| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






samedi 29 septembre 2012

Carton rouge pour les bordels à vitrine

par Par Julie Bindel, Standpoint






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


La Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation, deux ans plus tard, qu’en-est-il ?
Le prostitueur moderne et sa nounou queer
Aidez-nous à éradiquer la prostitution au Canada
Euro 2016 - Le prix d’une passe n’est pas celui que tu crois
Abolition de la GPA et de la prostitution, même combat contre le patriarcat
Les droits des femmes bafoués, les corps marchandisés
Non au système prostitutionnel ! Une analyse féministe et abolitionniste du système prostitutionnel
Prostitution : L’Assemblée nationale française fidèle à ses convictions
Claudine Legardinier - Prostitution : une guerre contre les femmes
France - Les inégalités femmes-hommes au Sénat font obstruction à la sanction des clients de la prostitution !
Offrir aux hommes handicapés de recourir à la prostitution, une idée ancrée dans la misogynie et le validisme
Lettre ouverte à rabble.ca - La journaliste Meghan Murphy visée par une campagne misogyne du lobby de l’industrie du sexe
Grand Prix de Montréal - La CSN demande l’application de la nouvelle loi fédérale pour contrer la prostitution
Comment la pornographie influence les jeunes consommateurs
"Le commerce du sexe", un film d’Ève Lamont
Réglementer la pornographie ou criminaliser les pornocrates ?
Corps disloqués, âmes brisées : conséquences psychiques et physiques de la prostitution sur les personnes qui la vivent
Prostitution - L’approche de “réduction des méfaits” ne suffit pas pour une analyse pertinente de la prostitution
« Ni client, ni complice ! » - La CLES lance un appel à lutter contre la banalisation de l’exploitation sexuelle
Pénalisation du client de la prostitution ? Les belles histoires de Tonton Robert
Non, Messieurs, la plupart des personnes prostituées ne le sont pas par choix
Le manifeste des 343 bites tellement légères qu’elles se dressent à l’insu de leur cerveau
La cruelle chosification des femmes prostituées et des mères porteuses
Catharine A. MacKinnon - Traite, prostitution, inégalité
Prostitution - Sanctionner les clients et non les prostituées
Prostitution des jeunes - La trahison des adultes
Décriminaliser la prostitution ne peut pas être la solution
Prostitution : une affaire d’hommes ou la fraternité "des salauds"
Loi sur la prostitution en France - « Je ne veux pas d’une société où les femmes ont un prix »
Janice G. Raymond – Prostitution : "Pas un choix, pas un travail"
Elisabeth Badinter et Irène Théry ou la caution intellectuelle du système patriarcal
Les femmes étrangères rêveraient-elles de devenir "putes" ?
Prostitution - La stigmatisation et le mythe entourant le statut de victime
Abolition de la prostitution en France - Le principe est acquis, place à la loi !
Comprendre la prostitution dans l’ensemble des structures de pouvoir fondées sur le genre
L’Irlande pourrait interdire l’achat de sexe
Le prostitueur, "chaînon manquant" de la question prostitutionnelle, selon Victor Malarek
La prostitution, sexualisation du pouvoir
La France envisagerait des sanctions "pédagogiques" pour les prostitueurs
Le Canada ne peut traiter la prostitution comme un filet de sécurité sociale
Les "femmes de réconfort" étaient nécessaires pour maintenir la discipline dans l’armée, selon le maire d’Osaka
Prostitueurs et non-prostitueurs, une étude de Mélissa Farley
Bienvenue dans le monde des prostitueurs
Prostitution - Rendre tabou la notion de victime pour masquer l’existence d’agresseurs
Prostitution en Grande-Bretagne - Un bien étrange syndicat au service des proxénètes
Prostitution et mariage : une assimilation douteuse
La prostitution, le STRASS et la sénatrice - La pertinence de la transparence
Au delà des mythes, légaliser la prostitution est une très mauvaise idée
La Suède malmène l’industrie du sexe et aide les femmes prostituées
Les prostitueurs. Sexe à vendre… Les hommes qui achètent du sexe, un livre de Victor Malarek
"Angel" : Piégée dans un monde de prostitution et de violence
L’être et la marchandise. Prostitution, maternité de substitution et dissociation de soi
"Les criminelles" : individualisation et romantisation de la prostitution
Des spécialistes en santé veulent aider les femmes à sortir de l’industrie du sexe… en faisant échec aux prostitueurs
L’Islande songe à interdire la porno diffusée sur Internet
En studio avec Ruth ! "Je crois sincèrement que la traite humaine et la prostitution fonctionnent de pair"
Catalogne - La loi et l’ordre des proxénètes
Qui estime vraiment les personnes prostituées ?
En studio avec Ruth ! "La prostitution est un grand enjeu politique"
L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (FAFIA) répondent au rapport Oppal sur les femmes disparues
Colombie-Britannique - L’égalité des femmes et le contexte socio-économique absents du rapport Oppal sur les femmes disparues
Prostitution - Les “progressistes” australiens oscillent entre l’industrie du sexe et les droits des femmes
Prostitution - Le refus d’abolir le système prostitueur est une atteinte aux droits humains
Fantine ou la liberté de se prostituer ?
Première rencontre de l’Association internationale des survivantes unies de la traite à des fins sexuelles (prostitution)
Prostitution - Pourquoi il faut mettre fin à une des plus anciennes violations des droits humains
Prostitution - La réduction des méfaits est-elle ce que nous pouvons faire de mieux pour les personnes prostituées ?
