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jeudi 1er mars 2018

Fil de presse, mars 2018

par Sisyphe






Écrits d'Élaine Audet



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Mise à jour quotidienne de liens vers des articles d’actualité et d’analyse sur les femmes, leurs droits, ce qui les intéresse. Ces articles proviennent de diverses sources médiatiques en ligne. Les faits rapportés et les opinions exprimées dans ces articles n’engagent que leurs auteur-es. On peut consulter les fils de presse des années et des mois précédents à gauche dans cette page.

Mars 2018

. Le Devoir - Non à une prolongation de l’enquête sur les femmes autochtones, dit une coalition autochtone
Le gouvernement Trudeau promet de répondre bientôt à la demande de l’enquête nationale sur les femmes autochtones, qui lui a réclamé deux ans de plus pour terminer ses travaux. Mais une importante coalition de leaders autochtones et de proches de victimes somme Ottawa de la leur refuser. Les travaux de l’enquête nationale ont fait l’objet de nombreuses critiques depuis un an. La démission de la commissaire en chef Marion Buller a été réclamée à quelques reprises par des chefs autochtones ou des proches de victimes, qui reprochent notamment à la commission d’enquête de ne pas soutenir suffisamment les familles. Un grief qui a été réitéré dans une lettre acheminée à la ministre Bennett cette semaine.

. L’Actualité - Trois questions à la comédienne Debbie Lynch-White qui incarne Mary Travers Bolduc, première chansonnière québécoise
Je me suis beaucoup attachée à Mary dès ma première lecture du scénario, dit Debbie Lynch-White. Je ne me sentais pas très loin d’elle : elle me faisait penser aux femmes de ma famille au Nouveau-Brunswick par sa force, sa fierté et sa détermination, malgré la misère. Je pense qu’elle a été une féministe sans le savoir. Elle était dans l’action, elle devait nourrir ses enfants avant tout. Elle a évidemment pris plaisir à la musique et aux tournées, mais elle a aussi vécu de grands déchirements entre ce que la musique lui apportait et ce que le clergé et la société la poussaient à faire. Simplement en donnant des spectacles et en étant la pourvoyeuse de sa famille à une époque où c’était l’homme qui mettait le pain sur la table, Mary a été un modèle de femme moderne pour son temps. Elle chantait les valeurs de l’époque, mais faisait le contraire ! Elle a donné une voix forte et de l’espoir au peuple.

. Radio-Canada - Des femmes racontent ce qui les a façonnées
Pour certaines, c’est l’amour de leurs parents. Pour d’autres, c’est l’absence d’un tel amour. Amélie Nothomb, Christiane Taubira, Virginie Despentes, Juliette Gréco, Joan Baez et plusieurs autres femmes parlent des gens et des événements qui leur ont permis d’arriver où elles sont dans Je ne serais pas arrivée là si..., un nouveau livre d’Annick Cojean. L’auteure parle à Catherine Perrin des valeurs de courage et de bienveillance que ces femmes estiment avoir reçues par imprégnation. "On s’aperçoit, encore une fois, que les discours que les mamans portent à leurs filles très jeunes sont des fondations très fortes, des semences", dit Annick Cojean. Le livre d’Annick Cojean met aussi en commun plusieurs histoires d’abus sexuels vécues par les personnalités interviewées. Plusieurs d’entre elles rapportent ne pas en avoir parlé sur le coup, par crainte de ne pas être prises au sérieux, ce qui comporte un message, selon l’auteure.

. La Presse - Non, l’idéal de parité n’est pas superficiel
En réponse à la chronique de Lysiane Gagnon, "La parité et le néo-paternalisme", publiée samedi dernier. Chère Lysiane Gagnon, dans votre chronique du 24 mars intitulée "La parité et le néo-paternalisme", vous pourfendez l’objectif de parité hommes-femmes au sein de nos institutions, le qualifiant d’initiative plus inspirée par les bons sentiments que par l’intérêt public. J’aimerais en toute cordialité différer d’opinion. Plus de 40 années d’expérience à la direction de diverses organisations publiques et privées et au sein de nombreux conseils d’administration m’ont convaincue du contraire. Ayant souvent été la seule femme à la table de décision, j’ai pu être un témoin privilégié des biais cognitifs qui s’érigent en obstacle à l’avancement des femmes. Comme ces biais sont, la plupart du temps, involontaires et partagés par les deux sexes, ils sont très difficiles à contourner.

. Le Huffington Post Québec - La mobilisation infirmière au Québec est un exemple à suivre
Depuis plusieurs semaines, nous assistons à une mobilisation collective des infirmières au Québec. Celles-ci posent des gestes dans leurs milieux de travail, organisent des assemblées sur les soins à travers la province, documentent leurs conditions de travail et se mobilisent pour dénoncer la crise actuelle, comme c’était le cas en fin de semaine à la manifestation Unis pour la santé à Montréal. On parle ici d’une mobilisation sans précédent dont la portée dépasse largement le Québec. Bien que les infirmières du Québec soient particulièrement touchées, les enjeux auxquels elles s’attaquent ne sont pas uniques au Québec d’où l’importance de s’inspirer de leurs actions. De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, les infirmières font face à des conditions de travail de plus en plus difficiles, à un système qui n’utilise pas leur expertise de façon optimale et à une pénurie qui perdure année après année. Lire aussi : "Le gouvernement du Québec s’engage à alléger la charge des infirmières."

. Ricochet - Le Parti québécois ou la réécriture de l’histoire des femmes
Selon la candidate du Parti québécois dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Jennifer Drouin, dont les arguments ont été repris par Jean-François Lisée, "tous les gains obtenus par les femmes, au Québec comme ailleurs dans le monde, ont été réalisés par l’alliance de féministes avec des hommes réformistes et progressistes". C’est bien mal connaître l’histoire du féminisme pour avancer de tels propos. Quel mérite revient réellement aux hommes dans cette longue bataille qu’est le féminisme ? L’historienne des femmes Micheline Dumont remet les pendules à l’heure. Si des gains ont été obtenus par alliance avec des hommes réformistes dans l’histoire, il faudrait surtout parler d’une alliance au moment de changer la loi. "Mais cette alliance ne doit pas effacer les décennies précédentes, remplies de revendications qui sont ignorées", souligne Micheline Dumont. Des femmes se battent pendant des décennies pour obtenir des droits, les législateurs sont contre leurs revendications. Un jour, un homme prend le micro et déclare que tel ou tel droit est accordé. L’histoire ne retient que ce nom. Le travail des féministes est effacé, invisible.

. Le Devoir - Violences sexuelles à l’école
Des élèves d’écoles secondaires de Montréal et des intervenantes communautaires lancent un cri du coeur : des violences sexuelles surviennent dans les écoles, mais ne sont pas prises au sérieux. Selon ce que Le Devoir a appris, sept élèves, accompagnées de deux intervenantes, sont venues livrer des témoignages troublants en pleine séance du conseil des commissaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), mercredi soir. Elles ont raconté des histoires qui ont bouleversé les commissaires. Les filles ont parlé de fellations faites sous la menace, d’attouchements et d’autres formes d’agressions sexuelles commises par des élèves entre les murs des écoles. Ces étudiantes proviennent de trois écoles secondaires publiques de la CSDM, d’une école secondaire privée et d’une autre école pour des élèves ayant des besoins particuliers.

. Mouvement du Nid - Prostitution : 2 ans après le vote de la loi, un changement de société enclenché et un essai à transformer sur le terrain !
La loi du 13 avril 2016 renforçant la lutte contre le système prostitutionnel et l’accompagnement des personnes prostituées transforme la société, change la compréhension et la prise en compte du sujet sur les territoires, et commence à changer la vie des femmes en situation de prostitution : nous demandons à présent un changement d’échelle pour engager un recul effectif et mesurable de la violence prostitutionnelle en France ! Présentes sur l’ensemble du territoire français, nos soixante associations et réseaux de lutte contre toutes les formes de violences sexuelles et sexistes se sont mobilisées pour l’adoption de la loi du 13 avril 2016. Un an et demi avant le mouvement #MeToo, cette loi a révolutionné les politiques publiques en matière de prostitution : jusqu’en avril 2016, la prostitution était encore la dernière forme de violence sexuelle pour laquelle les victimes étaient non seulement stigmatisées et réduites au silence mais aussi pénalisées par la loi (délit de racolage), alors que les auteurs (les hommes qui imposent un acte sexuel par l’argent) étaient totalement impunis.

. Le Devoir - Mères porteuses : sus à la rémunération !
La légalisation de la rémunération des mères porteuses que propose le député libéral Anthony Housefather s’attire de véhémentes critiques. Éthiciens et féministes dénoncent un recul qui, loin d’émanciper les femmes, comme le soutient l’élu montréalais, conduira à la marchandisation de leur corps en plus de les placer dans une dynamique de soumission. "Prétendre qu’il y a maintenant une horde de gens infertiles et de couples gais et que, en raison de cela, on doit abandonner ces principes fondamentaux est malhonnête et témoigne d’une incompréhension totale de ces enjeux", dit Maureen McTeer qui a siégé à la commission Baird. Mme McTeer s’insurge que M. Housefather fasse passer son idée pour une émancipation des femmes. "Ce qu’il dit, c’est que cette émancipation ne peut se faire que si les femmes obtiennent un bon prix." Françoise Baylis, titulaire de la Chaire du Canada en philosophie et en bioéthique, se demande pourquoi "on met tellement d’accent sur ce que veulent certains adultes, mais on porte très peu d’attention à la perspective des enfants qui savent qu’on a payé pour les avoir". Lire aussi : PDF Québec - Les femmes ne sont pas des incubateurs à louer !

. Radio-Canada - Le chemin de croix des victimes d’agression sexuelle pour être indemnisées
Dénoncer les agressions sexuelles n’a jamais été autant encouragé au Québec. Or, les victimes qui tentent d’obtenir de l’aide auprès de l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) doivent se soumettre à un long processus qui s’étale souvent sur plusieurs années. Un calvaire, dénoncent des victimes d’agression sexuelle qui ont accepté de parler de leur grande traversée du désert. L’un des rares avocats à se spécialiser dans ce type de dossiers, Me Marc Bellemare précise qu’une victime devra attendre de quatre à cinq ans pour obtenir une indemnisation financière, à partir du moment où son dossier a été jugé recevable. Ceux et celles qui ne respectent pas de délai de prescription de deux ans devront se battre encore plus longtemps afin de démontrer qu’ils ne pouvaient pas aller chercher de l’aide à l’époque de leur agression. Une injustice, croit l’avocat, d’autant qu’une telle limite temporelle ne s’applique pas quand vient le moment de porter plainte contre son agresseur à la police.

. Le Devoir - Roulés dans la farine par Joveneau
L’autre jour, j’ai revu le film de Pierre Perrault Le goût de la farine, réalisé en 1977. Sur le site de l’ONF, à portée de clic, ce documentaire a pour cadre la Basse-Côte-Nord, chez les communautés innues d’Unamen Shipu (La Romaine) et de Pakuashipi (Saint-Augustin) et sur leur territoire de chasse dans l’arrière-pays de toundra. Le goût de la farine et Le pays de la terre sans arbres donnent la parole au père Alexis Joveneau. Or, depuis une semaine, Le Journal de Montréal publie des textes d’enquête fouillés sur les moeurs dépravées de ce père oblat d’origine belge. Déjà, en novembre 2017, pendant les audiences de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, des membres de la communauté avaient raconté comment, entre 1953 et 1992, il aurait violé une grande partie de ses ouailles, souvent au confessionnal ou au presbytère, les femmes et les enfants d’abord. Sous l’amas des preuves, les Oblats s’étaient excusés. Des poursuites seraient maintenant envisagées. Bien des gens pensent que la monstruosité d’un homme se lit sur son visage, mais pensez-vous ? Trop simple aussi de le réduire à ses crimes. Les chefs de sectes, pour manipuler leurs troupes, mêlent comme lui douces paroles, appuis, abus et colères homériques.

. La Presse - Les fées ont soif… d’équité
Trouvez-vous ça normal ? C’était en novembre 2016 et l’auteure et metteure en scène Marilyn Perreault n’en revenait pas. Elle venait tout juste de prendre connaissance des sélections pour le prix Michel-Tremblay. Non seulement aucune auteure ne figurait sur la liste, mais depuis la création du prix, en 2009, une seule femme avait été lauréate, et encore ! En 2010, Jennifer Tremblay a bel et bien remporté le prix pour sa pièce La liste, mais ex æquo avec Porc-épic de David Paquet. Comme si, même lorsqu’elles gagnent, les femmes de théâtre ne sont pas gagnantes à part entière. Trouvez-vous ça normal ? a répété Marilyn Perreault à ses amies comédiennes, auteures et metteures en scène. Son cri du cœur en forme de question a soulevé une vague d’indignation parmi plusieurs d’entre elles qui commençaient à en avoir ras le bol, non pas du théâtre qui est leur passion, mais de sa pratique au sein d’un milieu où, comme dans tant d’autres, les femmes sont mises en attente et rarement préférées à leurs congénères masculins. Trouvez-vous ça normal ? Non, ont répondu en chœur une cinquantaine de femmes de théâtre qui se sont réunies peu de temps après au Théâtre Aux Écuries pour discuter de leur situation. C’est l’auteure Isabelle Doré, digne fille de feu Charlotte Boisjoli, qui a organisé la séance de défoulement.

. Le Soleil - Les infirmières déçues du budget
L’enjeu des ratios de patients par infirmière est absent du budget Leitão. Une "déception" pour la Fédération des interprofessionnelles de la santé du Québec (FIQ). "Il y a un énoncé flou, mais dans le budget, quand c’est flou, ça veut dire qu’il va falloir se battre dans les prochains mois probablement pour qu’on s’assure que les sommes soient vraiment dédiées aux engagements du ministre de la Santé", a réagi Nancy Bédard, présidente de la FIQ. Mme Bédard s’attendait à ce que de l’argent soit prévu pour mettre sur pied des projets-pilotes dans chaque région du Québec et pour créer des postes à temps plein pour les infirmières. En février, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a réagi aux cris d’alarme de plusieurs infirmières épuisées en promettant qu’il allait travailler avec elles à établir un ratio sécuritaire de patients qu’elles auront la responsabilité de soigner. Lire aussi : "Leitão ne regarde pas à la dépense". Aussi dans Le Journal Métro.

. La Fédération des maisons d’hébergement pour femmes - Budget Leitao : des moyens à la hauteur des besoins pour les femmes violentées ?
La FHMF était présente au huis clos du budget déposé par le ministre Leitao hier et se questionne sur l’évaluation que fait le gouvernement des besoins financiers pour mettre fin à la violence envers les femmes et leurs enfants. En effet, si les sommes semblent importantes, il est évident que les montants annoncés sont largement en-deçà des besoins réels des femmes violentées et des organismes qui les soutiennent. Les 25 millions octroyés contre les violences à caractère sexuel en décembre dernier ne sont pas reconduits au cours des prochaines années non plus alors que les besoins continuent d’augmenter. Ce budget nous préoccupe par conséquent grandement. Nous le disons depuis plusieurs années : les situations des femmes violentées et leurs enfants se complexifient, les besoins vont croissants. Lire aussi : "Budget Leitao : lutter contre la volonté de changement".

. Radio-Canada - Mères porteuses, progrès ou dérive de la science ?
Le phénomène des mères porteuses, qui prend de l’ampleur dans nos sociétés, est vu par certains comme un progrès social et médical permettant à des couples infertiles ou de même sexe de devenir parents ; pour d’autres, c’est une dérive qui instrumentalise des femmes et conduit à une marchandisation des enfants. Des experts en ont discuté lors du dernier Bar des sciences. Au Canada, on peut recourir à une mère porteuse, mais il est illégal de la rémunérer. Les sanctions peuvent aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement. Néanmoins, une compensation pour les frais engagés pendant la grossesse est permise.Pour Maria De Koninck, sociologue à la faculté de médecine de l’Université Laval, il s’agit d’une pratique illégitime, compte tenu des avancées réalisées ces dernières années en matière de droits de la personne. "Je vois cette pratique comme une composante de la nouvelle économie du vivant, dans laquelle il y a exploitation et marchandisation", affirme la sociologue. Lire également : Le débat sur les mères porteuses rémunérées reprend vie

. Le blogue de Lise Bouvet - L’inceste, un viol institué
Interview de Mélusine Vertelune, à propos du livre "Ni silence ni pardon : l’inceste, un viol institué" co-écrit avec Jeanne Cordelier (M éditeur). La création, en juin 2006, du Collectif Libertaire Anti-Sexiste, la rencontre avec Jeanne en juin 2007 puis la lecture de La Dérobade, ont beaucoup contribué à la prise de conscience qui a permis ma sortie du déni en juin 2008. Les premières personnes à qui j’en ai parlé sont d’autres membres du CLAS dont certaines m’ont alors révélé qu’elles aussi avaient subi des agressions sexuelles par des membres de leur famille durant leur enfance. Nous avons donc décidé d’écrire une brochure contenant nos cinq témoignages. Dans l’optique d’en ajouter d’autres, j’ai contacté le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV). Delphine Reynaud, qui en est la coordinatrice, m’a beaucoup aidée et conseillée, en particulier concernant les démarches judiciaires que j’ai pu faire malgré la prescription des faits au niveau pénal (signalement au Parquet des MineurEs et saisine de la Commission d’Indemnisation des Victime d’Infractions). A la lecture de mon récit, Delphine et les autres membres du CFCV ont estimé qu’il pouvait être un excellent support pour les groupes de paroles qu’elles animent.

. Le Devoir - Hébergement d’urgence : deux poids, deux mesures selon le sexe des usagers ?
C’est avec un immense regret que nous tenons à informer le grand public que la récente décision du gouvernement québécois ne permettra pas d’atteindre une équité de financement pour les deux plus importantes ressources pour femmes en situation d’itinérance et en difficulté au Québec, c’est-à-dire toutes les femmes qui fréquentent les services du Chaînon et du Pavillon Patricia Mackenzie. Le gouvernement du Québec a reconnu en 2009 la nécessité de financer à hauteur de 50% les services d’urgence pour les hommes en situation d’itinérance. Il n’a pas jugé nécessaire d’accorder le même respect pour les services offerts aux femmes. Des 10 millions de dollars annoncés par Québec en novembre dernier, nos deux ressources recevront quelques miettes chacune, soient 30 000 $ non récurrents. Malgré de multiples démarches pour démontrer la légitimité de nos services essentiels, nos demandes sont restées lettres mortes, condamnant Le Chaînon et le Pavillon Patricia Mackenzie, qui offrent à elles deux 131 places d’hébergement pour les femmes les plus vulnérables, à faire l’objet d’un traitement parfaitement discriminatoire et injuste.

. Prostitution et société - Internet et prostitution. Le commencement de la fin de l’impunité ?
Au terme d’efforts menés conjointement par Républicains et Démocrates, le Congrès américain a adopté en mars 2018 la loi SESTA (Stop Enabling Sex Traffickers Act) qui donne aux victimes de la traite à des fins sexuelles la possibilité de poursuivre en justice des sites Internet ayant publié des annonces postées par leurs proxénètes et trafiquants. Ce que ses adversaires ont appelé un jour sombre pour l’Internet a été célébré par les abolitionnistes comme une victoire décisive. A l’initiative du sénateur de l’Ohio Rob Portman, et porté par les deux camps politiques, le nouveau texte a été forgé suite aux innombrables affaires de mineures exploitées par des proxénètes grâce à des annonces mises en ligne, notamment sur le site Backpage, 2e site d’annonces au plan mondial. Le film I am Jane Doe, de Mary Mazzio, qui a ému l’opinion en retraçant le désespérant combat juridique de certaines de ces victimes, est aussi pour quelque chose dans le vote de la loi.

. Libération - Lycée Saint-Cyr : une machine à broyer les femmes
"Libération" a enquêté sur le sexisme érigé en système au sein des classes préparatoires militaires par un puissant groupe d’élèves : les "tradis". Entre humiliations et harcèlement moral, tout est fait pour saper les ambitions des étudiantes. C’est une lettre, rédigée avec rage et remplie de rancœur, qui a sonné l’heure de la rébellion au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole (Yvelines). Celle de Mathilde, 20 ans, élève de deuxième année de classe préparatoire dans l’établissement, envoyée au président Macron, le samedi 2 décembre 2017. Harcèlement moral, intimidations, insultes, humiliations, marginalisation, coups bas : depuis son arrivée, en septembre 2016, Mathilde se sent "persécutée" par un groupe de garçons "prêts à tout" pour la voir abandonner le concours d’entrée à l’ESM. Ils se nomment communément les "tradis" et ont réussi leur pari : la jeune femme souhaite retourner dans le civil à la fin de l’année, écœurée par le monde militaire et sa misogynie corrosive. Ce n’est malheureusement pas la seule.

. The Conversation - Les franc-maçonnes, pionnières du féminisme en Espagne
L’histoire du féminisme en Espagne est étroitement liée à celle de la franc-maçonnerie. Cet ordre est apparu dans la péninsule ibérique en 1728 sous l’influence de francs-maçons initiés à l’étranger et il s’est rapidement développé malgré des périodes de persécution extrêmement sévères. Les Loges sont au départ masculines mais certains membres, par le principe d’égalité qui est intrinsèquement le code éthique du mouvement, étaient favorables à l’intégration de femmes pour réaliser ensemble le projet déclaré du Grand Orient d’Espagne : éradiquer l’analphabétisme en éduquant, dans des écoles uniques et laïques, loin de l’influence de l’Église, toutes les couches de la société et notamment les enfants, dont les droits fondamentaux se devaient d’être respectés.

. Le Devoir - Manifeste pour le droit à la colère
C’est une sorte de manifeste pour le droit à la colère, un coup de poing, un volcan en éruption. Ce pourrait tout aussi bien être une grosse pierre lancée sur une fenêtre ou sur un plafond de verre. Une montée de lait qui sonne comme un cri de rage et qui finit en apothéose. Une chorale de 35 enragées qui chantent à l’unisson. Non. Qui hurlent. "Ç’a été libérateur de déposer cette colère sur le papier. Mais ce qui nous a fait du bien, ç’a été de la collectiviser", explique Geneviève Morand qui, avec son amie Natalie-Ann Roy, codirige "Libérer la colère", un collectif d’une trentaine de courts textes, dont certains en anglais, qui paraîtra le 27 mars aux Éditions du remue-ménage. Trente-cinq femmes de 20 à 65 ans, de tous horizons, ont ainsi pris la plume comme on prend une arme. L’ouvrage s’inscrit dans la mouvance #MoiAussi, mais sans porter uniquement sur les agressions sexuelles. Colère des mères, colère des victimes de viol, colère face aux injustices, au voile, au racisme. De celle qui met les femmes au monde. Et surtout, cela parle de colère qui libère.

. NeufShares - Quand la firme Bayer achetait "des lots de femmes" à Auschwitz
Sous le régime nazi, Bayer, alors filiale du consortium chimique IG Farben, procéda à de nombreuses expériences médicales sur des déportés qu’elle se procurait dans les camps de concentration. Voici des extraits de cinq lettres adressées par la Maison Bayer au commandant du camp d’Auschwitz, publiées dans le numéro de février 1947 du Patriote Résistant. 1e lettre : "En vue d’expérimenter un soporifique, vous serait-il possible de mettre à notre disposition quelques femmes et à quelles conditions, toutes les formalités concernant le transfert de ces femmes seront faites par nous." 2e lettre : "Nous accusons réception de votre lettre. Considérant le prix de 200 marks exagérés, nous offrons 170 marks par sujet, nous aurions besoin de 150 femmes." 3e lettre : "D’accord pour le prix convenu. Veuillez donc faire préparer un lot de 150 femmes saines que nous enverrons chercher très prochainement." 4e lettre : "Nous sommes en possession du lot de 150 femmes. Votre choix est satisfaisant quoique les sujets soient très amaigris et affaiblis. Nous vous tiendrons au courant du résultat des expériences." 5e lettre : "Les expériences n’ont pas été concluantes. Les sujets sont morts. Nous vous écrirons prochainement pour vous demander de préparer un autre lot."

. Journal de Montréal - Contrôle des armes à feu aux É.-U. : un combat inégal
Je suis profondément touchée par la mobilisation spontanée des jeunes de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride. Ils ont survécu à la tuerie du 14 février dernier qui a emporté 17 de leurs camarades et professeurs et fait de nombreux blessés. On parle ici de jeunes du secondaire. Loin de se laisser abattre, ils sont montés au créneau et ont affronté les élus du Congrès, le président Trump et la puissante National Rifle Association (NRA) qui finance généreusement leurs campagnes électorales. Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le Printemps arabe. Il y a huit ans, c’était la première révolution 2.0 où Twitter et Facebook avaient servi d’outils de cybermilitantisme. Mais le Printemps arabe n’a pas tardé à enfanter un « hiver islamiste », car les jeunes, forts en manifestations, n’avaient pas de structure organisationnelle capable de transformer les contestations de la rue en solution de rechange politique.

. Entre les lignes entre les mots - Masculinité, culture d’agression et armée
Selon l’Organisation mondiale de la santé, 35% des femmes dans le monde indiquent avoir subi des violences physiques ou sexuelles au cours de leur vie. Une femme sur trois. Les Québécoises adultes comptent pour 92,8 % des victimes d’agression sexuelle, selon le Conseil du statut de la femme. En matière de violences contre les femmes, les statistiques parlent d’elles-mêmes : nous vivons dans une société profondément inégale caractérisée par une vaste succession de violences à l’égard des femmes. De temps à autre, un cas de violence extrême fait la une des médias, tel un cas d’exception occultant tous les autres, lesquels sont désormais banals, ravalés au rang de faits divers. Ces événements retiennent momentanément l’attention du public puis s’estompent, pour finalement disparaître. Pendant ce temps sont négligées les violences systémiques à l’encontre des femmes.

. The Conversation - La quête identitaire chez Marguerite Duras : des personnages à l’auteure
Peu d’écrivain·e·s ont incarné à la fois l’hybridité et la transgression comme le fit Marguerite Duras. Née en 1914 aux alentours de Saigon en Cochinchine, avant de venir vivre en métropole à ses dix-huit ans, elle a fait de son enfance indochinoise la véritable matrice de son écriture, source d’un métissage culturel entre orient et occident. Cette hybridité n’est qu’un des nombreux aspects du « bricolage » identitaire omniprésent dans une œuvre plurielle et multiforme, qui n’a cessé d’évoluer au fil des années, dévoilant au travers d’elle les multiples facettes de son auteure. Enfant des colonies, résistante, un temps membre du PCF, femme engagée aussi bien politiquement que socialement, elle n’a cessé de faire transparaître ses diverses identités au sein d’une production prolifique mêlant roman, théâtre et cinéma, bouleversant codes et conventions.

. Blogue de Louise Mailloux - Quand les religions s’invitent à Ottawa
Trois jours après les commémorations de l’attentat à la Grande mosquée de Québec, le Comité permanent du patrimoine canadien a présenté à la Chambre des communes son rapport Agir contre le racisme systémique et la discrimination religieuse, y compris l’islamophobie, pour lequel il avait été mandaté en mars 2017, lors de l’adoption de la motion M-103 condamnant l’islamophobie. Ce rapport contient au total 30 recommandations visant à mettre en œuvre un plan d’action national pour lutter contre le racisme systémique et la discrimination religieuse au niveau fédéral. Il constitue à ce jour, le projet le plus vaste et le plus ambitieux jamais présenté à un gouvernement, un projet précis et rigoureux, aux ramifications multiples, un projet où l’on se sert de la religion pour imposer le multiculturalisme. La première recommandation propose de mettre à jour l’actuel Plan d’action canadien contre le racisme et d’en élargir la portée, afin de l’étendre à la discrimination religieuse. Ainsi la lutte contre le racisme envers les Noirs et les Autochtones inclurait dorénavant les juifs, les catholiques, les évangéliques, les hindous, les sikhs et les musulmans.

. TV5- Au Niger, les Filles de Illighadad réinventent le blues touareg au féminin
Il y a encore un an, Fatou Seidi Ghali, Alamnou Akrouni et Mariama Salah Assouan, cousines, s’occupaient des tâches ménagères, préparaient les repas, et chantaient entre elles en surveillant le bétail. Jusqu’à ce que leur groupe de musique touareg ne soit repéré par un label de musique saharienne, et qu’elles ne connaissent le succès en Europe. Un art musical et ancestral que les Filles de Illighadad perpétuent dans leurs propres chansons, en évoquant elles aussi des histoires de guerriers, la nostalgie, en parlant de l’amour et de leur quotidien. Mais elles délivrent également quelques messages sur la condition des femmes. "Dans notre village les filles se marient très tôt. Souvent elles ne vont pas à l’école. Avec l’argent que nous gagnons, nous avons décidé d’acheter du bétail pour agrandir le troupeau mais nous avons aussi pour projet d’ouvrir une école à Illighadad", confie la meneuse du groupe.

. Le Devoir - "Le revers" : Roxane Desjardins, du renoncement de soi à la révolte
Il serait sans doute plus facile de se taire, de choisir le confort des discours rassurants, voire du silence. Ce serait mal connaître la poète Roxane Desjardins, qui continue d’« enfiler la sévérité des affranchies » entre les pages de ce troisième livre, habitée qu’elle est par la volcanique conviction que renoncer à soi sur l’autel de l’amour est une violence à combattre. Le renoncement de soi — elle n’en peut plus — est la posture à laquelle tous les récits confinent par défaut les femmes, sans leur demander leur avis. Peu importe le prix à payer, il faudra mettre fin à toutes les docilités. Le féminisme porte ici le galvanisant espoir d’un séisme d’envergure, minant tous les pouvoirs, pas que celui de l’homme dans l’alcôve de la cellule amoureuse (dont il est plus immédiatement question).

. Radio-Canada - Agression sexuelle au Nunavik : les propos d’un procureur font sursauter le DPCP
Les propos d’un procureur de la Couronne responsable d’un dossier de viol d’une adolescente inuite ont fait sursauter le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui a déclenché un processus de vérification. "C’est des jeunes filles qui semblaient faire ça avec les gens de la construction dans la communauté ici, ce serait arrivé à plus d’une reprise", a dit le procureur Carignan. Le taux d’agressions sexuelles au Nunavik est effarant. L’année dernière, 220 mineurs et 228 adultes ont été victimes d’agressions sur une population d’un peu plus de 12 000 personnes, selon des chiffres de la police régionale Kativik. Et ce ne sont que les cas rapportés, la majorité d’entre eux ne l’est pas. Une femme sur trois aurait été agressée durant son enfance.

. Les Nouvelles/News - Communiquer pour ne plus accepter
Quand le discours médiatique change, les enfants cessent de croire que la science est une affaire d’hommes et les femmes se rebellent contre les insultes sexistes. "Dessine-moi une scientifique"… Lorsqu’on demande à des enfants de dessiner un personnage scientifique, ils, et surtout elles, dessinent des femmes plus souvent qu’auparavant. L’étude américaine qui observe cette évolution donne des raisons d’être optimiste. Cependant, cette même étude montre qu’en grandissant, ces enfants renoncent à l’ambition de voir des femmes en sciences. En cause, probablement, un manque de modèles et des stéréotypes peu amènes sur les femmes scientifiques. À mesure que se gravent les stéréotypes dans l’inconscient de ces enfants, l’horizon des femmes se rétrécit. C’est la même chose dans le sport. Les pré-adolescentes renoncent aux sports d’équipe et à la compétition qu’elles pratiquaient enfant pour s’orienter vers des disciplines réputées plus "féminines".

. RTBF - KREATUR, le nouveau webmagazine féministe d’Arte
Kreatur prend la température : quel temps fait-il pour les femmes en ce monde ? Tous les trimestres, on s’assied autour d’un verre avec une dizaine de "créatures" pour faire l’état des lieux autour d’une thématique. La discussion est agrémentée de rencontres, chroniques et reportages. Cette web-émission franco-allemande est née de l’envie d’un groupe de femmes de se faire l’écho des combats et des héroïnes du féminisme, mais aussi de la situation des femmes, de toutes les femmes au quotidien et ce, de par le monde. Ensemble, dans une atmosphère d’apéro, les créatrices de l’émission se penchent sur le genre de sujets dont on entend beaucoup parler en ce moment (Donald Trump, féminicide, #BalanceTonPorc, les récentes découvertes autour du clitoris…), creusent certains dossiers et abordent notamment les questions des droits des femmes et d’égalité des sexes. Sur Arte. Le premier épisode part de la célèbre pièce "Les monologue du vagin" pour questionner les connaissances actuelles sur le sexe féminin. Il est disponible sur le site d’Arte, aux côtés des reportages et bonus du programme.

. Jeune Afrique - Viol au Sénégal : "Cachez ces victimes que nous ne saurions voir !"
Suite aux propos du professeur de philosophie Songue Diouf, qui affirmait qu’une femme pousserait un homme à la violer, la juriste Fatima Zahra Sall a déposé une plainte pour "apologie du viol" et dénonce le silence quasi total des pouvoirs publics. Hormis le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), qui s’est fendu d’un communiqué enjoignant la direction de la chaîne de "mettre un terme définitif à de pareils manquements et à éviter toute rediffusion de l’émission sous peine de l’application des sanctions prévues par la loi", les institutions publiques – notamment le ministère de la Femme, de la Famille et du Genre – sont jusque-là restées muettes, préférant feindre l’ignorance. Sur les réseaux sociaux, certains n’hésitent pas à prendre la défense du "professeur" Diouf, alimentant cette idée abjecte d’une responsabilité partagée entre le violeur et sa victime. Déconstruire cette mentalité est un enjeu capital pour la société sénégalaise.

. Le Devoir - À la prochaine, mesdames, messieurs
Les employés de Service Canada ne devraient plus, au premier contact avec un citoyen, s’adresser à lui en utilisant les formules de politesse "Monsieur" et "Madame". Selon une note interne obtenue par Radio-Canada, un employé devrait d’abord demander comment le citoyen souhaite être salué et, si ce dernier refuse ces formules, on devrait s’abstenir de les utiliser avec lui. Cette démarche découle d’un examen entrepris à l’échelle du gouvernement fédéral à la suite d’une plainte faite en 2012 auprès du Tribunal des droits de la personne par une personne transgenre qu’on avait abordée sans égard à son genre et dont on refusait de modifier le dossier d’assurance sociale. Il n’y a rien à reprocher à ce qui est un désir d’inclusion. Mais de là à demander à un fonctionnaire d’écarter les formules de politesse courantes lors de son premier échange avec un citoyen, le temps de vérifier sa préférence, il y a une marge. Ça ressemble à un cas d’hypersensibilité, sinon de rectitude politique. Lire aussi : "Ni monsieur ni madame pour les usagers des services fédéraux"

. Sympatico - La fin du "madame, monsieur" à Service Canada fait réagir une historienne transsexuelle
La directive donnée aux employés de Service Canada de ne plus utiliser les mots monsieur, madame, père et mère suscite de nombreuses réactions dans la région. L’historienne transsexuelle, Russel-Aurore Bouchard, qui a été une pionnière des questions de genre au Québec, critique vigoureusement le gouvernement Trudeau. Elle tient le premier ministre responsable d’avoir semé la confusion en adoptant un langage neutre. "Nous sommes sans culture, sans identité culturelle et maintenant sans identité de genre. Belle société, bravo !" "Pourquoi est-ce qu’on me rendrait mal à l’aise qu’on me dise la personne ? Non, non. Je suis madame Russel Aurore-Bouchard, je l’assume. Assumez-le svp, puis arrêtez de m’embêter avec vos niaiseries parce que c’est les niaiseries d’un gamin qui nous dirige à Ottawa. Ça n’a pas d’allure", a expliqué l’historienne.

. Le Devoir - Hausse des plaintes pour violences sexuelles dans les universités
Après des années de silence, les victimes d’agressions sexuelles sont de plus en plus nombreuses à porter plainte dans les universités québécoises, a pu constater Le Devoir après avoir sondé les établissements. « De façon empirique, on voit une augmentation des plaintes, des signalements et des dénonciations pour toutes les formes de violence à caractère sexuel, au point où on va engager sous peu une professionnelle supplémentaire », constate Jocelyne Faucher, vice-rectrice à la vie étudiante à l’Université de Sherbrooke. "J’aime croire que c’est l’effet d’un changement de culture qui s’amorce, ajoute la vice-rectrice. Maintenant, il est de plus en plus clair que les violences à caractère sexuel, ce n’est pas juste le viol, c’est une gamme de comportements inacceptables. Et dans la population, on comprend un peu plus ce que signifie la notion de consentement, les victimes sont donc plus à même de comprendre qu’elles n’ont pas été en mesure de donner leur consentement."

. Nonfiction - Goliarda Sapienza : portrait de femme (1924-1996)
Le "portrait" qu’Angelo Maria Pellegrino fait de sa compagne, l’auteur maintenant célèbre de L’Art de la joie (qui vient d’être réédité chez le Tripode, après être paru en 2005 chez Viviane Hamy), est délicat, pudique, aimant. Celui qui la rencontra alors qu’elle avait 50 ans et lui 29, qui partagea avec elle environ vingt ans de sa vie et qui l’épousa, qui devint lui-même écrivain, accompagna une œuvre indissociable d’une femme se tenant "face à une société hostile" et qui essuya le refus des maisons d’édition italiennes pour ce roman qui comptait tant pour elle ; l’édition du texte intégral de L’Arte della gioia, établie par lui, parut en effet de façon posthume. Le texte, auquel Goliarda Sapienza avait commencé à travailler à la fin des années 1960 et qu’elle avait achevé en 1979, passa hélas inaperçu en Italie de son vivant. Elle commit alors un vol symbolique, celui d’un coffret à bijoux appartenant à une amie aristocrate. Vol qui la mena à la prison de femmes de Rebibbia. Curieusement, son expérience carcérale consacra sa renaissance. "Elle y découvrit amitié et sororité, la réalité du combat pour survivre, et aussi des formes de courage et de solidarité dont elle ressentait le manque depuis longtemps." C’était une façon de combattre l’"irréalité bourgeoise", la supposée normalité.

. Le Devoir - Les revenus des mères québécoises se comparent à ceux des femmes sans enfant
Du point de vue des revenus d’emploi, il existe une « pénalité liée à la maternité », mais elle est généralement moins élevée au Québec (2,5 %) que dans le reste du Canada (6,3 % en moyenne) quand on compare les revenus des mères et des femmes sans enfant. Selon une enquête européenne de 2005, la différence est de 21 % au Royaume-Uni, 13 % en Allemagne, mais avantageuse de 4 % au Danemark. Et les pères ? Pour eux, tout va bien, partout. Les pères québécois ont même en moyenne des revenus plus élevés que les hommes sans enfant. Ce bonus à la paternité ne fait que confirmer une situation déjà documentée au sein d’autres sociétés. Lire aussi dans "Les Affaires" : "Oui, les enfants sont un boulet pour les revenus des femmes !"

. TV5 - Loi contre le harcèlement de rue en France : efficace ou pas...
Promue cause nationale par le président Emmanuel Macron, la protection des femmes est au cœur du Conseil des ministres du mercredi 21 mars 2018. La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa y présente son projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, qui prévoit entre autres de sanctionner tout type de harcèlement de rue. Un texte qui suscite beaucoup de questions. la notion "d’agissement sexiste" est mise en avant pour pénaliser ce qui ne l’était pas encore dans les textes existants. Ernestine Ronay, co-rapporteure de cette contribution estime que cette notion existe déjà dans le code du travail, et doit rentrer dans le code pénal, sous la forme d’un nouvel article de loi. Selon la définition, "La notion d’agissement sexiste est définie comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant et offensant". Pour la représentante du HCEfh, ce projet de loi est indispensable pour participer au débat initié par l’affaire Weinstein et le hashtag #MeToo.

. Le Journal de Montréal - Sexe, morale et hypocrisie
Telford est une ville de 150 000 habitants, à environ 150 milles au nord-ouest de Londres. Après 18 mois d’enquête, le Sunday Mirror, un tabloïd populaire, vient de dévoiler les incroyables abus sexuels subis par plus de 1000 jeunes filles de l’endroit pendant plus de 40 ans. Ces crimes étaient perpétrés par des gangs d’hommes d’origines pakistanaise, indienne et bangladaise. Ces voyous les rendaient accros au crack, les violaient à répétition et se les échangeaient. Au moins trois d’entre elles ont été assassinées. Des policiers et des travailleurs sociaux étaient au courant depuis les années 1990. Depuis que le scandale a éclaté, la journaliste et universitaire anglaise Joanna Williams s’indigne de deux choses : le désintérêt des deux quotidiens les plus prestigieux de Grande-Bretagne, le Times et le Guardian, véritables piliers de l’establishment ; et silence assourdissant des stars britanniques les plus en vue du mouvement #MeToo, né il y a quelques mois.

. Elle Québec - Le grand sacrifice des nounous philippines
Derrière les portes des maisons cossues de Montréal, des milliers de nounous philippines prennent soin de petits Québécois. Du biberon aux tâches ménagères, ces femmes se plient sans relâche aux caprices de leurs patrons. Tout pour décrocher le droit d’immigrer au Canada. Jusqu’à être exploitées. Immersion dans le monde de l’esclavage moderne. La grande traversée, ces femmes l’ont effectuée par dizaines de milliers pour fuir la pauvreté. Dans leur pays, un Philippin sur dix gagne moins par jour que le prix moyen d’un café à Montréal. "Comme elles arrivent ici avec un statut précaire (un permis de travail lié à leurs employeurs, ou "sponsors"), la majorité des patrons en profitent pour les exploiter", dénonce Evelyn Calugay, coordonnatrice de l’association PINAY, nom qui signifie "femmes philippines" en tagalog. Vous croyez que ces femmes se trouvent en position de force pour négocier ? Elles n’ont pas le choix", s’époumone l’énergique militante de 72 ans. Ni plus ni moins que la "version moderne des esclaves dans les champs de coton", fulmine la mamie des nounous. Sans avoir pris une ride, Evelyn porte la lutte pour leurs droits depuis 20 ans.

. Radio-Canada - Le projet de loi sur le proxénétisme toujours sur la glace
Plus d’un an après son dépôt, le projet de loi fédéral sur l’exploitation et la traite des personnes n’a pas bougé d’un iota. Certains commencent à craindre qu’il ne meure au feuilleton, alors que les libéraux ont entamé leur troisième année au pouvoir à Ottawa. Il ne manquait plus qu’un décret du Conseil des ministres pour que la mesure législative ait force de loi. Mais une fois élus, les libéraux ont identifié des problèmes de constitutionnalité dans la section entourant les peines consécutives, sont retournés à la table à dessin, puis ont déposé de nouveau leur version. Les tergiversations libérales désespèrent l’ancienne élue fédérale Maria Mourani. "Au fond, ce sont les victimes et les familles, encore, qui vont payer la note, tout simplement", a-t-elle laissé tomber en entrevue téléphonique depuis Montréal, s’exprimant en sa qualité de criminologue et sociologue. Pourtant, celle qui est maintenant représentante du Québec à l’UNESCO avait "cru comprendre" des échanges qu’elle a eus avec les fonctionnaires du cabinet de la ministre Wilson-Raybould que C-38 "ne prendrait pas le chemin habituel des projets de loi » et "que ce serait beaucoup plus rapide".

. Le Devoir - "Vigie parité", première mise à jour : 38% de candidates
Total des candidatures féminines confirmées par les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale en date du 19 mars 2018 ? Près de 38% du bassin de candidats officiels, révèle la première mise à jour de la Vigie parité. À ce jour, les quatre partis ont nommé 66 candidats, soit 13,2 % des 500 candidats qu’ils auront sur la ligne de départ. Et il y a présentement 25 femmes sur les 66, ce qui représente 37,8 % de candidatures féminines. La zone paritaire débute à 40 %, ce qui donnerait 50 candidates par parti. Dans un avis remis au gouvernement en 2015, le Conseil du statut de la femme recommandait de fixer à au moins 40 % la proportion de candidatures féminines. Le Comité des femmes de l’Amicale des anciens parlementaires propose pour sa part d’en faire un seuil obligatoire. Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) estime plutôt qu’il faut 50 % de candidates pour espérer atteindre la zone de parité chez les élus.

. Café Babel - J’ai vécu un vrai truc, à la première grève féministe d’Espagne
Dans la rue, il y a clairement plus de monde que d’habitude. Quelques hommes, mais la plupart sont des femmes, beaucoup d’entres elles sont des jeunes filles et toutes portent quelque chose de violet : un bandeau, une écharpe, un ballon, les lèvres colorées… Elles sont là parce qu’elles veulent rejoindre la manifestation du 8 mars "en faveur de l’égalité et pour la fin de la société patriarcale", organisée dans toute l’Espagne et avec laquelle se termine la grève féministe de 24 heures, appelée dans tout le pays. En d’autres occasions les grèves déclenchées n’avaient été que partielles. Mais, cette fois-ci, encouragées par l’importante participation aux mobilisations de 2017, les femmes espagnoles vont donner une leçon d’union, de force et de courage. Même si elles ne le savent pas encore.

. The Conversation - Vaincre le cyberharcèlement en cinq étapes
Les cyberharceleurs utilisent le Web sciemment et à répétition pour terroriser ou causer du tort à autrui. Ils harcèlent des personnes qu’ils jugent faibles et sans défense, les dénigrent ou entachent leur réputation, un comportement typique des propagateurs de discours haineux. Toutefois, bien que le cyberharcèlement semble incontrôlable, il existe des techniques pour le combattre. Le Centre de prévention du crime de la Gendarmerie royale du Canada propose une définition de l’intimidation et du cyberharcèlement, et explique comment intervenir si l’on est victime ou témoin de tels comportements. La Croix-Rouge canadienne offre quant à elle des conseils pour aider les jeunes à se protéger contre les cyberintimidateurs et à les affronter. La Commission européenne a récemment présenté de nouveaux principes et orientations afin que les plateformes en ligne évitent les contenus incitant à la haine et à la violence. Twitter a commencé le 1er novembre 2017 à mettre en place de nouvelles règles pour combattre la haine. Découvrir ces méthodes pour vaincre le cyberharcèlement.

. La Presse - Diversité, inclusion et propagande
Parce qu’en lui montrant les raisons de notre fierté, le monde comprendra la valeur de nos valeurs", clame une publicité d’Air Canada faisant partie d’une campagne publicitaire diffusée par la chaîne d’État pendant les Jeux olympiques. Et pour montrer nos valeurs de diversité, une multinationale n’a pas hésité à inventer, pour l’occasion, une patineuse artistique en collant, paillettes et hijab. Dans une autre publicité de Canadian Tire, c’est une équipe de filles de hockey cosom portant le hijab qui est en vedette, et on leur lance : "Beaucoup de filles vont s’inspirer de vous !" Le voile (hijab) vient-il officiellement de faire son entrée comme valeur canadienne ?’ À moins qu’il ne serve d’affichage au multiculturalisme canadien, sans se soucier de l’idéologie qu’il véhicule. L’inclusion implique-t-elle de faire l’impasse sur les idées derrière les signes religieux ?

. France Info - Ados et porno : quel impact sur la sexualité des plus jeunes ?
Et si la pornographie était devenue un jeu d’enfants ? En quelques secondes, sur leurs smartphones, ces adolescents peuvent tous, s’ils le souhaitent, visionner des films X. C’est facile, gratuit et presque banal pour certains. Ces garçons de 16 ans nous en font la démonstration. Et comme si cela ne suffisait pas, ils fabriquent eux-mêmes leur propre pornographie avec des selfies de leur sexe qu’ils s’échangent avec les filles sur les réseaux sociaux. Quelles sont les conséquences sur leur sexualité ? Comment protéger ces enfants ? Dans ce collège (voir vidéo), on a décidé de ne pas laisser le porno faire leur éducation, et c’est l’infirmier scolaire qui s’en charge.

. Huffington Post Québec - Le jeu de la virginité des femmes musulmanes
Si vous trouvez les Hunger Games sont difficiles, dites-vous que ce n’est rien à côté de l’épreuve que constitue la perte de sa virginité pour une femme musulmane. C’est le même sentiment de peur ambiant qui vous fait regarder dans tous les coins à la recherche de l’ennemi. Le plus souvent, cet ennemi est un membre de la communauté musulmane qui a indiqué à vos parents que vous avez été vue en compagnie d’un garçon. Auquel cas vous êtes morte et la partie est finie. Métaphoriquement, bien sûr. Votre mère, en pleurs, va demander au ciel ce qu’elle a fait pour mériter ça et votre père va suggérer que toute la famille aille s’installer dans une autre ville. Voire un autre pays. Après l’en avoir dissuadé, votre mère soutiendra qu’il est possible de rester, à condition que vous passiez les quinze prochaines années à la maison, le temps que tout soit oublié (ce qui n’arrivera pas, la communauté musulmane n’oublie rien). Telle est en tout cas l’histoire qui revient le plus fréquemment quand je parle avec mes amies musulmanes de la façon dont elles ont perdu leur virginité.

. Le Figaro - Journée des droits des femmes : mères porteuses ou prostitution, même drame ?
Laetitia Pouliquen dénonce l’ambiguïté du droit français, qui a d’une part le courage de pénaliser les clients de prostituées au nom de la lutte pour les droits des femmes, mais qui se montre dans le même temps de plus en plus tolérant à l’égard des personnes ayant recours à une GPA à l’étranger. Pénalisation du client, échanges monétaires, contraintes, marchandisation du corps et aliénation psychologique : ces points de comparaison sont autant de pistes pour comprendre la violence faite aux femmes par la prostitution et la GPA et la nécessité de leur abolition internationale. La France compte 37 000 prostituées dont 78 % sont étrangères. La grande majorité d’entre elles vit sous la coupe de proxénètes. De façon identique, les mères porteuses sont souvent étrangères au pays d’origine des parents commanditaires ; elles sont nombreuses en Asie, aux États-Unis, en Ukraine et en Amérique du Sud ; elles agissent pour le compte d’un intermédiaire rétribué par l’acheteur et sont souvent contraintes du point de vue de leur mode de vie.

. Le Devoir - "Les patronnes" : recherche Michelle désespérément
Quand Laurence Davidson était enfant, sa mère prétendait être à six degrés de séparation du pape. Avec la complicité de Camille Mongeau, actrice, scénariste et productrice (et aussi restauratrice), la réalisatrice a voulu tester cette théorie en remontant une chaîne de femmes afin de se rendre jusqu’à Michelle Obama, l’ex-première dame des États-Unis. "Pour nous, Michelle, c’est le summum de la femme qui a réussi en restant elle-même. Son côté humain et communautaire nous a vraiment touchées", explique Laurence Davidson, dont la voix et les réflexions portent la série documentaire Les patronnes. Responsable de la recherche et des entrevues, Camille Mongeau se rappelle que le tournage n’a pas été de tout repos : "On travaille depuis un an sur ce projet-là ; il a fallu le repenser quand est venue la vague #MeToo. On est sûrement plus féministes qu’on l’était au début. Au départ, c’était un stunt : on voulait rencontrer Michelle et mettre en lumière les femmes. Avec ce qui s’est passé, on n’a pas eu le choix d’avoir une réflexion sur le sujet."

. Hebdo Rive Nord - Loi 452 sur la traite - Prostitution juvénile et exploitation sexuelle : La CAQ fait adopter une motion de l’Assemblée nationale
La députée de Repentigny et porte-parole de la Coalition Avenir Québec en matière de condition féminine, Lise Lavallée, est parvenue avec l’appui du PLQ et du PQ à faire adopter une motion afin que l’Assemblée nationale du Québec exige du gouvernement fédéral de Justin Trudeau qu’il signe rapidement le décret mettant en œuvre les dispositions de la loi C-452. La loi C-452, adoptée en 2013 à la Chambre des communes, et en faveur de laquelle le premier ministre canadien actuel a voté, est un pas dans la bonne direction dans la lutte contre la prostitution juvénile, l’exploitation sexuelle et la traite des personnes, a reconnu Lise Lavallée. Elle a rappelé que cette loi renverse le fardeau de la preuve, de la victime vers le proxénète, permet la confiscation des produits de la criminalité et prévoit des peines consécutives pour les proxénètes. Plus d’information ICI.

. Libération - Marielle Franco, renouveau de la gauche brésilienne, tombe sous les balles
Combattive et populaire élue municipale de Rio, infatigable activiste des droits de l’homme, Marielle Franco, 38 ans, a été abattue de cinq tirs dans la tête mercredi soir, en plein centre de la "ville merveilleuse". Née et élevée à Maré, un ensemble de favelas très violentes, où flics et trafiquants de drogue s’affrontent régulièrement, Marielle Franco, sociologue, était reconnue pour son activisme en faveur des femmes noires et des habitants des favelas, victimes privilégiées de la violence policière, rappelle en substance Amnesty International : "Il ne peut subsister de doutes sur le contexte, la motivation et les auteurs de son assassinat."

. Marie-Claire - Agressions sexuelles : pourquoi artistes et politiques sont-ils intouchables ?
Lise Bouvet est philosophe, Yaël Mellul avocate et présidente de l’association Femme&Libre. Ces deux spécialistes des violences faites aux femmes, publient "Intouchables ? People, justice et impunité". Une enquête éclairante sur le médiatique des affaires Polanski, Cantat, DSK, Tron. Roman Polanski, à écouter ses défenseurs, est un réfugié politique persécuté par la justice américaine. Or il a plaidé coupable devant le procureur tout de suite après les faits. Puis a été incarcéré en Californie dans ce qu’on appelle une prison-hôpital, deux mois au cours desquels, il a été examiné par des psychiatres. Et la veille de l’audience où sa peine devait être fixée par le parquet, il s’est enfui de peur de faire de la prison. A partir de ce jour, aux yeux de la loi, cet individu était et continue d’être un fugitif. Il n’a exécuté qu’une peine de deux mois en préventive. Pour un crime avoué même lors d’une procédure de plaider coupable, on est bien en deçà de la peine encourue pour un viol.

. Le Devoir - Quatre mois de prison pour avoir menacé des féministes avec des photos de Marc Lépine
Quatre mois de prison et trois ans de probation. C’est la sentence à laquelle a été condamné Alexandre Chebeir, accusé de harcèlement criminel pour avoir envoyé des photos de Marc Lépine à des groupes féministes. Le juge semble avoir voulu infliger une peine suffisamment dissuasive et la couronne s’est dite très satisfaite. Le maximum pour une telle accusation poursuivie par procédure sommaire est de six mois. Sandrine Ricci, coordonnatrice du Réseau québécois des études féministes (RéQEF), a porté le dossier en son nom, mais elle partage ce qu’elle estime être une "excellente nouvelle" avec les femmes et les étudiantes de ce réseau. "Il y a un drame humain là-dessous, mais il y a un drame collectif qui est qu’il y a un problème de cyberharcèlement en ce qui a trait à ces commentaires haineux qui pullulent sur les réseaux sociaux, particulièrement envers les féministes, mais pas seulement elles."

. La Presse - Camil Picard : de suspect d’agression à président de commission
L’actuel président par intérim de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), Camil Picard, a fait l’objet en 2007 d’une enquête policière pour agression sexuelle sur un mineur et a versé 50 000 $ à l’homme qui alléguait avoir été violé, des informations qui n’ont pas été transmises au gouvernement à l’époque de sa nomination à un des plus hauts postes de la fonction publique. Dans la foulée d’une enquête de plusieurs mois, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a soumis en 2008 un dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales concernant Camil Picard, mais ce dernier n’a jamais été accusé au criminel en lien avec cette affaire. M. Picard dirigeait alors le centre jeunesse de la Montérégie. Il a conservé son emploi. Aussi : "Commission des droits de la personne : visé par une allégation d’agression sexuelle, Camil Picard démissionne".

. Le Journal de Montréal - Quel avenir pour les droits des femmes ?
L’égalité réelle est loin d’être acquise. Le mouvement #MeToo et #MoiAussi est là pour nous le rappeler. Malgré les désenchantements, la lutte est à poursuivre, d’abord en hommage à toutes ces pionnières qui ont porté le flambeau depuis le début du 20e siècle et pour toutes les femmes qui vivent dans la pauvreté et l’exclusion sociale. La déception est plutôt du côté des organismes de représentation. Force est de constater que le mouvement féministe est éclaté, désarticulé et peine à faire cause commune autour d’enjeux majeurs qui affectent les droits des femmes. Faute de repères et de vision claire, elles sont nombreuses, les féministes qui bradent, aujourd’hui, le principe même de l’égalité hommes-femmes et le sacrifient sur l’autel du relativisme culturel et des accommodements fallacieusement raisonnables, alors qu’ailleurs dans le monde, d’autres féministes se battent, courageusement, contre ces mêmes pratiques rétrogrades, qu’elles considèrent asservissantes pour les femmes.

. Le Point - Violences contre les femmes : quand le prédateur est le conjoint
D’après les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 38% des meurtres où la victime était une femme (contre 6% d’hommes), ont été commis par un conjoint (actuel ou passé). La violence conjugale atteint des taux épidémiques : 30% des femmes dans le monde au sein d’une relation conjugale consentie ont déjà fait l’expérience d’une violence physique ou sexuelle de la part de leur conjoint. Dans la grande majorité des cas, y compris en Europe, ce sont les femmes qui sont les victimes, et leur partenaire le coupable. Les conséquences en terme de santé, de situation économique et sociale pour les femmes, leurs familles ou leurs communautés sont considérables, et, trop souvent, ne reçoivent pas l’attention politique méritée. Près de la moitié des femmes ayant souffert de violences sexuelles ou physiques de la part de leur conjoint ont subi des blessures si importantes qu’elles ont dû recourir à une assistance médicale.

. Ouest France - Avortement en Allemagne. La bataille de l’article 219a est lancée
En novembre, la gynécologue Kristina Hänel a été condamnée à 6 000 € d’amende par le tribunal de Giessen, près de Francfort, pour avoir fait la publicité de l’avortement sur le site Internet de son cabinet. C’est illégal, en Allemagne, en vertu de l’article 219a du Code pénal. Kristina Hänel a d’abord accepté cette condamnation, en silence. Mais après avoir reçu des coups de téléphone de plusieurs collègues, elles aussi menacées de poursuites, elle a décidé de réclamer haut et fort l’abolition de cet alinéa. Elle a remis une pétition au Bundestag, signée par plus de 150 000 personnes.

. Entre les lignes entre les mots - Les frondeuses sont aussi des bâtisseuses
Sabine Panet, dans son éditorial du magazine Axelle, évoque les Frondeuses de l’information. Et pour commencer "La Fronde", premier quotidien féministe fondé en 1897 par Marguerite Durand. Des frondes et des pierres "À ceux qui nous exploitent et nous oppriment ; à ceux qui soutiennent cette absurdité, cette monstruosité, que seule une moitié, la moitié mâle de l’humanité, est digne d’évoluer intellectuellement et socialement, l’autre devant échapper à la loi des transformations, et rester toujours dans un état d’infériorité cérébrale et dans l’esclavage". L’éditorialiste souligne les façons déplorables dont la majorité des médias traitent des violences envers les femmes. De la Turquie à la Palestine, en passant par la Belgique et les États-Unis, axelle vous embarque pour un petit tour d’horizon dans des médias féministes.

. Le Devoir - Quel féminisme ?
Quelle est votre vision du féminisme ? C’est la question que posait Condition féminine Canada (CFC) pour souligner la Journée internationale des femmes, la semaine dernière. Pour l’occasion et pour lancer sa campagne #MonFéminisme, CFC a produit cinq vignettes publicitaires où cinq personnes partagent en quelques mots leur point de vue. Une femme dit que, pour elle, le féminisme, c’est « faire entendre sa voix », une autre, que « la peur, ça suffit » et une troisième, que c’est repousser « les limites du possible ». Un homme se présente comme un « allié de l’égalité entre les sexes ». Et il y a la cinquième vignette qui montre une jeune femme portant un hidjab et qui affirme que son féminisme « veut dire toutes et l’égalité pour tous ».

. France Bleu - Une commission de lutte contre la prostitution a été mise en place dans le département, une prostituée y est déjà suivie
Une tourangelle suit actuellement un parcours de sortie de la prostitution, première, et pour l’instant unique, femme à être suivie par la commission départementale de lutte contre la prostitution. Cette commission est l’une des conséquences de la loi d’avril 2016. Elle s’est pour la première fois réunie en décembre dernier avec autour de la table représentants de la préfecture, de la police, de la gendarmerie, de l’Education nationale, de l’Ordre des médecins, etc... Une commission dont le rôle est donc notamment de valider des parcours de sortie de la prostitution. En clair, une tourangelle s’engage à arrêter la prostitution, et en échange, tous les services de l’Etat l’aident à s’en sortir. Parce que sortir de la prostitution n’est pas chose facile.

. MadmoiZelle - Rencontre avec Jaha Dukureh, nommée au Nobel de la Paix pour son combat contre l’excision
Jeudi 8 mars, King Fadh Palace, Dakar. Il y a de l’agitation autour et dans la salle de conférence. À l’entrée, une jeune femme me tend la main et se présente même si ce n’est nullement nécessaire : c’est Jaha Dukureh. La jeune femme, figurant dans le top 100 des personnalités les plus influentes au monde du Times et depuis peu nominée pour le prix Nobel de la Paix 2018, s’apprête à lancer le Mouvement des Big Sisters, ou mouvement des Grandes Sœurs. Elle est accompagnée d’autres militantes mobilisées comme elle dans la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) et le mariage des enfants, pour former toutes ensemble un réseau d’action par les femmes africaines, pour les femmes africaines. Le mouvement Big Sisters se fixe en effet un objectif : rendre illégales partout les mutilations génitales féminines et le mariage des enfants d’ici 2020, pour que ces pratiques soient complètement éradiquées d’ici 2030.

. Sud Ouest France - Pédophilie. "Des enfants continuent à se faire agresser et violer au sein de l’Église !"
La pédopsychiatre Catherine Bonnet, ex-conseillère du Pape François, dresse un constat de la lutte contre la pédophilie au sein de l’Église. Nous avons fait des propositions sur des points importants mais le pape François n’a pas donné à ma connaissance de réponses, ce qui est vraiment préoccupant. Le problème est que le pape est extrêmement pris par de nombreux sujets, alors que la question de la protection des enfants d’aujourd’hui est une urgence. Des enfants continuent à se faire agresser et violer au sein de l’Église ! Les enfants victimes sont culpabilisés par leurs agresseurs, subissent des menaces, sont manipulés. Il leur faut du temps pour réaliser que c’était anormal. Ils ont honte et n’osent pas en parler à leurs parents de crainte de ne pas être crus, de se faire gronder ou de leur faire de la peine. Nous avons demandé la fin de la prescription, qui est actuellement de l’ordre de vingt ans à partir de l’âge de 18 ans dans le droit canon (de l’Église), et qui accorde une dérogation au cas par cas.

. Radio-Canada - "Fugueuse", une fiction collée à la réalité
La série sur le recrutement sournois d’une jeune femme en fuite par un réseau de prostitution est de toutes les conversations. Au lendemain de la diffusion du dernier épisode de la première saison, la comédienne Ludivine Reding et la recherchiste et documentariste Karina Goma expliquent à Catherine Perrin que l’histoire de Fanny, dans la télésérie, peut arriver à tout le monde. "Tout le processus de désensibilisation du corps… Quand [les proxénètes] décident de partager la vidéo du viol collectif, c’est un outil pour ramener Fanny vers eux. […] Ces filles-là, il faut comprendre que ce sont des victimes. Natasha est passée par tout le même chemin que Fanny, mais à un moment donné, tu as le pied pris dans l’engrenage. Tu essaies de faire comme si c’était rendu normal pour toi. Il y a évidemment, malheureusement, une demande énorme pour les jeunes filles mineures dans le milieu de la prostitution, mais les sanctions peuvent être très sévères pour les proxénètes, alors l’idée, c’est de les sortir du Québec, dit Karine Goma. C’est malheureusement une situation courante et c’est ce qui crée aussi une impression d’urgence pour les policiers. C’est une question d’heures avant qu’on perde la trace [des jeunes filles qui fuguent]." Lire aussi : "Après la Fugueuse, faudrait voir aux proxénètes !" dans Châtelaine.

. La Presse - Brenda Milner - Infatigable fouineuse
Au Québec, Brenda Milner est moins connue du grand public qu’un joueur de quatrième trio du Canadien. Dans le milieu scientifique international, pourtant, elle a le statut d’une légende. À quelques mois de son 100e anniversaire, celle qui a joué un rôle clé pour comprendre la mémoire et dont le nom a circulé pour le prix Nobel refuse de prendre sa retraite. La professeure Milner ne publie évidemment plus avec la même cadence qu’autrefois. Mais jusqu’à l’an dernier, elle supervisait toujours un chercheur postdoctoral. Ses champs de recherche tournent maintenant autour de la communication entre les deux hémisphères du cerveau. Comment l’hémisphère gauche, analytique, parle-t-il au droit, plus intuitif et artistique, pour former la pensée ? "Je fais moins de travail de recherche physique – ce n’est pas moi qui vais au laboratoire faire les mesures, précise-t-elle. Mais j’aime diriger des travaux. J’attache une grande importance à l’écriture – je pense que la façon dont on communique est très importante."

. Le Devoir - Des militants pour la laïcité veulent rouvrir le débat
Le 20 février dernier, la commission des institutions a approuvé une proposition du DGEQ d’autoriser un futur candidat à soumettre une photo à "visage découvert". L’ancien règlement, qui exigeait une photo à "tête découverte", était jugé discriminatoire parce qu’il empêchait notamment les personnes voilées ou portant le turban sikh de se porter candidates. "Nous sommes étonnés, consternés et extrêmement déçus que vous cédiez devant les réclamations de certaines franges religieuses intégristes", écrivent les signataires de la lettre à l’endroit des politiciens : "Ne sabordez pas notre laïcité". André Lamoureux, politologue à l’UQAM et porte-parole de cette initiative, déplore que le gouvernement soit en train de gruger le socle de la laïcité morceau par morceau." Selon lui, ce nouveau règlement ouvre la porte à une certaine dérive dans les institutions. "À partir du moment où on autorise un tel type de photo dans un formulaire officiel de l’État pour une mise en candidature, comment pourrait-on l’interdire une fois cette personne élue, dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale."

. Le Journal de Montréal - Le PQ veut mettre en place un tribunal spécial pour les victimes de violences sexuelles et conjugales
La vice-chef du Parti québécois (PQ) souhaite mettre en place un tribunal dédié exclusivement aux violences sexuelles et conjugales, afin de mieux accompagner les victimes dans le processus judiciaire. La création d’une chambre dédiée aux victimes de violences sexuelles et conjugales a été testée ailleurs dans le monde, en Afrique du Sud, au Royaume-Uni, "et qui a produit des résultats intéressants pour rebâtir cette confiance", assure la députée péquiste. "Plus près de chez nous au Nouveau-Brunswick, il y a une chambre qui s’intéresse uniquement à la question de la violence conjugale."

. Telerama - “Simone, Louise, Olympe et les autres : la grande histoire des féministes” à revoir en reprise
D’Olympe de Gouges à Louise Michel, des Françaises se sont battues pour améliorer les droits des femmes. Derrière la galerie de portraits de ces avant-gardistes, un récit passionnant et passionné, sur le féminisme à la française. Le premier volet sur “Les pionnières (1789-1918)” est à voir en reprise sur FranceTV. La magie des archives filmées et la voix de Rebecca Manzoni transforment cette succession de portraits en un récit vivant et bouillonnant, qui porte la parole des femmes et pointe le courage de leurs engagements. La question des conditions de travail et celle du droit de vote — hautement politiques — débouchent sur un mouvement irrépressible, au début du XXe siècle, dans la lignée des suffragettes britanniques.

. Le Monde - Au Kenya, une "mini-république de femmes" contre les violences et les mutilations
Une dizaine de huttes de bois et de plastique qui se dressent au milieu d’une plaine aride, souvent visitée la nuit par les éléphants et les léopards : pour beaucoup, le village de Mopukori serait hostile. Pour elles, c’est un havre de paix. "Nous sommes très heureuses de vivre ici parce que nous sommes libres. Personne n’est là pour nous imposer des restrictions, nous avons le pouvoir", sourit Nepi Lelegweny. Regard tranquille, dents du bonheur, elle est la doyenne du village, du haut de ses 42 ans. Autour d’elle, se sont rassemblées à l’ombre d’un grand acacia quelques-unes des vingt-six femmes qui forment cette communauté atypique. Il y a vingt-cinq ans, une poignée de pionnières a fondé ce village à quelques kilomètres de la bourgade d’Archers Post, à plus de 300 kilomètres au nord de Nairobi, pour fuir le sort que leur réservait leur propre communauté. Comme leurs cousins masai, les Samburu pratiquent l’excision comme préalable au mariage, traditionnellement arrangé dès le plus jeune âge. Dans cette région pauvre et isolée, les jeunes filles quittent très tôt l’école – l’anglais et le swahili, enseignés dès le primaire au Kenya, ne sont presque pas parlés dans le village. Les femmes sont réduites à leur rôle de mère et très peu considérées. Au sein des foyers, racontent-elles, les violences sont banales.

. Droit-Inc - Une avocate féministe chez NOVAlex
Me Christiane Pelchat n’a jamais eu la langue dans sa poche. L’ex-députée de Vachon et ex-présidente du Conseil du statut de la femme compte bien ne pas s’arrêter là. Sa voix, elle la donne depuis de nombreuses années à la reconnaissance des droits des femmes. Celle qui se définit comme une féministe "traditionnelle" a récemment rejoint les bureaux de NOVAlex. "Je voulais plaider pour le droit des femmes à l’égalité, c’est pour cela que je voulais retourner à la pratique… Mais pas en valeurs mobilières…", dit la femme de 58 ans en riant. Politicienne, avocate, Me Christiane Pelchat a choisi de porter plusieurs casquettes, dans le seul but de servir la cause des femmes. "Et c’est pas demain la veille que je vais m’arrêter !", promet-elle.À la fois cabinet d’avocats et clinique juridique, NOVAlex offre des services en droit des affaires aux entreprises établies et accompagne les individus à faibles revenus, les OBNL et les entreprises en démarrage admissibles sur une base pro bono.

. Le Huffington Post Québec - Un syndicat d’Air Canada se plaint du harcèlement contre les agents de bord
Le syndicat représentant les agents de bord d’Air Canada a indiqué jeudi avoir déposé une plainte pour violation des droits de la personne contre le transporteur aérien dans laquelle il évoque la discrimination et le harcèlement "systémiques" de ses membres. Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affirme que les politiques d’Air Canada sur les uniformes ou le maquillage sont discriminatoires envers les agentes et se fondent sur le sexe, l’orientation sexuelle et l’ethnicité. Le syndicat ajoute que les nouveaux chefs du service à bord, qui évaluent les agents de bord agissant à titre de chefs de cabine lors des vols, ont fait des remarques sexistes, racistes et homophobes et ont eu des "comportements inappropriés" envers des agents de bord des deux sexes.

. Radio-Canada - Rupi Kaur, reine des "instapoétesses"
Le sexisme, la violence sexuelle et la difficulté de faire son chemin comme immigrante sont quelques-uns des thèmes de prédilection de cette nouvelle figure canadienne du féminisme, qui s’est fait connaître en publiant ses poèmes sur Instagram. L’auteure de 25 ans d’origine indienne peut maintenant compter sur 2,7 millions d’abonnés ainsi que sur le soutien de figures connues telles que Ariane Grande. À l’occasion de la parution de la version québécoise du premier livre de Rupi Kaur, Lait et miel, Aurélie Lanctôt brosse le portrait de l’auteure au micro de Catherine Perrin et la décrit comme une sorte d’Oprah Winfrey de la poésie. "Elle va toucher un public qui, traditionnellement, ne s’intéresse pas à la poésie."

. National Geographic - Jane Goodall : ’’Il y a deux Jane. Il y a l’icône, et il y a moi’’
Jane Goodall a cette sérénité de ceux, rares, qui ont mené avec éthique et intégrité des combats plus grands qu’eux, au service des autres. L’humilité de celle qui est devenue une icône un peu malgré elle est déconcertante, et pourtant si naturelle. Rien n’est feint, ni ses sourires, ni ses regards, francs et bienveillants. Dans les années 1960, la primatologue a dû faire de sa vie un roman-photo pour étudier le comportement des chimpanzés en Tanzanie et a complètement bouleversé notre vision des primates. Depuis la publication de ses travaux, on sait que les chimpanzés sont capables d’utiliser et de fabriquer des outils, de chasser pour se procurer de la viande mais aussi - et surtout - qu’ils sont capables d’émotions, qu’ils ont des personnalités distinctes et des liens émotionnels très forts avec ceux qu’ils affectionnent.

. Le Devoir - Trudeau nomme Brenda Lucki à la tête de la GRC
Pour la première fois de l’histoire, c’est une femme qui dirigera la Gendarmerie royale du Canada. Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé vendredi que le poste de commissaire de la GRC est confié à Brenda Lucki, qui était depuis 2016 commandante du centre d’entraînement de la police fédérale à Regina. Comptant 31 ans d’expérience à la GRC, Mme Lucki a aussi servi dans l’ex-Yougoslavie et au sein de la police civile des Nations unies en Haïti. Beverley Busson avait été commissaire par intérim pendant six mois, en 2007, mais c’est la première fois qu’une femme est nommée commissaire sur une base permanente. En annonçant sa nomination, vendredi à Regina, M. Trudeau a précisé que Mme Lucki veillera à promouvoir l’équité hommes-femmes.

. Russia Beyond - Comment les féministes russes se sont battues pour leurs droits à travers l’Histoire
Femmes aristocrates, révolutionnaires marxistes et dissidentes soviétiques - le visage du féminisme russe a beaucoup changé au fil du temps. Voici l’histoire de la façon dont plusieurs générations de femmes russes très différentes ont lutté pour l’égalité des sexes. L’idée du féminisme, qui plus tard sera décrite ironiquement comme "la notion radicale selon laquelle les femmes sont des êtres humains", est d’abord arrivée en Russie dans les années 1850. Ce n’était pas vraiment le moment le plus facile pour défendre les droits des femmes, étant donné le caractère patriarcal et conservateur du pays. Même Léon Tolstoï, qui était un humaniste, croyait que le but de la vie d’une femme était de se consacrer à son mari et à ses enfants. Il a qualifié le mouvement soutenant les droits des femmes de "drôle et ruineux, semant le désordre dans la tête des femmes", le mouvement affirmant que les femmes devaient être autorisées à travailler et à chercher un sens à leur vie autre que la famille. Néanmoins, inspiré par les activistes occidentaux, quelques courageuses femmes russes se levèrent contre le patriarcat.

. Le Devoir - "Nos silences" : le cri de Wahiba Khiari pour les Algériennes broyées par la décennie noire
Combinaison fatale dans une décennie noire. Au coeur de la guerre civile algérienne, qui a fait sombrer le pays dans l’horreur entre 1991 et 2002, la narratrice de Nos silences, premier roman de Wahiba Khiari, ne porte pas le voile, elle est éduquée et enseigne l’anglais, "la langue des “renégats” dans un établissement mixte", expose-t-elle dans les premières pages. "Je réunissais à moi seule la liste des raisons pour lesquelles ils s’étaient donné le droit de tuer." "Savoir que ces choses ont existé, c’est s’assurer que cela ne recommence pas", estime Wahiba Khiari, d’origine algérienne, qui a débarqué au Québec il y a trois ans. "Ce livre, c’est la somme de silences qui deviennent un cri. Un cri contre la barbarie, contre l’injustice, contre les brutalités, les sévices imposés à des femmes, durant des périodes de crise, dans des régions du monde où elles ne disposent d’aucun moyen pour se faire entendre.

Le Soleil - Une accusation lourde de sens
"Ça se peut que j’aie été raciste face au voile", explique une personne interrogée. "Elle a longtemps eu sur le voile une opinion très tranchée, proche dit-elle de la militante anti-islamiste Djemila Benhabib", explique alors le journaliste dans le même paragraphe. Grave accusation s’il en est une, lourde de sens, qui dépasse largement ma simple personne tant il est vrai qu’une majorité de Québécois se reconnaissent dans ce principe d’interdiction des signes religieux dans la fonction publique. La neutralité des institutions étatiques assure le respect de la volonté commune. L’État qui interdit le port de signes religieux ostentatoires à ses fonctionnaires n’est pas un État raciste. C’est un État qui place l’exigence du bien commun au dessus des particularismes. Les Québécois ont choisi de sortir Dieu de l’État. Pourquoi laisseraient-ils Allah y fourrer son nez ? Ce qui vaut pour l’Église ne devrait-il pas valoir pour les autres options religieuses ?

. Premières en affaires - Décrochage scolaire : pas seulement les garçons
Depuis plus d’une décennie maintenant, on parle beaucoup du décrochage scolaire des jeunes garçons. À voir les chiffres, on comprend que les spécialistes aient tiré la sonnette d’alarme, d’où la mise en place de nombreux programmes destinés à les retenir à l’école. Pourtant, si on applique une analyse de genre à cet enjeu social, on constate que le décrochage scolaire des adolescentes est plus lourd de conséquences que celui des jeunes garçons. Les filles qui décrochent reviennent moins à l’école que les garçons. Elles se retrouvent souvent en situation de dépendance économique (elles gagnent en moyenne 22 000$ par année contre 34 000$ pour les garçons) et elles sont nombreuses à tomber enceinte, retardant ainsi l’éventualité d’un retour aux études. Devenues mères, avec de faibles revenus et un faible niveau de scolarité, elles font monter les statisques, bien malgré elles. Le risque que leurs propres enfants ne quittent l’école à leur tour est grand. Ainsi va le cycle de la pauvreté.

. 24 heures - Suisse. Humiliées, les femmes appellent à la mobilisation
La Journée des femmes prend une dimension particulière en Suisse. Il y a le mouvement #MeToo et sa dénonciation du harcèlement qui se poursuit sur les réseaux sociaux. La semaine dernière, un autre événement a mis les Suissesses en colère. Le Conseil des États a renvoyé en commission un projet visant à faire reculer la discrimination salariale avec les hommes. Pour les femmes, c’est une claque. Le principe de l’égalité salariale est inscrit dans la Constitution depuis plus de 35 ans, mais il n’est toujours pas une réalité. Et la différence de revenu entre les sexes reste de 18%, dont 7,4% ne sont pas explicables par des facteurs comme le temps partiel ou la formation. Les féministes comptent bien ne pas laisser passer l’affront subi mercredi dernier. Elles pourraient même l’utiliser. Lire aussi : "Un 8 mars combatif, boosté par le phénomène #MeToo".

. Le Devoir - Les femmes manifestent à travers le monde
Des femmes d’un peu partout dans le monde ont profité jeudi de la Journée internationale des femmes pour réclamer plus d’égalité, plus de respect et plus d’autonomie. Les manifestantes ont déclenché une grève de 24 heures en Espagne, pendant que des foules descendaient dans les rues de Manille, de Séoul et de New Delhi, notamment. Des milliers de femmes ont marché en soirée dans les plus grandes rues de villes à travers l’Espagne pour protester contre les écarts de salaire et la violence contre les femmes, et pour réclamer la fin des plafonds de verre dans le monde du travail. « Si nous freinons, le monde freine », tel a été le slogan scandé au début de plus de 300 manifestations. Quelque 5,3 millions de personnes ont participé au mouvement de grève, selon deux des principales organisations syndicales espagnoles.

. Slate France - En Inde, des femmes achetées pour quelques centaines d’euros
Chaque année en Inde, des dizaines de milliers de femmes sont enlevées pour être vendues comme épouses. À treize ans, Tahmina a été vendue 50.000 roupies (environ 620 euros) à un homme de plus de quarante par sa sœur et son beau-frère, dans un village de l’État d’Haryana. En Inde, le rapport ministériel du National Crime Records Bureau indique qu’en 2016, 33.855 personnes ont été enlevées pour un mariage, un peu plus de la moitié d’entre elles étant mineures, et la quasi totalité, des femmes (seulement 59 hommes sur le total). Les femmes ainsi vendues sont souvent réduites à une vie d’esclave sexuelle ou domestique, quand elles ne sont pas abandonnées et, éventuellement, revendues. On les appelle "paro" ou "molki", ce qui signifie "volée" ou "achetée" –manière supplémentaire de les humilier.

. Le Conseil du statut de la femme - Message vidéo de la présidente du CSF à l’occasion de la Journée internationale des femmes
À l’occasion de cette journée propice à la réflexion, la présidente du Conseil, Me Louise Cordeau, souligne les grandes avancées des femmes, tout en insistant sur le chemin à parcourir pour enrayer les inégalités persistantes entre les femmes et les hommes. En cette date importante du calendrier féministe, Me Cordeau invite la population à honorer la réussite de toutes les femmes qui transforment notre monde, et à partager dans les médias sociaux un article, une nouvelle ou une réflexion qui célèbre les femmes et l’importance qu’elles occupent dans notre société !

. Révolution féministe - Incroyablement radicales, les féministes de la Première vague
Françoise Soldani vient de publier La Voix des femmes (Éditions Le Bateau ivre). Entrevue avec Françoise Soldani : « Ces féministes de la Première vague ont mené tous les combats. Bien sûr, pour le droit de vote des femmes, mais pas uniquement. Par exemple Hubertine Auclert, il y a presque 150 ans, a milité pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes, le droit de propriété des femmes (les biens des femmes mariées, ainsi que leurs revenus, appartenaient à leur mari NDLR), leur autonomie dans le mariage et le fait qu’elles devaient garder leur nom, elle a dénoncé la fausse neutralité du masculin et a proposé la féminisation des noms de métier—toujours pas acquise. Les violences envers les femmes sont aussi un de ses combats prioritaires, elle a dénoncé la clémence scandaleuse des tribunaux face aux "crimes passionnels", terme qui est toujours employé par les media, voire même les avocats. Clémence qu’elle a qualifiée d’"appel au meurtre". Elle a défendu la liberté sexuelle, le droit à l’avortement, les prostituées, et bien sûr le droit à l’éducation des filles. Elle a dénoncé les préjugés qui enfermaient les femmes dans la vie domestique et le non partage des tâches ménagères. Et d’ailleurs Hubertine Auclert se proclamait "féministe intégrale", au sens où tous les aspects de la condition féminine devaient être traités. »

. Le Devoir - Parité hommes-femmes : les bonnes intentions ne suffiront pas
Le 8 mars est jour de mémoire, de bilan et de prospective sur la condition des femmes. Chez nous comme ailleurs dans le monde, nous traçons le portrait des avancées et des reculs, des problèmes et des défis qui concernent la moitié féminine du monde. En tant qu’anciennes parlementaires, nous nous préoccupons particulièrement de la place des femmes en politique. Nous avons certes constaté des progrès au cours des dernières décennies. Depuis l’obtention du droit de vote des femmes en 1940, celles-ci ont fait leur entrée à l’Assemblée nationale du Québec, imprimé leur marque sur nos lois et nos programmes publics, occupé les plus hautes fonctions. Pourtant, les acquis sont fragiles. Entre 2012 et 2014, nous perdions 5,6 % de députées au Parlement. Comme quoi la progression n’est pas linéaire et constante. Si nous n’y prenons garde et surtout si nous pensons que la situation s’améliorera d’elle-même, par un mouvement naturel de l’histoire, nous irons au-devant de bien des déceptions.

. Nouvelles#News - Guerre des sexes ? Non, guerre contre le sexisme
Une semaine avant le huit mars, France 2 consacrait une émission à "la guerre des sexes". Depuis #MeToo, la parole des femmes se serait libérée et… "on ne peut plus rien dire", "bientôt on ne pourra plus prendre un ascenseur avec une femme comme aux États-Unis", entend-on ; et quand une campagne contre le harcèlement sexuel est lancée, on hurle sur les réseaux sociaux à la stigmatisation des hommes…On se calme. L’histoire de l’ascenseur qui monte et qui descend au gré du sexisme ambiant est une fable. On ne peut plus rien dire ? Est-ce si compliqué de faire la différence entre compliment, drague gentille et harcèlement, menace, contrainte ? Si compliqué de prendre en considération le désir des femmes ? Quant aux hommes qui se sentent stigmatisés par une campagne de prévention du harcèlement… Lorsqu’une campagne de prévention des accidents de la route ou contre l’alcoolisme est lancée, est-ce que tous les conducteurs se sentent traités de chauffards ? Tous les buveurs de vin traités d’alcooliques ?

. Euronews - Les inégalités hommes-femmes augmentent dans la sphère privée
Partant du constat que l’Islande occupe la première place du classement du rapport du Forum économique mondial sur la parité, nous faisons le point avec Virginija Langbakk, la directrice de l’Institut européen pour l‘égalité hommes-femmes (EIGE), sur la situation dans l’ensemble de l’Europe. Elle se félicite que “la manière dont les pays nordiques ont instauré l‘égalité hommes-femmes soit devenue le standard de référence à suivre” pour les autres nations européennes. Mais elle constate que globalement, la répartition des tâches privées entre les sexes est de plus en plus inéquitable et qu’il reste beaucoup à faire pour établir une égalité de traitement dans le monde de l’emploi et pour lutter contre les violences faites aux femmes. "Des entreprises préfèrent payer des amendes plutôt que de chercher des femmes compétentes pour certains postes", dit Virginija Langbakk.

. The Conversation - "Sexting", "revenge porn" : une cyberviolence sexiste et sexuelle
Le sexting devient cyberviolence dès lors que les photos ou les vidéos sont réalisées sous la contrainte : 4% des adolescentes ayant déjà réalisé des selfies intimes se sont senties obligées de le faire, sous pression, notamment, de leur petit ami. Le "sexting" devient cyberviolence dès lors que son-sa destinataire est dérangé·e ou choqué·e à la vue des images. Le "sexting" devient cyberviolence dès lors que les photos ou les vidéos sont réalisées sans le consentement de la personne qu’elles représentent, sans que cette dernière ait connaissance du fait qu’on soit en train de la photographier ou de la filmer. Enfin, il devient cyberviolence dès lors que les photos ou vidéos, réalisées avec ou sans consentement, sont diffusées afin de nuire à la personne. On parle alors dans ce cas de "revenge porn" ou de "porno-vengeance". Le revenge porn est d’abord pratiqué à des fins de vengeance par des ex-petit·e·s ami·e·s vivant mal la rupture. Hétéros ou homos, les porno-vengeurs et vengeresses cherchent, avant tout, à nuire à l’image et à la réputation de leur ex.

Radio-Canada - Système judiciaire : des problèmes profonds subsistent pour les victimes d’agression sexuelle
La vague de dénonciation #MoiAussi a illustré la perte de confiance des victimes d’agression sexuelle dans le système judiciaire. Une nouvelle étude menée au Québec vient confirmer qu’elles ont raison d’être si méfiantes. Une véritable transformation est nécessaire pour que ces victimes obtiennent justice, selon les chercheurs. Delphine, Marie-Claire, Telia, Margo et Odile ont toutes connu la violence sexuelle sous diverses formes. Leurs témoignages et ceux de 47 autres victimes dressent un portrait peu reluisant du système judiciaire au Québec. Le professeur à la Faculté des sciences de l’Université d’Ottawa Simon Lapierre explique que la recherche a permis de démontrer que la méfiance des victimes est bien fondée. Peu importe le type de violence qu’elles subissent, elles sont mal accueillies par les acteurs du système judiciaire.

. Le Devoir - Difficile de sortir de la prostitution
La série "Fugueuse" a eu l’effet d’un électrochoc au Québec, levant le voile sur la réalité des adolescentes qui tombent dans l’exploitation sexuelle. "Fugueuse" dépeint bien la réalité. On va les chercher quand elles sont jeunes, à 14-15 ans. Comment peuvent-elles ensuite se réinsérer dans la société si elles n’ont pas de diplôme d’études secondaires et que leur CV est complètement vide ? C’est un cercle vicieux", déplore Richard Poulin, professeur émérite de sociologie à l’Université d’Ottawa. Sur le terrain, les intervenants lui donnent raison. Seules 35 % des femmes qui cherchent à sortir de la prostitution réussissent à le faire dès leur première tentative, d’après la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). Ce regroupement est l’un des rares à soutenir les femmes qui veulent sortir du milieu, leur apportant un accompagnement juridique, psychologique ou de l’aide pour trouver un logement et un emploi. Il ne bénéficie toutefois d’aucun appui financier constant de la part de Québec ou d’Ottawa, n’obtenant que des subventions ponctuelles pour certains projets.

. Europe 1 - L’inclusion rider, cette clause qui pourrait forcer l’industrie du cinéma à se diversifier
Dans son discours de remerciements dimanche soir, l’actrice oscarisée Frances McDormand a évoqué l’"inclusion rider", une clause qui permettrait - si elle était appliquée - une meilleure représentation des minorités dans le cinéma. "J’ai deux mots pour vous ce soir, Mesdames et Messieurs : inclusion rider." Le terme a été inventé en 2016 par deux femmes : Stacy Smith, professeure de communication à l’Université de Californie du sud (USC), et Kalpana Kotagal, une avocate spécialisée dans les droits civiques à Washington. Il désigne une clause que peuvent exiger les actrices et acteurs principaux, à la signature de leur contrat, pour une juste représentation des femmes et des minorités dans le film pour lequel ils sont engagés. Seuls les actrices et acteurs de premier plan d’un film, que l’on appelle communément la "A-list" aux États-Unis, peuvent demander l’application de cette clause. Pourquoi cette clause n’est-elle pas appliquée ?

. Le Figaro - Plus un pays est développé, moins les femmes font d’études scientifiques
Selon une étude, les pays où les inégalités sont les plus marquées entre les femmes et les hommes sont aussi ceux où les étudiantes sont le plus nombreuses à être diplômées dans les domaines des sciences. Aux États-Unis, 8% seulement des diplômés de sciences informatiques sont des femmes. À l’inverse en Algérie, un pays où 15% des femmes travaillent, elles représentent 41% des diplômés dans le domaine des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM). Ces données sont devenues une véritable tendance de fond : d’après la revue Psychological science, les pays les plus mal classés en termes d’égalité hommes-femmes sont ceux où ces dernières sont le plus nombreuses à s’engager dans des études scientifiques. Les auteurs de l’étude, Gijsbert Stoet et David Geary, ont choisi les données fournies par le Forum économique mondial pour classer les pays en fonction des inégalités liées au sexe.

. Le Devoir - Éclairer la part féminine de la musique populaire
Et si l’on racontait l’histoire de la musique populaire au Québec en plaçant le travail des femmes en son centre ? En prévision du 8 mars, Le Devoir a demandé à cinq mélomanes de dresser leur liste des cinq meilleurs albums créés par des femmes. Conversation autour d’une tentative de réécriture. Évoquons d’abord (à l’aide des listes concoctées par notre panel) un trio fondamental de mères fondatrices : celui formé de Monique Leyrac, Pauline Julien et Diane Dufresne, toutes d’abord connues pour leur travail d’interprètes (bien que Dufresne ait signé plus tard des textes, et Julien des textes et des musiques). Avec son Monique Leyrac chante Léveillée et Vigneault (1963), la grande dame aujourd’hui âgée de 90 ans pousse Claude et Gilles dans les derniers retranchements. Elles seront nombreuses au tournant des années 2000 à prendre le devant de la scène avec leurs propres chansons et leurs propres instruments. Jorane, Marie-Jo Thério, Mara Tremblay, Ariane Moffatt et Catherine Major font sauter des barrières dans l’esprit de bien des jeunes femmes.

. Cahiers Bernard Lazare - Julia Kristeva : "La parole libre est encore à venir"
Entrevue avec la psychanalyste et auteure d’une trilogie sur "Le génie féminin" : en philosophie, Hannah Arendt, en psychanalyse, Mélanie Klein, en littérature, Colette. Ses réflexions sur le sens et l’avenir de l’actuelle prise de parole des femmes. "Leur acte transgressif, révolté, libérateur, est surtout un acte fondateur d’une nouvelle identité, qui énonce de nouveaux droits universels. […] Je partage la souffrance et j’adhère au combat. C’est le point de départ de la liberté."

. Le Devoir - RDC : femmes et enfants fuient les exactions en Ituri
Ils sont arrivés par vagues, ceux qui tuent, ceux qui brûlent et ceux qui pillent, poussant devant eux des hordes de malheureux. Beaucoup de femmes figurent parmi les déplacés, les femmes et les enfants payant en RDC le plus lourd tribut aux violences, particulièrement aux violences sexuelles exercées par des hommes armés. En environ un mois, ce sont quelque 40 000 personnes qui ont traversé le lac Albert vers l’Ouganda et 20 000 autres qui ont trouvé refuge à Bunia, selon des chiffres de Médecins sans frontières (MSF) publiés cette semaine.

. Slate France - Agnès Varda, cinéaste géniale mais tellement sous-estimée
Née en Belgique en 1928, arrivée en France en 1940, la réalisatrice est à la tête d’une oeuvre aussi humble qu’ambitieuse. Pouvait-on s’attendre à ce qu’un jour, elle devienne la première femme cinéaste à recevoir un Oscar d’honneur ? À 89 ans, Agnès Varda ne se contente pas d’être la récente récipiendaire d’un Oscar honorifique ; elle est de plus en lice dans la catégorie « meilleur long-métrage documentaire », pour le Visages villages qu’elle a coréalisé avec le street artist JR. Pas son meilleur film, mais une balade attendrissante aux quatre coins de la France et au-delà. C’est effectivement à un nouveau stade de reconnaissance qu’a accédé Varda dans les années 2000. Il faut néanmoins rappeler que les grands festivals de cinéma ont commencé à la distinguer dès les années 1960. Une sélection pour Cléo de 5 à 7 en compétition lors du festival de Cannes 1962, un prix spécial du jury à Berlin en 1965 pour Le Bonheur (avec Jean-Claude « Thierry la Fronde » Drouot dans le rôle d’un homme polyamoureux), puis tout simplement un Lion d’Or au festival de Venise, obtenu en 1985 pour Sans toit ni loi. Pour une cinéaste méconnue, on a fait pire.

. Deboutte à boutte - "Ode à la femme", mon œil !
La programmation 2018-2019 des Grands Ballets canadiens de Montréal a été dévoilée la semaine dernière. Selon le nouveau directeur artistique, Ivan Cavallari, la prochaine saison sera une "ode à la femme". Partir "à la découverte de la femme" serait le fil conducteur de la prochaine saison. On cherche, on cherche… Mais où sont les femmes en charge, en position de pouvoir, dans tout ce baratin ? Une seule chorégraphe féminine au programme - bravo les boys -, la britannique Cathy Marston qui s’attaque à L’amant de Lady Chatterly, l’œuvre de D. H. Lawrence. Et à la toute fin de la saison 2018-2019, les Grands Ballets présenteront la cerise sur le sundae, le "grand moment de la saison" invraisemblablement, le spectacle de clôture intitulé "Femmes", rien de moins. Chorégraphié par qui ? Trois hommes... Et pas trois chorégraphes québécois, non, non, deux français et un britannique. Faut cesser de "découvrir" les femmes, et surtout, d’instrumentaliser leurs mouvements d’émancipation. Que diriez-vous, en lieu et place, de vous tasser, de les laisser diriger, chorégraphier, bref, d’être les maîtresses de la maison, histoire de voir à quoi ressemblerait une vraie programmation féministe en ballet classique au 21ième siècle. Quoi ? On a bien le droit de rêver. Et maintenant, non ? Lire aussi : "Un faux pas des Grands Ballets canadiens ?"

. France Info - Violences faites aux femmes : regardez en avant-première le documentaire "Sexe sans consentement"
Video. Ce film aborde la "zone grise" de la sexualité. Six femmes revivent cet instant où elles n’ont pas réussi à repousser l’autre, à se faire entendre, avant de subir un rapport sexuel non désiré. Il s’agit d’un ami, d’un flirt ou d’une connaissance. Ce jour-là, il a voulu aller plus loin alors qu’elles ne le souhaitaient pas. Le film explore ce moment crucial, souvent oublié, complexe, honteux, de la sexualité des jeunes femmes. Quand le "non" n’est pas sorti, ou n’a pas été écouté, mais où il n’y a pas eu violence physique. Elles ne voulaient pas de ce rapport, mais elles avaient bu, flirté, accepté une invitation, fait confiance au bon copain. Certaines ont rangé ça au rayon des expériences désagréables, mais inévitables de la jeunesse ; d’autres n’ont pas digéré.

. RTBF - Vent de révolte au Vatican : "Des nonnes travaillent comme des esclaves pour le compte de certains prélats"
De trop nombreuses religieuses, qui effectuent le ménage ou des tâches subalternes pour le compte de cardinaux, d’évêques et de paroisses locales travaillent dans des conditions proches de l’esclavage, rapporte jeudi l’Osservatore Romano. L’information publiée par le quotidien officiel du Vatican s’inscrit dans le cadre du mouvement de lutte contre les violences faites aux femmes qui a pris naissance à Hollywood (#MeToo, ndlr.) et qui a désormais largement dépassé les frontières de l’industrie cinématographique. "Les nonnes ne disposent pas dans cette sorte de ’servitude’ d’heures de travail fixes à l’inverse des travailleurs séculiers et leur salaire est arbitraire et souvent très modeste", dit une religieuse. "Tout cela nourrit chez certaines un fort sentiment de rébellion interne." Lire aussi : Selon un rapport, les nonnes seraient traitées comme des esclaves au Vatican.

. Le Droit - Hélène David se sent habitée par "un sentiment d’urgence"
Plus l’échéance électorale approche, plus la ministre Hélène David se demande si elle aura le temps requis de réaliser tout ce qu’elle a en tête pour améliorer le sort des femmes. Elle dit vouloir agir et agir maintenant. À sept mois du prochain scrutin, la ministre de la Condition féminine n’aura donc pas le choix de prendre les bouchées doubles d’ici là. Son prochain cheval de bataille : la violence conjugale. Elle veut s’attaquer à ce fléau de diverses façons. En marge des dossiers à défendre, des projets de loi à faire adopter et des budgets à trouver, Mme David souhaiterait mener une réflexion sur ce qu’elle appelle la "culture féminine". Mme David revendique pour les Québécoises "le droit d’être imparfaites" et celui d’occuper les postes de pouvoir sans se sentir "un imposteur".

. Le Devoir - Turquie : Asli Erdogan, la voix des prisonniers politiques
La lumière et l’ombre habitent le quotidien de la romancière et opposante turque Asli Erdogan qui, en mars, publie son tout premier roman, L’homme coquillage (Actes Sud, sortie prévue le 5 avril au Québec), alors que reprend au même moment son procès à Istanbul pour tentative de déstabilisation de l’État. Asli Erdogan a été arrêtée en août 2016 après le coup d’État manqué en Turquie et détenue pendant quatre mois et demi. En cause ? Certaines de ses chroniques (à retrouver dans le recueil Le silence même n’est plus à toi, chez Actes Sud également) et son rôle de conseillère pour le quotidien kurde Özgur Gündem. En liberté conditionnelle depuis un peu plus d’un an, elle a quitté la Turquie. Rencontre avec une auteure qui nous berce d’une écriture chaude, envoûtante, sensuelle dans ce roman de jeunesse, un style qui contraste avec la noirceur de son présent.

. La Presse - À l’école de la mixité
En septembre prochain, les enseignants du Québec jongleront avec l’obligation de donner le cours d’éducation à la sexualité, au primaire et au secondaire, tel que l’a décidé le gouvernement, à la suite du mouvement #moiaussi, du Forum sur les agressions et le harcèlement sexuels tenu en décembre dernier, et de l’adoption de la loi 151 visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur. Il fallait faire quelque chose, se sont dit les ministres, et nous sommes bien d’accord. L’idée d’agir à tous les niveaux d’enseignement est bonne, mais il faut essayer de voir plus large. Dans un avis publié en 2016, "L’égalité entre les sexes en milieu scolaire", le Conseil du statut de la femme (CSF) recommandait que l’éducation à l’égalité fasse partie de la formation des maîtres.

. Europe 1 - Cinéma français : où sont les femmes ?
La 43e cérémonie des Césars, grand-messe du cinéma français, a lieu vendredi soir à la salle Pleyel à Paris. Et ce, dans un contexte particulier : cinq mois après les révélations de l’affaire Weinstein. Les participants sont invités à porter un ruban blanc en signe de soutien aux victimes de harcèlement et de viol. Parmi les favoris figurent les films 120 battements par minute, Au revoir là-haut ou Le sens de la fête, trois films réalisé par des hommes. Ce qui rappelle qu’en 43 ans, une seule femme a reçu le César de la meilleure réalisation, c’était Tonie Marshall en 2000 pour Vénus Beauté Institut. Depuis, rien. "Forcer ce qui coince" pourrait vouloir dire imposer des quotas, dans les commissions mais aussi dans le financement du CNC. On peut imaginer la mise en place d’une obligation de donner 50% des aides à des films de réalisatrices. C’est ce que sont en train de mettre en place la Suède et l’Irlande par exemple. L’Espagne et le Canada aussi réfléchissent à ce genre de mesures. La ministre de la culture François Nyssen s’y est dite favorable. Lire aussi : César : les femmes au cœur de la 43e cérémonie dans le sillage de #MeToo.

. Le Figaro - Crime passionnel, drague lourde, tomber enceinte... Ces expressions qui portent préjudice aux femmes
Dans Le Roi des cons, Florence Montreynaud, historienne et linguiste, a compilé les expressions à première vue anodines mais qui involontairement « font mal aux femmes ». Nous en avons ciblé quinze. « Changer les mots peut changer le monde », prône Florence Montreynaud. Féministe engagée depuis les années 1970, cette septuagénaire a également lancé plusieurs réseaux comme Les Chiennes de garde ou Zéromacho. Ce 15 février, elle sort Le Roi des cons, un dictionnaire qui recense tournures de phrases et autres expressions tendancieuses portant préjudice aux femmes. Passage en revue de quinze d’entre elles. "Crime passionnel" : Dites plutôt "meurtre d’une femme par son conjoint ou ex-conjoint". "Un homme n’agresse pas sa femme parce qu’il est "fou d’amour" ou "éperdu d’amour", estime Florence Montreynaud. "Il ne s’agit pas d’un amour romantique, mais de haine, de possessivité, d’impuissance à admettre la liberté de l’autre". L’historienne précise que "les violences du conjoint ne sont ni un fléau" - autre mot qu’elle qualifie d’impropre car "lié à la fatalité" - "ni une information de rubrique "faits divers", mais un "problème de société qui découle du machisme".

. The Conversation - Au Liban, les mariages d’adolescentes continuent de prospérer
Au Liban, les lois protègent si peu les jeunes femmes que de nombreuses adolescentes sont encore bien souvent confrontées au mariage précoce, de gré ou de force. Or cette question demeure particulièrement préoccupante du fait de la présence d’un grand nombre d’adolescentes syriennes réfugiées. Selon une étude de la Commission libanaise dédiée aux femmes réfugiées, de très jeunes Syriennes sont mariées de gré ou de force par nécessité économique (afin de subvenir aux besoins des adolescentes ou de leurs familles) et par crainte des viols et des répercussions sociales et morales sur les familles. En dehors des communautés de réfugiés, près de 6% des femmes au Liban ayant entre 20 et 24 ans ont été par ailleurs mariées avant l’âge de 18 ans.

. Numerama - Sur Wikipedia, les sans pagEs rédigent des biographies de femmes
Depuis juillet 2016, le projet des sans pagEs contribue à féminiser Wikipedia. Sur les pages francophones de l’encyclopédie, ses contributrices et contributeurs rédigent des biographies de femmes. En 2016, on dénombrait 450 000 biographies consacrées à des figures masculines sur Wikipédia. Du côté des femmes, ce nombre tombait à 75 000. Pour rétablir l’équilibre, et faire connaître davantage de modèles féminins, différents projets voient le jour. Certains sont ponctuels, prenant par exemple la forme d’éditathons. D’autres initiatives s’enracinent dans le temps, à l’instar du projet des sans pagEs qui, depuis deux ans, ont écrit et actualisé plusieurs centaines de biographies de femmes sur l’encyclopédie en ligne. Natacha Rault, chargée de projet au Bureau de l’égalité de l’Université de Genève, est à l’origine de l’initiative. Elle nous renvoie en 2011, pour expliquer la genèse du projet sur le versant francophone de Wikipédia.

. La Presse - Médias masculins
Par un beau jour de 2017, Maria Edström, une ancienne reporter qui enseigne en journalisme à l’Université de Göteborg, en Suède, où elle a fait son doctorat, a eu une idée. Au lieu de tenir pour acquis que les femmes n’occupent pas une place égalitaire à la direction des grands groupes médias – pas juste les journaux et les télés et les radios, mais toutes les entreprises qui aujourd’hui produisent du contenu – , elle allait compter une par une les directrices, rédactrices en chef, présidentes et autres vice-présidentes qui décident au quotidien du contenu de nos nouvelles, nos jeux vidéo, nos films, nos réseaux sociaux, bref nos écrans. "Les médias sont bons pour demander à tout le monde : ‟Où sont les femmes ?”, explique-t-elle en entrevue vidéo à partir de Göteborg, où elle a rendu publique hier une nouvelle étude plutôt choc sur l’iniquité dans les directions des entreprises médiatiques. "Le problème, c’est que souvent, poursuit-elle, les médias ne se regardent pas eux-mêmes." Qu’a trouvé la chercheuse ? Que seulement 6% des chefs de direction sont des femmes. Que seulement 17% des postes de haute direction sont occupés par des femmes. Et que seulement 20% des membres des conseils d’administration sont des femmes.

. Le 360 - Traite des femmes : des Marocaines exploitées dans la pornographie en Espagne
Les autorités espagnoles continuent leur enquête judiciaire avec les membres d’un réseau de traite de femmes qui exploitait, à Melilla et dans le sud de l’Espagne, des femmes marocaines, dont des jeunes filles mineures, dans la prostitution et la production de matériel pornographique. La Guardia civil a procédé à plusieurs arrestations dès la première semaine du mois de février, après avoir collecté assez d’informations sur ce que la presse espagnole décrit comme étant "le réseau le plus dangereux de traite des blanches et d’esclavage à Melilla". Les investigations ont été menées dans la plus grande discrétion durant près d’une année, affirme Assabah. Dans le cadre de cette affaire, des dizaines de personnes ont été mises à la disposition de la justice. Parmi elles, des victimes marocaines qui ont subi le calvaire de l’exploitation, de l’intimidation et des agressions sexuelles. Les 5 membres du réseau, dont une femme, ont tous été arrêtés, souligne Assabah.

. Le Devoir - Sandra Perron seule au front, blessée au combat
Sandra Perron est devenue en 1992 la première femme des Forces armées canadiennes (FAC) à intégrer des unités de combat. Mais pendant sa carrière de treize ans, le sexisme rampant et la violence ont laissé des cicatrices indélébiles sur son âme et son corps. Récit d’une battante. Jamais Sandra Perron, capitaine des Forces armées déployée en Croatie et en Bosnie, n’aurait pensé que ses pires ennemis se trouveraient un jour du même côté de la ligne de front qu’elle. Au cours de sa carrière, elle sera violée, battue, humiliée par certains de ses collègues, et même harcelée par la police militaire, raconte-t-elle dans le récit de sa vie passée au sein des Forces armées canadiennes, intitulé Seule au front. Sandra Perron était seule au front quand elle a décidé, à la fin des années 1980, qu’elle rejoindrait les FAC pour réaliser son rêve d’intégrer un jour les unités de combat, tout particulièrement l’unité aéroportée. Ce qu’elle ignorait, c’est qu’elle resterait seule, pendant toutes ses années, à tenter de percer la bulle d’un monde d’hommes, réfractaire à la présence des femmes.

. TV5 - Mansplaining : quand un homme explique à une femme ce qu’elle sait déjà
Le terme "mansplaining", "mecsplication" en français ou "pénispliquer" au Québec, a déjà 10 ans. Il est apparu pour la première fois sur Internet en 2008, et n’a cessé de prendre de l’ampleur. L’expression vient d’ailleurs de faire son entrée dans l’Oxford English Dictionary, dictionnaire de référence pour la langue anglaise. Un néologisme récent pour décrire un phénomène qui ne date pas d’hier. Avant le "manspreading", il y avait déjà le "mansplaining". Le premier dénonce la manière dont certains hommes s’étalent un peu – beaucoup – trop dans les transports publics. ​Le deuxième, contraction de "man" et "explaining" en anglais (en français : "homme" et "explication"), caractérise l’attitude paternaliste qu’ont certains hommes à l’égard des femmes, persuadés d’être plus éclairés sur un sujet donné, qu’elles connaissent déjà, voire mieux qu’eux. Cela ne les empêche pas d’expliquer aux femmes ce qu’elles doivent dire, faire, penser.

<<<--- Lire les fils de presse précédents dans cette page, colonne de gauche.

Mis en ligne sur Sisyphe, mars 2018


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