| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






mercredi 30 janvier 2013

Qui estime vraiment les personnes prostituées ?
Analyse comparée des arguments réglementaristes et abolitionnistes

par Christine Le Doaré, Irréductiblement féministe






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


Le prostitueur moderne et sa nounou queer
Aidez-nous à éradiquer la prostitution au Canada
Euro 2016 - Le prix d’une passe n’est pas celui que tu crois
Abolition de la GPA et de la prostitution, même combat contre le patriarcat
Les droits des femmes bafoués, les corps marchandisés
Non au système prostitutionnel ! Une analyse féministe et abolitionniste du système prostitutionnel
Prostitution : L’Assemblée nationale française fidèle à ses convictions
Claudine Legardinier - Prostitution : une guerre contre les femmes
France - Les inégalités femmes-hommes au Sénat font obstruction à la sanction des clients de la prostitution !
Offrir aux hommes handicapés de recourir à la prostitution, une idée ancrée dans la misogynie et le validisme
Lettre ouverte à rabble.ca - La journaliste Meghan Murphy visée par une campagne misogyne du lobby de l’industrie du sexe
Grand Prix de Montréal - La CSN demande l’application de la nouvelle loi fédérale pour contrer la prostitution
Comment la pornographie influence les jeunes consommateurs
"Le commerce du sexe", un film d’Ève Lamont
Réglementer la pornographie ou criminaliser les pornocrates ?
Corps disloqués, âmes brisées : conséquences psychiques et physiques de la prostitution sur les personnes qui la vivent
Prostitution - L’approche de “réduction des méfaits” ne suffit pas pour une analyse pertinente de la prostitution
« Ni client, ni complice ! » - La CLES lance un appel à lutter contre la banalisation de l’exploitation sexuelle
Pénalisation du client de la prostitution ? Les belles histoires de Tonton Robert
Non, Messieurs, la plupart des personnes prostituées ne le sont pas par choix
Le manifeste des 343 bites tellement légères qu’elles se dressent à l’insu de leur cerveau
La cruelle chosification des femmes prostituées et des mères porteuses
Catharine A. MacKinnon - Traite, prostitution, inégalité
Prostitution - Sanctionner les clients et non les prostituées
Prostitution des jeunes - La trahison des adultes
Décriminaliser la prostitution ne peut pas être la solution
Prostitution : une affaire d’hommes ou la fraternité "des salauds"
Loi sur la prostitution en France - « Je ne veux pas d’une société où les femmes ont un prix »
Janice G. Raymond – Prostitution : "Pas un choix, pas un travail"
Elisabeth Badinter et Irène Théry ou la caution intellectuelle du système patriarcal
Les femmes étrangères rêveraient-elles de devenir "putes" ?
Prostitution - La stigmatisation et le mythe entourant le statut de victime
Abolition de la prostitution en France - Le principe est acquis, place à la loi !
Comprendre la prostitution dans l’ensemble des structures de pouvoir fondées sur le genre
L’Irlande pourrait interdire l’achat de sexe
Le prostitueur, "chaînon manquant" de la question prostitutionnelle, selon Victor Malarek
La prostitution, sexualisation du pouvoir
La France envisagerait des sanctions "pédagogiques" pour les prostitueurs
Le Canada ne peut traiter la prostitution comme un filet de sécurité sociale
Les "femmes de réconfort" étaient nécessaires pour maintenir la discipline dans l’armée, selon le maire d’Osaka
Prostitueurs et non-prostitueurs, une étude de Mélissa Farley
Bienvenue dans le monde des prostitueurs
Prostitution - Rendre tabou la notion de victime pour masquer l’existence d’agresseurs
Prostitution en Grande-Bretagne - Un bien étrange syndicat au service des proxénètes
Prostitution et mariage : une assimilation douteuse
La prostitution, le STRASS et la sénatrice - La pertinence de la transparence
Au delà des mythes, légaliser la prostitution est une très mauvaise idée
La Suède malmène l’industrie du sexe et aide les femmes prostituées
Les prostitueurs. Sexe à vendre… Les hommes qui achètent du sexe, un livre de Victor Malarek
"Angel" : Piégée dans un monde de prostitution et de violence
L’être et la marchandise. Prostitution, maternité de substitution et dissociation de soi
"Les criminelles" : individualisation et romantisation de la prostitution
Des spécialistes en santé veulent aider les femmes à sortir de l’industrie du sexe… en faisant échec aux prostitueurs
L’Islande songe à interdire la porno diffusée sur Internet
En studio avec Ruth ! "Je crois sincèrement que la traite humaine et la prostitution fonctionnent de pair"
Catalogne - La loi et l’ordre des proxénètes
En studio avec Ruth ! "La prostitution est un grand enjeu politique"
L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) et l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale (FAFIA) répondent au rapport Oppal sur les femmes disparues
Colombie-Britannique - L’égalité des femmes et le contexte socio-économique absents du rapport Oppal sur les femmes disparues
Prostitution - Les “progressistes” australiens oscillent entre l’industrie du sexe et les droits des femmes
Prostitution - Le refus d’abolir le système prostitueur est une atteinte aux droits humains
Fantine ou la liberté de se prostituer ?
Première rencontre de l’Association internationale des survivantes unies de la traite à des fins sexuelles (prostitution)
Prostitution - Pourquoi il faut mettre fin à une des plus anciennes violations des droits humains
Carton rouge pour les bordels à vitrine
Prostitution - La réduction des méfaits est-elle ce que nous pouvons faire de mieux pour les personnes prostituées ?
Un traité féministe international pour abolir la prostitution
Prostitution - Coup de tampon réglementariste !
Prostitution et séropositivité - Le Gouvernement grec arrête et emprisonne des femmes pour protéger les hommes
Manifeste contre le système prostitueur
Prostitution en France - Lettre ouverte à M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre
1946-2012 : De la fermeture des maisons closes à la lutte contre le système prostitueur, les abolitionnistes portent progrès et liberté !
Prostitution - Gloria Steinem appuie le modèle nordique
Solidarité avec les prostituées, mais lutte contre la prostitution
Comparaison entre acheteurs et non-acheteurs de sexe dans la région de Boston
8 mars 2012 : Pas d’égalité sans abolition de la prostitution !
La danse contact ou "lap-dance", prologue de la prostitution
Fiers d’aller aux danseuses ! Vraiment ?
Abolitionnistes du système prostitueur : ce que nous sommes, ce que nous voulons !
Les Néerlandais commencent à regretter la légalisation de la prostitution
Prostitution et faux-semblants : une affaire de société, de femmes et d’hommes
Pourquoi la gauche veut-elle faire de la prostitution "un métier comme un autre" ?
Prostitution et "slutwalk" - Bâtir un mouvement féministe progressiste à l’époque individualiste
Prostitution - Il faut rendre illégal l’achat de "services" sexuels en Australie
Le mouvement des femmes n’est pas monochromatique
ZéroMacho - Des hommes contre la prostitution
Prostitution et domination masculine
La vérité sur l’esclavage sexuel planétaire, un livre de Lydia Cacho
Votre voisin est un prostitueur - Une nouvelle recherche
J’ai rien vu
Abolition n’est pas prohibition - Pourquoi la défense de l’avortement diffère de la défense de la prostitution
Prostitution et traite des femmes - Le projet abolitionniste au congrès Mondes des femmes 2011
Congrès international Mondes des femmes 2011 - Compte-rendu des échanges sur l’abolition de la prostitution à l’exposition "Les draps parlent"
Banalisation de l’industrie du sexe et éducation des jeunes
Nous devons sanctionner les acheteurs de la prostitution
Des députés proposent une résolution sur la prostitution réaffirmant la position abolitionniste de la France
Dix raisons de ne pas légaliser la prostitution
Demi Moore s’associe au CNN Freedom Project pour un documentaire saisissant sur le commerce sexuel au Népal
Client de la prostitution : vers une prise de conscience européenne
Lutter pour faire de la prostitution un travail, c’est se tromper de combat
Prostitution et traite des êtres humains, controverses et enjeux
Le système de la prostitution militaire en Corée du Sud, en Thaïlande et aux Philippines
Les pratiques des hommes "clients" de la prostitution : influences et orientations pour le travail social
La prostitution comme violence contre les femmes
Le système prostitutionnel, un pilier de l’inégalité sexuelle et des violences envers les femmes
Clients de la prostitution : un "droit de l’homme" heureusement en péril
Prostitution as violence against women
Prostitution - Vive le sexe libre et gratuit !
France - La prostitution n’est pas une fatalité
"Il faut punir les clients des prostituées", selon Roselyne Bachelot. Oui... et dépénaliser les personnes prostituées !
Belgique - Analyse « Prostitution : arguments et opinions »
Prostitution - Le débat entre féministes se poursuit
Tribunal populaire sur l’exploitation sexuelle commerciale - Inscription
La tolérance sociale, complice de la violence et de l’exploitation sexuelle
Traite des femmes à des fins sexuelles - Au cœur des réseaux criminels : l’exemple de l’Albanie
S’unir contre la banalisation de la prostitution - Un défi pour la décennie
Moi, si j’étais un homme
Prostitution et traite des êtres humains - Les mensonges du réglementarisme
La députée bloquiste Maria Mourani présente un projet de loi pour accélérer la lutte à la traite des personnes et au proxénétisme
La prostitution menace le patrimoine humain
La série "Maison close" : de la fiction à la réalité
C’est un métier, tout comme le vôtre…
Décriminaliser totalement la prostitution sape le travail pour l’égalité des sexes - Exigeons le changement
"Abolir la prostitution" – Une question en suspens pour le féminisme et pour la gauche
Pays-bas : infirmières ou prostituées ?
Madame Parité commence fort en renvoyant les femmes… au bordel !
Le sexe s’invite à la Coupe du Monde
Feu « Verts » au proxénétisme !
Plus de pornographie à l’Assemblée nationale, mais des assises de la prostitution au Sénat
"Travailleurs du sexe", un documentaire sexiste, réactionnaire et dangereux
Le Mouvement du Nid-France louera un mini-car pour faire visiter les maisons closes
Pour un quartier assiégé, la prostitution est loin d’être un "crime sans victime"
De client prostitueur à homme responsable : une démarche nécessaire
Le "client", premier agent de la prostitution
Proxénétisme et prostitution - Lettre ouverte aux candidat-e-s aux élections européennes de juin 2009
Poser les bases d’une Europe sans prostitution, c’est oser
Le tourisme de prostitution, une industrie mondialisée florissante
Prostitution : la grande promo
Première Journée mondiale contre l’exploitation sexuelle : les raisons d’un engagement
Prostitution et traite des êtres humains, enjeux nationaux et internationaux
Le vagin industriel. Vers une économie politique du sexe commercial mondialisée
S’attaquer au trafic mondial du sexe
Intégrisme islamique et esclavage sexuel en Iran
Le corps des femmes est attaqué. Que fait-on ? On se tient debout et on riposte !
Libre disposition de son corps et liberté de se prostituer