Un traité féministe international pour abolir la prostitution
Prostitution - Coup de tampon réglementariste !
Prostitution et séropositivité - Le Gouvernement grec arrête et emprisonne des femmes pour protéger les hommes
Manifeste contre le système prostitueur
Prostitution en France - Lettre ouverte à M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre
1946-2012 : De la fermeture des maisons closes à la lutte contre le système prostitueur, les abolitionnistes portent progrès et liberté !
Prostitution - Gloria Steinem appuie le modèle nordique
Solidarité avec les prostituées, mais lutte contre la prostitution
Comparaison entre acheteurs et non-acheteurs de sexe dans la région de Boston
8 mars 2012 : Pas d’égalité sans abolition de la prostitution !
La danse contact ou "lap-dance", prologue de la prostitution
Fiers d’aller aux danseuses ! Vraiment ?
Abolitionnistes du système prostitueur : ce que nous sommes, ce que nous voulons !
Les Néerlandais commencent à regretter la légalisation de la prostitution
Prostitution et faux-semblants : une affaire de société, de femmes et d’hommes
Pourquoi la gauche veut-elle faire de la prostitution "un métier comme un autre" ?
Prostitution et "slutwalk" - Bâtir un mouvement féministe progressiste à l’époque individualiste
Prostitution - Il faut rendre illégal l’achat de "services" sexuels en Australie
Le mouvement des femmes n’est pas monochromatique
ZéroMacho - Des hommes contre la prostitution
Prostitution et domination masculine
La vérité sur l’esclavage sexuel planétaire, un livre de Lydia Cacho
Votre voisin est un prostitueur - Une nouvelle recherche
J’ai rien vu
Abolition n’est pas prohibition - Pourquoi la défense de l’avortement diffère de la défense de la prostitution
Prostitution et traite des femmes - Le projet abolitionniste au congrès Mondes des femmes 2011
Congrès international Mondes des femmes 2011 - Compte-rendu des échanges sur l’abolition de la prostitution à l’exposition "Les draps parlent"
Banalisation de l’industrie du sexe et éducation des jeunes
Nous devons sanctionner les acheteurs de la prostitution
Des députés proposent une résolution sur la prostitution réaffirmant la position abolitionniste de la France
Dix raisons de ne pas légaliser la prostitution
Demi Moore s’associe au CNN Freedom Project pour un documentaire saisissant sur le commerce sexuel au Népal
Client de la prostitution : vers une prise de conscience européenne
Lutter pour faire de la prostitution un travail, c’est se tromper de combat
Prostitution et traite des êtres humains, controverses et enjeux
Le système de la prostitution militaire en Corée du Sud, en Thaïlande et aux Philippines
Les pratiques des hommes "clients" de la prostitution : influences et orientations pour le travail social
La prostitution comme violence contre les femmes
Le système prostitutionnel, un pilier de l’inégalité sexuelle et des violences envers les femmes
Clients de la prostitution : un "droit de l’homme" heureusement en péril
Prostitution as violence against women
Prostitution - Vive le sexe libre et gratuit !
France - La prostitution n’est pas une fatalité
"Il faut punir les clients des prostituées", selon Roselyne Bachelot. Oui... et dépénaliser les personnes prostituées !
Belgique - Analyse « Prostitution : arguments et opinions »
Prostitution - Le débat entre féministes se poursuit
Tribunal populaire sur l’exploitation sexuelle commerciale - Inscription
La tolérance sociale, complice de la violence et de l’exploitation sexuelle
Traite des femmes à des fins sexuelles - Au cœur des réseaux criminels : l’exemple de l’Albanie
S’unir contre la banalisation de la prostitution - Un défi pour la décennie
Moi, si j’étais un homme
Prostitution et traite des êtres humains - Les mensonges du réglementarisme
La députée bloquiste Maria Mourani présente un projet de loi pour accélérer la lutte à la traite des personnes et au proxénétisme
La prostitution menace le patrimoine humain
La série "Maison close" : de la fiction à la réalité
C’est un métier, tout comme le vôtre…
Décriminaliser totalement la prostitution sape le travail pour l’égalité des sexes - Exigeons le changement
"Abolir la prostitution" – Une question en suspens pour le féminisme et pour la gauche
Pays-bas : infirmières ou prostituées ?
Madame Parité commence fort en renvoyant les femmes… au bordel !
Le sexe s’invite à la Coupe du Monde
Feu « Verts » au proxénétisme !
Plus de pornographie à l’Assemblée nationale, mais des assises de la prostitution au Sénat
"Travailleurs du sexe", un documentaire sexiste, réactionnaire et dangereux
Le Mouvement du Nid-France louera un mini-car pour faire visiter les maisons closes
Pour un quartier assiégé, la prostitution est loin d’être un "crime sans victime"
De client prostitueur à homme responsable : une démarche nécessaire
Le "client", premier agent de la prostitution
Proxénétisme et prostitution - Lettre ouverte aux candidat-e-s aux élections européennes de juin 2009
Poser les bases d’une Europe sans prostitution, c’est oser
Le tourisme de prostitution, une industrie mondialisée florissante
Prostitution : la grande promo
Première Journée mondiale contre l’exploitation sexuelle : les raisons d’un engagement
Prostitution et traite des êtres humains, enjeux nationaux et internationaux
Le vagin industriel. Vers une économie politique du sexe commercial mondialisée
S’attaquer au trafic mondial du sexe
Intégrisme islamique et esclavage sexuel en Iran
Le corps des femmes est attaqué. Que fait-on ? On se tient debout et on riposte !
Libre disposition de son corps et liberté de se prostituer
Le refus de la prostitution gagne du terrain
La mode hypersexualisée s’inspire de la pornographie
Le "droit de prostituer" n’est pas un droit de l’homme
"Abolition de la prostitution" - Édito Revue Labrys
Affaire Sneep aux Pays-Bas - Condamnation de deux proxénètes qui ont exploité et maltraité 120 filles de l’Europe du Sud et de l’Est
Le commerce du sexe est florissant en Afghanistan
Sexe et Formule 1
Dossier prostitution - Importants développements à l’échelle internationale
Prostitution - Touche pas à mon client ?
Le Conseil National des Femmes du Luxembourg (CNFL) se prononce en faveur d’une législation agissant directement sur la demande de "services sexuels"
Affaire Spitzer - Le mythe du crime sans victimes
Le Mouvement du Nid inquiet de plusieurs mesures de la politique française sur la prostitution
Le Forum de Vienne sur la traite des êtres humains reste sourd aux voix des victimes
Une politique cohérente contre la violence à l’égard des femmes doit commencer par s’attaquer à la prostitution
Prostitution - À Alger comme en Europe, on esclavagise les femmes
Manifeste des hommes pour l’abolition de la prostitution (Espagne)
Pornographie et fin de la masculinité
Pornographie : "Ça fait mal, tellement mal" ou pourquoi certaines femmes ne veulent pas savoir
Prostitution : les limites du consentement
Prostitution et traite des femmes au Nevada
« Être abolitionniste, c’est défendre la liberté sexuelle ! »
"Rent-A-Wife", c’est discriminatoire !
Après des décennies, les secrets des bordels des camps nazis émergent
Une association féministe espagnole conteste l’expression "travailleuse du sexe"
Le Mouvement du Nid face aux clients prostitueurs
Première Journée mondiale pour un tourisme responsable et respectueux, le 2 juin 2007
Richard Poulin parle de son dernier livre "Abolir la prostitution" - Interview par Sporenda
Police, Justice et acteurs sociaux, quelle coopération ?
Réflexions sur les meurtres de femmes prostituées au Royaume-Uni
Prostitution - Trois femmes et un débat
Déchirées par la guerre, les femmes d’Irak sont la cible des trafiquants du sexe
La prostitution n’est pas un service comme un autre
Entretien avec Coline Serreau sur le film Chaos
Qu’est-ce que la libération ? Le féminisme hier, aujourd’hui et demain
Quand le porno impose sa vision de la sexualité
La prostitution, une arme politique
Prostitution : tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir et qui existe quand même !
La liberté dévoyée
Mondialisation, militarisme et trafic sexuel
Pour que la porno recule
Marchandisation et déshumanisation : l’exemple de la prostitution
Richard Poulin lance un manifeste abolitionniste
Prostitution en Allemagne : Déclaration post-Coupe Mondiale de Football
Prostitution Reform - Stamp out sexual slavery (Angleterre)
La prostitution au XVIIIe siècle, pierre d’achoppement entre politiques locales et pouvoir royal
Campagne contre la traite des blanches de l’Europe de l’Est
Prostitution : les pièges du pragmatisme
L’âge du consentement sexuel à 16 ans : un pis-aller ?
Prostitution : cherchez le client
Enjeux de la prostitution considérée comme "travail du sexe"
L’envergure de la traite à des fins de prostitution
Les filles de l’Est
Violence pro-prostitution à la Maison des femmes de Paris
Le discours pro-prostitution : une rhétorique de dominant
"Survivantes" et féministes contre la prostitution
Clients de la prostitution : motivations et déterminants
La législation à l’encontre des prostituées au XVIIIe siècle
Une politique cohérente contre la violence faite aux femmes doit d’abord s’attaquer à la prostitution
La nouvelle industrie du sexe
"Terre promise", un film d’Amos Gitaï sur la traite des femmes
Prostitution : une arme de destruction massive
"Les clients de la prostitution : l’enquête", de Claudine Legardinier et Saïd Bouamama
Les Philippines contre le trafic sexuel
"Inside deep throat", contribution à la liberté sexuelle ?
La prostitution au XVIIIe siècle : introduction à une liberté superficielle
Femmes à vendre dans les pays baltes
Prostitution et Société No 150
Acheter du sexe n’est pas un sport
Une loi qui jetterait les femmes dans l’industrie du sexe
Casino de Hull - Des "playmates" de Playboy pour faire la promotion des nouvelles machines à sous
Ni coupables, ni victimes : libres ? Oui, libres de toute prostitution
Le système de la prostitution : une violence à l’encontre des femmes
La marchandisation du corps humain est une violation des droits fondamentaux de la personne
Le système de la prostitution au Cambodge : le témoignage de Somaly Mam
Le Mouvement du Nid
Le Mouvement du Nid - Documents sur la prostitution
La banalisation de la prostitution : des choses à savoir
L’Association canadienne des centres contre les agressions sexuelles réclame des politiques contre le commerce du sexe
16 journées d’actions citoyennes pour dire "Non aux violences à l’égard des femmes et à la prostitution ! Oui à la promotion de la dignité humaine !"
Prostitution et travail « invisible » : une assimilation dangereuse
Le risque global d’être convertie en marchandise
Gunilla Ekberg : « Le mieux que nous puissions faire pour nos soeurs prostituées, c’est de les aider à en sortir. »
Prostitution, pornographie et trafic des femmes
Sexe, argent et intégrisme postmoderne
Les politiques européennes et internationales sur la traite des êtres humains encouragent le proxénétisme
Quinze thèses sur le capitalisme et le système prostitutionnel mondial
Le chemin de Buenos Aires : la prostitution, hier et aujourd’hui
Prostitution,
la mondialisation incarnée

Mondialisation des industries du sexe : oppression maximale des femmes et des enfants du Sud, de l’Est, du Sud-Est, etc...
L’hypocrisie a-t-elle un sexe ? Ou comment masquer l’insoutenable réalité de la prostitution
L’importance de ne pas censurer le débat sur la prostitution
Viol et prostitution
Esclavage et prostitution
Journée de formation sur la mondialisation de la prostitution et du trafic sexuel - Documents
Les jeunes et l’industrie du sexe
La marchandisation du sexe : nouvel esclavagisme ?
Le "libre choix" en Allemagne : accepter de se prostituer ou perdre son allocation de chômage ?
La croissance effrénée des industries du sexe : entrevue avec Richard Poulin
Aux pays des tsunamis, le trafic sexuel sévit
Le modèle suédois : une source d’inspiration, non une panacée
Une étude dresse le portrait des prostitueurs ou clients de la prostitution
Prostitution : La nouvelle traite des Noirs
« La mondialisation des industries du sexe » : des faits aux valeurs
Décriminaliser la prostitution a profité aux proxénètes, pas aux personnes prostituées
Occupations militaires - La prostitution érigée en système
Le scandale de l’esclavage sexuel au Kosovo
« Les Yeux secs » et la caméra citoyenne de Narjiss Nejjar
Rapport sur les conséquences de l’industrie du sexe dans l’Union européenne
L’érotisation de la violence et de la subordination
Prostitution : réflexions d’un militant en colère
Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, esclavage, travail forcé, trafic de personnes
Pacte du silence sur les clients de la prostitution
Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?
Des questions à se poser sur la prostitution
Fabrication d’un nouveau mythe sur la prostitution
L’urgence est-elle de faire de la prostitution un métier ?
Je voudrais parler porno
La légalisation de la prostitution, une expérience qui a échoué en Australie
Prostitution, pornographie et capital
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) appelle à la reconnaissance de l’industrie du sexe
Prostitution, trafic sexuel et mondialisation
On s’arrache les actions du premier bordel inscrit en bourse
Il faut stigmatiser le client... il est criminel
La tyrannie du nouvel ordre sexuel
Adulte ou infantile, la prostitution est le contraire de l’autonomie sexuelle
Les enjeux occultés de la prostitution et les conséquences sur les rapports hommes-femmes
Le trafic mondial des femmes et des enfants
Des proxénètes à l’Université ?
La mondialisation des marchés du sexe - I
La mondialisation des marchés du sexe - II
Combattre le système prostitutionnel
Sexe : de l’intimité au « travail sexuel » ou prostituer est-il un droit humain ?
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) appelle à la reconnaissance de l’industrie du sexe. Commentaire.
Pour une critique de la politique pro-prostitution de Cabiria
Prostitution : droits des femmes ou droit aux femmes ?
Faut-il une autorisation pour parler de la prostitution ?
« Le corps est un nouvel instrument d’esclavage » Florence Montreynaud
« La prostitution, ce n’est pas le plus vieux métier du monde, c’est le plus vieux mensonge » (Gunilla Ekberg)
L’idéologie sexiste et la pornographie
Femmes esclaves des bordels du Bangladesh







Amsterdam, souvent acclamée comme la Mecque du sexe en Europe, s’apprête à vivre une importante cure de rajeunissement. Après 12 ans de bordels à vitrine légalisés, qui attirent des hordes de clients de partout en Europe, les politiciens, les policiers, les citoyen-nes et même beaucoup de prostituées elles-mêmes admettent que la prostitution sanctionnée par l’État est une expérience sociale qui se solde par un échec.

Fort de dix années de preuves que des bandes criminelles contrôlent De Wallen, le « quartier chaud » de la ville, le conseil municipal a annoncé son intention de le nettoyer dans une tentative de transformer la réputation d’Amsterdam. Il va fermer au moins la moitié des bordels à vitrine, des sex-shops et des cafés de cannabis, qui seront remplacés par davantage de musées, de restaurants et de galeries d’art.

Bon nombre de ceux qui contrôlent l’industrie du sexe en vitrine et qui coordonnent la traite de milliers de femmes arrivant à Amsterdam sont ce qu’on appelle les loverboys, de jeunes Hollandais d’origine marocaine, turque ou du Surinam, la plupart d’entre eux musulmans, qui cherchent de jeunes Hollandaises vulnérables, font semblant de les aimer et, après quelques mois, forcent leurs « petites amies » à la prostitution, en les gardant sous contrôle étroit, par la contrainte physique et psychologique.

Les loverboys se servent des mêmes méthodes qu’un autre groupe d’exploiteurs sexuels – les gangs asiatiques d’abord dénoncés en décembre 2010 dans un autre article de Standpoint (« Gangs, Girls and Grooming », décembre 2010) – qui fonctionnent en toute impunité dans les villes du nord de l’Angleterre. Ces proxénètes ciblent les mineures insécures qu’ils repèrent dans les écoles, les cafés et à l’extérieur des centres d’accueil. Ils les courtisent et deviennent leurs partenaires en leur promettant de l’amour, des vêtements, un statut social et du plaisir. Puis ils commencent à les exploiter commercialement. Ces jeunes filles, devenues émotionnellement et financièrement dépendantes des loverboys, se retrouvent enfermées dans un cycle de violence, parfois obligées de travailler dans les vitrines des quartiers chauds officiels ou déplacées d’une maison de passe à une autre.

Ces hommes font travailler leurs victimes dans des vitrines pour pouvoir garder l’œil dessus jour et nuit. Comme il n’est plus interdit dans le régime légalisé de tirer profit de cette forme de prostitution, les loverboys semblent invulnérables, et les jeunes femmes se sentent peu en mesure de prouver la violence qu’on leur inflige.

À Amsterdam, souvent saluée comme une zone libre d’exploitation, l’industrie du sexe reflète également l’afflux massif de femmes vulnérables et désespérées, arrivant en Union européenne d’Europe de l’Est, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est pour travailler dans des zones où la prostitution est légalisée. La plupart auront été victimes de la traite organisée par des gangs criminelles ou des entrepreneurs individuels qui leur promettent une vie meilleure et la chance de gagner beaucoup d’argent. La traite, et une forte hausse de la consommation d’héroïne et de crack chez les prostituées, rendent les femmes de plus en plus désespérées, et les clients obtiennent d’elles tout ce qu’ils veulent.

« On m’a dit que j’avais besoin de quelqu’un pour me protéger lorsque j’ai commencé à travailler ici il y a cinq ans », me dit Ingrid, une prostituée slovaque de 24 ans, après avoir accepté de me parler parce que, à 10h du matin, c’est encore un moment de tranquillité pour elle, les clients cuvant leur gueule de bois. « Mais tout ce que cela signifie, c’est que je paie un proxénète pour arrêter de me faire battre, et en plus, il faut que je paie mon loyer. J’arrive à peine à rester à flot. »

Pourtant, depuis la légalisation, il n’y a pas de « pimps » dans le quartier chaud d’Amsterdam. Les hommes qui possèdent les vitrines et les bordels, et qui vivent des revenus de la prostitution, sont désormais qualifiés de « gestionnaires » ou de « facilitateurs ». À quelques mètres des fenêtres, des types à l’allure de videurs de bar bavardent en gardant l’œil sur leur marchandise. Un client sort d’un bordel, en remontant sa braguette. « Les Anglais boivent beaucoup et peuvent être difficiles à gérer », explique Lena, une Estonienne à la voix tranquille. « Mais ils dépensent de l’argent. Ils me disent que dans leur pays, il est considéré comme sale de payer pour du sexe, mais qu’ici, c’est aussi naturel que d’aller aux toilettes. »

Jan est un policier qui patrouille le quartier des bordels. Je le rencontre à 1h du matin, alors qu’il vérifie les établissements à vitrine en toquant sur ces fenêtres pour demander aux femmes s’il y a « des problèmes ». Il n’aime pas me donner son nom complet, expliquant que ses supérieurs sont devenus plus sensibles à la critique. « Les gens commencent à savoir que notre système comporte beaucoup de criminalité et beaucoup de violence contre les filles qui y travaillent, dit-il. Le problème de la traite et les loverboys turcs sont autant de problèmes qui font surface maintenant. Nous avons vraiment facilité cela en prenant le risque de laisser la prostitution devenir une telle attraction de notre ville. »

La légalisation a entraîné une hausse significative du nombre des touristes sexuels, en provenance notamment du Royaume-Uni, qui se rendent surtout à Amsterdam pour fréquenter les bordels légaux. La prostitution légale, y compris les sex-shops et les performances de sexe en direct, attire autant de visiteurs à Amsterdam que ses galeries d’art et ses canaux.

En 1995, une tippelzone, ou aire de racolage, a été créée pour les prostituées de rue au centre d’Amsterdam. Il s’agissait d’un segment de rue auquel étaient adossées plusieurs places de stationnement séparées par des cloisons de bois hautes d’1 mètre 80, ainsi que d’une stalle réservée aux cyclistes et aux hommes qui souhaitent baiser en position debout.

La tippelzone a été promue comme façon de contrôler les problèmes liés à la prostitution, dont le trafic de drogue, la traite et la violence. En 2004, le conseil municipal a mis fin à cette formule. Le maire, Job Cohen, a alors admis que cette zone était devenue un paradis pour les trafiquants et les vendeurs de drogue et qu’elle n’avait pas atteint son but, soit briser les liens entre la prostitution et le crime organisé.

Cette même année, le maire-adjoint Rob Oudkerk, chef du Parti socialiste, le principal acteur de la scène municipale, a perdu son poste quand on a appris qu’il fréquentait des prostituées, y compris celles dont il connaissait présumément le statut d’illégales ou de toxicomanes. Son successeur, Lodewijk Asscher, a des vues très différentes sur la prostitution, et il a remis en question la propagande pro-légalisation qui avait permis à l’industrie du sexe d’Amsterdam de prospérer.

En 2006, le conseil municipal a refusé de renouveler les permis de 37 entrepreneurs en prostitution dans le quartier des bordels. Utilisant la Loi sur la probité de l’administration publique, qui permettait aux municipalités de fermer les sites abritant des activités illégales, le conseil municipal d’Amsterdam a conclu que beaucoup de bordels étaient gérés par le crime organisé. On les a notamment accusés de faciliter la traite des personnes, le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.

Depuis 2006, Asscher a mis en place de nouvelles politiques radicales en matière de prostitution. Ce n’est pas seulement à Amsterdam que des changements se produisent. Des tippelzones ont été fermées à Rotterdam et à La Haye, ainsi que le tiers des 450 bordels à vitrine d’Amsterdam.

« J’étais très inquiet de ce qui se passait dans la vieille ville. Quand a débuté mon mandat, six ans après la légalisation, les indices n’étaient pas bons, m’a dit Asscher. Il y a énormément de criminalité dans ce quartier de la ville. »

La Loi d’encadrement de la prostitution, qui doit entrer en vigueur en janvier prochain, constitue un effort ultime pour pallier certaines des pires conséquences de la légalisation. Elle prévoit l’obligation pour les prostituées de s’inscrire auprès du gouvernement – scénario improbable pour elles qui évoluent dans un secteur stigmatisé et clandestin. Il permettra également de relever de 18 à 21 ans l’âge minimum de participation à l’industrie du sexe. Les clients de prostituées illégales pourront également être sanctionnés, comme les propriétaires de locaux où l’on constatera des abus répétés. Un registre national sera mis en place pour les entreprises à qui un permis de prostitution aura été refusé ou révoqué. Mais c’est presque certainement trop peu et trop tard pour une ville inondée de prostituées mineures ou victimes de la traite et d’autres formes de coercition.

« La légalisation péchait par naïveté, admet Asscher. Nous pensions avoir mieux fait que partout ailleurs dans le monde. Certains prétendent qu’une plus grande pénalisation repousse la prostitution dans la clandestinité, mais cela en éloigne les criminels. »

Une étude sur les hommes qui paient pour le sexe a révélé que 19 sur 103 des répondants, dont des hommes pour qui c’était la première relation sexuelle, s’étaient rendus à Amsterdam pour visiter les bordels à vitrine.

« Amsterdam, c’était comme passer par le tourniquet d’un manège de foire : deux minutes et vous étiez dehors », a dit l’un d’eux. « Apprendre que des femmes avaient baisé avec cinq hommes au cours de l’heure précédente ou avec 20 hommes dans une journée m’a vraiment refroidi. »

Martine et Louise Fokken, deux jumelles identiques de 70 ans qui ont travaillé 50 ans dans le quartier chaud d’Amsterdam, me l’ont fait visiter. Elles disent que l’afflux de loverboys et de jeunes étrangères a « ruiné » le commerce pour les femmes néerlandaises. « La légalisation n’a jamais fonctionné. Elle fait surtout l’affaire des proxénètes et des étrangères, explique Martine. Les vautours sont arrivés en 2000. Des gens du crime organisé. Ils ont dit : “Aha, c’est légalisé. Maintenant, tout baigne pour nous.” »

Les sœurs Fokken semblent avoir une vision un peu romantique d’une région qui a toujours connu des problèmes avec l’industrie du sexe. Au milieu du 19e siècle, les Pays-Bas étaient un centre névralgique de la prostitution, les marins étant les acheteurs les plus prolifiques, et les Hollandaises appauvries étant celles que l’on prostituait dans les rues.

Les femmes étaient forcées de s’inscrire en tant que prostituées et de se soumettre à des examens médicaux hebdomadaires pour la syphilis. Une fois certifiées « propres », elles recevaient une carte qui les autorisait effectivement à pratiquer la prostitution et sans laquelle elles pouvaient être jetées en prison. En Grande-Bretagne, Josephine Butler a condamné ce système d’examens médicaux forcés, inspirant une coalition de féministes, de socialistes et de protestants à les faire supprimer en Grande-Bretagne et à faire campagne en Europe contre la réglementation et l’acceptation de la prostitution, en raison de son caractère dégradant pour les femmes.

Les bordels d’Amsterdam ont été fermés en 1897 et, en 1911, les abolitionnistes ont remporté cette bataille dans l’ensemble du pays : les autorités des Pays-Bas ont interdit les maisons closes et criminalisé le proxénétisme et l’exploitation de la prostitution.

Mais, peu à peu, les bordels sont revenus ; bien que toujours illégaux, ils étaient tolérés. Dans les années 1930, on a vu apparaître à Amsterdam les premiers bordels à vitrine. Dans les années 1950, le quartier chaud est devenu une attraction touristique. La prostitution, les clubs de sexe, les magasins de pornographie et les sex-shops ont été ouvertement tolérés. Les années 1980 ont vu un afflux massif de femmes étrangères amenées par la traite à l’industrie néerlandaise de la prostitution, une tendance qui se poursuit aujourd’hui.

Lentement, la pression a augmenté pour que la prostitution soit légalisée. En 1985, l’organisation Rode Draad (Fil Rouge), un lobby de l’industrie du sexe basé à Amsterdam, a déclaré que les droits des travailleuses et travailleurs du sexe ne pouvaient être assurés que si les proxénètes et les bordels étaient dépénalisés. (En fait, il n’y a que 100 des 25 000 prostituées des Pays-Bas qui sont syndiquées, et la plupart d’entre elles sont « danseuses érotiques ».) La Fondation Mr A de Graaf, à l’origine un institut chrétien de recherche qui reconnaissait la prostitution comme nuisible, a changé d’orientation au cours de l’examen de la nouvelle loi par le gouvernement, et a commencé à exercer des pressions en faveur de la légalisation. Il a reçu de généreuses subventions de l’État au cours de cette période. On a adopté la légalisation en 2000.

Mariska Majoor, ex-prostituée et partisane d’une légalisation totale du proxénétisme et de la tenue de bordels, gère le Centre d’information sur la prostitution (CIP). Elle a soutenu publiquement que la traite était un phénomène rare à Amsterdam. Le PIC organise des visites guidées du quartier de la prostitution. En 2005, l’agence touristique internationale Thomas Cook, fondée pour promouvoir le tourisme éthique et éducatif, a lancé une visite à pied de nuit de ce quartier. En s’appuyant sur les visites organisées par le PIC, il a fait la publicité de ces tournées en précisant qu’elles étaient « gratuites pour les enfants de moins de trois ans ».

« Il s’agit d’une machine de propagande bien huilée », explique Chrissie Bennet, une ex-escorte d’origine britannique qui a passé un mois dans les bordels à vitrine d’Amsterdam. « Les filles savaient toutes que nous vivions sous la matraque des proxénètes, retenues là par les dettes et le désespoir. Personne ne serait là s’il existait d’autres choix. »

Mais aujourd’hui, Lodewijk Asscher est sceptique à propos de la propagande qui a longtemps prétendu que la manière néerlandaise était la meilleure pour ce qui était de réglementer l’industrie du sexe. « Le lobby pro-travail du sexe ne représente pas les femmes, mais les proxénètes, dit-il. Ces organisations sont financés par l’industrie [de la prostitution] et elles brossent donc un tableau qui est trop beau pour être vrai. »

Sa plus récente initiative a pour nom le Projet 1012, nommé d’après le code postal du quartier, et vise à y amener de nouvelles entreprises et de nouveaux touristes non liés à la prostitution. Il s’agit d’une collaboration entre des banques, des promoteurs, des entreprises, des investisseurs et des entrepreneurs. Aux termes de ce projet, les permis des cafés, maisons de jeu et bordels seront révoqués si l’on y constate des activités criminelles.

L’un des restaurants les plus courus de la ville, Anna, a ouvert l’an dernier dans une maison close reconvertie. Juste à côté des bordels à vitrine se trouve maintenant la station musicale musique Red Light Radio. En me promenant dans le quartier avec les jumelles Fokken, elles me conduisent à ce qui était le premier bordel à vitrine où elles ont travaillé ensemble, et poussent des cris de joie à constater qu’il n’y a plus de femmes nues dans la fenêtre, mais des mannequins déshabillés : le bâtiment est devenu une boutique de haute couture. Quant à l’organisation du « Fil rouge », elle a fait faillite en août après avoir perdu sa subvention gouvernementale.

Asscher espère attirer plus de 600 millions de livres en investissements des entreprises qui s’installent dans le quartier, mais il a aussi un plan B si son projet échoue : il envisage de présenter une nouvelle loi qui pénalisera l’achat de services sexuels, à l’instar de ce qui se fait dans des pays comme la Suède et la Norvège.

Copyright : Julie Bindel

Traduction : Martin Dufresne

- Version originale : "Window Brothels Get the Red Light", Standpoint, septembre 2012.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 28 septembre 2012


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Par Julie Bindel, Standpoint



    Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

© SISYPHE 2002-2012
http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin