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mercredi 1er mai 2019

Fil de presse, mai 2019

par Sisyphe






Écrits d'Élaine Audet



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Mise à jour quotidienne de liens vers des articles d’actualité et d’analyse sur les femmes, leurs droits, ce qui les intéresse. Ces articles proviennent de diverses sources médiatiques en ligne. Les faits rapportés et les opinions exprimées dans ces articles n’engagent que leurs auteur-es. On peut consulter les fils de presse des années et des mois précédents à gauche dans cette page.

Mai 2019

. La Voix de l’Est - Des sciences "sexistes" mais qui l’ignorent ?
Seulement 17% des étudiants au bac en informatique au Québec sont des femmes. C’est mieux qu’il y a 10 ou 12 ans, quand elles ne représentaient que 10% des inscriptions, mais c’est nettement moins que les 37% qu’elles étaient au milieu des années 80 (aux États-Unis, en tout cas). En physique, c’est 23%. En mathématiques, c’est autour de 40% au Québec, mais cela chute à 30% à la maîtrise et à 20% au doctorat — et il n’y a pas qu’ici que le problème perdure. Dans plusieurs génies (électrique, minier, informatique et mécanique en particulkier), on parle de 10 à 20% seulement. Cela fait pourtant au bas mot 20 ans sinon 30, il me semble, qu’on encourage les femmes à se diriger vers ces programmes. Alors qu’est-ce qui cloche, encore et toujours ? Plusieurs choses, ont répondu des chercheuses lors d’un colloque consacré à cette question, cette semaine au congrès de l’ACFAS. Je vous résume quelques points.

. The Conversation - Sexe et virginité : aux origines d’un fantasme masculin
Quelle est l’origine du tabou de la virginité féminine ? S’agit-il seulement de contrôler les naissances ou bien d’assouvir aussi, par la même occasion, un désir masculin de domination sexuelle ? Dans les sociétés patriarcales de l’Antiquité, la virginité est perçue comme une question essentiellement féminine. Au début du VIe siècle av. J.-C., le législateur Solon encourage les jeunes Athéniens à se rendre dans des bordels afin de se déniaiser, dès leurs premières pulsions adolescentes. Par contre, pour la femme "libre", c’est-à-dire fille et épouse de citoyen, il y avait un avant et un après : la perte de la virginité était illustrée par l’éclatement de l’hymen, cette membrane qui obstrue en partie l’entrée du vagin. La rupture de la membrane symbolisait la transformation de la fille vierge en une femme mariée dont l’horizon serait désormais la maternité. Cette valorisation de la virginité de la fiancée était motivée par le souci du mari d’authentifier sa descendance. Mais cette raison sociale n’est que la partie émergée du fantasme : l’explication vue comme normale, justifiant le contrôle des femmes, voire leur enfermement à l’intérieur du domicile du père puis de l’époux.

. Slate France - Avortement : au tour de la Louisiane de restreindre l’IVG
C’est désormais en Louisiane que la Chambre des représentants vient d’adopter une loi interdisant l’avortement dès lors que les premiers battements du cœur de l’embryon peuvent être repérés. Cela revient à interdire l’IVG au-delà de la sixième semaine de grossesse, moment où les battements de cœur commencent généralement à être décelables. Adopté à 79 pour et 23 contre dans une Chambre contrôlée par les républicains, le projet de loi a cependant été écrit par un sénateur démocrate et a reçu le soutien du gouverneur John Bel Edwards, autre démocrate candidat à la réélection en cette saison législative. Cette configuration est assez nouvelle, les opposants aux lois restrictives sur l’avortement trouvant habituellement leurs soutiens politiques chez les démocrates, depuis que leur parti avait adopté dans les années 1990 un slogan pour un avortement "sûr, légal et rare". C. Denise Marcelle, démocrate membre de la Chambre des représentants, a déclaré qu’"il devrait être inadmissible que nous restions assis ici à dicter quoi faire avec le corps d’une femme".

. La Presse - Avortements tardifs pratiqués aux É.-U : Québec veut "rapatrier les services"
Devant l’évolution du débat juridique sur l’avortement aux États-Unis, le gouvernement du premier ministre François Legault souhaite que toutes les femmes québécoises qui demandent une interruption de grossesse tardive puissent être traitées à l’avenir dans la province, quel que soit le motif de leur décision, plutôt que d’avoir à se rendre dans des cliniques spécialisées américaines. Le ministère de la Santé a confirmé hier à La Presse, sans préciser d’échéancier, que des travaux étaient en cours pour évaluer comment "ces services peuvent être rapatriés au Québec". Bon an, mal an, une vingtaine de femmes enceintes sont envoyées au sud de la frontière aux frais de l’État pour subir un avortement au-delà de 24 semaines de grossesse, faute de pouvoir trouver un établissement de santé local en mesure de le faire ou disposé à le faire. La démarche du Ministère survient alors que des élus conservateurs de nombreux États américains multiplient les projets de loi pour restreindre l’accès à l’avortement, voire l’interdire.

. Huffington Post France - En Argentine, la "marée verte" se poursuit en faveur de l’avortement
La légalisation de l’IVG en Argentine a échoué de justesse en 2018, mais les militantes argentines n’ont pas renoncé pour autant : une nouvelle proposition de loi a été déposée mardi 28 mai au Parlement. “Il ne s’agit pas seulement de reprendre l’offensive pour le droit à l’avortement, il s’agit de faire pression pour que chaque candidat se prononce clairement”, plaide Victoria Tesoriero, dirigeante de la “Campagne pour le droit à l’avortement”. Lors du dépôt de la proposition de loi, la députée de gauche Victoria Donda a dit qu’elle tablait sur un vote de la chambre des députés cette année. Bousculé par la campagne électorale, l’agenda parlementaire ne permettra probablement pas au Sénat de se prononcer en 2019. Mardi, plusieurs heures avant le dépôt du texte, des dizaine de milliers de jeunes femmes brandissant des foulards verts, signe de ralliement à la cause pro-IVG, se sont mobilisées devant le Congrès, comme le montre notre vidéo en tête d’article. C’est là que sera examinée la proposition présentée par 15 députés des principaux partis politiques.

. La Presse - Cinéma. Les femmes restent à l’arrière-plan
Les femmes sont-elles condamnées à rester dans l’ombre des hommes au cinéma québécois ? Chose certaine, les films d’ici peinent encore à faire une juste place aux personnages féminins, révèle une analyse des 20 films finalistes au prochain Gala Québec Cinéma. Oui, même en 2019, bon nombre de films ne présentent aucune scène où deux femmes discutent ensemble d’autre chose que d’un homme… Le cinéma québécois est-il plus paritaire que les autres ? Voilà l’une des questions qui ont décidé La Presse à faire passer le test de Bechdel aux 20 films en lice au Gala Québec Cinéma de dimanche. Pour réussir ce test, un film doit répondre à trois critères simples : présenter deux personnages féminins dont on connaît le nom, qui discutent ensemble d’autre chose que d’un homme. Le constat n’est pas reluisant : à peine 12 des 20 films finalistes passent le test, soit 60%. À titre de comparaison, 5 des 8 finalistes à l’Oscar du meilleur film ont réussi le test cette année, soit 62,5%, selon le site bechdeltest.com.

. TRADFEM - La prostitution est au cœur de l’oppression des femmes – alors pourquoi beaucoup de gens de gauche la défendent-ils ?
"Il est évident, du reste, qu’avec l’abolition du régime de production actuel, disparaîtra la communauté des femmes qui en découle, c’est-à-dire la prostitution officielle et non officielle." Il y a plus d’un siècle, Marx a compris que, sans abolir l’industrie de la prostitution, la pleine libération des femmes ne pourrait jamais être pleinement réalisée. Toute prise de pouvoir communiste a inclus, dans ses réformes gouvernementales, une suppression des autorisations légales à l’égard de la prostitution. Pourtant aujourd’hui, alors même que l’industrie capitaliste est vigoureusement (et à juste titre) dénoncée par la gauche, la prostitution est en train d’être redéfinie comme carrière d’"émancipation" pour les femmes. Celles et ceux d’entre nous, dont la politique est toujours ancrée dans une analyse de classe, se retrouvent rapidement qualifiés d’intolérant-es lorsque nous soulignons l’exploitation intrinsèque à ce commerce. Le racisme du commerce du sexe est documenté depuis longtemps – les prostitueurs se réfèrent généralement aux femmes des minorités ethniques en des termes les plus odieux.

. L’aut’journal - Le recours aux mères porteuses étudié à la lumière de la dignité humaine
Dans son essai éclairant intitulé Maternité dérobée – Mère porteuse et enfant sur commande, Maria De Koninck rappelle le contexte dans lequel le recours aux mères porteuses s’est accru au cours des dernières années, sur fond de mondialisation et de développement des technologies biomédicales. Mme De Koninck rappelle une vérité fondamentale qui semble oubliée : la maternité est un état, pas une activité. Or, tout dans le discours occulte ce fait. L’industrie aime bien parle de "gestation" pour banaliser la grossesse. "Il s’agit plutôt d’une expérience humaine, globale, relationnelle faisant appel au corps, à la tête et à tous les sens, donc d’une expérience significative dans une vie." Ce que le recours aux mères porteuses met en cause, c’est l’utilisation des femmes pour se reproduire. Comme le fait observer Maria De Koninck, "l’entente avec une mère porteuse la force à se mettre au service d’un projet qui n’est pas le sien. Elle est aliénée, une aliénation incompatible avec la dignité humaine". Personne ne parle non plus des liens qui se tissent entre la mère et son fœtus pendant la grossesse, que des études scientifiques récentes ont confirmés.

. L’Express L’Expansion - Des femmes managers, c’est tout bénéfice !
"Vous voulez faire grimper les bénéfices de votre entreprise ? Embauchez des femmes !" Voilà quel pourrait être le résumé d’un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), intitulé "Femmes d’affaires et femmes cadres : les arguments en faveur du changement", publié le 21 mai. Au terme d’une enquête dans 12 940 entreprises et 70 pays, les auteurs de l’étude ont croisé des données variées sur la place des femmes aux postes de direction et dans l’encadrement, et les résultats financiers des entreprises scrutées, dont 27% de multinationales. De cette étude il ressort que la féminisation des effectifs de cadres dans les entreprises, sensible depuis le début du siècle presque partout dans le monde, doit être considérée comme un ingrédient incontournable de la stratégie commerciale.

. PolySeSouvient - Adoption par le Sénat du projet de loi C-71 : Un pas significatif dans la bonne direction
Les survivant-es et les victimes associé-es aux pires fusillades du Canada saluent l’adoption par le Sénat du projet de loi C-71, la réforme de la Loi sur les armes à feu promise lors de la dernière campagne électorale par le Parti libéral. Selon Heidi Rathjen, diplômée de Polytechnique et coordonnatrice de PolySeSouvient, "bien que les mesures contenues dans le projet de loi C-71 soient directement liées au programme électoral des libéraux, la plupart des mesures sont nettement plus faibles que ce à quoi nous étions en droit de nous attendre d’un gouvernement majoritaire élu sur la base d’une promesse de renforcer le contrôle des armes, et plusieurs mesures comportent d’évidentes concessions au lobby des armes (...) Dans l’ensemble, il s’agit d’un pas significatif dans la bonne direction. Même si le résultat final est loin de ce que nous aurions espéré, le C-71 contient plusieurs mesures qui ne manqueront pas d’améliorer la sécurité publique."

. Le Devoir - Pourquoi le Sénat n’adopte-t-il pas le projet de loi C-337 ?
Le projet de loi C-337, également appelé "la Loi juste", vise le sommet du système de justice : les juges canadiens. S’il est adopté, ce projet de loi obligera tous les juges de nomination fédérale à suivre une formation complète sur le droit des victimes d’agression sexuelle et à expliquer leurs décisions. Il assurera en plus que l’Institut national de la magistrature fasse connaître à la population canadienne le nombre de juges qui ont suivi la formation chaque année. Dans les faits, le projet de loi C-337 contribuera à une plus grande sensibilité au genre dans le traitement de ces affaires. Ce projet de loi bénéficie de l’appui sans réserve de la Chambre des communes, mais il demeure bloqué par le Sénat. Il existe au Canada un grave problème issu du manque de formation au sein du système de justice, ce qui donne lieu à des préjugés ainsi qu’à une attitude parfois irrespectueuse envers les victimes.

. Radio-Canada - De Vancouver au Mali : comment des superaliments aident des agricultrices africaines
Une entreprise de Vancouver achemine des aliments agricoles africains riches en nutriments dans les épiceries du pays, tout en cherchant à améliorer la vie des agricultrices et de leur famille au Mali, en Afrique de l’Ouest. "En Afrique, ce n’est pas facile pour les femmes d’avoir une voix pour s’exprimer, car la plupart des choses appartiennent aux hommes", raconte Oumar Barou Togola, fondateur de l’entreprise Farafena, qui importe au Canada de la farine et des grains de fonio. La société alimentaire travaille en partenariat direct avec près de 1000 femmes de neuf villages différents, dont huit au Mali et un au Malawi. Les agricultrices sont rémunérées directement pour la culture, la récolte, la transformation, mais aussi la commercialisation de la nourriture qu’elles produisent. Cette initiative a permis à ces travailleuses de créer des microentreprises et de construire des maisons pour leur famille, mais aussi d’atteindre leur indépendance financière.

. The Conversation - Le sexisme en musique : avec ou sans conservateurs ?
Le rapport 2018 du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes commence sur ces chiffres : les femmes artistes représentent "[60%] des étudiant·e·s, [40%] des artistes effectivement actif·ve·s, [20%] des artistes aidé·e·s par des fonds publics, [20%] des artistes programmé·e·s". Comme les chiffres sont accablants, on aurait tort de se priver des alarmes qualitatives. Pour autant, celles-ci ne disent rien des problèmes de mentalités dénoncés par le manifeste "Femmes engagées des métiers de la musique" (FEMM) en avril 2019. Si le manifeste concerne surtout les musiques actuelles, le monde apparemment policé de la musique classique connaît aussi comportements déplacés, dissymétrie des processus promotionnels et sous-représentation des femmes au plus haut des hiérarchies symboliques. Les ouvrages se sont multipliés ces dernières années pour montrer les corrélats formels du masculinisme dans les musiques savantes.

. Radio-Canada - Une coalition pour l’inscription de la parité dans la réforme du mode de scrutin
Une coalition de plus d’une dizaine d’organisations telles que des centrales syndicales et des regroupements féministes exhorte le gouvernement de François Legault à profiter de la réforme du mode de scrutin pour enchâsser la parité dans la loi. En conférence de presse, dimanche, la vice-présidente du Mouvement démocratie nouvelle (MDN) et ancienne co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a réclamé des dispositions contraignantes pour assurer une représentation féminine durable à l’Assemblée nationale. Bien que 43% des sièges soient occupés par des femmes, Thérèse Mailloux, du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD), estime que "des reculs sont tout à fait possibles". Elles souhaitent que la parité et la diversité de la législature soient garanties par le projet de loi que la Coalition avenir Québec (CAQ) s’est engagée à déposer au plus tard ce 1er octobre.

. Le Soleil - L’anxiété chez les femmes : la faute à la biologie ou à la société ?
Que ce soit les troubles de panique, les phobies ou l’anxiété généralisée, les femmes sont environ deux fois plus nombreuses que les hommes à souffrir de troubles anxieux. Est-ce à cause de différences biologiques, comme les hormones, ou est-ce que les causes sont plus sociales ou culturelles ? Et une étudiante de l’UQAM, Maryse Arcand, pourrait bien avoir trouvé des éléments de réponse. "Les enfants sont socialisés très tôt pour incorporer des rôles et des attitudes conformes à leur genre. On s’attend par exemple à ce qu’une fille soit plus calme et plus sensible, et à ce que les garçons bougent plus, etc. Ces rôles de genre vont ensuite avoir un effet sur la façon dont on régule nos émotions", a expliqué Mme Arcand lors d’une présentation au 87e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), qui a lieu cette semaine à l’Université du Québec en Outaouais.

. Le Devoir - La météorologue de Radio-Canada Jocelyne Blouin s’est éteinte
Radio-Canada a annoncé lundi soir la mort de sa météorologue, Jocelyne Blouin. Mme Blouin est décédée d’un cancer à l’âge de 68 ans. La météorologue a oeuvré pour Radio-Canada pendant plus de 30 ans, soit de 1978 à 2011, année où elle a pris sa retraite. Bachelière en physique de l’Université du Québec à Montréal en 1973, Jocelyne Blouin a obtenu un certificat en météorologie au sein du même établissement universitaire. Elle a quitté Montréal l’année suivante pour travailler pour Environnement Canada, en Alberta. Lors de ses années dans l’Ouest, elle a donné des cours de météo aux scouts de mer, tout en participant à l’émission matinale de CHFA Radio-Canada, d’après le site web du diffuseur publique. Elle a également travaillé pour Environnement Canada dans la métropole québécoise entre 1976 et 1980. À sa retraite, Mme Blouin a cofondé MétéoGlobale. L’entreprise avait lancé une application établissant un lien entre la santé et la météo.

. The Conversation - S’émanciper par le sport, exploser les stéréotypes de genre
À quelques jours du début de la Coupe du monde féminine de football qui se tient en France à partir du 7 juin, il demeure important de poser la question non seulement des inégalités entre les femmes et les hommes dans le sport, mais aussi du rôle de levier que le sport peut incarner pour la liberté et l’émancipation des filles et des femmes dans l’ensemble des pays du monde. En France et en Europe, les voix contestant la légitimité des filles et des femmes à pratiquer un sport, amateur, professionnel, de loisir ou de haut niveau, sont de moins en moins nombreuses et, lorsqu’elles s’expriment, sont largement contestées. Cette légitimité des femmes n’est pas acquise en de nombreux points du globe, bien que l’accès au sport soit reconnu, notamment par l’Unesco, comme un droit fondamental des individus, quel que soit leur sexe. Dans beaucoup de pays ou régions du monde, les filles et les femmes sont confrontées à l’interdiction de donner à voir leur corps par la pratique et le jeu sportifs, de se mouvoir en dehors des gestes rendus nécessaires par la vie domestique, parentale, parfois économique, sans parler de faire de la compétition ou d’assister à des matches.

. La Presse - Le droit à l’avortement menacé au Canada ? Rien n’est acquis...
Les menaces au droit à l’avortement chez nos voisins du Sud peuvent-elles traverser la frontière et influencer la situation au Canada ? Non et oui. On ne peut oublier la période de 2006 à 2015 qui a été marquée par de très nombreux projets de loi et résolutions de toutes sortes présentés par des députés du Parti conservateur fédéral au pouvoir pour recriminaliser l’avortement. Rien n’est acquis. Les femmes le savent. Sur le plan législatif, le Canada est un modèle en matière de respect de l’autonomie procréative des femmes. Depuis 1988, avec la célèbre décision Morgentaler, aucune loi ne criminalise l’avortement. Il n’y a donc aucune limite législative temporelle pour accéder à ce soin de santé. Alors que le droit des femmes de disposer de leur corps est reconnu dans la Charte canadienne, la liberté de religion pourrait le menacer : l’objection de conscience des médecins. En faisant valoir leur objection de conscience en matière d’avortement, des médecins catholiques tentent de donner un statut juridique au fœtus, alors que la plus haute instance du pays a été claire sur le sujet dans l’arrêt Tremblay c. Daigle. Faut-il y voir une influence américaine ?

. Le Devoir - Pour Theresa May
Cette femme a été propulsée, presque par hasard, à la tête des conservateurs après la surprise (divine ou diabolique) du référendum sur le Brexit. Avec une obstination de lemming, elle a cherché de façon obsessionnelle à accomplir ce qui est vite devenu "mission impossible" : traduire dans les faits les résultats du 23 juin 2016. Depuis les premiers jours de cet été-là, les médias britanniques ont été à son endroit d’une cruauté jamais démentie. Theresa May était une biche jetée en pâture au "boys’club" du Parti conservateur britannique. Et qu’aujourd’hui ce soit Boris Johnson, le Donald Trump britannique, un expert en coups de poignard, qui s’annonce le mieux placé pour ramasser ce parti, voilà qui en dit long sur la brutalité masculine qui continue d’y régner. Theresa May est l’antithèse incarnée du populisme, maladie de la politique au XXIe siècle. Une politicienne qui dit ce qu’elle pense, fait ce qu’elle dit, et sans flatter le peuple. Mais comme pour Jacques Parizeau en son temps, les commentateurs soulignent la faiblesse tactique et l’inflexibilité plutôt que la droiture et l’honnêteté.

. Slate France - Sibyl, un film qui montre enfin les femmes dans toute leur complexité
Comme La Bataille de Solférino et Victoria, le troisième long-métrage de Justine Triet présenté à Cannes et sorti en salle le 24 mai, dresse le portrait d’une femme complexe et multidimensionnelle, comme on en a rarement vues au cinéma. Sibyl est à la fois sûre d’elle et pas du tout, point d’ancrage pour son entourage alors qu’elle-même menace de perdre pied. Aussi dépassées qu’elles soient par leur propre vie, les héroïnes de Justine Triet semblent toujours porter le monde à bout de bras. Cela peut paraître assez banal, mais voir un personnage féminin aussi riche est en fait révolutionnaire. Déjà, parce que les femmes, tout court, sont sous-représentées au cinéma : de nombreuses études montrent que la plupart des films ont un homme comme protagoniste principal, et que les personnages féminins ont beaucoup moins de répliques. Pour travailler, les actrices doivent souvent composer avec de petits rôles très caricaturaux ou sexistes, définis uniquement par leur physique ou leur relation à l’homme qui joue le rôle principal. Et dès la trentaine, elles sont considérées comme trop vieilles pour jouer la partenaire romantique d’un homme de 55 ans, comme l’avait déploré Maggie Gyllenhaal.

. France Inter - Un réseau de femmes pour héberger celles qui voyagent seules
Les femmes voyageant seules sont de plus en plus nombreuses. Toutefois, elles craignent d’aller chez l’habitant pour des raisons de sécurité. Pour elles, une baroudeuse a constitué une communauté de femmes qui s’engagent à les héberger gratuitement. Christina Boixiere a l’habitude des voyages en solo depuis 17 ans. Elle a eu l’idée de monter "la voyageuse", une plate forme d’hébergement comme le célèbre site américain Couchsurfing mais le sien est spécifiquement réservé aux femmes. Le site est conçu pour rassurer. Les profils et les adresses sont vérifiées à la différence d’autres sites. Ainsi lorsqu’une hébergeuse s’inscrit sur la plateforme, son identité est vérifiée, puis il y a un échange téléphonique afin de cerner son profil et connaitre ses motivations.

. La Presse - Cycle féministe à la Cinémathèque
Elles, féministes et indépendantes. Tel est le nom d’un cycle de huit films féministes qui seront présentés à la Cinémathèque québécoise (CQ) du 25 au 29 mai. À la base de ce cycle se trouve un partenariat conclu entre la CQ, l’Office national du film et le gouvernement du Québec ayant permis la restauration numérique de huit films tournés par des Québécoises. Le cycle s’amorcera le 25 mai avec Depuis que le monde est monde de Louise Dugal, Serge Giguère et Sylvie Van Brabant.

. Le Devoir - La Cour suprême veut mieux protéger les femmes autochtones victimes d’agression sexuelle
Parce que les femmes autochtones font encore l’objet de stéréotypes de la part du système judiciaire, la Cour suprême du Canada invite à l’avenir les juges présidant à des procès pour agressions sexuelles impliquant celles-ci à donner aux jurés une "directive expresse" pour contrecarrer ces préjugés. "J’estime que notre système de justice pénale et tous ceux qui y participent doivent prendre des mesures raisonnables pour s’attaquer de front aux partis pris, aux préjugés et aux stéréotypes systémiques dont sont victimes les Autochtones, et plus particulièrement les femmes et les travailleuses du sexe autochtones", écrit le juge Michael Moldaver dans le jugement R. c. Barton, rendu vendredi, qui ordonne la tenue d’un second procès pour un homme qui avait été acquitté d’avoir causé la mort d’une prostituée autochtone.

. La Presse - Fécondation in vitro : jusqu’où financer la procréation ?
Les coûteux traitements de fécondation in vitro (FIV) seront à nouveau couverts par l’État dès l’an prochain, vient d’annoncer la ministre de la Santé, Danielle McCann. À quel prix et pour qui ? C’est l’équilibre délicat que le gouvernement Legault devra trouver, sans quoi son programme risque de lui valoir plus d’insatisfaction que de reconnaissance. L’infertilité est un enjeu lourd d’émotions. Et c’est sur ce terrain, hélas, que le débat sur les traitements à couvrir a trop souvent été confiné. Il est donc heureux que la ministre ait abordé le dossier de façon posée, en promettant de s’inspirer des recommandations du Collège des médecins et de l’ex-Commissaire à la santé, et de se doter d’un nouveau comité d’experts.

. Slate France - À Cannes, les femmes de la compétition n’ont souvent que des lots de consolation
En soixante-douze ans, seule une femme a remporté la Palme d’or (et encore, elle a dû la partager). Plus le temps passe, et plus le manque d’inclusivité dans l’industrie culturelle (et toutes les industries, en fait) a du mal à passer. C’est aussi le cas au Festival de Cannes, où depuis quelques années, l’absence des femmes et des personnes racisées est de plus en plus remarquée par les médias et les collectifs. En 2018, lors de la précédente édition, quatre-vingt-deux femmes ont monté les marches en silence pour demander une plus grande inclusion dans la programmation. À l’issue de cette édition, et à l’initiative du collectif 50/50, Thierry Frémaux, délégué général du festival, a cosigné la charte pour la parité et la diversité dans les festivals de cinéma. Sur une vingtaine de films en lice pour la Palme, chaque année, on compte entre zéro et quatre réalisatrices en compétition. La sélection 2019 n’a pas battu le record, avec toujours quatre femmes cinéastes : Céline Sciamma, Justine Triet, Jessica Hausner et Mati Diop.

. France TV Info - "Little Miss Soccer", un documentaire sur les footballeuses du monde entier
C’est une première : du 7 juin au 7 juillet, la France accueillera la Coupe du monde de football féminin. Durant un mois, 24 équipes vont s’affronter dans les stades de 9 villes françaises. À cette occasion, deux anciennes footballeuses professionnelles ont écrit un livre "Little Miss Soccer", et réalisé une série documentaire du même nom, qui sera diffusée à partir du 6 juin sur la chaîne Planète.
Candice Prévost et Mélina Boetti sont parties à la rencontre de jeunes filles et de femmes qui pratiquent ce sport sur les pelouses de nombreux pays. "On a décidé de faire le tour du monde pour montrer le foot parce qu’on voulait que ce foot soit unificateur, en un seul mot, qu’on arrête de lui coller l’adjectif féminin ou masculin", explique Mélina Boetti.

. Le Devoir - Avortement : devoir de vigilance
La décision des élus de l’Alabama d’interdire l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste, a provoqué une onde de choc aux États-Unis. Depuis plus d’une semaine, les manifestations se succèdent pour tenter de contrer un mouvement dont le but ultime est d’amener la Cour suprême américaine à annuler l’arrêt Roe c. Wade qui a légalisé l’avortement en 1973. Peu importe où il est mené, ce genre de guérilla législative est un assaut contre la liberté de conscience des femmes et leur droit de l’exercer sans contrainte. En interdisant l’avortement ou en l’encadrant de façon si serrée qu’il devient impossible d’y avoir recours de façon sécuritaire, les opposants au libre choix utilisent le bras étatique pour imposer leurs principes religieux ou moraux à tous. Au Canada, aucune législature ne s’apprête à restreindre le droit à l’avortement, mais des politiciens en rêvent encore. Au fédéral, le moyen privilégié par ces derniers est la présentation de projets de loi de députés, ce qu’un chef peut fortement décourager ou laisser faire. Il ne faut pas oublier qu’il aurait suffi d’un seul vote au Sénat pour qu’en 1991 l’avortement soit de nouveau criminalisé au Canada.

. TRADFEM - Influencés par le porno, les acheteurs de sexe sont de plus en plus violents
La pauvreté est un moteur massif de la prostitution, tout comme la narcodépendance. Si les femmes n’entrent pas dans la prostitution à cause d’une dépendance, elles finissent souvent par abuser d’alcool et d’autres drogues pour y faire face. Pour beaucoup d’entre elles, il serait impossible de vendre du sexe à jeun. La violence conjugale et le contrôle coercitif sont des éléments centraux dans la vie de nombreuses femmes avec qui je travaille. Souvent, elles finissent par se prostituer parce que quelqu’un en qui elles avaient confiance – un copain, un ami, un membre de la famille – les a conditionnées ou contraintes à le faire. Les acheteurs ne doivent pas se faire d’illusions – les femmes les méprisent. Elles trouvent ces hommes ignobles. Elles ne veulent pas d’engagement sur le plan affectif avec eux, elles ne veulent ni les étreindre ni les embrasser. Il est inquiétant de constater que les hommes deviennent de plus en plus violents. Les acheteurs sont de plus en plus influencés par ce qu’ils voient dans la pornographie. Il y a toute une génération de consommateurs violents de pornographes pour qui la violence dans les rapports sexuels est la norme.

. Magazine 50/50 - L’Europe des femmes XVIIIe–XXIe siècle
L’ambition du livre : sortir les Européennes de l‘invisibilité, quelle que soit la sphère dans laquelle elles ont évolué : des artistes, des scientifiques, des militantes… par delà les frontières géographiques, par delà les frontières linguistiques. Les femmes dont les biographies paraissent dans l‘ouvrage collectif, coordonné par Julie Le Gac et Fabrice Virgili, sont originaires de toute l‘Europe et des extraits d‘un de leurs textes ou discours sont reproduits dans la langue originale. Le volume les regroupe en onze chapitres, commençant par la définition de “la femme” et la revendication du droit à l‘humanité, par Mary Wollstonecraft, droit qui leur est aussitôt contesté par Otto Weininger, un théoricien de l‘infériorité des femmes et des juifs dont l‘ouvrage Sexe et caractère, paru en 1903 en Autriche a eu un énorme succès et a été traduit dans de nombreuses langues. Ce sont ensuite les femmes politiques qui sont évoquées, ou celles qui auraient aimé le devenir comme Olympe de Gouges ou Hedwig Dohm.

. Jeune Afrique - Littérature : l’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal remporte le prix Orange du livre en Afrique
Pour sa première édition, le prix Orange du livre en Afrique a récompensé mercredi 22 mai "Munyal, les larmes de la patience" (éd. Proximité) de la Camerounaise Djaïli Amadou Amal. Avec ce troisième roman, après "Walaande, l’art de partager un mari" et "Mistiriijo la mangeuse d’âmes", l’écrivaine brise à nouveau les tabous en revisitant ses thèmes de prédilection : le mariage précoce et forcé, la polygamie et les droits des femmes. Ce livre retrace le destin de Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est quant à elle contrainte d’épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Safira, 35 ans, la première épouse d’Alhadji Issa, voit quant à elle d’un très mauvais œil l’arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu’elle veut voir répudiée. Lorsque chacune désire s’opposer aux décisions que les hommes, maris, pères ou oncles leur imposent, un seul conseil leur est donné : "Munyal", qui signifie patience. Cette vertu cardinale de la culture peule, enseignée dès le plus jeune âge et répétée lors du mariage, est une forme d’assignation à tout supporter, y compris les pires violences.

. Newswire - Le ministre Garneau annonce un investissement dans des entreprises dirigées par des femmes à Montréal
Le gouvernement du Canada investit 1 168 372 $ pour faciliter les projets d’expansion et d’exportation de 12 entreprises dirigées ou détenues par des femmes à Montréal et dans ses environs dans le cadre de sa toute première Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat, une initiative assortie d’une enveloppe de 2 milliards de dollars qui vise à doubler d’ici 2025 le nombre d’entreprises détenues par des femmes. Chacune de ces entreprises recevra un financement pouvant aller jusqu’à 100 000 $. Ces fonds les aideront à innover, à croître et à accéder à de nouveaux marchés. La Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat s’ajoute aux mesures prises par le gouvernement du Canada pour promouvoir l’égalité des sexes, notamment pour résoudre la question de l’équité salariale, réduire le coût des services de garde d’enfants et mettre fin à la violence fondée sur le sexe.

. La Presse - Inconduites sexuelles : peu d’améliorations dans les Forces armées
Les efforts déployés par les Forces armées canadiennes dans les dernières années pour empêcher les inconduites sexuelles n’ont pas donné les résultats voulus. Un sondage de Statistique Canada mené en 2018 démontre que les agressions sexuelles sont toujours aussi présentes qu’en 2016. En 2018, quelque 900 membres de la Force régulière ont déclaré avoir été victimes d’une agression sexuelle dans le cadre de leurs fonctions dans les 12 mois précédant le sondage. Il s’agit d’une légère baisse par rapport au sondage de 2016, qui représentait quelque 960 hommes et femmes. Les femmes dans l’armée sont quatre fois plus susceptibles d’avoir été agressées sexuellement que leurs collègues hommes. La grande majorité des incidents étaient des contacts sexuels non désirés.

. Le Journal de Montréal - Les six dates qui ont fait "le voile dit islamique"
D’aucuns veulent bien l’ériger en pilier de l’islam. Or, il y a cinq obligations religieuses dans l’islam, et le voile n’en fait pas partie. Pourquoi alors l’ériger en droit fondamental, assimilé à une liberté de religion ? Et qui a intérêt à en faire un droit fondamental ? Force est de constater que cette revendication de voile comme obligation religieuse est portée par des groupes salafistes, wahhabites et djihadistes qui sont dans une lutte sans merci avec l’Occident, ses symboles et ses valeurs. C’est une obsession maladive qui remonte aux idéologues du wahhabisme et du salafisme. Ceux et celles qui défendent le voile comme droit individuel assimilé à la liberté de religion gagneraient à lire ces "grands savants de l’apocalypse" pour savoir qui sont leurs alliés stratégiques dans ce combat d’arrière-garde. Défendre les droits de la personne, j’en suis. Mais peut-on rester scotché au "libre choix" sans remettre en question le bien-fondé de ce que l’on défend ? Peut-on fermer les yeux sur les impacts de ce djihad juridique sur les droits des femmes ?

. Marianne - "En Afrique c’est d’abord l’homme. La femme, elle suit" : à Abidjan, les femmes orchestrent le FEMUA
Initié par le leader du groupe Magic System en 2008, le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo a consacré le mois dernier sa 12e édition au thème du genre et du développement. Le statut de la femme fut au centre des débats et de la scène dans la capitale ivoirienne. Le thème du genre et du développement était inscrit au programme de ce FEMUA, marrainé par la Première dame de la Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara. Une question d’actualité et de fond, mise à l’honneur tant dans la programmation artistique du festival – la parité entre têtes d’affiche féminines et masculines était respectée – que dans les conférences organisées au sein d’un Carrefour Jeunesse. Corrélatif aux concerts nocturnes, cet espace de parole a combiné en journée information et débat, rassemblé jeunes et experts, instances gouvernementale, onusienne et civile deux jours durant. Inégalités de salaires, accès limité à l’éducation et aux postes à responsabilité, violences domestiques et harcèlement moral au travail, le bilan des discriminations faites aux femmes dans le monde a été passé au crible. Il est lourd.

. Têtu - Sexisme : lettre ouverte à nos camarades militants gays
Nous souhaitons par cette tribune faire part d’un ras le bol. Le ras le bol du sexisme et de la misogynie ordinaires régnant dans le milieu LGBT, autant que dans notre société en général. Être une femme dans le milieu LGBT c’est être confrontée à une double peine. Loin de nous l’idée de hiérarchiser les minorités mais force est de constater que notre double discrimination, femme et homosexuelle, ne semble pas véritablement être intégrée par un certain nombre de gays, malgré quelques discours de façade ! À notre combat pour les droits des personnes LGBT s’ajoute aujourd’hui le besoin de défendre nos droits comme femmes au sein même de notre communauté. Refoulées par un physio car "trop féminines" (sic), démission d’adhérents "ne voulant pas être dirigés par une femme" (re sic), brimades, paroles coupées, blagues graveleuses, nous avons toutes assisté à ou vécu des scènes ahurissantes nous rappelant qu’au-delà d’être gays vous êtes des hommes avant tout. Alors que les femmes s’émancipent, que le monde semble prendre conscience et la mesure du phénomène "me too", la communauté gay n’a pas, dans son ensemble, remis en question les comportements virilistes du machisme et de l’avidité du pouvoir et de reconnaissance. En ce sens elle reproduit les comportements conscients ou inconscients de ses homologues hétérosexuels.

. Le Devoir - Les enfants que nous voulons
"Les femmes ne sont pas nées pour se soumettre. Nous aurons les enfants que nous voulons", disait un célèbre slogan. Devenir maîtresse de son propre destin passait, et passe encore, par décider soi-même quand et comment faire des enfants. Les femmes, depuis toujours, sont contraintes par leur fonction biologique. La maternité et la vulnérabilité physique ont toujours servi de prétexte à l’inégalité hommes-femmes ; à refuser aux femmes les mêmes droits et à les enfermer à la maison pour s’occuper de la vie familiale. En vue du prodigieux recul qui se déroule actuellement aux États-Unis, il est important de rappeler que l’accès à l’avortement n’a jamais été une revendication comme une autre. Tout l’édifice de l’émancipation féminine repose sur le fait que les femmes n’ont plus, depuis quelques décennies seulement, l’obligation de faire des enfants.

. Le Soleil - Détresse suicidaire chez les aidantes naturelles
Les aidants naturels vivent de la détresse, c’est bien connu, en particulier ceux qui aident un proche ayant des troubles cognitifs. Ce qui est moins connu, c’est que certains de ces aidants finissent par songer au suicide.C’est une doctorante de 4e année en psychologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Audrey Teasdale-Dubé, qui a eu l’idée de se pencher sur la question. Ce sujet d’étude, une première pour le Canada, lui est venu lorsqu’elle a travaillé pour la ligne d’écoute de Prévention Suicide. "Beaucoup de personnes âgées appelaient", dit-elle. Mme Teasdale-Dubé présentera les conclusions de sa thèse dans le cadre du 87e congrès de l’ACFAS qui se déroulera du 27 au 31 mai à Gatineau.

. La Presse - Faut-il juger Simone de Beauvoir ?
Doit-on juger la vie privée de Simone de Beauvoir à la lumière du mouvement #metoo ? La publication d’un fascicule Que sais-je ? consacré à l’auteure du Deuxième sexe est l’occasion de poser la question. "Dans ce genre d’ouvrage, il s’agit d’abord de synthétiser la pensée et l’œuvre de la personne, explique le professeur de français spécialisé en littérature du XXe siècle à l’Université de Clemson, en Caroline du Sud. Bien sûr, il faut considérer le milieu dans lequel Beauvoir a évolué, un milieu catholique et bourgeois duquel elle a cherché à s’émanciper. La liberté à conquérir est au cœur de sa pensée." "On est à une ère où on veut déboulonner les héros, observe la sociologue Sandrine Ricci. C’est toujours compliqué de revisiter le passé à la lumière de nos schémas actuels. Ça ne veut pas dire qu’on ne doit pas le faire, mais on peut se demander qui a intérêt à déboulonner Simone de Beauvoir.Moi, mon malaise vient surtout de qui en parle. Je veux bien discuter de la vie de Simone de Beauvoir, et personne n’a jamais dit qu’elle et Sartre étaient parfaits, mais je veux en parler avec des gens rigoureux. Je me méfie des agendas antiféministes cachés."

. ActuaLitté - Susan Sontag, véritable auteure du livre phare de son mari
Une biographie en anglais de l’auteure à paraître au mois de septembre explique que Susan Sontag est la véritable auteure de Freud : The Mind of the Moralist. Jusqu’à aujourd’hui, le livre porte la signature de Philip Rieff, son mari de 1951 à 1958. On savait certes le rôle qu’elle avait eue dans la préparation du livre, il s’avère désormais qu’elle en aurait assuré l’intégralité de l’écriture. Benjamin Moser, l’auteur de cette nouvelle biographie, a mené une enquête très fouillée pour établir les faits avec certitude. Moser est certain que c’est Susan Sontag qui a rédigé le livre, en plus de l’important travail de recherche qu’elle a mené pour en constituer le contenu. Étudiante brillante et précoce (elle termine le lycée à 15 ans avant d’intégrer les rangs de l’université), Susan Sontag a donc écrit le livre qui allait lancer la carrière de son mari… Pourquoi la vérité est-elle restée cachée ? C’est là que l’on bascule de l’injuste au tragique.

. Le Devoir - Des salauds manifestes
Christine Bard enseigne l’histoire contemporaine à l’Université d’Angers. Spécialiste de l’histoire des femmes, elle a notamment codirigé le Dictionnaire des féministes (2017). Elle vient de faire paraître Antiféminismes et masculinismes d’hier à aujourd’hui en collaboration avec ses collègues de l’UQAM Mélissa Blais et Francis Dupuis-Déri. comme vous l’écrivez en présentation, l’antiféminisme est beaucoup moins étudié que le féminisme. Comment expliquez-vous ce paradoxe ? Il y a évidemment plus de plaisir à travailler sur les féminismes, les femmes rebelles et les progrès qui découlent de ces pensées et de ces actions. Les chercheuses et les chercheurs (plus rares) se reconnaissent dans les luttes du passé pour l’égalité des sexes. Avec les antiféministes, il y a plutôt un effet repoussoir. Les discours de haine ne sont pas très agréables à étudier. Creuser les moments où ils se banalisent et provoquent des passages à l’acte comme dans les années 1930 et 1940, c’est pour le moins déprimant. Mais il n’y a pas de sujet tabou et nous avons un devoir de lucidité. De plus, l’histoire de l’antiféminisme éclaire l’histoire du féminisme en montrant à quelles résistances les féministes ont toujours dû faire face.

. Le Nouvel Observateur - Coupe du monde féminine de foot : "Non à l’apartheid sexiste en Iran et en Arabie saoudite.
Dans de nombreux pays du monde, les femmes ont un accès limité à l’exercice du sport. Mais dans certains pays, comme l’Iran ou l’Arabie saoudite, il leur est tout simplement interdit de pratiquer la discipline qui leur convient. C’est une forme d’apartheid. Dans ces deux pays, malgré la répression, des résistances se manifestent. Il faut encore se couvrir de la tête aux pieds pour pratiquer son sport. Fait scandaleux : la participation de ces deux pays aux compétitions internationales est conditionnée à la non-mixité des lieux et compétitions. Les sportives qui contreviennent à ces règles se retrouvent poursuivies, harcelées. Hélas, les pays occidentaux, sous la pression islamiste, acceptent d’accommoder les règlements internationaux à ces pratiques honteuses. Exemple : la levée de l’interdiction du port du hijab fait débat actuellement entre les fédérations internationales et nationales, en fonction des intérêts financiers des uns et des autres. Signez la pétition "Sport : liberté pour les femmes".

. Le Conseil des femmes francophones de Belgique - L’égalité de genre, un impératif dans la législature 2019-2024 !
Les associations de femmes veulent des gouvernements et des parlements qui placent l’égalité au sommet des priorités politiques. À l’occasion des élections du 26 mai 2019, le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB), ella vzw, Furia, le Lobby européen des Femmes, la Marche Mondiale des Femmes (MMF), Synergie Wallonie et le Vrouwenraad proposent quatre recommandations prioritaires pour que l’égalité de genre devienne une réalité dans la législature 2019-2024. Un conseil des ministres fédéraux dans lequel les femmes sont aujourd’hui largement sous-représentées, des victimes de violence sexuelles qui n’obtiendront jamais justice, de nombreuses femmes survivant avec une pension de retraite trop faible, des pères devant faire face à des résistances lorsqu’ils veulent prendre du temps pour leur(s) enfant(s)… L’égalité de genre fait partie intégrante d’une société durable.

. Le Devoir - "Maternité dérobée" : plaidoyer contre les mères porteuses
Alors qu’au Québec, des spécialistes du droit de la famille recommandent d’encadrer la pratique et qu’à Ottawa, un député milite pour sa rétribution, la sociologue Maria De Koninck fait son lit : la pratique des mères porteuses devrait être interdite, dans toutes ses déclinaisons. Parce qu’elle instrumentalise le corps de la femme, chosifie l’enfant à naître et porte ainsi atteinte à la dignité humaine. "La sociologue cite une étude internationale publiée en 2016 démontrant que le cerveau des femmes subit une modification durable pendant une grossesse. Une grossesse est donc un "état" — physiologique, psychologique, émotif — et non une "activité" qui ne laisse aucune trace une fois terminée, neuf mois plus tard, postule-t-elle. La sociologue s’en prend au passage aux couples gais, qui constituent un important contingent de couples commanditaires. Elle déplore qu’ils n’acceptent pas leur condition d’"infertilité sociale" et se croient autorisés à tous les moyens pour réaliser leur rêve parental au nom du "droit à l’enfant", qu’elle juge fumeux.

. Slate France - "Que Sea Ley", quand l’Argentine se révolte pour accéder à l’IVG
Présenté ce week-end en séance spéciale dans le cadre du 72e Festival de Cannes, "Que Sea Ley" (qu’on peut traduire par "Que la loi soit !") s’ouvre sur deux statistiques qui font froid dans le dos. Premier chiffre avancé : sur les 320 millions de femmes qui vivent en Amérique Latine, seules 8% peuvent faire interrompre légalement leur grossesse. Le documentaire réalisé par Juan Solanas enchaîne vite sur un deuxième chiffre, comme une seconde gifle : en Argentine, chaque semaine, une femme meurt des suites d’un avortement clandestin. Un chiffre confirmé par de nombreuses sources : le nombre d’IVG pratiquées clandestinement chaque année en Argentine est d’environ 400 000. "Que Sea Ley" s’articule autour de deux dates importantes. Le 13 juin 2018, les député·es approuvaient le projet de loi visant à permettre un accès "libre, sûr et gratuit" à l’interruption volontaire de grossesse. Durant les échanges, un million de personnes faisaient du bruit dans la rue pour exprimer leur désir de progressisme et de sécurité. Quelques semaines plus tard, le 8 août, c’était au tour du Sénat argentin d’examiner le projet. Ce jour-là, un deuxième million d’Argentin·es avaient rejoint le premier pour manifester, sentant que les choses pouvaient enfin changer.

. Huffington Post Québec - Cannes : mobilisation de femmes pour défendre l’avortement
L’équipe du film de Juan Solanas et des militantes des droits des femmes ont gravi les marches du Palais des festivals, un foulard vert à la main, l’emblème de la lutte pour la légalisation de l’avortement qui a embrasé l’Argentine en 2018. Elles ont également brandi une banderole en espagnol réclamant le droit à l’avortement “sûr et gratuit”. Une de ces manifestantes était entièrement parée de vert, avec une robe sur laquelle était brodé “légalisation. avortement”. D’autres personnalités devaient se joindre à ce mouvement : les actrices Charlotte Gainsbourg, Julie Gayet, Rossi de Palma, Zabou Breitmann, les réalisateurs Claire Denis et Eric Caravaca, parmi d’autres, ont annoncé qu’ils porteraient aux aussi le foulard vert en montant les marches du Palais des festivals.

. TV5 Monde - L’égalité femmes-hommes, grande cause mondiale : le prochain G7 sera-t-il féministe ?
Et si on mettait en commun toutes les lois existantes pour les droits des femmes dans le monde, en sélectionnant celles qui fonctionnent pour en tirer un modèle ? Voilà la mission du Conseil consultatif à l’égalité femmes-hommes dont les recommandations seront au menu du G7, fin août à Biarritz, dans tout juste 100 jours. Premier acte de la "diplomatie féministe", concept porté par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes. "Faire de l’égalité femmes-hommes une grande cause mondiale", voilà donc l’ambition de la France, qui a rallié à cette cause les membres du G7 femmes, réuni le 10 mai dernier à Paris. Deuxième G7 "féminin" du genre après le premier initié l’an dernier par le Canada et son Premier ministre Justin Trudeau, qui présidait alors l’instance. Autour de la table : les ministres chargés de ces questions dans les sept pays membres : Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni. Ils sont rejoints par les représentants de 6 autres pays : Argentine, Burkina-Faso, Nouvelle-Zélande, Norvège, Rwanda, Tunisie. Au menu, plusieurs axes : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l’accès à l’éducation des filles et l’émancipation économique des femmes.

. Le Journal de Montréal - Commission de la jeunesse : Régine Laurent accepte l’offre du gouvernement Legault
L’ancienne présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) Régine Laurent a accepté de présider la commission spéciale sur la protection de la jeunesse instituée par le gouvernement Legault. La création de cette commission a été annoncée après le drame de Granby, dans lequel une fillette de 7 ans aurait été victime de négligence parentale. L’enfant est décédé. "Je suis très fier d’annoncer que Régine Laurent a accepté le mandat de présider la future commission spéciale qui se penchera sur la protection de nos jeunes. Régine Laurent est une femme exceptionnelle et de cœur, au parcours inspirant", a fait savoir le premier ministre sur Twitter. La commission spéciale sur la protection de la jeunesse présidée par Régine Laurent devrait s’engager dans des travaux de 12 à 18 mois, et devrait compter une douzaine de membres, dont deux vice-présidents, quatre représentants des partis politiques et d’autres commissaires.

. Le Devoir - Sweet home Alabama
Le corps des femmes est un champ de bataille. Un espace politique qui ne leur appartient pas. Et l’Alabama est devenu le point zéro de ce qu’Andrea Dworkin avait nommé en 1989 la "guerre contre les femmes". L’activisme des mouvements "pro-vie" a toujours été protéiforme. Mais au cours de la dernière décennie, les groupes pro-vie ont cherché à mettre en place un véritable maillage législatif afin d’éviscérer lentement la pratique de l’avortement. Ainsi, depuis le début de l’année 2019, en moins de temps qu’il n’en faut à un fœtus pour être viable, plus de 350 mesures anti-avortement ont été soumises aux législatures aux États-Unis. Si elles sont adoptées, elles s’ajouteront aux 424 mises en place depuis 2011. C’est dans cet esprit que l’Alabama vient d’adopter une loi qui prohibe l’avortement, simplement. 14 lois l’interdisent au total dans les faits aux États-Unis. Ce durcissement s’inscrit dans un contexte où la stratégie des groupes pro-vie a gagné en intensité et s’est judiciarisée. Ce mouvement s’appuie sur la présence de juges conservateurs dans le circuit fédéral. Lire sur le même sujet : Les droits des femmes ne sont jamais acquis. ET Le Missouri, nouvel État américain à adopter une loi restrictive sur l’avortement.

. POSITIVR - ’Request a Scientist’ : l’outil pour promouvoir les femmes scientifiques
Une banque de données qui référence plus de 9000 femmes scientifiques. Nul besoin d’être un expert pour le constater : dans le milieu des sciences, les femmes sont largement sous-représentées. Pour y remédier, deux américaines ont créé une banque de données de femmes expertes et spécialistes prêtes à prendre la parole en public dans les universités, les conférences ou les médias. Elles en avaient ras-le-bol de toujours regarder les mêmes "manels" (mot composé de "man" et de "panel") perchés sur l’estrade lors de conférences, et de ne voir que des scientifiques masculins cités en tant qu’experts. C’est pourquoi, en 2016, Jane Zelikova, une écologiste basée au Colorado et Kelly Ramirez-Donders, une écologiste microbienne et chercheuse, ont fondé le groupe 500 femmes scientifiques.

. Le Monde - Une Sud-Africaine devient la première femme noire du continent à avoir conquis l’Everest
Une cheffe d’entreprise sud-africaine a réussi jeudi 16 mai l’ascension du mont Everest et est devenue ainsi, selon les organisateurs de son expédition, la première femme africaine noire à poser le pied sur le toit du monde. Saray Khumalo, 47 ans, a atteint le sommet de l’Himalaya, haut de 8 848 mètres, après avoir échoué lors de trois tentatives les années précédentes. Le département népalais du tourisme a confirmé que l’alpiniste était parvenue au sommet, sans préciser s’il s’agissait de la première Africaine noire à réussir cet exploit. L’alpiniste utilise la publicité de ses expéditions pour lever des fonds qui servent à financer des bibliothèques pour les enfants. En 2017, la Sud-Africaine avait dû renoncer à quelques mètres du sommet à cause de forts vents et d’engelures. Deux ans plus tôt, son expédition avait été annulée après le grand tremblement de terre qui avait secoué le Népal.

. Radio-Canada - Les consultations sur la laïcité terminées, la CAQ promet une loi en juin
Chose promise, chose due : le gouvernement a écouté les 36 groupes et individus qui sont venus présenter leurs arguments devant la Commission des institutions dans le cadre des consultations sur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. La division et des positions campées de part et d’autre ont été constatées. La CAQ promet maintenant d’adopter la loi d’ici à la fin des travaux parlementaires, le 14 juin. C’était donc la dernière de six journées de consultations particulières, jeudi, et, pour l’occasion, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et la Ligue des droits et libertés ont dénoncé le projet de loi du gouvernement. Dernier groupe à témoigner, le Rassemblement pour la laïcité a dit au gouvernement qu’il n’allait pas assez loin. "Le Rassemblement pour la laïcité recommande que cette obligation de neutralité soit étendue à tout le personnel de l’école, des services de garde aux services spécialisés, et ce, dans un souci de cohérence", a d’abord déclaré Claude Kamal Codsi, co-coordonnateur de l’organisme. Surtout, le Rassemblement pour la laïcité souhaite une pièce législative plus musclée et qui inclurait les garderies et les écoles privées.

. Huffington Post Québec - Une ex-préposée aux bénéficiaires témoigne de la dureté du métier
Une ancienne préposée aux bénéficiaires lance un cri du coeur afin de mettre en lumière la violence souvent subie par les employés des CHSLD. Mélanie Beaudry sait de quoi elle parle pour avoir été sauvagement agressée, en 2017, dans un CHSLD de la Côte-Nord, par un homme qui refusait de prendre son bain. Du même coup, elle fait valoir son admiration pour ceux et celles qui exercent ce métier qu’elle a malheureusement dû abandonner. "En entrant dans la salle de bain, j’ai commencé à le déshabiller et quand je suis venue pour lui enlever ses pantalons, il est devenu agressif. Je n’ai pas eu le temps de lui dire que c’était correct et qu’il n’y aurait pas de bain, qu’il m’a poussée contre le mur. Il a ensuite mis une main à ma gorge et avec l’autre main, il m’a rouée de coups de poing au visage. Il pesait très fort sur ma mâchoire. Je lui disais de me lâcher, que j’avais mal. Il me répondait qu’il allait me tuer."

. Magazine 50/50 - Dieu existe, son nom est Pétrunya, un film de Teona Strugar Mitevska
Ce film étonne tant il résume parfaitement, de façon symbolique, le combat d’une femme contre l’ordre patriarcal. L’histoire inspirée d’un fait divers se passe en Macédoine où une jeune fille marginale et atypique décide de plonger pour récupérer une croix sacrée dans la rivière locale. D’après la tradition, seuls les jeunes gens sont habilités à le faire, le pope de la communauté orthodoxe, après un rituel et une prière, jette cette croix dans l’eau et exhorte les jeunes gens à la récupérer : le premier à l’attraper aura les honneurs de la congrégation. Bonheur et prospérité lui seront promis. Ce jour-là, c’est Pétrunya, qui après avoir essuyé un énième refus d’être embauchée et s’être fait maltraitée, décide soudainement de se jeter à l’eau, récupère la croix. Nul bonheur ou prospérité pour elle. Les jeunes gens la traitent immédiatement de voleuse mais elle a été filmée et nul ne peut contester sa victoire. L’histoire prend de l’épaisseur quand Pétrunya est embarquée au commissariat. On franchit avec elle toutes les étapes de la résistance du patriarcat à admettre la victoire d’une femme.

. Loop Haiti - Canada : une Haïtienne parmi 100 femmes noires à suivre en 2019
Journaliste et reporter pour Téléjournal Ontario, Francesca Mérentié Cinéas, arrivée au Canada après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, est classée parmi les 100 femmes noires à suivre en 2019 au Canada. Le prix "Top 100 black women To watch in Canada", créé par la plateforme "Canadian Black International Event", récompense des femmes qui ont marqué leur génération par la qualité de leur travail et leur talent. Ancienne animatrice d’émission à radio Ibo, en Haiti, comédienne et reporter-rédacteur, Francesca Mérentié Cinéas a d’abord travaillé à la Télévision Franco-ontarienne, de 2013 à 2018, en tant qu’animatrice d’émission destinée aux jeunes de 9 à 12 ans, avant de rejoindre, en octobre 2018, la salle des nouvelles de radio-Canada où elle présente la météo.

. La Presse - Laïcité. Comme un vent de liberté
Dans bien des pays arabes et musulmans comme la Tunisie, l’Égypte, la Syrie ou la Turquie, les décennies 1950-1960 représentent une période de grande libération sociale, culturelle, littéraire et artistique. Cette période réformiste et moderniste a pris fin avec la révolution khomeyniste de mouvance intégriste en Iran et le retour en force de l’organisation des Frères musulmans d’Égypte. C’est dans cette mouvance, qui s’oppose farouchement à toute forme de liberté, que le voile islamique s’est imposé dans la société. Jamais je n’ai entendu parler du voile comme d’une liberté. C’était plutôt une obligation accompagnée d’une série d’interdictions. Quelle ironie que ce soit maintenant la prétendue liberté de porter le voile qui soit avancée, au Québec, comme argument suprême pour contrer le projet de loi sur la laïcité de l’État ! Si les opposants au projet de loi 21 (PL 21) s’inquiétaient de la liberté, ils se soucieraient davantage du conditionnement exercé sur des enfants emprisonnés dans des cadres religieux contraignants.

. Le Journal de Montréal - Pourquoi je suis pour la laïcité
Je viens du Maroc, un pays où l’islam est religion d’État. J’ai grandi dans la première ville musulmane à y avoir été fondée, au 7e siècle, par un descendant du prophète Mahomet. À l’école coranique que j’ai fréquentée, jamais mon imam ne m’avait demandé de mettre un foulard, et encore moins ne m’avait enseigné que c’était une obligation religieuse. C’est parce que la liberté de religion est une valeur fondamentale qu’il faut la protéger contre les assauts des extrémistes qui cherchent à la pervertir pour imposer leur programme politique. Quel ne fut pas mon choc quand j’ai découvert, au Québec et au Canada, dès le milieu des années 1970, un islam vindicatif, vociférant la haine à l’égard des mécréants, juifs, chrétiens et surtout musulmans laïcs. Un islam où tous les interdits sont imposés aux femmes et tous les droits accordés aux hommes. C’est ici aussi que j’ai appris que la musique et la mixité hommes-femmes étaient haram (interdites). Je me suis intéressée, très tôt, aux phénomènes religieux parce que les religions s’intéressent aux femmes et qu’elles sont porteuses de courants radicaux qui menacent leurs droits.

. Le Soleil - L’Alabama adopte la loi antiavortement la plus stricte des États-Unis
Les républicains du sud des États-Unis ont lancé une grande offensive contre le droit à l’avortement avec l’objectif affiché de faire revenir le sujet à la Cour suprême, à l’image de l’Alabama qui a adopté une loi très restrictive sur l’avortement, provoquant un tollé chez les démocrates. Le texte, voté mardi soir par le Sénat de l’Alabama à une large majorité, est le plus répressif du pays. Il interdit la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d’inceste ou de viol et prévoit une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins pratiquant un avortement, sauf en cas d’urgence vitale pour la mère ou d’"anomalie létale" du fœtus. Côté démocrate, la majorité des candidats à l’investiture pour la présidentielle de 2020 ont dénoncé une atteinte au droit des femmes à disposer de leur corps, ainsi qu’une attaque contre l’arrêt de la Cour suprême Roe v. Wade, qui a légalisé l’avortement en 1973 dans tous les États-Unis.

. À l’encontre - Brésil. Le mouvement féministe au premier rang de l’opposition à Bolsonaro
Cette année, le Carnaval de Rio a été le lieu choisi par le puissant mouvement féministe brésilien en pleine expansion afin d’appeler à l’action contre ce qui est clairement une attaque totale contre les droits des femmes et des genres au Brésil. Début mars 2019, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, quelque 50’000 femmes ont participé à une marche à São Paulo, 50’000 autres à Rio de Janeiro et des milliers d’autres à des plus petits rassemblements dans tout le pays. Quelques jours plus tard, les femmes ont organisé plus de 50 manifestations de résistance pour marquer le premier anniversaire de l’assassinat d’une militante des droits humains et membre du conseil municipal de Rio, Marielle Franco [assassinée par des miliciens liés au pouvoir le 14 mars 2018]. Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une campagne qui dure depuis un certain temps, mais qui s’est renforcée depuis la campagne électorale de l’année dernière qui a conduit Jair Bolsonaro, un homme politique misogyne, raciste et de droite, à la présidence du pays. Il n’est pas surprenant qu’en ces temps difficiles, le Brésil connaisse une épidémie de féminicides. Rien qu’entre janvier et mars de cette année 2019, 435 cas ont été enregistrés.

. Radio-Canada - Denis Mukwege, "l’homme qui répare les femmes"
Le Congolais Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, est un mélange de mère Teresa et de Nelson Mandela. Il soigne les rejetées de la société et se bat pour qu’on cesse de violer les corps et les droits des femmes. Nous l’avons rencontré dans son hôpital, à Bukavu. Depuis qu’on a failli le tuer, en 2012, le gynécologue Denis Mukwege vit dans un petit pavillon de l’hôpital de Panzi, sous la surveillance constante de gardes du corps et de Casques bleus de l’ONU. Le matin de notre rencontre, le gynécologue vient de passer une partie de la nuit à opérer. Le docteur Mukwege explique que le viol est une arme de guerre parce qu’il détruit la famille, qui est le socle, le ciment de la société congolaise. Les viols collectifs détruisent le tissu social qui lie une communauté. "Chez la plupart des personnes que nous soignons, il y a une dislocation familiale, les communautés se disloquent, les gens n’ont plus la capacité de se regarder droit dans les yeux." Pour le gynécologue, il est tout aussi important de soigner les âmes que les corps.

. Radio-Canada - Les convictions religieuses des élèves avant celles des enseignants, dit Guy Rocher
Il faut revenir au "principe fondateur de la déconfessionnalisation" de l’éducation, soit "le respect des convictions religieuses des élèves, des étudiants, des parents", a estimé le sociologue Guy Rocher, mardi, à Québec, lors des consultations particulières sur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Celles-ci en sont à leur deuxième semaine. M. Rocher, qui a été membre de la commission Parent et qui a contribué à la rédaction de la loi 101, est en faveur du projet de loi 21. "Il s’inscrit à mon avis dans l’histoire des 50 dernières années du Québec, c’est-à-dire une histoire où le principe que l’on a respecté, c’est le respect des convictions des étudiants, des élèves et des parents. Et ce que je constate, c’est que, depuis quelques années, on renverse la chose", a déclaré le professeur de l’Université de Montréal aux journalistes avant le début des consultations. C’est aussi ce qu’il a défendu devant les membres de la Commission des institutions. "On veut accorder priorité aux convictions religieuses des enseignants. Je suis absolument opposé à ce virage à 180 degrés qui, pour moi, est très grave. […] C’est aller à contre-courant de ce qu’a été et de ce qu’a voulu la société québécoise, et en particulier le milieu scolaire, depuis 50 ans." Lire aussi : Le projet de loi 21, pour compléter l’œuvre de la Révolution tranquille.

. L’AFEAS - Le Projet de loi 21 ou la laïcité de l’État québécois, garante de l’égalité entre les femmes et les hommes
Au cours des cinquante dernières années, l’Afeas est intervenue à plusieurs reprises pour que l’égalité entre les femmes et les hommes, valeur commune aux Québécoises et aux Québécois, qui s’incarne concrètement au sein de nos institutions publiques. Dans toutes ses interventions, l’Afeas souligne encore et encore l’importance de légiférer sur la laïcité de l’État québécois pour assurer que l’égalité entre les femmes et les hommes ne soit pas mise en cause par des demandes d’accommodements fondés sur des motifs religieux. C’est pourquoi l’Afeas appuie le Projet de loi 21 — Loi sur la laïcité de l’État, déposé par le présent gouvernement. Ce que l’Afeas souhaite, c’est l’égalité de "droit" et de "fait" entre les femmes et les hommes. Aucun précepte religieux, ni aucun accommodement pour motif religieux, ne doit venir l’entraver, d’où la nécessité d’un État laïc, reconnu comme tel non seulement de "fait", mais aussi en "droit". Pour plus d’information au sujet de l’Afeas, du Projet de loi 21 et les demandes des membres de l’Afeas dans ce dossier, 👉consultez le mémoire de l’Afeas sur le sujet.

. Le Soleil - Surplus records dans le Régime québécois d’assurance parentale
Ayant dans ses coffres des surplus records de 281 millions $, le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) est en excellente santé. Tellement que le ministre du Travail Jean Boulet envisage de bouger sur deux fronts : bonifier les congés parentaux et réduire les cotisations payées par les travailleurs et les employeurs. La bonne santé financière du RQAP est attribuable à deux facteurs : la fin en 2018 du déficit accumulé du fonds, et le fait que les naissances au Québec sont en décroissance depuis 2012, pour s’établir à 83 800 en 2018. « Ça témoigne aussi d’une saine gestion du fonds », estime M. Boulet. Le ministre du Travail devrait être en mesure d’annoncer en juin une réduction des cotisations pour le 1er janvier 2020. Son prédécesseur libéral François Blais avait procédé l’an dernier à une baisse de 4% des cotisations, en vigueur depuis le 1er janvier 2019, ce qui représente un gain maximal de 16$ par année pour les travailleurs.

. Valeurs Actuelles - États-Unis : une haltérophile transgenre déchue de ses titres féminins
En un mois, Mary Gregory, originaire de l’Etat de Virginie, a établi des records du monde au squat, au développé-couché et au soulevé de terre et a décroché le "record du monde absolu du Masters" en catégorie féminine, grâce à ses scores très élevés. Seul problème : la jeune femme a récemment changé de sexe, et la fédération américaine d’haltérophilie a estimé qu’elle était "encore un homme" au moment où elle a glané tous ses titres. Elle en a donc été déchue. "Nos règles de base sur la séparation des sexes dans les compétitions reposent sur une classification physiologique, et non sur une identification de genre […] et notre conclusion est que la classification physiologique [de Mary Gregory] est masculine", selon la fédération. Une bonne décision pour l’ex-nageuse britannique Sharron Davies, qui a tweeté sa satisfaction : "Il s’agit d’une femme transgenre, un corps masculin avec une physiologie masculine, qui établit un record du monde et remporte une compétition d’haltérophilie féminine", y dénonce-t-elle. "Une femme avec une constitution féminine ne peut pas rivaliser…".

. Radio-Canada - Je pensais que j’étais transgenre
À l’adolescence, ils désiraient plus que tout changer de sexe. Ils ont commencé le processus, mais en cours de route, certains se sont rendu compte qu’ils ne l’avaient pas fait pour les bonnes raisons et sont retournés à leur sexe d’origine. Leurs témoignages se multiplient sur la toile. Ils s’appellent eux-mêmes les "détransitionneurs". "J’essayais très fort de me conformer à la nouvelle étiquette que je m’étais donnée. J’ai essayé d’agir d’une façon plus masculine. J’ai essayé d’oublier mon côté féminin, de m’oublier moi, et ça ne marchait pas du tout. Je gardais un sourire de façade, mais je n’allais pas bien. Je me suis rendu compte que, finalement, je n’étais pas transgenre, mais tout simplement lesbienne." Partout dans le monde, on constate également que, depuis quelques années, le ratio de jeunes filles qui veulent devenir des garçons est désormais plus élevé que l’inverse. Les auteurs de l’étude ont remarqué qu’un nombre croissant de jeunes présentant à l’origine toutes les caractéristiques d’une dysphorie de genre et qui demandaient une intervention médicale ont changé d’idée au fil des rencontres à la clinique. Les chercheurs concluent donc qu’il serait avisé de prendre plus de temps pour évaluer avant de prescrire.

. ActuElles - Aïssata Lam : "Ce sont les femmes qui font tourner l’économie des États africains"
Cofondatrice et présidente de la Jeune chambre de commerce de Mauritanie, Aïssata Lam estime que l’entrepreneuriat des femmes est une clé de leur autonomisation. Elle fait partie, aux côtés de 34 personnalités telles que les prix Nobel de la paix Nadia Murad et Denis Mukwegue ou l’actrice Emma Watson, du Conseil consultatif pour l’égalité femmes-hommes du G7, présidé par la France cette année. Paris s’est fixé comme priorité de promouvoir une diplomatie féministe. Voir la vidéo.

. Marianne - Mina Mangal, féministe afghane, abattue en plein jour à Kaboul
La militante féministe afghane Mina Mangal a été abattue en plein Kaboul samedi 11 mai par deux individus à moto. Le mobile du meurtre est encore inconnu, mais l’ancienne journaliste avait récemment expliqué craindre pour sa vie. Cette ancienne présentatrice de télévision, devenue conseillère à la commission des affaires culturelles du Parlement, a été tuée vers sept heures du matin près de son domicile dans l’est de la capitale afghane alors qu’elle se rendait sur son lieu de travail, a détaillé le ministre de l’Intérieur afghan, Nasrat Rahimi. La députée Shagufa Noorzai a souligné que ce meurtre s’inscrit dans une série de féminicides en Afghanistan : "Farkhunda a été brûlée vive, Baby Mahsa a été kidnappée, violée et tuée, Bibi Ayesha a eu son nez coupé, des femmes sont lapidées et aujourd’hui Mina Mangal a été atteinte de neuf coups de feu", a énuméré la parlementaire.

. Slate france - Le Danemark, pays le moins féministe au monde ?
Au Danemark, numéro deux au classement des meilleurs pays dans lesquels être une femme - il fut longtemps premier avant d’être devancé par la Suède -,"féminisme" est en passe de devenir un gros mot. D’après une enquête mondiale sur les opinions concernant les stéréotypes et problématiques de genre, l’égalité des droits et le mouvement #MeToo, le Danemark est l’un des pays au monde où les individus se qualifient le moins de féministes. Le sondage, mené par le projet YouGov-Cambridge Globalism Project auprès de plus de 25.000 personnes dans vingt-trois grands pays, révèle que seulement un·e Danois·e sur six se dit féministe. Tabou, le terme « féministe » effraie même la ministre danoise de l’Égalité, Karen Ellemann, qui a déclaré à plusieurs reprises ne pas l’être, se considérant plutôt comme militante pour l’égalité. Elle n’est pas la seule puisque selon les données, seulement un quart des femmes danoises se considèrent comme féministes.

. Le Soleil - L’annonce de la rupture au conjoint violent est le moment le plus dangereux
Le cas d’une femme ontarienne assassinée par son mari quelques jours après avoir demandé le divorce démontre que les victimes de violence conjugale sont encore plus menacées lorsqu’elles tentent de quitter leur agresseur, selon des experts. Elana Fric Shamji est restée avec son mari violent pendant plus de dix ans avant de lui remettre ses papiers de divorce en novembre 2016, a-t-on pu apprendre lors du procès de Mohammed Shamji. Deux jours plus tard, il l’a tuée. Shamji, un neurochirurgien de renom, a été condamné la semaine dernière à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 14 ans après avoir plaidé coupable de meurtre au deuxième degré. On peut penser que rompre une relation abusive mettra fin à la violence, mais des études démontrent que ce n’est pas le cas, souligne Deepa Mattoo, directrice générale de la clinique Barbra Schlifer, qui fournit des conseils et un soutien juridique aux femmes victimes de violence.

. Le Devoir - Les cours de sexualité indisposent les professeurs
Les enseignants sont toujours mal à l’aise d’enseigner cette matière délicate, pour laquelle ils ne se considèrent pas comme des experts, selon la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini. Elle a déclaré en vouloir au précédent gouvernement libéral d’avoir rendu ce contenu obligatoire, sans vraiment consulter les enseignants, qui aujourd’hui éprouvent des difficultés. Les enseignants sont pris avec cette tâche dont ils ne voulaient pas, selon Mme Scalabrini, et ils ne savent pas s’ils parviendront à enseigner les 5 à 15 heures d’éducation sexuelle. Au départ, les enseignants ne devaient pas être forcés à donner le cours ; d’autres intervenants, comme des travailleurs sociaux, pouvaient aussi le dispenser. Il appartenait aux écoles de déterminer le moment et la manière pour offrir ces cours.

. Entre les lignes entre les mots - Autrice libère les créatrices endormies ou ligotées qui sommeillent ou se débattent en nous
"L’histoire d’autrice, dont nous proposons ici une rapide esquisse, est passionnante à plus d’un titre, car elle recoupe à la fois l’histoire de la langue, celle de la fonction-auteur et les étapes de l’accès des femmes à la sphère publique en général, et à la création en particulier. Elle permet surtout de mettre à bas certains préjugés concernant le soi-disant incongruité de ce féminin et son incapacité à désigner la femme qui écrit". Aurore Evain parle, entre autres, des nombreux usages de l’auctrix latin, des "savants" et de leur résistance à ce féminin puis de son interdit, de "celle ou celui qui accroit", de l’usage du mot tout au long du Moyen-Age, du couple lexical actrix/auctrix, de la valeur sémantique que les termes recouvrent au masculin. "Apparaîtra actrice quant le terme acteur se limitera au sens de ’comédien’ ; disparaitra autrice quand la fonction-auteur s’institutionnalisera et se dotera d’un prestige littéraire et social". Histoire d’autrice de l’époque latine à nos jours.

. Newswire - Le gouvernement du Canada annonce un investissement dans les organismes de femmes au Yukon
Les fonds octroyés à ces projets proviennent des investissements historiques effectués dans le cadre du budget de 2018 dans le Fonds de renforcement des capacités pour appuyer un mouvement de femmes viable, ainsi que dans le Programme de financement de la lutte contre la violence fondée sur le sexe pour combler les lacunes en matière de soutien aux groupes de victimes de violence fondée sur le sexe mal desservis au Canada. "Grâce à notre investissement historique, nous rendons hommage aux femmes et aux organismes de femmes qui parviennent à surmonter les obstacles et nous exprimons notre gratitude à celles et à ceux qui déploient des efforts à cet égard depuis des décennies, et ce, à l’aide d’un budget restreint. Grâce à un financement stable et flexible, nous aidons des organismes dans le Yukon à croître et à perdurer, parce que nous savons que les investissements dans les organismes de femmes sont la façon la plus efficace de promouvoir l’égalité des genres."

. La Presse - Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) veut élargir l’interdiction des signes religieux
Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) demande au gouvernement Legault d’étendre l’interdiction du port de signes religieux "ostentatoires" à l’ensemble des employés de l’État qui ont des contacts avec les citoyens. "Les symboles religieux ostentatoires n’ont pas leur place dans la fonction publique puisqu’ils sont contraires au principe de neutralité", a affirmé le SFPQ, jeudi, de passage à Québec pour la troisième journée de consultations du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Le syndicat, qui représente quelque 30 000 employés de la fonction publique québécoise, ramène ainsi des dispositions qui étaient prévues dans la défunte Charte des valeurs présentée par le gouvernement péquiste de Pauline Marois. Lire aussi : "Projet de loi sur la laïcité le rapport Bouchard-Taylor ne passerait pas le test de Gérard Bouchard".

. Le Devoir - L’interdiction des signes religieux ne peut être comparée à l’homophobie
En comparant l’homosexualité à la religion, Manon Massé compare quelque chose d’inné, qu’on ne peut changer volontairement, à un acquis culturel dont on peut se départir si on en fait le choix. Sa comparaison ne peut tenir la route que si l’on suppose que l’homosexualité est un choix. Or la science sérieuse sait depuis un bon moment déjà que l’orientation sexuelle n’est pas un choix. Si on pouvait choisir son orientation sexuelle comme on peut choisir de porter le hidjab, les personnes homosexuelles voulant changer d’orientation ne se suicideraient pas en si grand nombre. En comparant l’homosexualité à quelque chose que l’on peut choisir librement, Manon Massé propage un préjugé de la droite la plus rétrograde. Plusieurs conservateurs de droite croient en effet que l’orientation sexuelle est un choix, afin de rendre les homosexuels responsables de ce qu’ils considèrent comme un désir pervers, voire satanique. L’homosexualité est pour eux un péché, et par définition un péché doit être choisi librement. Il est déplorable de voir la porte-parole de Québec solidaire instrumentaliser les homosexuels pour défendre des religions qui s’opposent souvent encore à leurs droits.

. La Presse - Pourquoi l’image des profs doit être laïque
Les études sont unanimes : les enseignants ont un pouvoir d’influence énorme sur les élèves. Une remarque, une attitude, un juron peuvent marquer le développement des jeunes, favorablement ou non. Selon un document du réseau scolaire francophone ontarien : "Les enseignantes et les enseignants ont un grand pouvoir d’influence sur la façon dont l’élève perçoit son identité culturelle." Bref, les enseignants sont des modèles pour les jeunes, souvent les plus importants à l’extérieur de la famille. Il en va de leur réussite scolaire, mais aussi de la construction de leur personnalité, surtout en cette période de leur vie où ils sont très influençables. Cette sphère d’influence, il va sans dire, s’étend aussi au domaine religieux. Les enseignants ne sont pas censés susciter l’adhésion à leur foi, mais l’expression ostentatoire de cette foi est assurément de nature à influencer les jeunes. Et, oui, le symbole religieux le plus apparent - et qui entre le plus en contradiction avec nos valeurs fondamentales d’égalité hommes-femmes - est le voile islamique. Dans la tête d’un jeune : "Ma mère doit se voiler pour se promener en société, c’est ce que Dieu souhaite, et mon père également. D’ailleurs, mon enseignante voilée, mon modèle, est bien d’accord avec ces deux principes : Dieu détient la vérité et les femmes doivent se cacher les cheveux pour éviter de séduire."

. Grazia - Au Liban, une domestique meurt chaque semaine
La vidéo est difficile à regarder. On y voit deux femmes. Deux employées de maison kényanes, à terre, dans une rue de Beyrouth. Elles sont renversées par une voiture avant de se faire tabasser par un militaire, rapidement aidé par trois passants. Leur crime ? Ce sont des migrantes. Les images ont marqué l’opinion internationale. Pourtant, ce ne sont pas les agresseurs qui ont été arrêtés, mais bien les victimes. Elles n’avaient pas leurs papiers sur elles, ils leur avaient été confisqués par leurs patrons. Un mois après les faits, en juillet dernier, l’une des deux femmes a été expulsée du pays. Depuis des décennies, des employées étrangères sont maltraitées par des familles libanaises. En août 2008, une étude de Human Rights Watch, s’alarmait du taux de mortalité, plus d’un mort par semaine, de ces travailleuses immigrées. Sur 95 décès entre janvier 1997 et août 1998, 40 correspondaient à des "suicides", 24 à des "chutes d’immeubles lors de tentatives de fuite", 14 à des "morts naturelles", 2 à des assassinats.

. Radio-Canada - Des propos de l’ex-sénatrice Hervieux-Payette sur le voile font réagir
Bien que son témoignage soit passé au second rang en raison de la controverse, l’avocate Julie Latour est celle qui a présenté, jeudi, la position des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l’État. Le collectif, qui a participé à de nombreux débats sur la question au cours des dernières années, compte dans ses rangs des personnalités de renom, notamment le constitutionnaliste Henri Brun. "Le projet de loi 21 amène le Québec de plain-pied dans le 21e siècle", a proclamé d’entrée de jeu l’ex-bâtonnière du Barreau de Montréal. L’État doit agir et proclamer sa laïcité, croit Julie Latour, puisque "le vacuum législatif depuis 15 ans a entraîné sous le vocable de la laïcité ouverte l’érosion d’un espace civique authentiquement neutre et a donné lieu à une permissivité qui fait en sorte que certains croyants et certaines religions s’opposent à ce que l’État agisse". Revoir la présentation des Juristes pour la laïcité et la neutralité de l’État sur le site de l’Assemblée nationale ici. Aussi présentation à titre individuel de Me Christiane Pelchat et de Fatima Houda-Pepin.

. Sisyphe - "Projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Mémoire des juristes pour la laïcité et la neutralité de l’État", présenté par Me Julie Latour. Résumé et téléchargement.
Nous les signataires, des juristes de tous âges et de tous horizons, spécialisés pour la plupart en droit constitutionnel ou en droit public, souhaitons contribuer à l’important débat public qui a cours autour du projet de loi no 21, en faisant ressortir l’état du droit quant à la capacité de l’État de légiférer dans l’intérêt général en matière de laïcité. Nous voulons sortir des chapelles idéologiques fondées sur une prétendue hégémonie des droits individuels et contribuer, par notre expertise, au bien commun.

. Magazine Axelle - Nathalie, mère célibataire : "C’est un combat permanent"
Depuis la séparation de Nathalie avec le père de ses deux enfants, son parcours montre la cruelle absence de politiques ciblées sur les besoins des mères, pourtant majoritaires dans les familles monoparentales : violences, petites et grandes, s’accumulent. Quand le père de sa fille Eva n’arrive plus à cacher l’importance de ses dettes de jeu, Nathalie le met à la porte  ; elle découvre au même moment qu’elle est enceinte de quatre mois, de son second enfant. Pour se protéger, sur les conseils de son avocate, elle demande le divorce par consentement mutuel. Il lui est un temps refusé, notamment au motif de "protection" de l’enfant à naître (qui n’a pas encore d’existence légale !) et parce qu’il n’y a pas séparation depuis au moins un an. Récemment, la quadragénaire a reçu un courrier de l’administration fiscale lui réclamant le paiement de dettes dues par son mari (dont elle est elle-même créancière), courant en partie sur cette période d’attente avant le prononcé de son divorce…

. 50/50 Magazine - 3éme congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des femmes et des filles
Coalition Against Prostitution (CAP international), a organisé un premier congrès en 2014 à Paris, un deuxième en 2017 en Inde et un troisième en Allemagne en avril 2019. Début avril, il a réuni à Mayence 330 participant.es de 30 pays. À l’issue de ce congrès, une déclaration solennelle a été adressée aux autorités allemandes pour mettre fin immédiatement à la légalisation de l’exploitation sexuelle des femmes en Allemagne qui est une des principales plaques tournantes du trafic de femmes dans le monde. Nous, survivantes allemandes et internationales de la prostitution et de la traite à des fins d’exploitation sexuelle, associations de terrain qui soutiennent et accompagnent les victimes de ces crimes, militantes et militants des droits humains et des droits des femmes, associations et mouvements combattant toutes formes de violences sexistes et sexuelles sommes choqué·es, blessé·es et révolté·es de la législation et des politiques publiques allemandes en matière de prostitution. Depuis 2002, le gouvernement allemand a organisé et protégé un système d’exploitation sexuelle massive et de violation des droits humains des femmes les plus pauvres et les plus vulnérables.

. Le Nouvel Observateur - L’État américain de Géorgie adopte une loi très restrictive sur l’avortement
Le gouverneur de Géorgie a signé mardi une loi qui interdit aux femmes de cet État conservateur du Sud des États-Unis d’avorter dès que les battements de coeur du foetus peuvent être détectés. Le texte revient pour ses détracteurs à interdire de facto les avortements, puisque le coeur peut être entendu dès la sixième semaine de grossesse, quand de nombreuses femmes n’ont pas encore conscience d’être enceintes. Le gouverneur républicain Brian Kemp a signé le texte, parmi les plus restrictifs du pays, en dépit de menaces de boycott de stars d’Hollywood. Des dizaines d’acteurs, dont Ben Stiller, Alec Baldwin et Alyssa Milano, avaient fait savoir dans un courrier qu’ils ne pourraient plus travailler "en bonne conscience" en Géorgie, une destination populaire pour les tournages, si la loi était promulguée.

. La Presse - Les signes religieux portent un message, disent des enseignantes
Si la cigarette de Lucky Luke ou un homme-sandwich McDonald’s transmettent des messages, les signes religieux le font aussi, ont dénoncé mercredi deux enseignantes invitées aux consultations du projet de loi 21 sur la laïcité de l’État. Leila Bensalem, une enseignante de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), croit que le voile que porte certaines musulmanes "n’est pas un modèle à transmettre [aux] élèves." De passage à Québec mercredi, Mme Bensalem était accompagnée de Nadia El-Mabrouk, professeure en informatique à l’Université de Montréal. Les deux femmes ont salué la volonté du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d’interdire le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité, incluant les enseignants. Tout comme Djemila Benhabib, mardi, Mme Bensalem considère qu’une enseignante musulmane voilée qui refuserait de retirer son voile, une fois la loi adoptée, serait "intégriste". Lire aussi : "Une loi pour la paix sociale".

. TVA Nouvelles - Le pape François oblige légalement le clergé à signaler les abus sexuels
Le pape François a dévoilé jeudi une législation plus stricte obligeant prêtres, religieux et religieuses à signaler à l’Église tout soupçon d’agression sexuelle ou de harcèlement, ainsi que toute couverture de tels faits par la hiérarchie catholique. Tous les diocèses de la planète sont en outre obligés d’ici à un an à mettre en place un système accessible au public pour déposer des signalements d’abus sexuels potentiels, qui seront examinés dans un délai de 90 jours. Ces décisions ont été prises dans un "motu proprio", c’est-à-dire une lettre émise directement par le pape, qui modifie la législation interne de l’Église (le droit canon). Le texte condamne toute violence sexuelle, en mettant toutefois l’accent sur les mineurs et les personnes vulnérables. Cela inclut donc les cas de violence contre des religieuses par des clercs, ou le harcèlement de séminaristes ou de novices. Il rappelle aussi qu’il est interdit de produire, détenir et distribuer par voie informatique du "matériel pédopornographique". La législation de l’Église ne comporte toujours aucune obligation de signalement aux autorités judiciaires du pays, sauf si les lois du pays rendent cela obligatoire. En Italie par exemple, le clergé n’a aucune obligation de dénoncer des abus sexuels à la justice. Le "motu proprio", qui détaille aussi des règles de déroulement des enquêtes, ne modifie pas non plus les peines déjà prévues par la législation de l’Église.

. L’aut’journal - Lettre aux escrocs de l’islamophobie
Alors qu’au Québec, le projet de loi 21 sur la laïcité est sur le point d’être adopté, et que les coassements indignés du politiquement correct font écho aux rugissements paniqués de l’intégrisme religieux, notamment l’islamisme, il faisait bon entendre et voir (à l’ÉNAP), en ce premier mai, les Gérald Dumont, Marika Bret et Djemila Benhabib, déclamer et expliquer la « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes » de Stéphane Charbonnier (Charb), le regretté directeur et caricaturiste du magazine satirique Charlie Hebdo, assassiné en même temps qu’onze autres personnes, le sept janvier 2015, par des extrémistes islamistes. C’était d’autant plus rafraîchissant d’assister à pareille représentation sur la "liberté d’expression" que jamais, au Québec, ces dernières années, n’avait-on vu autant de censure, d’autocensure, de poursuites en justice ou d’accusations d’appropriation culturelle, et ce venant de minorités offensées, d’universitaires chichiteux ou de SJW courroucés-es. En deuxième partie, un panel d’invités-es composé de Guy Perkins (Sceptiques du Québec), René Bolduc (Cégep Garneau) et Diane Guilbault (Pour les Droits des Femmes), animé par l’auteure, journaliste et organisatrice Djemila Benhabib, débattait à partir des questions et des commentaires de la salle. Du trio, la militante féministe Diane Guilbault fut certes la plus applaudie, grâce à son explication des revendications particulières de son groupe (fin du programme ECR, égalité hommes-femmes, etc.).

. Radio-Canada - Des groupes de femmes dénoncent les changements à la loi sur les réfugiés
Des organisations de défense des femmes demandent au premier ministre Justin Trudeau de retirer les modifications législatives proposées sur les demandeurs d’asile qui sont contenues dans un projet de loi omnibus sur le budget, affirmant qu’elles vont nuire aux femmes déjà ciblées par les politiques strictes d’immigration aux États-Unis. L’an dernier, les États-Unis ont modifié leur politique sur les réfugiés pour déclarer que la violence conjugale n’est plus un motif de demande d’asile dans ce pays. Le Canada a depuis entamé des démarches pour changer sa propre loi, afin d’éviter que des demandeuses d’asile présentent une demande au Canada si elles ont déjà fait des demandes similaires dans d’autres pays, dont les États-Unis.

. Sisyphe - La laïcité pour renforcer le droit à l’égalité des femmes et protéger la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes
"Une des motivations importantes derrière notre engagement en faveur de la laïcité, c’est le droit à l’égalité des femmes. Ce droit, gagné tout récemment et de haute lutte, ne peut exister si des règles religieuses, discriminatoires à l’égard des femmes peuvent s’immiscer dans la gestion de l’État." C’est par ces mots que la présidente de Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec), Diane Guilbault, a débuté la présentation du mémoire de son groupe féministe. Elle était accompagnée par une cofondatrice de l’organisme et membre du conseil d’administration, Mme Leila Lesbet. Selon PDF Québec, c’est un projet de loi qui répond aux aspirations de la société québécoise. Le projet de loi sur la laïcité est une étape importante, qui manquait pour garantir la séparation entre l’État et les religions et assurer la liberté de conscience de tous les citoyens et citoyennes.

. Radio-Canada - Laïcité : les femmes qui refusent de se dévoiler au travail sont intégristes, selon Djemila Benhabib
Invitée aux consultations sur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État, la journaliste et écrivaine a salué l’intention du gouvernement Legault, d’interdire les signes religieux chez les employés de l’État en position d’autorité, notamment chez les enseignants. Interrogée par le député solidaire Sol Zanetti, Mme Benhabib a précisé qu’elle n’avait rien à reprocher aux femmes qui font le choix de porter le hijab, mais qui acceptent de le retirer au travail. "[Mais] les femmes qui ont une vision absolutiste de la religion, c’est-à-dire qui n’acceptent pas d’enlever leur voile pendant leurs heures de travail et qui contestent la légitimité d’un État d’avoir des normes communes, oui, celles-ci, ce sont des intégristes", a-t-elle répondu. Autres articles sur la première journée d’audience sur l projet de loi 21 sur le site de radio-Canada.

. La Presse - Non, la violence n’est pas dans l’intérêt de l’enfant
Malgré deux ans et plus de 600 pages de réflexions, un enjeu central a échappé au comité consultatif sur le droit de la famille : la violence dont un enfant, sans être personnellement ciblé, est témoin au sein d’un ménage. Dans l’évaluation de son bien-être au moment de la séparation, les juges n’ont aucune obligation d’en tenir compte. Un flou qui donne lieu à des situations déchirantes, a-t-on entendu à la deuxième journée de consultation, hier à Montréal. Le groupe d’experts piloté par le professeur Alain Roy, qui avait pourtant passé le droit actuel au peigne fin, n’avait malheureusement pas eu vent de ces situations. Ses recommandations, censées servir de point de départ à la réforme du droit de la famille, sont donc muettes là-dessus. Le problème est pourtant loin d’être négligeable. Il faudrait être drôlement insensible pour prétendre que les enfants ayant vécu dans un contexte de violence familiale en ressortent tous parfaitement indemnes s’ils n’étaient pas eux-mêmes la cible. Les tribunaux devraient avoir, au minimum, l’obligation de s’intéresser à leur état et à leurs préférences.

. Challenges - Kaori Sasaki, pionnière du combat des femmes japonaises
Le dernier projet de Kaori Sasaki, l’une des femmes entrepreneuses les plus connues au Japon, a de quoi révolutionner le management à la japonaise, toujours massivement masculin : elle s’apprête à publier, courant mai, le premier classement des sociétés japonaises en fonction de différents critères de diversité, dont la féminisation. "C’est comme un checking médical, explique-t-elle. Cela aide à adopter une meilleure conduite." Depuis trois décennies, cette entrepreneuse en série montre aux femmes japonaises la voie à suivre. Elle est aujourd’hui un "rôle modèle" auquel beaucoup se réfèrent. "Quand j’ai créé ma première société en 1987, j’ai pris conscience que les femmes n’étaient pas à leur place au Japon, raconte-t-elle. Je me suis rendue compte de tous les obstacles qu’elles ont à surmonter." Fondatrice d’Unicul International, qui propose des services de traduction et d’interprétariat dans 70 langues, cette ancienne journaliste et présentatrice du "CBS 60 minutes" au Japon s’est vite rendue compte de la nécessité de fédérer les femmes entre elles.

. Le Devoir - Droit de la famille : la parole aux citoyens
Les experts ont parlé — et continueront de le faire —, mais ce sont surtout les citoyens que la ministre de la Justice, Sonia Lebel, espère entendre dans le cadre des consultations publiques sur la réforme proposée du droit de la famille. Mme Lebel souhaite une bonne participation du public aux audiences. Celles-ci ont débuté la semaine dernière à Trois-Rivières et se poursuivaient lundi à Montréal. Au-delà des citoyens qui se sont inscrits à la dizaine de séances publiques, quelque 5000 personnes ont aussi soumis des propositions en ligne, a noté la ministre. À la base de la réforme qu’envisage Québec : le rapport soumis en 2015 par le comité piloté par le juriste Alain Roy. Ce dernier agit d’ailleurs comme expert-conseil auprès de la ministre Lebel dans le processus actuel.

. Lyon Capitale - Regards de femmes veut “un G7 véritablement féministe”
L’association lyonnaise Regards de femmes sera présente au sommet Women 7 de Paris (W7) à l’UNESCO le 9 mai. Un moment d’échange où “des féministes du monde entier demanderont aux responsables politiques de s’engager pour un G7 véritablement féministe”, assure l’association. Le prochain G7 aura lieu du 24 au 26 août prochain à Biarritz. Regards de femme souhaite que les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et le Canada “adoptent une position et des politiques vraiment féministes, pour l’égalité effective en droits, devoirs et dignité des femmes et des hommes partout dans le monde”. Selon l’association les leviers prioritaires pour que cela soit effectif seraient : “L’évolution vers une participation pleine et effective des femmes et des filles aux instances de décision économiques, familiales, politiques et sociales. L’augmentation des ressources financières allouées aux associations et ONG féministes qui à tous les niveaux (local, national, international) ont la légitimité et l’expertise de terrain pour porter des initiatives qui ont un impact concret pour les droits des femmes et des filles.”

. La Presse - Égalité : il est temps de lire le "mémo"
Est arrivée à la rédaction, l’autre jour, une délégation d’hommes d’affaires pour nous parler de leur secteur : les industries innovantes. Je dis "hommes d’affaires" non pas parce que je n’ai pas eu le "mémo" au sujet de l’expression "gens d’affaires", mais parce qu’il n’y avait, précisément, que des hommes. Huit hommes. Huit hommes pour parler des sociétés de demain. La seule femme conviée à la réunion avait dû annuler pour cause d’extinction de voix, m’a-t-on expliqué. Et quand on inclut une seule femme dans une délégation de relations de presse, on court ce risque-là. Si elle ne peut pas être là, on se retrouve avec uniquement des hommes et une image quand même particulière de la modernité et de l’innovation. (Note pour le prochain "mémo" : en inviter plus qu’une, peut-être même quatre ou cinq, comme ça, s’il y en a une qui a une extinction de voix, ça ne paraît pas. Et peut-être même qu’elles auraient des idées innovantes, différentes, on ne sait jamais.) Tomber sur des équipes, des délégations, des listes de conférenciers 100% masculines, 100% caucasiennes, 100% pantalons bleu marine est une réalité qui est encore loin d’être devenue rarissime.

. Le Devoir - Battantes de l’architecture à l’oeuvre
Au croisement de parcours remarquables, le documentaire "Rêveuses de ville" nous convie à la rencontre de quatre femmes d’exception pour mesurer leur immense legs architectural. Sans elles, la métropole aurait été amputée de son Vieux-Montréal. Le Seagram Building n’aurait jamais intégré le skyline de Manhattan. Le coeur de Vancouver ne serait pas le même, ni le quartier historique de Philadelphie, sauvé in extremis. Chacune à leur façon, quatre battantes, aujourd’hui âgées de 87 à 97 ans, ont changé à jamais la façon de concevoir et de construire les villes. C’est en cherchant à réaliser un film sur la façon de concevoir des villes à échelle plus humaine que le réalisateur Joseph Hillel s’est retrouvé par hasard au carrefour de la vie de quatre femmes hors normes, devenues, au siècle dernier, des moteurs de changement dans le monde très masculin de l’architecture et de l’urbanisme. Ces quatre monuments féminins de l’architecture sont Phyllis Lambert, pasionaria du patrimoine architectural montréalais, Blanche Lemco van Ginkel, pionnière de l’architecture et de l’urbanisme au Canada, Cornelia Hahn Oberlander, architecte paysagiste à Vancouver, et Denise Scott Brown, architecte américaine et moitié du tandem de feu formé avec son illustre mari Robert Venturi, lauréat du fameux prix Pritzker de l’architecture.

. Le Journal de Montréal - Un million d’espèces animales et végétales sur les huit millions de la Terre sont menacées d’extinction
Sur la terre, dans l’eau et dans le ciel : l’impact dévastateur de l’activité humaine sur la nature est mis en évidence dans un autre rapport accablant des Nations Unies, où on apprend qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction, dans un rythme qui s’accélère. Dans un rapport-choc, le groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) a peint un tableau assez sombre de l’avenir de l’être humain qui dépend de la nature pour boire, respirer, manger, se chauffer ou se soigner. "C’est un appel à agir. Ça pourrait être le dernier avertissement avant que ça devienne irréversible. De l’abeille au caribou, la vie sauvage est en grande difficulté", s’inquiète Olivier Kolmel, chargé de la campagne biodiversité pour l’organisme Greenpeace. Ce qui est très frappant et inquiétant, c’est l’accélération de ce phénomène-là. C’est une étude d’une ampleur sans précédent. Il faut faire des changements draconiens", estime de son côté Maxime Larrivée, chef de la division des recherches et des collections à l’Insectarium de Montréal.

. Huffington Post Québec - Laïcité : les consultations particulières débutent mardi avec des sympathisants
Levée de rideau avantageuse pour le gouvernement Legault : l’étude du controversé projet de loi 21 débutera mardi avec cinq groupes de sympathisants de son concept de laïcité. Le gouvernement caquiste a déposé le 28 mars dernier ce projet de loi, qui vise à interdire le port de signes religieux à certaines catégories d’employés de l’État, dont les enseignants, et à assurer que les services publics soient donnés et reçus à visage découvert. Il s’agit d’une quatrième tentative dans la province pour baliser le port de signes religieux, après le projet de loi 94 du gouvernement Charest, la Charte des valeurs du Parti québécois et la loi 62 du gouvernement Couillard, qui a été contestée devant les tribunaux. Diane Guilbault, présidente de l’organisme Pour les droits des femmes du Québec, qui compte 600 membres, sera la première à prendre la parole mardi matin, après le ministre Simon Jolin-Barrette et les porte-parole des oppositions. Elle demandera au gouvernement de renforcer sa pièce législative. Sa présentation mardi sera suivie de celle de Djemila Benhabib, de Louise Mailloux, du Mouvement national des Québécoises et Québécois ainsi que de l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité. En fin de journée, la Commission des institutions entendra le philosophe Charles Taylor, Jocelyn Maclure, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, ainsi que le Centre consultatif des relations juives et israéliennes.

. PolySeSouvient - Armes à feu. MERCI de demander aux sénateurs de rejeter
les amendements des conservateurs qui affaiblissent C-71

Il y a un an, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a présenté le projet de loi C-71. Bien que timide, ce dernier représente néanmoins un pas dans la bonne direction. Le projet de loi est présentement devant le Sénat dont les membres sont noyés dans des lettres et des courriels venant des opposants au contrôle des armes. Dernièrement, des sénateurs conservateurs ont réussi à faire adopter une série d’amendements qui éliminent les éléments centraux du projet de loi. Le Sénat en entier doit approuver ces amendements, et une majorité pourrait donc les rejeter. C’est pourquoi il importe pour le public de demander aux sénateurs de défendre la sécurité publique en rejetant les amendements et en adoptant le projet de loi C-71 dans sa forme originale, en plus de profiter de l’occasion pour leur demander d’envoyer un message au gouvernement comme quoi il est temps d’interdire des armes de poing et des armes d’assaut. MERCI de prendre quelques minutes pour envoyer un courriel aux sénateurs clés, leur demandant de rejeter les amendements affaiblissant C-71.

. Le Devoir - Tout ce qu’elle aimait. Une femme regarde les hommes regarder les femmes (Siri Hustvedt)
"Plus je vieillis, plus j’ai le sentiment que tous les grands livres sont nés d’une forme d’urgence", écrit Siri Hustvedt. Et c’est portée par ce sentiment qu’elle a également rédigé les essais composant Une femme regarde les hommes regarder les femmes. Pas de temps à perdre avec des trucs banals. "À ce point dans ma vie, j’hésite à consacrer du temps à quelque chose qui ne m’apparaît pas impératif", lance-t-elle tout de go. Siri Hustvedt apprend, lit, écrit avec son coeur, de l’intérieur. "Je l’ai déjà dit : on le sent tout de suite quand l’auteur d’un texte est dénué de pulsion et de passion." Encore une fois, cet éclat de rire : "Je continue de me ranger derrière cette affirmation !" Lire aussi : "Siri Hustvedt : penser avec sa chair".

. Le Journal du Dimanche - Marlène Schiappa et Nathalie Loiseau lancent un "pacte Simone Veil" pour les droits des femmes
Pour remettre au goût du jour la "clause de l’Européenne la plus favorisée", défendue naguère par l’avocate féministe Gisèle Halimi, Marlène Schiappa et Nathalie Loiseau invoquent un autre grand nom : elles ont baptisé "Pacte Simone Veil" la proposition qu’elles dévoilent dans une tribune publiée sur ce site internet. La secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et la tête de liste Renaissance aux européennes y suggèrent "d’harmoniser par le haut les droits des femmes en Europe en incitant les États membres à introduire dans leur législation les mesures les plus avancées ayant fait leurs preuves" dans l’UE. Un principe qu’elles souhaitent également porter, dans le cadre du G7, au-delà des frontières de l’Europe. Lire la tribune.

. Le Devoir - Intervenir à domicile en protection de la jeunesse
Le récent décès d’une fillette dont les parents étaient suivis par la DPJ, au-delà des émotions fort légitimes qu’il suscite, devrait aussi constituer une occasion de réfléchir à l’intervention à domicile et à sa singularité. Espace de réalisation des activités quotidiennes, le domicile est associé aux sentiments de sécurité, de contrôle, de liberté, de créativité. En protection de la jeunesse, les intervenants, par leur mandat légal de protection des enfants, ont l’obligation légale d’être parfois intrusifs dans l’espace domiciliaire et de s’y déplacer dans les différentes pièces. L’intervention à domicile, en toute logique, devrait donc être reconnue, de plein droit, comme digne d’intérêt par le milieu de la recherche en protection de la jeunesse. Ce n’est pas le cas.

. La Presse - Protection de l’enfance. Loi du sang, loi du coeur
Toute la tragique affaire de Granby ne se résume pas à cette volonté de redonner "à tout prix" une fillette de 7 ans à son père biologique. Mais on sent le vieux courant souterrain à l’oeuvre : un enfant est toujours mieux avec ses "vrais" parents biologiques. Dans l’immense majorité des cas, évidemment. Mais je ne parle pas de l’immense majorité. Je parle de cas limites, je parle de négligence grave, de maladie mentale, je parle de cas où, dès le premier jour, les parents sont incapables de prendre soin de l’enfant. L’article 4 de la loi nous dit qu’en matière de protection, "toute décision [...] doit tendre à maintenir l’enfant dans son milieu familial". Mais quand on aura fait le tour de toutes les difficultés, des effets des compressions, des quotas, quand on aura examiné tout ça, il restera quand même une question. Une question fondamentale : c’est quoi, le point de non-retour dans "la famille" d’un tout petit enfant ? À partir de quand un parent devrait-il cesser d’être un parent ? Et, en ce moment, j’ai comme l’impression que la réponse de la justice est trop souvent : "Pas tout de suite, donnons-leur encore une chance." Dans le doute, ressayons... Sauf que le risque, tout le risque, c’est ce garçon, cette fille sans voix qui le subit.

. Le Devoir - L’œil triste et l’œil gai de Louky Bersianik
Roman inédit qui voyait le jour le mois dernier, le 2e tome des Inenfances de Sylvanie Penn, de Louky Bersianik, amorcées en 1997 dans Permafrost, 1937-1938 (Leméac) raconte en mode fable lucide et noire le séjour au pensionnat d’Eremo de l’alter ego de l’écrivaine, Sylvanie Penn, de sa découverte de l’arbitraire du pouvoir (ici clérical), ainsi que sa découverte de l’usage que fait le pouvoir du langage, afin d’infléchir le réel. "Il fallait être prudente. Bien connaître les mots, se nourrir de la substance de quelques-uns mais ne pas prendre au sérieux la majorité d’entre eux, qui étaient, soit menaçants, soit pleins d’énigmes. Ce qui fait la force de Louky, c’est son rapport au langage, parce que son féminisme passe par son rapport au langage", observe son amie Nicole Brossard. Roman de la mémoire intime autant que de la critique sociale, Eremo témoigne donc, bien que de façon moins spectaculaire que L’Euguélionne, d’une conception de la littérature ne pouvant faire l’économie du politique.

. 20 Minutes - États-Unis : Toujours plus de signalements d’agressions sexuelles dans l’armée américaine
Le nombre d’agressions sexuelles dans l’armée américaine a encore augmenté en 2018, une hausse qui a conduit le chef du Pentagone Patrick Shanahan à annoncer ce jeudi que le harcèlement sexuel serait dorénavant un crime pour la justice militaire. Selon un rapport annuel du Pentagone, le nombre de cas d’agressions et de crimes sexuels porté à la connaissance des autorités militaires s’est établi à 7.623, en hausse de 13% par rapport à 2017. C’est toujours dans l’unité d’élite des Marines que le nombre de signalements a augmenté le plus nettement (+23%), tandis qu’il progressait de 16,6% dans l’armée de Terre, de 7% dans l’US Navy et de 4,3% dans l’armée de l’Air.

. Le Devoir - Mort d’une fillette : à qui la faute ?
En matinée, au palais de justice de Granby, le père de la fillette de sept ans a été le premier à être amené dans le box des accusés. Les cheveux ébouriffés, la tête basse, l’homme s’est avancé menottes aux poignets en évitant de faire face à la salle bondée. Quelques minutes plus tard, la belle-mère de l’enfant est à son tour apparue, impassible. Le couple avait été arrêté lundi et accusé le lendemain de séquestration. La belle-mère est aussi visée par une accusation de voies de fait graves. L’homme de 30 ans et la femme de 35 ans étaient attendus pour leur enquête sur remise en liberté, mais plusieurs s’attendaient à ce que de nouvelles charges soient déposées contre eux, puisque depuis, la jeune fille a rendu l’âme à l’hôpital. L’enfant aurait succombé à ses blessures après avoir été séquestrée et ligotée à son domicile, où elle vivait avec son petit frère, son père et sa belle-mère. Elle a été découverte dans un état très critique lundi par la police après un signalement.

. Le Devoir - Le Québec peut-il aimer mieux ses enfants ?
François Legault a rallié jeudi l’ensemble des élus derrière une révision complète et non partisane des services à l’enfance moins de 48 heures après la mort tragique d’une fillette à Granby. Le premier ministre a appelé à la tenue d’une grande réflexion qui couvrirait non seulement la Direction de la protection de la jeunesse, mais aussi la loi qui l’encadre, le rôle des tribunaux, des services sociaux et la coordination des intervenants avec le milieu scolaire. Sa proposition lui a valu une ovation spontanée de l’ensemble des députés. "Est-ce qu’on ne pourrait pas faire une commission qui s’appellerait Grandir dans la dignité ?" a suggéré la députée libérale Hélène David en Chambre. "Parce que, oui, nos jeunes méritent tous et toutes de grandir dans la dignité." La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a ordonné la tenue d’une enquête publique du coroner — "pour être 100% transparent", a signalé François Legault.

. Huffington Post - Les refuges pour femmes au Canada sous-financés
Les femmes victimes de violence se voient refuser l’accès à des refuges partout au Canada en raison d’un manque chronique de ressources et de financement, selon deux nouvelles études nationales, dont une du comité de la Chambre des communes sur la condition féminine. C’est la première fois que des études se penchent spécifiquement sur l’aide fournie aux femmes et aux enfants victimes de violence. Un refuge sur cinq déclare ne pas avoir bénéficié d’augmentation de financement depuis au moins dix ans — une situation insoutenable, estime Kaitlin Bardswich, coordonnatrice des communications et du développement chez Hébergement femmes Canada, qui a mené l’une des études. Les refuges accomplissent chaque année le même travail, mais avec moins de ressources, puisque les frais de logement et de nourriture augmentent sans cesse, a-t-elle déploré. Lire aussi : Le gouvernement du Canada annonce un investissement pour soutenir le réseau des refuges pour femmes du Canada.

. Radio-Canada - Voile et laïcité : féroce débat entre deux enseignantes musulmanes
Chahira Battou est née au Québec de parents marocains, et elle quittera le Québec avant de retirer son voile en public afin de respecter ce qu’elle considère être son devoir de musulmane. Djamila Addar est originaire d’Algérie et elle estime que les choix religieux doivent avoir lieu exclusivement en privé. Les deux enseignantes débattent des effets du projet de loi 21 du gouvernement Legault sur leur métier. "Le voile, c’est le drapeau des Frères musulmans. Ce n’est pas le drapeau des musulmans. C’est le drapeau des intégristes musulmans. […] Vous portez sur votre tête un projet politique, idéologique qui a assassiné des milliers de personnes", dit Djamila Addar. Écoutez l’entrevue.

. Châtelaine - Ce qu’elles disent, le nouveau roman de Miriam Toews
Miriam Toews dévoile les propos de mères, filles et sœurs dans un roman vibrant. En 2011, huit hommes d’une communauté mennonite de Bolivie ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, après avoir été reconnus coupables d’agressions sexuelles sur de nombreuses femmes et petites filles entre 2005 et 2009. Ces maris, frères ou fils plongeaient leurs victimes dans l’inconscience à l’aide d’un anesthésiant vétérinaire et, au matin, celles-ci, meurtries, ignoraient ce qui leur était arrivé. On avait vite fait de les accuser de mentir, d’être la proie de démons, de fantômes, ou encore d’imaginer tout ceci. En écho à ces faits réels, Miriam Toews a écrit une fiction offrant à ces femmes l’occasion de décider de la suite des choses. Réunissant quelques-unes d’entre elles dans un grenier à foin, elle leur laisse la parole dans Ce qu’elles disent. Elles sont huit, de tous les âges, assises sur des seaux à lait. August Epp, instituteur, seul homme accepté dans cette assemblée, doit transcrire les débats de ces femmes analphabètes et rendre compte de la décision qui en ressortira : ne rien faire, rester et se battre, ou partir.

. Le Devoir - #MoiAussi chez les tout-petits
Le mouvement #MoiAussi a des répercussions jusqu’à la maternelle et dans les garderies. Parce que même des enfants d’âge préscolaire sont victimes de violences sexuelles, un nouveau programme vise à former les éducatrices et les enseignantes à détecter les signes montrant qu’un tout-petit a subi une agression. Le programme Lanterne, lancé mercredi par la Fondation Marie-Vincent, mise sur l’éducation à la sexualité des enfants de 0 à 5 ans — et des adultes qui gravitent autour d’eux — pour prévenir ces toutes jeunes victimes contre la violence sexuelle. La fondation est prête à faire essaimer le programme dans tous les services de garde, les maternelles et les organismes communautaires qui offrent des services aux enfants d’âge préscolaire. Les jeunes de moins de 18 ans représentent 53% des victimes d’agression sexuelle au Québec, selon des données compilées en 2016 par le ministère de la Sécurité publique. Parmi celles-ci, 13% ont moins de 5 ans. Une fille sur 5 et un garçon sur 10 subiront une agression sexuelle, rappelle la Fondation Marie-Vincent. Ces chiffres sont sans doute inférieurs à la prévalence réelle.

. Huffington Post - Fillette décédée à Granby : l’alerte avait pourtant été sonnée
La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et la Sûreté du Québec savaient que la violence était omniprésente dans la résidence familiale de la fillette de sept ans qui aurait été brutalisée à mort. C’est la DPJ même qui aurait retiré l’enfant à la naissance à ses parents pour le confier à la grand-mère paternelle jusqu’à l’âge d’environ 4 ans. Depuis le retour de la fillette avec son père, la grand-mère avait multiplié les démarches et porté plainte à maintes reprises, notamment en s’adressant à la DPJ pour dénoncer que la petite était "battue, projetée contre le mur et enfermée dans sa chambre pendant plusieurs jours, explique Karine Darcy de l’organisme Aide, conseil et assistance aux familles québécoises. Son petit frère de cinq ans, lui, était témoin de ces gestes inacceptables". En 2015, devant le tribunal, la grand-mère de la fillette aurait souligné au juge le danger de confier la petite à son père. Elle a dit : "Mon fils a eu une adolescence difficile et il souffre de graves problèmes psychiatriques".

. Le Journal de Montréal - Le siècle des extrémismes religieux
"Le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas". Cette citation attribuée à André Malraux est en voie de se réaliser. Mais le paysage religieux d’aujourd’hui est beaucoup plus complexe qu’il ne pouvait paraître, à première vue, il y a six décennies. Dans toutes les religions, on rencontre des croyants et pratiquants, des croyants non pratiquants, des pratiquants sélectifs qui célèbrent les fêtes religieuses, mais pas les rituels religieux ainsi que ceux pour qui la religion n’est qu’un référentiel identitaire ou culturel. Et à l’autre bout du spectre, il y a les extrémistes qui instrumentalisent les religions à des fins politiques et qui propagent la haine et l’intolérance. Ils gangrènent toutes les religions et n’en épargnent aucune. C’est le cas notamment de la droite religieuse américaine et des islamistes radicaux. Oui, le 21e siècle connaît un retour sans précédent au "religieux", mais pas nécessairement au sens spirituel d’une foi sincère qui impose le respect. Ce à quoi nous assistons depuis les dernières décennies, c’est à la montée en puissance d’un nouveau fascisme qui se drape d’une "légitimité religieuse" pour mieux saper les bases de la démocratie.

. Mediapart - L’Afrique du Sud : les femmes et les élections
L’Afrique du Sud avec 35,2% de femmes élues au parlement national se classe au dixième rang mondial, devant la France qui est au quatorzième rang. Ce qui est une belle performance pour une démocratie de 25 ans seulement. Mais cela veut-il dire que les femmes peuvent vraiment infléchir la politique de leur pays ? Sur les 48 partis qui vont se présenter devant les électeurs le 8 mai prochain, huit n’ont mis aucune femme dans les cinq premiers noms de leurs listes. Ce qui semble dire que ces partis n’ont aucune envie de voir des femmes accéder à des postes de dirigeantes politiques. La composition des listes reflètent bien aussi la domination masculine dans le monde politique sud-africain. Même si deux partis, ANC et EFF, ont une femme parmi les cinq premiers candidats de leur liste, ce sont deux hommes, Cyril Ramaphosa pour l’ANC et Julius Malema pour l’EFF qui sont tête de liste. Il n’y a donc aucune chance pour qu’une femme soit élue à la présidence de l’Afrique du Sud pour les cinq prochaines années.

. La Gazette des femmes - "Môman travaille pas, a trop d’ouvrage !"
Au milieu des années 70, Yvon Deschamps a fait sourire le Québec avec cette boutade décrivant la réalité des "reines du foyer". Une royauté aux lourdes responsabilités et à la reconnaissance quasi nulle. Depuis 50 ans, ce travail invisible, majoritairement féminin, prend diverses formes – proche aidance, stages non rémunérés, charge mentale – et il est en continuelle progression. Selon le recueil Travail invisible, il est le grand oublié des luttes féministes. Entretien avec la codirectrice de cet essai collectif, Camille Robert. Comment définir le travail invisible ? C’est un travail de reproduction, qui est généralement effectué par les femmes. La reproduction qui est à la fois biologique, quand on pense à la parentalité, et sociale. On peut penser à tout le travail de service, d’éducation et de soins aux personnes malades et vulnérables. C’est généralement un travail fait pour autrui qui est peu ou pas reconnu à l’échelle de la société. Il peut être payé ou pas. C’est un travail qui est traversé par des rapports non seulement de genre, mais aussi de pouvoir, comme la race, les classes socioéconomiques ou le statut de citoyenneté.

. Le Devoir - Comment répondre au philosophe Charles Taylor
Le professeur et philosophe Charles Taylor a soumis à la discussion publique un argument qui a été repris par plusieurs intervenants dans le débat sur le projet de loi 21 du gouvernement Legault. Cette idée proclame que c’est l’État qui doit être laïque et non ses représentants, autrement dit que les institutions sont laïques et que le personnel de ces institutions conserve le droit de manifester, pendant le travail, ses convictions religieuses par des signes ostentatoires. Cette assertion péremptoire semble, à première vue, respecter la logique, mais si on fouille un peu, on peut se demander si elle passe le test du réel. Ce raisonnement pèche par un formalisme qui déforme les faits. Concrètement, que veut dire la distinction entre l’école et l’institution ? Le sectionnement du concept d’école, découpé comme un saucisson, est un tour de passe-passe qui permet de s’afficher pour la laïcité alors qu’on est profondément contre. L’école publique, dans les faits, comprend tous les aspects cités plus haut et, si elle doit être laïque, elle le sera dans sa totalité.

. Challenges - Emploi, politique : pourquoi la parité est le talon d’Achille du Japon
Placée sous le signe de l’ouverture du Japon, la nouvelle ère "Reiwa" qui commence le 1er mai fera-t-elle évoluer la société vers une plus grande égalité entre les femmes et les hommes ? Selon ce critère, le pays fait pour le moment plutôt mauvaise figure. D’après le dernier classement Global Gender Gap du World Economic Forum (WEF), l’Archipel se place…au 110e rang mondial, sur 149 pays classés. Pas très glorieux pour une puissance de 127 millions d’habitants qui fait partie du club des pays les plus riches de la planète, et à ce titre se prépare à accueillir pour la première fois de son histoire le sommet du G20, à Osaka, les 28 et 29 juin prochains. Et pourtant, les Japonaises ne sont pas au ban de la société, loin de là, puisqu’elles ont largement accès à l’éducation, comme en témoigne le 65e rang que le Japon occupe selon ce critère, et qu’elles bénéficient de soins de qualité, le pays se classant au 41e rang mondial sous le prisme de la santé. C’est donc leur présence dans le monde économique, critère selon lequel le Japon n’occupe que la 117e place, ainsi que leur représentation dans les instances de décision politiques (125e place) qui tire le pays vers le bas.

. Mediapart - En Afghanistan, quand la photographie et le droit des femmes ne font qu’un
Née et élevée en Iran de parents afghans, la photographe Fatimah Hossaini, 25 ans, a déjà exposé dans plusieurs villes d’Iran et d’Afghanistan, mais aussi en Europe. Par la photographie, elle souhaite montrer que son pays d’origine ne se limite pas à la guerre et aux femmes en burqa. Son envie de photographier l’Afghanistan est alors venue naturellement, il y a 6 ans. "Ma mère m’a toujours parlé d’un pays rempli de beautés et de mille merveilles quand la guerre n’était pas." Pourtant, quand elle va en Afghanistan pour la première fois, Fatimah Hossaini rend compte d’une réalité bien différente : c’est un pays d’après-guerre fractionné et communautariste qui la frappe de plein fouet. Mais ce sont les restrictions imposées aux femmes qui lui donneront envie de s’engager pour la défense des femmes. Elle pointe du doigt l’influence désastreuse qu’a eue l’arrivée des Talibans en Afghanistan, suite à quoi les femmes ont été contraintes de porter la burqa, ont été privées d’éducation, et les hommes ont obtenu un pouvoir immense sur la liberté des femmes.

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Mis en ligne sur Sisyphe, mai 2019



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