Le refus de la prostitution gagne du terrain
La mode hypersexualisée s’inspire de la pornographie
Le "droit de prostituer" n’est pas un droit de l’homme
"Abolition de la prostitution" - Édito Revue Labrys
Affaire Sneep aux Pays-Bas - Condamnation de deux proxénètes qui ont exploité et maltraité 120 filles de l’Europe du Sud et de l’Est
Le commerce du sexe est florissant en Afghanistan
Sexe et Formule 1
Dossier prostitution - Importants développements à l’échelle internationale
Prostitution - Touche pas à mon client ?
Le Conseil National des Femmes du Luxembourg (CNFL) se prononce en faveur d’une législation agissant directement sur la demande de "services sexuels"
Affaire Spitzer - Le mythe du crime sans victimes
Le Mouvement du Nid inquiet de plusieurs mesures de la politique française sur la prostitution
Le Forum de Vienne sur la traite des êtres humains reste sourd aux voix des victimes
Une politique cohérente contre la violence à l’égard des femmes doit commencer par s’attaquer à la prostitution
Prostitution - À Alger comme en Europe, on esclavagise les femmes
Manifeste des hommes pour l’abolition de la prostitution (Espagne)
Pornographie et fin de la masculinité
Pornographie : "Ça fait mal, tellement mal" ou pourquoi certaines femmes ne veulent pas savoir
Prostitution : les limites du consentement
Prostitution et traite des femmes au Nevada
« Être abolitionniste, c’est défendre la liberté sexuelle ! »
"Rent-A-Wife", c’est discriminatoire !
Après des décennies, les secrets des bordels des camps nazis émergent
Une association féministe espagnole conteste l’expression "travailleuse du sexe"
Le Mouvement du Nid face aux clients prostitueurs
Première Journée mondiale pour un tourisme responsable et respectueux, le 2 juin 2007
Richard Poulin parle de son dernier livre "Abolir la prostitution" - Interview par Sporenda
Police, Justice et acteurs sociaux, quelle coopération ?
Réflexions sur les meurtres de femmes prostituées au Royaume-Uni
Prostitution - Trois femmes et un débat
Déchirées par la guerre, les femmes d’Irak sont la cible des trafiquants du sexe
La prostitution n’est pas un service comme un autre
Entretien avec Coline Serreau sur le film Chaos
Qu’est-ce que la libération ? Le féminisme hier, aujourd’hui et demain
Quand le porno impose sa vision de la sexualité
La prostitution, une arme politique
Prostitution : tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir et qui existe quand même !
La liberté dévoyée
Mondialisation, militarisme et trafic sexuel
Pour que la porno recule
Marchandisation et déshumanisation : l’exemple de la prostitution
Richard Poulin lance un manifeste abolitionniste
Prostitution en Allemagne : Déclaration post-Coupe Mondiale de Football
Prostitution Reform - Stamp out sexual slavery (Angleterre)
La prostitution au XVIIIe siècle, pierre d’achoppement entre politiques locales et pouvoir royal
Campagne contre la traite des blanches de l’Europe de l’Est
Prostitution : les pièges du pragmatisme
L’âge du consentement sexuel à 16 ans : un pis-aller ?
Prostitution : cherchez le client
Enjeux de la prostitution considérée comme "travail du sexe"
L’envergure de la traite à des fins de prostitution
Les filles de l’Est
Violence pro-prostitution à la Maison des femmes de Paris
Le discours pro-prostitution : une rhétorique de dominant
"Survivantes" et féministes contre la prostitution
Clients de la prostitution : motivations et déterminants
La législation à l’encontre des prostituées au XVIIIe siècle
Une politique cohérente contre la violence faite aux femmes doit d’abord s’attaquer à la prostitution
La nouvelle industrie du sexe
"Terre promise", un film d’Amos Gitaï sur la traite des femmes
Prostitution : une arme de destruction massive
"Les clients de la prostitution : l’enquête", de Claudine Legardinier et Saïd Bouamama
Les Philippines contre le trafic sexuel
"Inside deep throat", contribution à la liberté sexuelle ?
La prostitution au XVIIIe siècle : introduction à une liberté superficielle
Femmes à vendre dans les pays baltes
Prostitution et Société No 150
Acheter du sexe n’est pas un sport
Une loi qui jetterait les femmes dans l’industrie du sexe
Casino de Hull - Des "playmates" de Playboy pour faire la promotion des nouvelles machines à sous
Ni coupables, ni victimes : libres ? Oui, libres de toute prostitution
Le système de la prostitution : une violence à l’encontre des femmes
La marchandisation du corps humain est une violation des droits fondamentaux de la personne
Le système de la prostitution au Cambodge : le témoignage de Somaly Mam
Le Mouvement du Nid
Le Mouvement du Nid - Documents sur la prostitution
La banalisation de la prostitution : des choses à savoir
L’Association canadienne des centres contre les agressions sexuelles réclame des politiques contre le commerce du sexe
16 journées d’actions citoyennes pour dire "Non aux violences à l’égard des femmes et à la prostitution ! Oui à la promotion de la dignité humaine !"
Prostitution et travail « invisible » : une assimilation dangereuse
Le risque global d’être convertie en marchandise
Gunilla Ekberg : « Le mieux que nous puissions faire pour nos soeurs prostituées, c’est de les aider à en sortir. »
Prostitution, pornographie et trafic des femmes
Sexe, argent et intégrisme postmoderne
Les politiques européennes et internationales sur la traite des êtres humains encouragent le proxénétisme
Quinze thèses sur le capitalisme et le système prostitutionnel mondial
Le chemin de Buenos Aires : la prostitution, hier et aujourd’hui
Prostitution,
la mondialisation incarnée

