, éthicienne et féministe






Écrits d'Élaine Audet



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Dans le débat touchant la prostitution, j’aimerais apporter l’éclairage de l’éthicienne féministe que je suis, cela sur les enjeux qui touchent l’éthique de la sexualité. À l’heure où toute personne qui s’oppose à la légalisation est dite "moralisatrice", je crois que la lunette de l’éthique peut être importante.

Lorsque nous nous penchons sur le dossier de la prostitution nous sommes devant un dossier social et politique et devant une décision individuelle. Le volet social et politique concerne les réformes juridiques, les modèles d’intervention du système de santé et des services sociaux, la lecture que nous faisons du "système prostitutionnel" comme phénomène international. Le volet individuel concerne les décisions personnelles de se prostituer, de faire appel au service d’une personne qui se prostitue ou encore de faire partie de cette industrie clandestine. L’éthique, et notamment l’éthique de la sexualité, peuvent intervenir à ces deux niveaux.

Sur le plan individuel, l’éthique concerne nos décisions d’action, les valeurs qui nous guident, notre interprétation des situations que nous vivons, des lois et des mœurs qui y sont impliqués. L’éthique concerne aussi nos raisons d’agir. Nous donnons la justification de nos décisions d’action en disant par exemple " J’ai fait cela parce que je crois que … ". L’éthique correspond donc à l’élaboration de nos raisons d’agir, elle est volonté de donner une signification et une orientation réfléchies à notre décision d’action.

Mais pouvons nous porter des jugements moraux sans être moralisatrices ? L’éthique n’est pas la morale. Nous ne pouvons juger les personnes. Nous pouvons cependant évaluer les actions et les décisions prises par les personnes. Et nous pouvons le faire plus encore lorsqu’il s’agit de choix politiques. Car l’éthique concerne aussi les valeurs choisies lors de l’élaboration des lois, des politiques sociales, et des modèles d’intervention auprès des gens.

Éthique et sexualité

Dans ce court texte j’aimerais porter notre attention sur des questions d’éthique de la sexualité. Le débat qui a cours au sujet des législations entourant les pratiques de la prostitution nous ramène à des choix que nous faisons à l’adolescence : quel rêve d’amour sexuel avons-nous ? Quelle libération sexuelle voulons-nous pour les femmes, les enfants, les adolescent(e)s ? Je me demande souvent en tant que femme et féministe : entre la levée de tous les tabous et les doctrines religieuses des religions patriarcales, quelle éthique de la liberté sexuelle en société voulons-nous proposer en tant que communauté féministe ?

Car ne soyons pas étonnées, le débat sur la prostitution ramène de vieux arguments qui concernent les discours sur la sexualité et sa libération. Il y a quelques décennies le débat se situait entre les tenants de la libération sexuelle et les tenants d’un conservatisme en matière de mœurs sexuelles. Il arrive, à tort, que les féministes soient identifiées au conservatisme. Or, nous souhaitons toutes la libération sexuelle des femmes, leur épanouissement corporel et sexuel. Habituellement nous discutons de nos compréhensions différentes de l’oppression des femmes et moins de nos compréhensions différentes de notre libération. Nous nous demandons alors si la prostitution est une manifestation de notre oppression ou non. Mais pour moi qui suis éthicienne et pour qui l’éthique est réflexion sur les finalités, les buts, de nos actions politiques et de nos revendications, la question à l’ordre du jour est aussi celle de notre désir de liberté. Comment cette libération est-elle ébranlée par le " système prostitutionnel " ?

Le versant socio-politique et juridique

Les enjeux éthiques du débat politique se dégagent sans difficulté pour la majeure partie d’entre nous lorsque nous regardons l’esclavage sexuel des enfants, leur vente et ses liens avec les réseaux de pédophiles, le trafic des femmes, les maisons de dressage sexuel et le proxénitisme. Les enjeux éthiques du débat politique se dégagent aussi avec peu de difficulté lorsque nous regardons la violence vécue par les prostitué(e)s, la prison de l’intoxication et les besoins de services de santé. Mais les enjeux éthiques et politiques touchant la réforme des lois apparaissant dans le code criminel sont beaucoup plus difficiles à cerner lorsque l’on regarde la relation sexuelle entre un(e) prostitué(e) et son client/sa cliente.

La prostitution n’est pas une sexualité privée, elle est une sexualité publique. En tant qu’elle est sexualité publique, la prostitution soulève des questions d’éthique de la sexualité qui sont sociales et politiques.

Plutôt que de nous demander si la prostitution devait être légalisée, nous devrions, je crois, nous demander pourquoi cette réalité fait partie du code criminel. Nous devrions nous demander si en effet la prostitution est un crime. Des actions sont considérées comme des actes criminels dans une société lorsque ces actions causent du tort à la personne, à la propriété ou aux institutions. Le code criminel régit les comportements anti-sociaux, les comportements qui sont des infractions aux règles de base de la vie en société. La prostitution causerait-elle du tort aux deux partenaires ? Auraient-elles des conséquences malheureuses pour les autres et pour les citoyen(ne)s ?

Ne devons nous pas nous demander s’il est juste et acceptable, pour une société, que des êtres humains aient des relations sexuelles et/ou des pratiques sexuelles à des fins commerciales sans égards pour les désirs et les plaisirs de la personne qui offre de tels services ? Ne devrions-nous pas nous demander aussi s’il est juste et acceptable, pour une société, qu’une personne demande à une autre personne d’accepter de renoncer à ses plaisirs et à ses désirs au profit de la réponse à ses propres besoins ? Ne devrions-nous pas nous demander s’il est juste et acceptable, pour une société, que ce renoncement aux plaisirs et au désir - ou à toute autre émotion ou attente relationnelle, même inconsciente - soit compensé par le paiement en valeur marchande (salaire, nourriture, logement, etc.) du service rendu ?

En formulant ces questions je mets l’accent sur trois valeurs qui me semble importantes : éprouver du désir, avoir du plaisir, se vivre comme sujet sexuel, sujet de ses désirs et de ses plaisirs. Ces trois valeurs sont ébranlées par la pratique de la prostitution. Surtout en ce qui concerne le fait de porter atteinte à soi et à l’autre en tant que sujet de sa sexualité. Car quelque chose se joue ici pour les deux : chacun devient objet pour l’autre. C’est pourquoi les personnes qui ne sont pas en faveur de la légalisation parlent d’esclavage sexuel.

Le versant individuel

Regardons maintenant la décision individuelle de se prostituer. Les militantes en faveur de la légalisation de la prostitution affirment qu’elles font un choix conscient et qu’elles ne sont pas des victimes. Lorsqu’elles affirment leur libre choix de se prostituer ces militantes parlent, entre autre chose, d’une libération sexuelle. Ainsi, le droit de se prostituer pour beaucoup signifie que nous sommes libres de vivre notre sexualité selon ce que notre conscience nous dicte. Notre consentement à vivre une sexualité et notre liberté de dire oui ou de dire non aux possibilités sexuelles qui s’offrent à nous seraient les baromètres les plus importants de notre conduite. Vivre la prostitution pourrait donc vouloir dire vivre librement une sexualité consentie. Auquel cas seule la prostitution forcée serait illégitime.

Cette manière de voir sur le plan éthique la sexualité ne se limite pas au dossier de la prostitution. Les arguments du consentement et de la liberté sont utilisés en matière de sexualité dans le cas de la production de matériel pornographique, dans le cas de consommation de produits de l’industrie du sexe, et même dans les cas d’agression sexuelle. La libération sexuelle des gens est alors perçue à partir d’une définition libérale de la liberté. " Je suis libre. J’ai le droit… ". Il s’agit d’une certaine sorte d’éthique de la sexualité.

Cette façon de concevoir la liberté humaine me conduit souvent à dire qu’en Amérique, pays de liberté, la liberté est un problème. "L’Amérique c’est la liberté, le problème de l’Amérique c’est la liberté". Nous sommes devant ce que nous appelons en éthique le relativisme individuel. Chacun prend des décisions et pose des gestes en fonction de ses intérêts et cela tant que l’exercice de sa liberté n’entrave pas celle des autres. Le rapport à l’autre est vu comme un rapport entre deux egos et entre deux égoïsmes qui s’affrontent et se conjuguent. La sexualité humaine devient donc dans cette perspective, elle aussi, rencontre de deux égos.

Au-delà de la liberté, des valeurs

Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que le mot liberté, exprimé sous la forme d’un droit, ne donne à lui seul aucun contenu à désirer et à souhaiter. Vivre une libération sexuelle et la viser pour plus de liberté encore, c’est aussi viser d’autres valeurs à travers elle. J’ai parlé plus haut de trois valeurs : éprouver du désir, avoir du plaisir et se vivre comme sujet de ses désirs et de ses plaisirs. Mais peut-être que ces trois valeurs ne sont pas suffisantes. Peut-être y a-t-il d’autres valeurs à partager pour qu’une éthique de la sexualité ne soit pas seulement celle du consentement.

C’est que le versant sombre de nos imaginaires d’amour et de désir ne jette pas de l’ombre sur tout le paysage. Il existe un versant clair, versant où les rapports entre hommes, entre femme, entre hommes et femmes se transforment, pacifiquement, au jour le jour. Il existe des hommes et des femmes qui souhaitent vivre la rencontre sexuelle comme rencontre de l’autre. Leurs repères peuvent venir des religions monothéistes, des spiritualités, des philosophies de la sexualité, de la sexologie, des théories féministes ou masculinistes. Les gens inventent des normes et rites, créent des valeurs, questionnent les traditions. Il existe, surtout dans notre culture occidentale, mais certainement ailleurs aussi, des corps heureux qui se sentent bien, qui se sentent en sécurité et qui se sentent respectés. Toutes et tous devraient avoir accès à ce sentiment de sécurité et de bien-être qui éloigne l’angoisse, la peur, la tension entre l’intérieur de soi et l’extérieur de soi.

Le féminisme est porteur d’une compréhension différente de la rencontre sexuelle, compréhension partagée par les humanistes. Dans ces philosophies de la sexualité, la rencontre des partenaires devient une rencontre responsable et respectueuse de l’autre. Un jeu complice. Un humour. Une tendresse. Ces philosophies ne méprisent pas la tendresse et la vulnérabilité des corps. Elles encensent autrement les plaisirs et les désirs des partenaires. Elles nous parlent de gratuité et d’abandon. Surtout de gratuité.

Mais la violence possible des intimités jette de l’ombre sur l’univers sexuel des hommes et des femmes pro-féministes et humanistes. La violence intime de l’abus et de l’agression, de la chosification de l’autre est alors nommée et dénoncée. C’est cette violence possible et son scandale que, bien souvent, les partisanes et partisans de la légalisation de la prostitution oblitèrent. À un point tel que les partisans et partisanes d’une sexualité humaniste amènent l’argument du déni. Déni de la violence et de l’abus.

Regarder le débat sur la prostitution sous l’angle d’une éthique féministe et humaniste de la sexualité permettrait un rappel de valeurs autres que la seule affirmation de sa liberté devant le consentement de l’autre. Il permettrait aussi de nous demander si, des profondeurs de notre inconscient à nos lucidités les plus crues, nous ne sommes pas devant un crime contre soi-même et contre l’autre.

***

Je l’ai dit plus haut " se prostituer " implique des renoncements pour la personne qui choisit de le faire. Quels enjeux éthiques cela soulève-t-il pour la personne et pour la société ? C’est ce que j’ai tenté de regarder ici sous l’angle de nos choix juridiques et de nos choix individuels. Je suis consciente d’avoir déplacé le débat qui a court : je souhaitais nous faire réfléchir sur nos finalités. C’est pourquoi je vous laisse avec des questions : Quelles valeurs voudrions-nous viser à travers une éthique de la sexualité féministe et humaniste ? Quelles lois nous feraient-elles voter ? Quelles interventions nous feraient-elles faire auprès des personnes ? Si nous vivions dans une société égalitaire et féministe, si nous étions les législatrices en matière d’éthique de la sexualité sociale et politique, quels choix ferions-nous ? …Bien souvent le rôle de l’éthicien-ne est de poser des questions…

Bibliographie

Yolande, Geadah, La Prostitution, un métier comme un autre ?, Montréal, VLB éditeur, 2003, 294 pages.
Conseil du statut de la femme, La prostitution : Profession ou exploitation ? Une réflexion à poursuivre, Gouvernement du Québec, mais 2002, 145 pages.
Cécile Coderre et Colette Parent, " Le deuxième sexe et la prostitution : pour repenser la problématique dans une perspective féministe ", in Cécile Coderre et Marie-Blanche Tahon (eds), Le deuxième sexe. Une relecture en trois temps, 1949-1971-1999, Montréal, Éditions du Remue-ménage, 2001, pp. 73-89.
S. E., Marshall, " Bodyshopping : The Case of Prostitution ", in Journal of Applied Philosophy, vol. 16, no. 2, 1999, pp. 139-150.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 6 mars 2004


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Pascale Camirand, éthicienne et féministe

Pascale Camirand, citoyenne et philosophe éthicienne féministe, est présidente de la Société des femmes philosophes.



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  • > Quelle éthique pour la prostitution ?
    (1/2) 26 mars 2004 , par barbara schwartz

    rép: Pascale Camirand
  • > Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?
    (2/2) 15 mars 2004 , par Marie-Noëlle

    rép: Pascale Camirand




  • > Quelle éthique pour la prostitution ?
    26 mars 2004 , par barbara schwartz   [retour au début des forums]

    J’ai beaucoup apprécié cet article, bien que n’ayant pour le moment pas la même opinion. Alors, j’engage le débat !
    En premier lieu, vous suggérez qu’au delà du consentement des personnes se prostituant, se pose la question de l’acceptation par la société d’une sexualité détachée du plaisir et du désir. En ce sens, je me demande pourquoi spécifiquement la sexualité doit intégrer ces valeurs, plus que le travail, par exemple, où bien souvent des individus renoncent à leur plaisir et désir pour la satisfaction des besoins d’un tiers qui les emploie. Si c’est le cas, est-ce en fonction d’une spécificité de la sexualité, et dès lors, n’est-ce pas assigner a priori une signification à la sexualité qui en limite les expressions ? Je comprend bien que la notion de "valeur" que vous proposez limite la liberté comme consentement, et que toute valeur n’est pas liberticide ; mais je me demande précisément dans le cas présent si la restriction de la sexualité à un rapport gratuit, ne relève pas d’une atteinte à ce qui pourrait être le droit de donner sa signification à la sexualité.
    Ainsi, j’aurai plutôt tendance à me demander si je dois me positionner sur la prostitution en fonction de ce droit de faire de la sexualité ce que je veux, ou bien de la combattre comme un simple avatar d’un mauvais rapport de travail.
    Je reconnais en revanche que ces considération relèvent d’une morale "libérale" de la sexualité, et que le consentement, effectivement, ne donne aucun contenu à la liberté. C’est pourquoi je me demande si nous n’aurions pas intérêt à dissocier l’aspect juridique du problème-où à mon sens les valeurs ne peuvent restreindre le consentement sans imposer une vision de la sexualité-des aspect économiques et sociaux où nous pouvons travailler à défaire le travail au maximum de son aspect de renoncement au profit d’un tier.
    Qu’en pensez-vous ?

    • > Quelle éthique pour la prostitution ?
      30 mars 2004 , par
      Pascale Camirand   [retour au début des forums]

      Considérer que se prostituer est choisir un métier comme un autre signifie deux choses : que l’on associe la travail à un fardeau, un labeur et que l’on associe la sexualité commercialisée à ce même labeur. Dire du travail qu’il constitue une expérience négative de la condition humaine c’est lui ôter sa signification valorisante. Le travail peut être un lieu de réalisation de soi, une expression de notre personnalité et de notre caractère. Le
      travail peut être une façon d’exprimer un talent. Nous pouvons aimer notre travail. Et souvent nous souhaitons trouver un travail qui nous convient, un travail qui nous rend heureux ou heureuse. Le travail n’est pas par définition une aliénation de soi, une exploitation, au profit d’un patron.

      Le travail n’est pas par définition une nécessité liée au besoin de survivre et de répondre à nos besoin matériels. Dire que le travail est une
      aliénation ou une exploitation c’est exprimer une réalité de la vie humaine qui fait scandale. Et si elle fait scandale c’est parce que nous souhaitons mieux pour chacun et chacune.

      J’ajouterais maintenant que la prostitution peut être envisagée comme un travail. Ce faisant, on considère alors que la sexualité peut être une
      manière de gagner sa croûte et que, en gagnant sa croûte de cette façon, on renonce à quelque chose au profit d’un salaire. C’est ce à quoi la personne renonce et ce à quoi le client demande de renoncer qui me questionne. Vous avez raison de dire que, dans mon discours, la sexualité à pour but défini de nous donner du plaisir et de se vivre dans le désir. Il me semble que c’est la visée première de la rencontre sexuelle entre deux personnes. Les
      deux personnes se rencontrent pour que chacun éprouve du plaisir en explorant son corps et le corps de l’autre. C’est l’une des expériences de
      l’âge adulte qui fait partie des jeux gratuits, des loisirs, des libertés que l’on se donne. Et cela devrait nous rendre heureux ou heureuse. La
      sexualité est une bonheur et un humour. Elle devrait se tenir loin des mouvements harassant de la journée de travail.

      En ce sens, la prostitution n’est pas un métier comme un autre. Et je crois bien que, d’une certaine manière, on pourrait parler d’un crime contre soi-même.

      Les femmes ont été les objets sexuels des hommes depuis l’aube des temps. Il nous appartient aujourd’hui d’être sujet de notre sexualité. Nous avons à nous réapproprier notre corps. Notre corps doit nous appartenir. Ses désirs et ses plaisirs aussi. La prostitution représente selon moi l’une des manifestations d’un interdit important fait aux femmes dans les sociétés patriarcales : celui d’être sujet de son désir et de son plaisir, celui de se vivre dans un corps sexuel heureux et amoureux de la vie. En ce sens aussi la prostitution n’est pas un métier comme un autre. Elle est une
      manifestation de l’oppression des femmes. Et en ce sens cette fois ce sont les clients qui commettent un crime contre l’intégrité sexuelle de toutes les femmes.

      Cordialement,

      Pascale Camirand

      [Répondre à ce message]

    > Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?
    15 mars 2004 , par Marie-Noëlle   [retour au début des forums]
    Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?

    J’ai beaucoup aimé le point de vue éthique de la prositution que vous amenez dans votre article. Par contre, un tout petit point m’a agacé : à un moment donné vous citez les client-es de prostitué-es. Selon un article de Claudine Legardinier sur le site du Mouvement du nid (http://mouvementdunid31.lautre.net/index.htm) "la clientèle féminine" (de la prostitution) reste anecdotique. Autrement dit la clientère demeure très majoritairement des hommes. Je m’explique très mal alors l’ajout du féminin lorsque vous parlez des clients. Il serait d’ailleurs très intéressant que l’on parle davantage de cette vue de la problématique : les clients sont des hommes ! À ce moment, entre autres la prévention et l’éducation (très peu répandue par ailleurs sauf en Suède)pourrait être faite en fonction de cette information.

    • Clients et clientes
      16 mars 2004 , par
      Pascale Camirand   [retour au début des forums]

      Bonjour Marie-Noëlle,

      Loin de moi l’idée de nier que les personnes qui utilisent les services de prostitué(e)s sont d’abord des hommes. Loin de moi l’idée de nier que les personnes qui se prostituent sont d’abord des femmes.

      En utilisant les mots personnes et en féminisant/masculinisant, j’ai voulu mettre l’accent sur le fait que l’autre réalité existe : celle où des femmes sont clientes et les hommes, jeunes, enfants, sont prostitués. En Amérique du Nord du moins cette réalité existe aussi.

      Regarder la dimension éthique du problème, en tablant sur l’éthique de la sexualité, implique de nous questionner sur cette étrange liberté féminine ... valorisée par l’industrie du sexe (exemple des gogo boys aux États-Unis).

      Pascale Camirand

      [Répondre à ce message]


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