">
Hébergé par
Sisyphe.org
Sisyphe.info
Sociétés Les éditions Sisyphe 2005-2010 Sisyphe et la liberté de parole Urgence solidarité Santé, Sciences & Technos Démocraties, laïcité, droits, religions, égalité des sexes Liens amis Textes en anglais/English Section L’Agenda Polytechnique 6 décembre 1989
Famille, droit et bien-être des enfants Prostitution, pornographie, traite des femmes et des enfants, industries du sexe Alternatives Violences Éducation Féminisme - Rapports femmes/hommes Chronique - Ras le bol d’Annie Enfance & adolescence : sexualisation et stéréotypes Masculinisme - Débat sur émission ARTE Chronique - Réflexions de Lucie Chronique - Le monde solidaire de Guy  





lundi 10 septembre 2007

Après des décennies, les secrets des bordels des camps nazis émergent

par Alexandra Hudson Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer



Chercher dans ce site

DANS LA MEME RUBRIQUE :
"Abolir la prostitution" – Une question en suspens pour le féminisme et pour la gauche
Pays-bas : infirmières ou prostituées ?
Dix raisons pour ne pas légaliser la prostitution
Madame Parité commence fort en renvoyant les femmes… au bordel !
Le sexe s’invite à la Coupe du Monde
Feu « Verts » au proxénétisme !
Plus de pornographie à l’Assemblée nationale, mais des assises de la prostitution au Sénat
"Travailleurs du sexe", un documentaire sexiste, réactionnaire et dangereux
Le Mouvement du Nid-France louera un mini-car pour faire visiter les maisons closes
Pour un quartier assiégé, la prostitution est loin d’être un "crime sans victime"
De client prostitueur à homme responsable : une démarche nécessaire
Le "client", premier agent de la prostitution
Prostitution et domination masculine
Proxénétisme et prostitution - Lettre ouverte aux candidat-e-s aux élections européennes de juin 2009
Poser les bases d’une Europe sans prostitution, c’est oser
Le tourisme de prostitution, une industrie mondialisée florissante
Prostitution : la grande promo
Première Journée mondiale contre l’exploitation sexuelle : les raisons d’un engagement
Prostitution et traite des êtres humains, enjeux nationaux et internationaux
Le vagin industriel. Vers une économie politique du sexe commercial mondialisée
S’attaquer au trafic mondial du sexe
Intégrisme islamique et esclavage sexuel en Iran
Le corps des femmes est attaqué. Que fait-on ? On se tient debout et on riposte !
Prostitution et traite des êtres humains - Les mensonges du réglementarisme
Libre disposition de son corps et liberté de se prostituer
Le refus de la prostitution gagne du terrain
Comment la pornographie influence les jeunes consommateurs
La mode hypersexualisée s’inspire de la pornographie
Le "droit de prostituer" n’est pas un droit de l’homme
"Abolition de la prostitution" - Édito Revue Labrys
Affaire Sneep aux Pays-Bas - Condamnation de deux proxénètes qui ont exploité et maltraité 120 filles de l’Europe du Sud et de l’Est
Le commerce du sexe est florissant en Afghanistan
Sexe et Formule 1
Dossier prostitution - Importants développements à l’échelle internationale
Prostitution - Touche pas à mon client ?
Tolérance zéro pour les prostitueurs - Comment la Suède réagirait à l’affaire Spitzer
Le Conseil National des Femmes du Luxembourg (CNFL) se prononce en faveur d’une législation agissant directement sur la demande de "services sexuels"
Affaire Spitzer - Le mythe du crime sans victimes
Le Mouvement du Nid inquiet de plusieurs mesures de la politique française sur la prostitution
Le Forum de Vienne sur la traite des êtres humains reste sourd aux voix des victimes
Une politique cohérente contre la violence à l’égard des femmes doit commencer par s’attaquer à la prostitution
Prostitution - À Alger comme en Europe, on esclavagise les femmes
Manifeste des hommes pour l’abolition de la prostitution (Espagne)
Pornographie et fin de la masculinité
Pornographie : "Ça fait mal, tellement mal" ou pourquoi certaines femmes ne veulent pas savoir
Prostitution : les limites du consentement
Prostitution et traite des femmes au Nevada

« Être abolitionniste, c’est défendre la liberté sexuelle ! »
"Rent-A-Wife", c’est discriminatoire !
Une association féministe espagnole conteste l’expression "travailleuse du sexe"
Le Mouvement du Nid face aux clients prostitueurs
La tyrannie du nouvel ordre sexuel
Richard Poulin parle de son dernier livre "Abolir la prostitution" - Interview par Sporenda
Prostitution - Trois femmes et un débat
Déchirées par la guerre, les femmes d’Irak sont la cible des trafiquants du sexe
La prostitution n’est pas un service comme un autre
Entretien avec Coline Serreau sur le film Chaos
Qu’est-ce que la libération ? Le féminisme hier, aujourd’hui et demain
Quand le porno impose sa vision de la sexualité
Prostitution : tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir et qui existe quand même !
La liberté dévoyée
Mondialisation, militarisme et trafic sexuel
Marchandisation et déshumanisation : l’exemple de la prostitution
Prostitution en Allemagne : Déclaration post-Coupe Mondiale de Football
Prostitution Reform - Stamp out sexual slavery (Angleterre)
La prostitution au XVIIIe siècle, pierre d’achoppement entre politiques locales et pouvoir royal
Campagne contre la traite des blanches de l’Europe de l’Est
Prostitution : les pièges du pragmatisme
L’âge du consentement sexuel à 16 ans : un pis-aller ?
Prostitution : cherchez le client
Enjeux de la prostitution considérée comme "travail du sexe"
L’envergure de la traite à des fins de prostitution
Les filles de l’Est
Violence pro-prostitution à la Maison des femmes de Paris
Le discours pro-prostitution : une rhétorique de dominant
"Survivantes" et féministes contre la prostitution
Clients de la prostitution : motivations et déterminants
La législation à l’encontre des prostituées au XVIIIe siècle
Une politique cohérente contre la violence faite aux femmes doit d’abord s’attaquer à la prostitution
La nouvelle industrie du sexe
"Terre promise", un film d’Amos Gitaï sur la traite des femmes
Prostitution : une arme de destruction massive
"Les clients de la prostitution : l’enquête", de Claudine Legardinier et Saïd Bouamama
Les Philippines contre le trafic sexuel
"Inside deep throat", contribution à la liberté sexuelle ?
La prostitution au XVIIIe siècle : introduction à une liberté superficielle
Femmes à vendre dans les pays baltes
Prostitution et Société No 150
Acheter du sexe n’est pas un sport
Une loi qui jetterait les femmes dans l’industrie du sexe
Casino de Hull - Des "playmates" de Playboy pour faire la promotion des nouvelles machines à sous
Ni coupables, ni victimes : libres ? Oui, libres de toute prostitution
Le système de la prostitution : une violence à l’encontre des femmes
La marchandisation du corps humain est une violation des droits fondamentaux de la personne
Le système de la prostitution au Cambodge : le témoignage de Somaly Mam
Le Mouvement du Nid
Le Mouvement du Nid - Documents sur la prostitution
La banalisation de la prostitution : des choses à savoir
L’Association canadienne des centres contre les agressions sexuelles réclame des politiques contre le commerce du sexe
16 journées d’actions citoyennes pour dire "Non aux violences à l’égard des femmes et à la prostitution ! Oui à la promotion de la dignité humaine !"
Prostitution et travail « invisible » : une assimilation dangereuse
Abolir la prostitution : l’art de jongler avec plusieurs problèmes
Le risque global d’être convertie en marchandise
Gunilla Ekberg : « Le mieux que nous puissions faire pour nos soeurs prostituées, c’est de les aider à en sortir. »
Prostitution, pornographie et trafic des femmes
Sexe, argent et intégrisme postmoderne
Les politiques européennes et internationales sur la traite des êtres humains encouragent le proxénétisme
Quinze thèses sur le capitalisme et le système prostitutionnel mondial
Le chemin de Buenos Aires : la prostitution, hier et aujourd’hui
Prostitution,
la mondialisation incarnée

Mondialisation des industries du sexe : oppression maximale des femmes et des enfants du Sud, de l’Est, du Sud-Est, etc...
L’hypocrisie a-t-elle un sexe ? Ou comment masquer l’insoutenable réalité de la prostitution
Les pratiques des hommes "clients" de la prostitution : influences et orientations pour le travail social
L’importance de ne pas censurer le débat sur la prostitution
La prostitution et la traite des êtres humains en Suède
Viol et prostitution
Esclavage et prostitution
Journée de formation sur la mondialisation de la prostitution et du trafic sexuel - Documents
Les jeunes et l’industrie du sexe
La marchandisation du sexe : nouvel esclavagisme ?
Le "libre choix" en Allemagne : accepter de se prostituer ou perdre son allocation de chômage ?
La croissance effrénée des industries du sexe : entrevue avec Richard Poulin
Aux pays des tsunamis, le trafic sexuel sévit
Le modèle suédois : une source d’inspiration, non une panacée
La Suède voit la prostitution comme de la violence faite aux femmes
La danse contact ou "lap-dance", prologue de la prostitution
Une étude dresse le portrait des prostitueurs ou clients de la prostitution
Prostitution : La nouvelle traite des Noirs
« La mondialisation des industries du sexe » : des faits aux valeurs
Décriminaliser la prostitution a profité aux proxénètes, pas aux personnes prostituées
Occupations militaires - La prostitution érigée en système
Le scandale de l’esclavage sexuel au Kosovo
« Les Yeux secs » et la caméra citoyenne de Narjiss Nejjar
Rapport sur les conséquences de l’industrie du sexe dans l’Union européenne
L’érotisation de la violence et de la subordination
Prostitution : réflexions d’un militant en colère
Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, esclavage, travail forcé, trafic de personnes
Pacte du silence sur les clients de la prostitution
Le débat sur la prostitution : quelle libération sexuelle ?
Des questions à se poser sur la prostitution
Fabrication d’un nouveau mythe sur la prostitution
L’urgence est-elle de faire de la prostitution un métier ?
Je voudrais parler porno
La légalisation de la prostitution, une expérience qui a échoué en Australie
Prostitution, pornographie et capital
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) appelle à la reconnaissance de l’industrie du sexe
Fantine ou la liberté de se prostituer ?
Prostitution, trafic sexuel et mondialisation
On s’arrache les actions du premier bordel inscrit en bourse
Il faut stigmatiser le client... il est criminel
Adulte ou infantile, la prostitution est le contraire de l’autonomie sexuelle
Les enjeux occultés de la prostitution et les conséquences sur les rapports hommes-femmes
Le trafic mondial des femmes et des enfants
Des proxénètes à l’Université ?
La mondialisation des marchés du sexe - I
La mondialisation des marchés du sexe - II
Prostitution et mariage 
Combattre le système prostitutionnel
Sexe : de l’intimité au « travail sexuel » ou prostituer est-il un droit humain ?
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) appelle à la reconnaissance de l’industrie du sexe. Commentaire.
Pour une critique de la politique pro-prostitution de Cabiria
Prostitution : droits des femmes ou droit aux femmes ?
Faut-il une autorisation pour parler de la prostitution ?
« Le corps est un nouvel instrument d’esclavage » Florence Montreynaud
« La prostitution, ce n’est pas le plus vieux métier du monde, c’est le plus vieux mensonge » (Gunilla Ekberg)
L’idéologie sexiste et la pornographie
Femmes esclaves des bordels du Bangladesh


Pendant des décennies, personne ne voulait se souvenir du camp de concentration appelé « blocs spéciaux » où les Nazis contraignaient des détenues à accueillir leurs pairs masculins.

Le commandant nazi, Heinrich Himmler, avait ordonné la création de bordels de camp en 1941. Sa logique donne froid dans le dos : les prisonniers masculins travailleraient plus dur si on leur offrait l’incitation du sexe, et si on n’accordait ce privilège qu’à quelques-uns, cela briserait la solidarité.

Quand les horreurs des camps de la mort furent connues, le bordel est rapidement devenu tabou. Les femmes, principalement allemandes, qui les avaient remplis étaient trop marquées par l’expérience pour en parler, tandis que les détenus mâles qui les avaient utilisés sont restés silencieux parce que honteux.

En juillet se tenait une exposition au camp de concentration pour femmes à Ravensbrueck, au nord de Berlin, et elle a pour but de jeter la lumière sur ces bordels et de mettre à nu la sinistre tentative des Nazis de manipuler la sexualité des prisonniers.

Un homme a essayé de briser ce silence persistant : Albert van Dijk, un ancien prisonnier de Buchenwald, Hollandais de la ville de Kampen, proche de la frontière allemande. « Souvent, j’ai soulevé le sujet des "blocs spéciaux" à des réunions d’anciens détenus de Buchenwald, mais personne ne voulait même en discuter ou ils disaient que je me trompais », a déclaré Van Dijk.

Le vieillard de 83 ans se souvient encore très nettement, comment, à 18 ans, dans le désespoir et la dégradation du camp, il était tombé amoureux d’une prostituée blonde du nom de Frieda et comment, avec elle, il a perdu sa virginité dans les "blocs spéciaux".

Bien que la prostitution ait été officiellement interdite par les nazis, les gardes d’élite SS ont mis sur pied un réseau de bordels à l’intention de soldats allemands, de travailleurs forcés et de prisonniers, qu’ils voulaient notamment détourner de l’homosexualité.

À partir de 1942, 200 à 300 prisonnières non juives des camps deconcentration ont été forcées de travailler dans dix bordels de camp en Allemagne, en Autriche et en Pologne. Presque toutes avaient été emprisonnées comme "anti-sociales".

Au départ, certaines femmes se portèrent volontaires pour la prostitution, à la suite de fausses informations selon lesquelles elles seraient libérées après six mois. Plus tard, elles ont été forcées pendant l’appel ou même dans l’infirmerie du camp.

Bien que les femmes aient reçu des rations un peu meilleures et pouvaient porter des vêtements civils, la prostitution a réduit physiquement la plupart d’entre elles à des épaves.

Beaucoup ont contracté des maladies sexuellement transmissibles, ont été soumises à des expériences médicales ou forcées à avorter. Chaque femme avait l’usage d’une petite chambre où, après un bref examen, le prisonnier masculin pouvait rester un quart d’heure. Les gardes vérifiaient par un trou si l’acte sexuel se déroulait uniquement en position couchée, comme cela était stipulé dans le règlement.

Après une journée entière de travail dans le camp, les femmes passaient deux heures chaque nuit à distraire des prisonniers masculins qui payaient deux reichsmarks. Ceux qui les fréquentaient occupaient les plus hautes positions dans la hiérarchie des prisonniers et recevaient les meilleures rations. La grande majorité des prisonniers masculins étaient trop faibles pour avoir des rapports sexuels.

Frieda

Frieda fut la première femme que Van Dijk ait vu en six mois. C’était un adolescent envoyé à Buchenwald parce qu’il avait fui le travail forcé et passé en fraude des rations aux Juifs de Kampen, et Frieda l’intimidait. Elle avait apprécié sa réserve juvénile.

« Un jour, on m’a envoyé nettoyer dans "le bloc" et je me suis trouvé seul avec elle. Elle m’a donné un peu de schnaps, m’a soufflé de la fumée de cigarette dans la bouche et nous avons atterri sur le lit. Pour moi, c’était la première fois, et on n’oublie jamais. »

Plus tard, il a dû payer comme les autres pour voir Frieda, un privilège dont il bénéficiait parce qu’il n’était emprisonné sur une base ni raciale, ni politique.

« Il y avait moyen que votre famille vous envoie de l’argent qui était inscrit sur un compte à dépenser dans le camp, rappelle Van Dijk. Avec une efficacité grotesque, les administrateurs SS du camp facturaient parfois à la famille des prisonniers les services rendus au bordel. »

D’autres prisonniers lui disaient qu’il devrait être honteux de dépenser l’argent de sa mère au bordel, mais dans un environnement où l’exploitation sexuelle sévissait et où des jeunes gens faisaient parfois du troc pour des faveurs sexuelles, Van Dijk n’y voyait rien de mal.

« Certains jeunes dormaient avec des prisonniers plus âgés pour un petit bout de pain supplémentaire. J’étais jeune et naïf et je croyais que j’intéressais Frieda », se rappelle-t-il.

Après la libération, les travailleurs forcés ont entrepris leur lutte pour des compensations. Mais les femmes qui avaient travaillé dans les bordels ont découvert qu’elles ne pouvaient revendiquer des dommages à cause de la nature supposée « volontaire » de leur travail.

D’autres, craignant la stigmatisation et le mépris, qu’elles s’étaient déjà attirés de la part des autres prisonniers, se sont tues tout simplement.

L’exposition de Ravensbrueck, où des dizaines de milliers de femmes ont été tuées ou sont mortes de faim ou de maladie, montre des extraits de vidéo d’anciens prisonniers rappelant les bordels et leurs victimes, ainsi que des bons donnés pour le sexe.

« Le thème invite au voyeurisme », a dit Insa Eschebach, qui dirige le site du Mémorial de Ravensbrueck, et c’est pourquoi l’exposition s’appuie principalement sur la parole écrite.

On a présenté des camps de concentration comme toile de fond dans certains films érotiques et comme source de fantasme sexuel, exploitant le gouffre extrême de pouvoir entre les gardiens SS et les prisonniers, a-t-elle dit.

Exposées également les quelques photos qui restent des "blocs spéciaux", où l’ameublement rustique allemand, les vases de fleurs et les nappes donnent une fausse idée de l’horreur dont ces camps furent le théâtre.

Source : Yahoo News, « Secrets of Nazi camp brothels emerge decades on », le 11 juillet 2007. Traduction d’Édith Rubinstein, Liste Femmes en noir, Vol 35, Issue 59, le 27 juillet 2007.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 29 juillet 2007

© Sisyphe 2002-2010

Imprimer cet article |

Alexandra Hudson



Plan-Liens Forum

  • Les séquelles de l’oppression des femmes par les Nazis dans la propagande pornographique en Israel
    (1/1) 9 septembre 2007 , par Martin Dufresne





  • Les séquelles de l’oppression des femmes par les Nazis dans la propagande pornographique en Israel
    9 septembre 2007 , par Martin Dufresne   [retour au début des forums]
    Israel’s Unexpected Spinoff From a Holocaust Trial

    Dans Scapegoat, un livre-phare ou elle dénonce à la fois l’antisémitisme et la politique sioniste et machiste qui domine en Israel, Andrea Dworkin a affronté un immense tabou, celui de l’identification de beaucoup d’hommes israéliens à l’imagerie et à l’idéologie nazie dans une foule de livres (les Stalags) et de revues pornographiques diffusées et consommées en Israel où l’on érotisait la torture et on poussait les lecteurs à encore plus de misogynie, en créant l’image d’une tortionnaire à punir. (Cette idéologie s’incarne notamment dans le film Ilsa, la louve des SS, un des premiers films porno diffusés au Québec il y a une quarantaine d’années.)

    Cette réalité occultée de l’identification de beaucoup hommes Israéliens à une virilité ancrée dans les pires horreurs du nazisme vient de faire surface à l’occasion du Festival du film de Jerusalem, en juillet dernier, avec la sortie du film documentaire "Stalags : Holocaust and Pornography in Israel".

    Source : "Israel’s Unexpected Spinoff From a Holocaust Trial", New York Times, 6 septembre 2007. En voici quelques lignes : "Read under the table by a generation of pubescent Israelis, often the children of survivors, the Stalags were named for the World War II prisoner-of-war camps in which they were set. The books told perverse tales of captured American or British pilots being abused by sadistic female SS officers outfitted with whips and boots. The plot usually ended with the male protagonists taking revenge, by raping and killing their tormentors."

    [Répondre à ce message]

       Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

    Sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe | |Retour à la page d'accueil |Admin