Mondialisation des industries du sexe : oppression maximale des femmes et des enfants du Sud, de l’Est, du Sud-Est, etc...
L’hypocrisie a-t-elle un sexe ? Ou comment masquer l’insoutenable réalité de la prostitution
L’importance de ne pas censurer le débat sur la prostitution
Viol et prostitution
Esclavage et prostitution
Journée de formation sur la mondialisation de la prostitution et du trafic sexuel - Documents
Les jeunes et l’industrie du sexe
La marchandisation du sexe : nouvel esclavagisme ?
Le "libre choix" en Allemagne : accepter de se prostituer ou perdre son allocation de chômage ?
La croissance effrénée des industries du sexe : entrevue avec Richard Poulin
Aux pays des tsunamis, le trafic sexuel sévit
Le modèle suédois : une source d’inspiration, non une panacée
Une étude dresse le portrait des prostitueurs ou clients de la prostitution
Prostitution : La nouvelle traite des Noirs
« La mondialisation des industries du sexe » : des faits aux valeurs
Décriminaliser la prostitution a profité aux proxénètes, pas aux personnes prostituées
Occupations militaires - La prostitution érigée en système
Le scandale de l’esclavage sexuel au Kosovo
« Les Yeux secs » et la caméra citoyenne de Narjiss Nejjar
Rapport sur les conséquences de l’industrie du sexe dans l’Union européenne
L’érotisation de la violence et de la subordination
Prostitution : réflexions d’un militant en colère
Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, esclavage, travail forcé, trafic de personnes
Pacte du silence sur les clients de la prostitution
Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?
Des questions à se poser sur la prostitution
Fabrication d’un nouveau mythe sur la prostitution
L’urgence est-elle de faire de la prostitution un métier ?
Je voudrais parler porno
La légalisation de la prostitution, une expérience qui a échoué en Australie
Prostitution, pornographie et capital
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) appelle à la reconnaissance de l’industrie du sexe
Prostitution, trafic sexuel et mondialisation
On s’arrache les actions du premier bordel inscrit en bourse
Il faut stigmatiser le client... il est criminel
La tyrannie du nouvel ordre sexuel
Adulte ou infantile, la prostitution est le contraire de l’autonomie sexuelle
Les enjeux occultés de la prostitution et les conséquences sur les rapports hommes-femmes
Le trafic mondial des femmes et des enfants
Des proxénètes à l’Université ?
La mondialisation des marchés du sexe - I
La mondialisation des marchés du sexe - II
Combattre le système prostitutionnel
Sexe : de l’intimité au « travail sexuel » ou prostituer est-il un droit humain ?
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) appelle à la reconnaissance de l’industrie du sexe. Commentaire.
Pour une critique de la politique pro-prostitution de Cabiria
Prostitution : droits des femmes ou droit aux femmes ?
Faut-il une autorisation pour parler de la prostitution ?
« Le corps est un nouvel instrument d’esclavage » Florence Montreynaud
« La prostitution, ce n’est pas le plus vieux métier du monde, c’est le plus vieux mensonge » (Gunilla Ekberg)
L’idéologie sexiste et la pornographie
Femmes esclaves des bordels du Bangladesh







En matière de prostitution, ce ne sont pas les clichés ni les certitudes qui manquent, mais dans ce domaine aussi les apparences sont souvent trompeuses. Responsables, respectueux et modernes ou à l’inverse, condescendants, fatalistes et conservateurs, quels qualificatifs réglementaristes ou abolitionnistes s’attribuent-ils/elles ?

Les réglementaristes affirment que doit perdurer le « plus vieux métier du monde » et revendiquent l’adoption d’un statut pour organiser les intérêts d’une minorité de prostituées « volontaires ». Les abolitionnistes quant à eux, pensent que l’égalité femmes-hommes et le respect de l’intégrité humaine requièrent un projet de société féministe et humaniste. Un tel projet ne peut se satisfaire du sacrifice d’un quota de femmes, au nom de l’un des plus vieux mensonges patriarcaux, de la prétendue irrépressible sexualité masculine, ni au nom de l’une des plus archaïques exploitations marchandes.

Réglementaristes comme abolitionnistes veulent la régularisation des personnes prostituées sans papier, l’abrogation du délit de racolage, l’abandon de toute mesure répressive et stigmatisante à l’encontre des personnes prostituées. Tous disent vouloir lutter contre la traite, les réseaux, les violences ; en réalité, les personnes qui s’expriment en faveur de la réglementation n’abordent que très rarement et très superficiellement ces problèmes quand elles ne les minimisent, voire ne les évacuent pas. Les réglementaristes demandent plus de prévention au VIH-sida. De leur côté, les abolitionnistes revendiquent une véritable alternative à la prostitution avec l’adoption d’une politique sociale inclusive ambitieuse destinée aux personnes prostituées qui le souhaitent, avec des programmes de réinsertion comportant des actions globales pour la santé et la prévention, mais également des programmes d’éducation, de formation, sans oublier l’emploi et le logement, etc.

Convenons-en, il s’agit bien de deux conceptions politiques opposées. Il est parfaitement clair que les réglementaristes souhaitent aménager le système alors que les abolitionnistes veulent le réformer en vue de sa disparition. Avez-vous identifié l’attitude la plus conservatrice des deux ?

Les réglementaristes accusent souvent les abolitionnistes d’être en faveur de l’ordre moral, de parler en lieu et place des personnes prostituté-e-s, de les infantiliser. Ils affirment détenir la vérité et représenter l’ensemble des personnes prostituées de manière sincère et désintéressée. Seulement voilà, derrière les apparentes évidences, celui des deux projets qui traduit une confiance dans l’humanité et son avenir n’est pas forcément celui qui crie le plus fort.

Indéniablement, le discours réglementariste séduit par sa simplicité et le nombre restreint de ses arguments, au nombre de cinq en tout et pour tout. Arguments numéros 1 et 1 bis : La prostitution est « le plus vieux métier du monde ». C’est « un métier comme un autre ».
Argument n° 2 : Les personnes prostituées sont libres de leur choix et de faire ce qu’elles veulent de leur corps. Arguments n° 3 et 3 bis : La prostitution est une soupape sociale à la misère sexuelle et affective. C’est aussi un moyen de canaliser la violence masculine et même d’éviter des viols. Arguments n°4 et 4 bis : Les abolitionnistes parlent au nom des prostitué-e-s et ne savent pas de quoi elles-ils parlent. Les abolitionnistes sont des puritain-es et des catholiques engagé-es dans la moralisation de la société. Argument n° 5 : les abolitionnistes sont des « tueurs de putes » qui les assassinent au VIH-sida.

Peu importe la façon de les présenter, les intellectuel-les ont leur style, les activistes le leur, mais ces arguments ne varient jamais. Une rhétorique bien huilée, mais va-t-elle résister à quelques minutes d’attention et de réflexion, d’intérêt et d’intégrité ? Nombre d’articles déconstruisent efficacement ces clichés. Le superbe “Scoop-it !” (1) organisé en catégories, est une véritable mine d’or pour qui veut approfondir la question, aussi, ne vais-je répondre que succinctement à ces arguments afin de tester leur solidité et tenter d’établir laquelle des deux positions est la plus favorable aux personnes prostituées.

« Un métier comme un autre » ?

Au cliché du « plus vieux métier du monde », j’opposerais qu’il s’agit surtout d’une commodité aussi vieille que le patriarcat. Une femme peut-elle vraiment être réduite à une commodité ? Tous les avantages exorbitants de la domination masculine, en particulier s’ils constituent une violence faite aux femmes, ne doivent-ils pas être abolis ? Quant à prétendre qu’il s’agit d’un métier comme un autre, si tel était le cas, il existerait des formations et des qualifications, avec des tarifs adaptés à la compétence et qualité de service, veuillez m’excuser, mais qui donne les notes ? Présentez-moi des parents qui rêvent de ce métier pour leur chère progéniture ; expliquez-moi pourquoi l’écrasante majorité de prostitué-e-s rêve d’en sortir, et se lance dans des études supérieures ? Ce n’est pas un métier car personne en France, et c’est tant mieux, n’a encore songé à le proposer comme orientation aux élèves de 4ème en difficulté, ni à l’afficher parmi les offres d’emploi à Pôle Emploi.
Je ne traite même pas les questions d’ordre juridique afférentes au rôle de l’État dans la perspective d’un tel statut ; ni tout le volet des risques de violences inhérentes à l’activité qui compromettent toute possibilité de l’assurer, la sécuriser et donc la réglementer dans le code du travail. Sans compter que le problème dans la prostitution, ce n’est pas le sexe, mais l’argent qui nourrit, entretient et conforte le système prostitueur.

C’est en tous cas le bilan que font les pays réglementaristes débordés par la situation, car il est en réalité impossible de démêler la prostitution « libre » de la traite. Voyez, une critique radicale de ce premier cliché démontre que ce sont les abolitionnistes qui font preuve de modernité, accordent aux personnes prostituées l’intérêt qu’elles méritent et tentent d’éviter que la société ne se fourvoie en laissant, par exemple, s’implanter comme en Belgique ou ailleurs, des quartier entiers transformés en vitrines vivantes. En revanche, les réglementaristes ne semblent pas s’émouvoir de confiner les personnes prostituées à un rôle qui les arrange bien, tant que leur mère, sœur ou fille ne sont pas concernées.

Libre choix et moralisme

Aux clichés du libre choix et du moralisme abolitionniste, j’opposerais tout d’abord que de plus en plus de témoignages et d’études établissent qu’un grand nombre de personnes prostituées ont été victimes de violences sexuelles dans l’enfance. Elles rejettent très souvent leur corps et leur sexualité, elles vivent une dissociation et distanciation qui les anesthésient mais n’empêchent en rien les blessures, au contraire, qui les creusent. Se pourrait-il que les réglementaristes soientà ce point cyniques pour admettre que notre société n’a pas de proposition plus généreuse que la prostitution afin d’aider ces personnes à se reconstruire ?

En outre, comment peut-on sérieusement confondre liberté sexuelle, désir et plaisir avec un consentement forcé pour des motifs purement financiers ? Certes, les fantasmes sur la prostitution ne manquent pas mais la réalité est autrement plus crue et brutale : sentir l’odeur et toucher la peau de corps que l’on ne désire pas, être pénétré-e-s à répétition, se plier à la demande des clients, à leurs caprices, à leurs violences aussi ; à chaque passe, avoir peur de ce qui pourrait advenir, tel est le lot quotidien de la plupart des personnes prostituées. Seules quelques escortes peuvent se payer le luxe de trier leur clientèle sur le volet, ce qui d’ailleurs, n’exclut pas pour autant les risques, ni la dissociation.

Les réglementaristes se sont-ils seulement posé la question de l’âge moyen d’espérance de vie d’une personne prostituée ? Une société ne doit-elle pas d’abord penser à protéger les personnes les plus vulnérables ? Les principes d’intégrité et de non marchandisation des corps humains ne constituent-ils pas des droits inaliénables qui doivent rester hors du commerce et des lois des marchés ? Ne trouvez-vous pas étonnantes les contradictions dans lesquelles se trouvent tant de gauchistes et d’écologistes, révolutionnaires dans tous les domaines mais ultralibéraux en matière de mise à disposition des corps des femmes ? Ne trouvez-vous pas incroyablement paradoxal que le principe de la liberté individuelle poussé à son paroxysme les conduise ainsi à accepter le sacrifice d’un quota de femmes et d’enfants, aussi de quelques hommes, alors que l’ensemble de la population serait destinée à s’épanouir en rejetant la société de consommation, en échangeant librement et gratuitement de bonnes pratiques, le tout, dans la décroissance ? De quoi seraient donc coupables ces personnes pour être ainsi laissées sur le bord du chemin ?

Enfin, les abolitionnistes ne sont pas des cathos pudibonds qui mèneraient une croisade morale, la plupart d’entre elles/eux sont féministes et humanistes. Leur position sur la prostitution n’est pas morale mais politique, ils proposent un autre contrat social et veulent abolir les violences et l’exploitation humaine dans ce qu’elle a de plus âpre. À y regarder de plus près, les abolitionnistes semblent infiniment plus attentifs aux violences faites aux femmes, au passé comme au vécu des personnes prostituées, alors que les réglementaristes s’en lavent les mains, confortablement retranchés derrière le prétexte du libre choix.

Prostitution, soupape sociale ?

Les arguments de « soupape » sociale ne sont-ils pas confondants de renoncement quand ils suggèrent que les femmes devraient à jamais remplir le rôle, qui leur est par « nature » attribué, de confidente, voire de psy de substitution ? Ils révèlent que beaucoup de gens ignorent les ressorts de la prostitution, aveuglés par des romances ou des témoignages soigneusement sélectionnés, et mis en scène pour servir un propos. Il arrive en effet que quelques hommes recherchent ce type de bénéfice dans l’acte prostitutionnel, mais dans la plupart des cas, il ne s’agit pas de sexualité, ni même d’affection, mais bien de domination. Le client paye pour obtenir ce qu’il veut et n’obtient pas dans les relations gratuites et/ou égalitaires. Comment ne pas voir qu’il ne s’agit de rien d’autre que de marchandisation du corps, voire même du sentiment, ce qui évite à bien des hommes de s’engager dans une véritable relation égalitaire et compromet fortement une évolution positive des relations femmes-hommes ?

La prostitution n’a que peu à voir avec la sexualité, mais elle a à voir avec la domination pour les clients, et pour les prostitué-e-s, la seule motivation c’est l’argent. Alors que la sexualité, elle, est libre et gratuite. Les femmes se sont battues pour leur autonomie et libération sexuelle, « si je veux et quand je le veux ».

Prostitution contre viol ?

Quant à l’argument de la maîtrise du viol, tout le monde le sait, même des hommes mariés, pères de famille, commettent des viols. Avoir une vie sexuelle n’exclut pas le viol et, par conséquent, les deux problèmes ne sont pas corrélés même s’ils constituent, l’un comme l’autre, une violence faite aux femmes : dans un cas, le paiement autorise à forcer le consentement et s’apparente donc à un viol. Sur le dos des femmes, les réglementaristes font preuve d’un pragmatisme à toute épreuve. Une fois encore, seuls les abolitionnistes vont au-delà des idées reçues et, employant une grille de lecture féministe, comprennent que les femmes ne sont pas condamnées - aucune d’entre elles - à pérenniser l’éternel cliché féminin « mère/putain ».
Comment font les réglementaristes pour éviter de se poser la question de la responsabilité des clients qui génèrent la demande et, par conséquent, toutes les violences et les trafics afférents ? Les ignorent-ils vraiment et dans la pure tradition cocardière, sous l’œil complice des mères et des femmes, comme papa, papy et des générations de goguenards avant eux, continuent-ils à déniaiser le petit, à aller aux putes comme on va à confesse, à se payer ce que la légitime refuserait, et tout ça au nom du féminisme ? Alors, toujours convaincu-e-s par un tel argument ?

Qui parle au nom de qui ?

L’accusation de parler au nom des personnes prostituées est-elle crédible ? Pas si l’on songe aux milliers de personnes prostituées qui ont témoigné pour dénoncer « l’enfer prostitutionnel ». Pourtant, il suffit de bien les écouter : dans les documentaires tels que « L’Imposture » de Eve Lamont (2) « Not for sale » (3) ; dans le travail d’Hubert Dubois et tant d’autres, à foison, des centaines d’interviews, des heures d’audition à l’ONU et ailleurs – je ne parle pas des témoignages des personnes victimes de la traite, des mafias et réseaux, qui parlent de l’enfermement, des menaces, des viols et tortures à répétition, des drogues injectées de force, car chacun-e s’accorde à dénoncer ces crimes - mais bien de celles qui se disaient « libres » ou « volontaires ». Comme Ulla, elles expliquent clairement et simplement que pour ne pas effrayer leurs clients ou pour pouvoir enchaîner les passes le lendemain, il fallait bien se persuader et persuader l’opinion publique que la prostitution était un métier comme un autre et la banaliser. Elles nous accusent de nous être laissé-e-s berner et d’avoir bien voulu croire ce qui nous arrangeait, et aujourd’hui, elles parlent de viols. Elles disent avoir, dans la plus grande complaisance et indifférence générale, autorisé pour de l’argent des clients à les violer. Surtout, il faut lire les « Survivantes de la prostitution », ce réseau (4) qui s’est créé en mai 2012, il faut lire Rebecca Mott (5) ; elles le disent tellement mieux que nous.

Alors, à part les clients qui consomment, qui encore nie et ignore ces paroles de personnes prostituées et dans quel but ? Une poignée d’activistes réglementaristes qui, avec la caution d’élu-es et d’intellectuel-les médiatiques, les dévalorisent systématiquement et à leur profit, eux/elles qui défendent les intérêts de la libre entreprise d’une minorité d’escortes. Leurs méthodes ne sont pas toujours respectables car leurs motifs ne sont guère avouables : difficile de faire la promotion des privilèges patriarcaux et de l’exploitation quand on se prétend révolutionnaire ! Ce cliché ne supporte pas plus la critique que les autres, pire encore, il démontre à quel point les réglementaristes refusent de se confronter à la parole des personnes prostituées.

Tuer par VIH-sida ?

Le dernier cliché est tellement grossier, il ne sert qu’à faire diversion et je ne vois pas comment une personne sensée pourrait lui accorder le moindre crédit. À l’évidence, tout le monde le sait, les seules personnes qui contaminent au VIH-sida sont les clients qui payent plus cher pour baiser sans préservatif. Les abolitionnistes n’ont rien contre la prévention au VIH-sida, bien au contraire, seulement elles/ils considèrent que cette infection n’est qu’un des multiples problèmes de santé des personnes prostituées et surtout que se limiter aux seules actions de prévention, peut certes, dans certains cas, éviter des contaminations, mais en réalité rend service au système prostitueur. Entretenir un système, est-ce une réponse satisfaisante à un tel problème de société ?

Aucun des cinq arguments réglementaristes ne résiste bien longtemps à une grille d’analyse féministe et humaniste et à une critique sans concession. En outre, les abolitionnistes ne sont pas des naïfs ou des naïves ni des idéalistes, elles/ils sont confronté-es à la réalité de la prostitution, chaque jour sur le terrain, comme, par exemple, depuis fort longtemps le Mouvement du Nid. Elles/ils n’ignorent pas que la prostitution ne va pas disparaître d’un seul coup, même avec une loi abolitionniste, même en responsabilisant, éduquant et pénalisant le client prostitueur. La prostitution continuera d’exister, pour devenir un jour résiduelle parce que la prévention et l’éducation auront porté leurs fruits, parce que l’égalité réelle entre les femmes et les hommes aura gagné du terrain et que, dans une société féministe, cette demande-là n’aura plus guère de sens. Le projet abolitionniste est caricaturé, il est plus riche qu’on ne l’imagine et ceux qui s’intéressent à la question, peuvent consulter le Rapport d’information, Assemblée Nationale n° 334 « Prostitution : l’exigence de responsabilité. En finir avec le mythe du « plus vieux métier du monde ».

Commission des lois avril 2011, Danielle Bousquet et Guy Goeffroy. Se brancher aux sites du Mouvement du nid (6) et du collectif de plus de 50 associations Abolition 2012 (7), ne serait-ce que pour comprendre que l’abolition n’est pas la prohibition. Les personnes prostituées ne seront inquiété-e-s d’aucune façon, mais celles qui veulent sortir du système prostitueur seront accompagnées dans des parcours alternatifs. En revanche, les clients seront mis face à leurs responsabilités, ils pourront échanger sur l’acte de prostitution, ce qu’il signifie pour eux et pour les personnes qu’ils payent.

Prévention, éducation, pénalisation selon des modalités qui restent à définir. Contrôler la demande pour mieux maîtriser les ravages des industries criminelles du sexe, les mafias et réseaux de la traite. Et vous ne trouvez pas que ça vaut la peine d’essayer, vous ? Alors peut-être ignorez-vous l’ampleur des ravages de ce trafic criminel qui génère de formidables profits.

En définitive, peu d’hommes recourent à la prostitution, peu de personnes sont prostituées « volontaires », mais des millions de prostituées de par le monde vivent en situation d’esclavage. L’humanité toute entière aspire à une société plus juste et plus humaine, évolution qui passera nécessairement par l’abolition de la domination masculine du système patriarcal. Alors pourquoi devrions-nous ralentir le processus, ouvrir nos portes aux réseaux en tous genres qui ne manqueront pas de s’y engouffrer, et encourager nos proxénètes locaux à plus d’audace ? Avons-nous tant de temps à perdre, combien de personnes encore devons-nous sacrifier ?

Depuis quand oppose-t-on les intérêts d’un groupe minoritaire à un projet global de société ? Dans tous les cas, les motivations des abolitionnistes ne sont-elles pas plus élevées et généreuses, beaucoup plus optimistes aussi, que celles des réglementaristes ? N’est-il pas insupportable d’imaginer que des personnes soient sacrifiées pour de fallacieuses raisons et des privilèges patriarcaux d’un autre âge et pour les industries capitalistes du sexe ?

À mes yeux, ce qui compte autant que le projet de société féministe, humaniste et abolitionniste dans lequel je veux vivre, ce sont les femmes, les enfants et aussi les hommes (moins nombreux mais ils existent bel et bien), prostitué-e-s. Je ne veux pas détourner les yeux, je me sens concernée, elles et ils me touchent. Ce sont leur vie avec ses blessures, leur courage et leurs espoirs aussi, qui m’interpellent. Je les respecte, je les estime profondément et je forme le vœu qu’un jour, non pas pour des raisons morales mais politiques, plus personne sur terre ne soit contrainte, par la force ou par sa vie, à se livrer à la prostitution. En attendant, essayons au moins de limiter les dégâts et renforçons efficacement la position abolitionniste de la France et la coopération européenne comme la position abolitionniste internationale. Libérons-les, libérons-nous. Avançons.

* Cet article a été publié originellement sur le site de l’auteure. Merci de l’avoir proposé aux lectrices et lecteurs de Sisyphe.

Notes

1. Scoop It !
2. « L’Imposture », d’Eve Lamont
3. « Not for sale ».
4. « Survivantes de la prostitution »
5. Rebecca Mott, Chroniques sur la rostitution, la ornograhie et la violence
6. Le Mouvement du Nid
7. Abolition 2012

Mis en ligne sur Sisyphe, le 5 janvier 2013


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Christine Le Doaré, Irréductiblement féministe



    Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

© SISYPHE 2002-2013
http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin