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mardi 10 juin 2008

Y aurait-il des femmes plus aptes à la liberté que d’autres ? Réponse à Françoise David

par Micheline Carrier






Écrits d'Élaine Audet



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Dans une mise au point récente (Le Devoir, 2 juin), Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, invoque l’intégration pour justifier un symbole de soumission des femmes, en l’occurrence le port du voile islamique chez des employées de l’État, y compris des enseignantes, ainsi que chez des élèves de niveau primaire. Le rapport Bouchard-Taylor fait des recommandations en ce sens.

F. David dit que, dans le contexte actuel, "le vrai danger vient du député Ken Epp - conservateur et chrétien - qui propose un projet de loi (C-484) ayant manifestement pour but de faire reculer dangereusement les femmes canadiennes en matière d’avortement ?" Bien avant la porte-parole de QS, des féministes ont sonné l’alerte sur le projet de loi C-484. Comme nous sommes capables de voir venir plus d’un danger à la fois, ce projet inspiré par Pro-Vie ne nous empêche pas de constater le recul que représente le voile islamique dans une autre sphère. Il y a fort à parier, d’ailleurs, que les intégristes islamistes canadiens approuvent le projet de Ken Epp. Une tentative de recriminaliser l’avortement et le marquage des femmes dans l’espace public par le voile, le hijab ou la burqa s’inscrivent dans la même logique : dans l’un et l’autre cas, des intégristes (catholiques et islamistes) veulent contrôler le corps et la sexualité des femmes (que certaines soient "consentantes" démontre le succès de l’entreprise). Le principal symbole islamique de la soumission a pour but de "faire reculer dangereusement" les libertés des femmes, comme le projet de loi C-484 peut faire "reculer dangereusement" leur droit de décider de leurs grossesses. Alors, si l’on veut défendre la liberté de TOUTES les femmes, il faut dénoncer l’un ET l’autre.

"Entendons-nous bien, poursuit F. David : il ne s’agit pas ici d’accepter le voile intégral qui ne laisse voir que les yeux - et encore ! - dans la fonction publique ou parapublique, car ces vêtements empêchent toute forme de communication normale." On ne voit pas, selon son bref argumentaire, ce qui peut l’interdire. Il est question de la superficie variable d’un tissu qui couvre "ce sein que l’on ne saurait voir", et dont la symbolique et les mobiles sont identiques pour le voile et pour la burqa : à des degrés différents, les deux servent à marquer le corps féminin comme danger public pour les hommes, et à justifier la discrimination et le contrôle de la vie des femmes. En outre, si une femme estimait que son identité et son intégration passent par la burqa dans les services publics, comme d’autres estiment qu’elles passent par le voile ou le hijab, que répondrait-on ? En empruntant un autre argument de F. David, demandons-nous aussi pourquoi nous nous "passerions du talent" des femmes portant la burqa davantage que de celui des femmes portant le voile ? (Le talent ne peut-il pas s’exercer sans afficher des symboles dits religieux de soumission ?) Quant à la "communication", certaines femmes pourraient affirmer mieux "communiquer" en étant "protégées" par une prison de tissu. Enfin, selon l’argument classique, l’école pourrait peut-être donner aux femmes porteuses de la burqa (comme à celles qui portent le voile ou le hijab) les moyens de secouer le joug de l’oppression ? Sous l’angle du relativisme et de l’individualisme, tout peut se justifier.

Un prêche familier

Le prêche condescendant du relativisme culturel et religieux, qui se pose parfois comme détenteur de sagesse universelle, rappelle le sermon dominical des curés d’autrefois : "Nous devons être à l’écoute des femmes, de toutes les femmes, dit F. David, y compris celles qui veulent partager notre devenir tout en continuant de porter des valeurs qui paraissent bien traditionnelles aux Québécoises de la majorité. Cela durera un temps. Faisons-leur confiance." "Être à l’écoute" a remplacé "Aimer son prochain". Ce qui n’a pas changé, c’est que les femmes aujourd’hui comme hier se trouvent flouées par des préceptes arbitrairement mis en application. Soyons à l’écoute de toutes, mais résignons-nous à ce que certaines soient plus discriminées et moins égales que d’autres. Le curé affirmait l’égale dignité du riche et du pauvre, mais il incitait les pauvres à la résignation plutôt qu’à la révolte.

Nous devons avoir l’oreille sélective, F. David et moi, car nous n’entendons pas les mêmes voix, ou plutôt, nous ne sommes pas interpellées par les mêmes. L’une entend surtout celles qui endossent le symbole de leur soumission, en se sentant (ou se disant) ostracisées si l’on remet en question l’utilisation politique que les intégristes font de ce symbole. L’autre entend surtout la voix de celles qui se réclament, comme les autres Québécoises, libres de tout carcan religieux et politique, et qui expriment parfois leur découragement devant la discrimination cautionnée par l’individualisme et la culture. Ces dernières reprochent parfois aux féministes de ne pas les soutenir dans leur combat contre l’intégrisme. Il est vrai que trop peu de féministes québécoises semblent conscientes que le sort des femmes d’ici est lié au sort des femmes du monde, et vice versa (1), et, par conséquent, de l’importance de ne pas céder de terrain aux divers intégrismes religieux et politiques au sein des sociétés démocratiques. "Quand j’entends Mme David de Québec solidaire se gargariser de grandes envolées sur le féminisme et la solidarité et en même temps soutenir le voile, j’ai simplement envie de pleurer, écrit une Québécoise originaire de Kabylie (Algérie). Quand les intellectuels en Occident démissionnent, que peuvent espérer les femmes, là-bas ?" (2)

Les intégristes islamistes - parmi lesquels des femmes portant le voile - se servent de ce symbole et tirent profit de cette "démission" pour gagner du terrain contre les droits des femmes : "Elles ont même réussi à s’approprier le discours féministe occidental et à l’adapter à leur idéologie. Il s’agit d’une ruse, d’une escroquerie intellectuelle que les islamistes manient très bien pour détourner le débat de l’essentiel, à savoir que le voile reste un signe de discrimination et de minorisation des femmes. Elles ont réussi à développer toute une rhétorique autour du voile en empruntant à l’Occident les notions de liberté et de libre-arbitre. » On ne peut faire grand-chose sur le plan individuel, admet cette femme, « mais à titre collectif, ma foi, il est temps d’affûter ses arguments et d’oser s’attaquer à l’essentiel, c’est-à-dire les idées. Le voile n’est pas un simple habit : c’est un étendard idéologique. Derrière le voile se cache non pas une violence physique (...), mais une violence symbolique. Si l’on est d’accord sur l’universalité des droits des femmes, alors, je ne comprends pas cette frilosité à l’attaquer (le voile) au nom d’un relativisme culturel ou de pluralité de points de vue. Ce n’est pas le voile qui menace (...), mais la mollesse des débats féministes, la perte de sens, le manque d’affirmation des idéaux et justement les dérives de ce féminisme folklorique où il suffit de prononcer le mot patriarcat pour être promu féministe." (3)

La présidente du Muslim Canadian Congress, Farzana Hassan, notait en octobre dernier que même la burqa est aujourd’hui “sanctifiée“, tant par les forces conservatrices islamistes que par la gauche occidentale, qui l’endosse au nom du multiculturalisme, en faisant l’impasse sur ses antécédents historiques (4). Rosie DiManno, chroniqueure au Toronto Star, constate : "Ainsi, plusieurs décennies après la refonte des droits de la personne provoquée par l’émancipation sociale des femmes, les féministes les plus aguerries et les plus combatives marchent sur des œufs et hésitent à lancer la pierre. Le dieu du multiculturalisme, réincarné en un avatar autorisant une interprétation radicale des impératifs religieux et culturels, transcende l’égalité des sexes." (5)

Par quelle gymnastique intellectuelle en arrive-t-on à légitimer le port de symboles inventés par des intégristes religieux pour inférioriser les femmes, et en même temps à se dire solidaire de celles dont les mêmes intégristes menacent la liberté, tout en prétendant qu’il s’agit d’une position féministe ? Le fait d’accepter que des femmes (ou des hommes) puissent avoir des droits différents, "à la carte", en fonction de leur culture et de leur religion, me semble une forme de racisme. En commentant la mort de la jeune torontoise Aqsa Parvez aux mains de son père pour cause d’insoumission aux règles islamiques, les universitaires ontariennes Haideh Moghissi et Shahrzad Mojab faisaient remarquer : "Tergiverser devant des pratiques culturelles nuisibles, comme le font des gens de la gauche et des féministes, c’est tolérer pour les autres ce qui est intolérable pour "nous". Cette attitude encourage le contrôle patriarcal des femmes qui n’ont pas eu la chance d’être nées blanches et occidentales." (6)

Et pour finir, ce cri du cœur : "Je suis si admirative du combat de la femme occidentale pour sortir de la nuit religieuse, écrit l’internaute québécoise originaire de Kabylie (Algérie) à un donneur de leçons professionnel.* Permettez que je nourrisse cet espoir pour les miennes, dont je connais la réalité dramatique un peu mieux que vous ! Y aurait-il des femmes plus aptes à la liberté que d’autres ?" (7)

Notre engagement

Vient un temps où il faut faire preuve de cohérence et mettre fin aux tergiversations. On ne peut contenter tout le monde et son père, il faut choisir ses alliances, au risque de déplaire. Si l’on se prétend opposé à toute forme d’intégrisme religieux et politique, on ne saurait approuver des stratégies et des modes d’expression intégristes. Si l’on se prétend solidaire des femmes du monde entier, on ne saurait soutenir des positions qui font l’impasse sur les menaces à la liberté et aux droits des femmes au nom de la culture et de la religion.

Sisyphe a publié depuis 6 ans de nombreux articles, commentaires, appels à pétition et à interventions diverses pour soutenir des femmes du monde entier soumises à des lois et à des comportements intégristes. Depuis, plusieurs femmes ont été tuées en défendant des libertés aussi élémentaires que le droit de manifester dans la rue sans voile et de s’exprimer publiquement. En tant que féministes, nous nous sentons liées au sort de ces femmes, non seulement au sort des Québécoises natives d’ici ou d’ailleurs qui jouissent d’un contexte social et de droits démocratiques. Nous défions tous les motifs religieux ou prétendus religieux et culturels invoqués pour justifier l’infériorisation des femmes découlant des rapports de domination d’un sexe sur l’autre. Peu importe que certaines "consentent" à l’oppression. Dans d’autres domaines, l’expérience nous a appris que de nombreux facteurs influencent et restreignent le consentement ou le libre choix. Il en va ainsi quand on invoque la liberté de religion ou la culture pour imposer à une société ou à certain-es de ses membres des valeurs sexistes et antidémocratiques. Si quelqu’un voit du racisme ou de l’islamophobie dans notre position, qu’il s’arrange avec ses perceptions personnelles (ou les confie aux commissaires Bouchard et Taylor).Lire de nombreux textes dans les rubriques "Femmes du monde" et "Démocratie, laïcité, droits et religions".

Notes

1. "Un féminisme gangrené par le relativisme".
2. Sur l’annulation d’un mariage pour non virginité.
3. Propos d’une femme sur une liste féministe. "Un féminisme gangrené par le relativisme".
4. "The sanctification of the burka", Toronto Star.
5. "Maintenir notre engagement envers toutes les Aqsa Parvez"
6. Haideh Moghissi and Shahrzad Mojab, Of "Cultural" Crimes and Denials Aqsa Pervez, Znet, January 08, 2008
7. Sur l’annulation d’un mariage pour non virginité. * Qui s’emploie sur des listes à empêcher des propos critiques sur l’intégrisme islamiste en accusant systématiquement leurs auteures d’être antimusulmans. Et il dit défendre les droits des femmes.

Mis en ligne sur Sisyphe, le 4 juin 2008


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Micheline Carrier
Sisyphe

Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet.



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    rép: Michaël Lessard
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  • >Réponse à M. Carrier
    22 juin 2008 , par Fernand Cloutier   [retour au début des forums]

    Avant 1960, 90 % des immigrants du Québec étaient européens, blancs, chrétiens et fréquentaient l’école anglaise. Aujourd’hui, 80 % des immigrants québécois ne viennent pas d’Europe, sont souvent foncés, pas chrétiens et fréquentent l’école française. D’une politique d’assimilation des immigrants, nous sommes passés à une politique d’intégration des immigrants. De la peur de l’étranger ou du sentiment de supériorité nous en sommes rendus au stade de la confiance en soi et de l’attitude d’ouverture à l’égard des autres. Or la volonté d’interdire le voile au nom de la lutte contre l’oppression des femmes, comme le suggère Micheline Carrier du groupe Sisyphe, nous ramène à une forme d’intégrisme. Nous connaissons l’intégrisme religieux de certains pays musulmans. Nous connaissons moins l’intégrisme républicain à la française. Ce sont ces principes que reprend Micheline Carrier dans son article au titre révélateur « Un non absolu au voile » La Presse, 11 juin 2008. C’est bien d’absolutisme dont il est question dans l’interdiction du voile. Quelle différence, au fait, entre l’interdiction du voile dans certains pays et l’obligation de le porter dans d’autres pays ? L’argument de Carrier est noble : lutter pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Le principe sous-jacent est moins drôle : comme le voile est un symbole de l’oppression des femmes, celles qui choisissent de le porter sont de pauvres aliénées inconscientes. En clair, Carrier, comme membre de l’avant-garde éclairée, sait mieux que le peuple ce qui est bon pour le peuple. On reconnaît ici l’héritage de la pensée jacobine ayant mené à la dictature après la Révolution française.

    Au fait, faudrait-il que les femmes voilées se changent en blondes décolorées au décolleté plongeant ? Carrier ridiculise Françoise David de Québec-Solidaire qui mise sur la tolérance comme facteur d’intégration des femmes voilées. Seulement 15 % des femmes musulmanes portent le voile. En revanche, ce sont elles qui sont le plus victimes de la discrimination sur le marché du travail. Nous voilà bien loin du péril de l’intégrisme religieux. Les faits nous inclinent à penser que les femmes qui portent le voile, malgré tout, sont habitées de solides convictions religieuses et culturelles. Nous pouvons ne pas partager leur conviction, mais qui sommes-nous pour leur dicter la marche à suivre ? Ce n’est pas non plus en les forçant de manière brutale à renier leur passé que nous allons mieux les intégrer. Pensons juste à ces jeunes femmes voilées pratiquant un art martial traditionnellement réservé aux hommes, sommées de choisir entre leur amour du sport et l’amour de leur religion. Après leur éviction de la compétition sportive, ce sont les intégristes de tout bord qui se sont réjouies. Françoise David a raison, la tolérance est un puissant facteur d’intégration. En étant tolérants et en reconnaissant les autres comme ils sont, nous pouvons être plus égaux. Nous pouvons être égaux et différents.

    Fernand Cloutier, Collège Rosemont

    • Fantasia
      22 juin 2008 , par
      Micheline Carrier   [retour au début des forums]

      Il y a pas mal de fantaisie dans votre interprétation de mes propos, Monsieur. D’abord, vous n’avez lu que l’extrait de La Presse, que le journal a coiffé du titre "Non absolu au voile". À partir de ce titre inapproprié, vous avez élaboré des théories sur ma position et prétendez que je tourne F. David en dérision. Ainsi, ne pas partager l’opinion de la porte-parole de QS serait la tourner en dérision ? Drôle de conception de la démocratie et de la liberté d’expression.

      « L’argument de Carrier est noble : lutter pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Le principe sous-jacent est moins drôle : comme le voile est un symbole de l’oppression des femmes, celles qui choisissent de le porter sont de pauvres aliénées inconscientes. »

      Le principe sous-jacent au principe de l’égalité des sexes est plutôt qu’il concerne les personnes de toute origine ethnique et religieuse, et qu’il ne saurait y avoir des femmes moins égales que les autres du seul fait que leur culture ou leur religion en décide ainsi.

      [Répondre à ce message]

    le dilemme
    12 juin 2008 , par Gwelwen   [retour au début des forums]
    *L’islam qui fait peur

    En premier lieu, ne serait-il pas important de remettre une dose d’intimité dans l’islam ?
    Vous avez raison Mme Carrier, dans votre texte, de dire que le voile a une valeur et une violence symbolique, qui s’écarte de la sphère privée.

    Mais, la religion est aussi de l’ordre de l’intime, et qu’il revient à chacun de définir sa relation spirituelle avec soi-même.

    Il faut accorder à ces deux aspects une même attention, car l’humain raisonne autant face à lui-même que face aux autres.

    Il est d’ailleurs vrai que la rhétorique du libre arbitre des femmes voilées est fallacieux dans le sens où leur choix fondamental serait d’abandonner une partie de leurs raisonnements personnels au profit de la stabilité d’une structure sociale. Ce qui est en gros le choix de ne plus avoir le choix.

    Mais là où je rejoins Mme David, c’est que refuser le voile pose le risque de refuser des personnes. Il y a alors un risque d’exclusion et de monter du communautarisme. Ce genre d’effet de marginalisation peut être très dommageable pour notre société.
    Après tout, qui des deux est la plus susceptible de relativiser l’importance du port du voile, entre la femme travaillant voilé aux cotés de chrétiens et d’athées, ou la femme voilée restant en vase clos dans une communauté à caractère religieux ?
    À ce niveau, je suis tout à fait d’accord avec Mme David que l’important est de construire des ponts et d’éviter de tomber dans la confrontation avec une soit-disant islam qui fait peur*

    L’autre coté du dilemme c’est que, comme Mme Carrier l’a bien dit, le voile revêt aussi une violence symbolique. Ca expose une idéologie qui sort du cadre de l’intime et qui se veut, dans certaines parties du monde, en guerre ouverte contre les autres modèles sociaux. Ca nous rappelle que sous ce voile se cache l’indifférence de femmes algériennes, bien cachées dans les convenances sociales et religieuses du pays, alors que d’autres femmes se font lapider dans la rue d’Algérie pour avoir porté une jupe trop courte.

    Donc notre choix en tant que société n’est pas simple. Doit-on accepter l’intégration progressive de certaines femmes, au risque de se blesser moralement en ayant l’impression de cautionner quelques choses qui va contre nos valeurs profondes ? Ou doit-on ne pas concéder face à cette violence symbolique, au risque d’aider à creuser le faussé entre ces communautés religieuses et le reste de la société ?

    De mon bord je crois surtout que dans ce dilemme, entre la confrontation et la mise en veilleuse de nos valeurs pour être plus consensuelle, il faut avant tout éviter les deux extrêmes.

    Les islamistes nous montrent bien que la radicalisation n’est que rarement une solution.

    Prendre exemple sur le Shah d’Iran
    11 juin 2008 , par elisseievna   [retour au début des forums]

    Le débat tel qu’il apparait ici est completement faussé par l’ignorance de l’islam et de ses lois.
    Parmi les musulmanes, il y en a qui sont contraintes au voile, mais il y en a aussi quantité qui le portent parce qu’elles adhèrent au projet impérialiste de l’islam.

    Le voile est une arme psychologique dans ce projet.

    Le devoir de tout musulman-e est de se battre jusqu’à ce que le monde entier soit musulman, et le coran promet de fortes récompenses ici bas aux vainqueurs :
    Des femmes comme des hommes sont tentées – comme nous avons été tentés en Europe par d’autres fascismes – par ce projet de domination fasciste esclavagiste et exterminateur, et c’est pour cela qu’elles portent le voile.

    Voici ce que
    dit un ex ministre musulman :
    " Allah vous a choisi pour l’appel et les conquêtes militaires des capitales du monde entier"
    "Très bientôt Rome sera conquise, comme Constantinople l’a été."
    "" Les conquêtes islamiques se propageront dans l’Europe toute entière, et les deux Amériques et l’Europe de l’Est"
    "Je crois que nos enfants et nos petits enfants hériteront de notre jihad et de nos sacrifices, et les commandants de ces conquêtes viendront de leurs rangs"

    En disant cela je ne veux déclencher aucune haine, MEME envers les « islamistes », mais nous avons le DEVOIR de combattre leur projet barbare.

    Que l’on pense à nos enfants, à nos filles, ou que l’on pense charitablement aux femmes musulmanes qui devraient d’abord s’aider elles-mêmes en rejetant l’islam, ou que l’on pense encore plus charitablement aux « islamistes » elles memes : Dans tous les cas, et dans l’interet de tout le monde :
    si on sait ce qu’est la loi islamique, il faut PRENDRE MODELE SUR LE SHAH D’IRAN : le shah d’iran avait INTERDIT LE VOILE PARTOUT !!!

    Voilà à quoi se résume le débat : veut on lutter oui ou non pour que JAMAIS nos enfants ne soient soumis à la loi islamique :
    si oui , alors il faut combattre tout ce qui renforce l’islam, donc il faut interdire totalement le voile, les barbes etc.

    Pour le voile, oui mais...
    11 juin 2008 , par Paul Laurendeau   [retour au début des forums]
    Athée, rationaliste et… solidaire de ma compatriote au hidjab

    Je suis pour le voile, modulo quelquechose...

    > Réponse à Françoise David
    11 juin 2008 , par Nora Taouche   [retour au début des forums]

    Bonjour,

    Il serait attendu de Mme David une analyse plus fine et plus en profondeur sur les 2 points qu’elle a soulevés dans son intervention :

    - 1. Les significations et, surtout, la portée et les enjeux de ce vêtement qui est un véritable « outil » de « marquage » identitaire, idéologique et même politique !

    Ce que Mme David occulte c’est que, derrière ce voile, il y a non seulement la « soumission volontaire » de la femme, ayant volontairement intériorisé l’idée que le corps de la femme renvoie au péché originel, mais aussi des enjeux liés à l’islamisme actif qui, en contexte où il ne peut pas user de violence, mise beaucoup sur l’aspect culturel, au 1er plan duquel se trouve....les femmes !

    Beaucoup de leaders islamistes se servent de ces femmes voilées pour avancer leur agenda politique, qui est celui de garder en otage la « communauté » pour servir de monnaie d’échange. Mme David doit sûrement connaître l’idéologie islamique basée sur un hadith : « la femme est le ventre mou de la ouma (la « nation islamique »).

    Alors quand elle parle d’accepter le voile pour sortir ces femmes du ghetto, elle est à mille lieues de la réalité !

    - 2. L’intégration au marché de l’emploi des immigrantes « musulmanes » (ou identifiées comme telles).

    Je ne sais pas qui cherche-t-elle à convaincre en arguant l’acceptation du voile pour mieux intégrer « ces » femmes. Déjà que l’immigrante lambda, BCBG, inodore et incolore, a du mal à se frayer une place, que dire d’une porte-étendard.

    L’honnêteté voudrait que Mme David dise à ces femmes : vous êtes « immigrantes » (quoiqu’il y a parmi les femmes voilées des « pures-souches »), c’est déjà difficile pour vous. Avec un voile, ça l’est encore plus !

    Au lieu de cela, elle préfère gérer « les dommages collatéraux » de l’aliénation religieuse et, surtout, faire de l’esbrouffe politique et intellectuelle dans l’espoir de récolter quelques voix, je suppose.

    Elle est d’ailleurs si confortable dans sa modernité à 2 vitesses, ses contradictions et sa condescendance pitoyable : « Comme nous, elles cherchent le chemin de leur émancipation. Dans leurs communautés, des voix s’élèvent déjà pour réclamer l’application d’un islam moderne et non discriminatoire. Poursuivons le dialogue, c’est la seule voie de la construction d’un Québec moderne et ouvert aux différences. »

    Mme David lutte pour un Québec où des Québécoises majoritaires seraient modernes et émancipées. Et un Québec avec des Québécoises dont l’émancipation serait soumise au bon vouloir de « leurs communautés ».

    Dans d’autres lieux, à d’autres moments de l’Histoire, cela s’appelait le 1er et 2e collège !

    Au fait, que pense Mme David du voile imposée aux petites filles, même pas encore pubères ?

    Nora

    > Réponse à Mme Machouf
    11 juin 2008 , par Micheline Carrier   [retour au début des forums]

    Chère madame Machouf,

    Pendant 7 ans, j’ai eu comme voisine d’appartement une famille de Québécois d’origine turque. Comme la plupart des femmes, Madame x allait travailler ou faire son épicerie librement et tête nue, parfois en jupe aux genoux et en blouse à manches courtes. Nous "voisinions" un peu, car mes chats fascinaient grandement ses deux petites filles. Il arrivait aussi que nous échangions des services (et quand ils ont eu un problème de réservoir d’eau à 5h du matin, c’est à moi qu’ils se sont adressés pour les aider à expliquer au téléphone la situation d’urgence au propriétaire). Jusqu’à ce que surgissent la question des tribunaux islamiques dans les médias et la montée de l’islamisme politique dans son pays d’origine, cette femme me semblait très bien intégrée. Un jour, elle s’est mise à porter un foulard et on ne lui voyait que le visage et les mains. Les petites filles venaient toujours voir mes chats, mais leur mère était devenue mal à l’aise et fuyante lorsqu’on se rencontrait. Je n’aurais jamais fait de remarque sur son foulard ni sur rien à cette voisine, mais je me suis interrogée sur son choix réel d’effectuer un tel changement.

    Je mentionne cette anecdote pour rappeler que F. David parle de tolérer le foulard islamique dans les institutions publiques (et elle a nommé l’école) sous prétexte de l’intégration, et que c’est à cela que je répondais, pas à toute intervention auprès des femmes qui portent le foulard ailleurs (bien que je considère que ce foulard ait été conçue pour les marquer comme inférieures et danger public face aux hommes). Les institutions laïques, en particulier l’école primaire, n’ont pas à autoriser des symboles qui transmettent des valeurs contraires à l’égalité des femmes avec les hommes.

    « Pensez-vous que les femmes vont toutes l’enlever parce que vous en avez décidé ainsi ? » C’est à l’État d’en décider ainsi s’il veut être cohérent. Il dit défendre des valeurs d’égalité et laïques, il n’a donc pas à offrir des symboles d’infériorisation des femmes à l’école ni des symboles religieux d’aucune sorte. Si c’est une décision de l’État, toutes les citoyennes la respecteront, comme elles respectent la règle de payer des impôts quand elles travaillent. L’État agirait "intelligemment", selon moi, s’il empruntait cette voie. C’est la laïcité des institutions qui favorisera l’intégration de toutes et de tous, indépendamment des cultures et des religions. À cet égard, je suis d’accord pour ne pas afficher de crucifix ou d’icônes catholiques ou chrétiens dans les lieux collectifs qui représentent tous les citoyens et citoyennes, comme écoles, mairies, Assemblée nationale, etc. Et je ne vois pas pourquoi on offrirait des lieux de prière dans les collèges et les universités, au travail. Chacun-e peut prier chez soi et dans ses propres lieux de cultes.

    Vous dites : « Les femmes voilées vont se voir refuser l’accès au marché du travail et à l’éducation, pendant que les hommes intégristes eux, vont continuer leur éducation et s’intègreront au marché du travail et par conséquent vont augmenter leur pouvoir de domination sur ces femmes que l’on a délibérément confiné chez elles - parce qu’on voulait les libérer du voile ! » Le voile est-il indispensable pour apprendre les mathématiques, les langues et les sciences, et pour travailler ? Ne pensez-vous pas que l’intégration comporte aussi une part de responsabilité des individu-es et leur volonté de s’intégrer et de respecter les valeurs de la société dans laquelle elles et ils vivent ? Si elles sont si peu nombreuses, comme vous le laissez entendre, Mme David et vous, à afficher ou à vouloir afficher ce symbole intégriste, pourquoi ne pas leur demander d’y renoncer pour faciliter leur intégration au marché du travail et à la société dans le respect de valeurs égalitaires ? Bien des gens sacrifient autre chose pour pouvoir étudier et travailler.

    Mme David a dit accepter le foulard comme moyen d’intégration, mais pas la burqa. J’ai poussé son argument au bout en affirmant que certaines pourraient se dire mieux intégrées avec la burqa. L’argument de l’intégration ne tient pas pour les femmes récemment converties à l’islam. Elles sont déjà des Québécoises bien intégrées. Je ne vois pas en quoi il est "malhonnête et déplacé" de rapppeler le sort de Aqsa Parvez morte parce qu’elle refusait de se soumettre aux codes intégristes. Mme David soutient que les femmes sont libres de porter le voile islamique, j’ai voulu rappeler qu’elles ne sont pas toujours libres et ce qui arrive à certaines lorsqu’elles résistent, ici même chez nous, pas seulement en Iran ou ailleurs. Si vous relisez bien, je disais que nous ne sommes pas interpellées par les mêmes voix, et je citais des exemples. D’après des sources, Aqsa Parvez n’était pas la seule à résister, mais toutes n’ont pas subi des représailles aussi extrêmes. Il faut se souvenir des victimes de l’intégrisme islamiste ou catholique autant que des victimes de Polytechnique ou des centaines de femmes tuées chaque année par des conjoints agresseurs. Il s’agit de crimes de la même culture patriarcale. Étrangement, on entend peu de voix féministes au Québec dénoncer la violence et l’oppression patriarcale chez des personnes de communautés culturelles différentes alors qu’on dénonce chaque semaine des cas de violence et de discrimination chez des Québécois "de souche". On ne se prononce pas ou on le fait en privé, parce qu’on a peur de passer pour racistes. J’aurais aussi pu rappeler que la députée Fatima Houda-Pépin a reçu des menaces de mort après avoir fait adopter à l’Assemblée nationale une loi interdisant les tribunaux islamiques au Québec, et qu’elle a en reçues pendant la dernière campagne électorale. J’aurais pu rappeler l’article menaçant contre les femmes qui ne portent pas le voile publié sur le site d’un groupe musulman de Montréal. Les "cas isolés" additionnés ne doivent pas être banalisés.

    Toutes libres ici de porter le voile islamique ? Je continue d’en douter. Les dissidentes ne seront pas encouragées à s’exprimer publiquement puisqu’elles sont toutes censées être entièrement libres de porter ce symbole d’infériorisation des femmes. L’islam et les musulmans ne m’inquiètent pas, ce qui m’inquiète, c’est la quasi interdiction de les interpeller et de critiquer la misogynie de l’islam alors qu’on ne se prive pas de critiquer celle des autres religions. Ce qui m’inquiète le plus, c’est l’écoute et le respect que reçoivent, de la part de gens dits de gauche, les éléments islamistes intégristes et leurs symboles dans des sociétés qui se disent progressistes. Par ailleurs, je n’ai pas taxé Mme David de "féminisme folklorique". C’est une expression utilisée par une Québécoise d’origine algérienne, que je cite entre guillemets, pour qualifier le féminisme québécois qu’elle trouve (avec raison) mou. "Partisane du voile" : oui, dans le contexte où l’on en discute, Mme David l’est, c’est l’objet de son intervention au Devoir. "Relativisme culturel" : c’est évident, quand on invoque la culture pour justifier des exceptions et l’acceptation de comportement culturel ou religieux (ici le port du voile dans des institutions publiques), comment nommer cela autrement ? "Changé d’opinion et de religion ces derniers temps" : rien dans mon article ne suggère cela. Mais oui, je trouve le ton de Mme David condescendant dans son article au Devoir, comme l’était celui des curés disant attendre le retour des brebis égarées, qui reviendront bien au bercail si on est patient (n’interdisons pas le voile à l’école et autres institutions publiques, elles l’abandonneront bien un jour). Il s’agit de faire des choix laïques pour l’ensemble de la société, pas d’accommoder certaines personnes pour des motifs religieux ou politiques. Ça commence par le voile, ça continue par la séparation des sexes dans les activités communes, parce que des hommes ne sauraient voir des femmes de leur communauté en costume de bain dans des piscines ou que d’autres trouvent scandaleux qu’un homme médecin examine leur épouse, leur fille ou leur soeur, et d’autres que leurs épouses prennent des cours prénataux en compagnie d’hommes.

    Du ressentiment à l’endroit de Mme David ? Alors ça, c’est du folklore. J’ai déjà critiqué certaines idées de tous les chefs de partis au Québec et à Ottawa, pourquoi critiquer certaines opinions de la porte-parole de Québec solidaire sur le port du foulard islamique serait-il davantage du ressentiment, de l’hostilité ou une atteinte à la personne ? F. David et moi ne nous connaissons pas personnellement. J’ai voté pour elle (elle a été candidate dans la ciconscription où j’habite) et j’ai fortement encouragé sur Sisyphe à voter pour QS à la dernière élection québécoise. Mais je ne me suis pas engagée à partager toutes ses opinions, je ne suis pas membre de QS ni d’un autre parti, et je ne fais pas plus allégeance absolue à des personnes qu’à des religions. Je revendique le droit de penser et de m’exprimer librement. Penser librement, est-ce légitime ou du ressentiment ? En tout cas, cela semble assez mal vu, de nos jours, tant des partis politiques que du féminisme québécois, ce dernier étant en quête d’une illusoire, impossible et non souhaitable unanimité comme d’autres sont en quête du saint Graal.

    Cordialement,

    Micheline Carrier

    Il y a t il des fascismes moins fascistes que d’autres ?!
    11 juin 2008 , par elisseievna   [retour au début des forums]
    http://elisseievna.blogspot.com/200...

    Le seul discours feministe autorisé est "non à tous les integrismes religieux, non à l’islamisme, faire l’amalgame avec l’islam est raciste".

    Ce discours INTERDIT d’etudier reellement l’islam.

    Les ouvrages ou articles de feministes ( a part moi et "Naibed") sur l’islam colportent les contre-verites de la propagande musulmane les plus eculees,
    ( par ex le fait de laisser croire que des phrases du coran appellent dans l’islam à la tolerance religieuse)
    visiblement celles qui écrivent cela n’ont pas etudié l’islam avec de vrais islamologues et ne se sont pas donné la peine de l’etudier serieusement avec les ouvrages des musulmans.

    L’islam est une doctrine POLITIQUE qui impose sa domination par la FORCE,
    (dixit la syrienne devenue americaine Wafa Sultan),
    moi je dis que l’islam, etant donne le sort qu’il reserve au non-musulmans, ( cf nombreux exemples d’EXTERMINATION de peuples entiers dans le coran, voir l’autorisation de l’esclavage et du racket contre les peuples non musulman) est la doctrine NAZIE d’aujourd’hui.

    Que les feministes cessent de feindre de s’étonner des attaques des militants de l’islam contre les droits des femmes, car EN INTERDISANT LA CRITIQUE DE L’ISLAM, les feministes sont des COLLABOS du NAZISME d’aujourd’hui !!!

    Et quand je dis "collabos" je suis encore bien gentille, parce que etant donne que la plupart des mouvements feministes ne vivent que de subventions, ou que les feminstes qui publient ou font carriere à l’université, ont bien entendu interet à ne pas pouvoir être "celle par qui le scandale arrive", le mot qui me viendrait pour designer la position des feministes "reconnues" à propos de l’islam c’est : PUTES.

    Le voile pour l’intégration
    10 juin 2008 , par Nimâ Machouf, membre de QS   [retour au début des forums]

    Chère madame Carrier,

    Je lis souvent vos textes et d’habitude je suis assez d’accord avec vos propos, mais cette fois-ci je pense que vous attaquez Françoise David sur des éléments dont vous ne maîtrisez pas et cela se voit dans la façon dont vous argumentez. Permettez-moi de m’exprimer plus clairement.

    Tout d’abord je me présente : je suis membre de QS et je ne suis pas d’accord avec la position de mon parti sur le rapport BT. Je suis également iranienne et j’ai fui la répression islamique en Iran, je suis féministe et athée et trouve les religions très dangereuses.

    Cependant dans votre article j’ai l’impression de ne voir qu’un ressentiment envers FD, qui serait selon vous devenue conciliante, partisane du voile, adepte du relativisme culturelle, féministe folklorique, et j’en passe. À ce que je sache FD n’a pas changé d’opinion ni de religion ces derniers temps et n’a surtout pas défendu le voile, cependant cette question est bien plus compliqué que cela. Le voile est bien plus qu’un tissu à superficie variable. Le foulard et la burqua n’ont pas du tout la même signification bien que les deux soient - et là je suis entièrement d’accord avec vous et je pense que FD le soit également - des symboles de l’oppression de la femme. Mais la différence entre les deux équivaut à l’écart entre la croix portée au cou d’une croyante et le fait de s’enrôler dans les ordres religieux ou même se cloîtrer. Parce qu’en fait la femme qui porte la burqua ou le neghab est cloîtrée, tandis que celle qui porte le foulard pour cacher ses cheveux est très loin du cloître.

    Nous voulons toutes - autant vous que FD ou moi - l’égalité entre les sexes et la mise au rancard de la religion mais il faut trouver le bon moyen et je ne suis pas certaine que l’interdiction du voile soit la meilleure voie. En santé publique, nous avons une stratégie que l’on appelle « la réduction des méfaits », c.à.d quand on ne peut pas abolir une pratique complètement ou rapidement, on essaie d’en réduire les dégâts. Cela implique entre autre de reconnaître l’existence de ces pratiques, et d’accepter de cohabiter avec. Moi, je voie le voile et notre lutte contre le voile de la même manière, d’autant plus qu’une partie des femmes - principalement en occident - qui le portent en font une symbole de fierté, d’affirmation de soi et même de lutte contre l’impérialisme ! En l’interdisant que va-t-il se passer ? Pensez-vous que les femmes vont toutes l’enlever parce que vous en avez décidé ainsi ? Probablement pas, alors que va-t-il se passer ? Comment l’interdiction du voile sera un gage de l’égalité ?

    Les femmes voilées vont se voir refuser l’accès au marché du travail et à l’éducation, pendant que les hommes intégristes eux, vont continuer leur éducation et s’intègreront au marché du travail et par conséquent vont augmenter leur pouvoir de domination sur ces femmes que l’on a délibérément confié chez elles - parce qu’on voulait les libérer du voile ! Allons-nous aussi interdire l’accès à la société civile aux femmes juives qui se rasent la tête et portent des perruques pour les même raisons que les musulmanes se voilent ?

    Pour les jeunes filles la question est différente, nous pouvons, en se basant sur le droit des mineurs peut-être, les empêcher de porter le voile - je ne sais pas faut trouver des solutions qui serviront notre cause, pas des solutions qui nourriraient nos adversaires. À mon avis, la fille voilée qui joue au soccer ou au taekwondo n’a rien d’intégriste, elle se trace un chemin dans la voie non traditionnelle et tôt ou tard enlèvera son voile, ou à défaut de pouvoir le faire elle-même, ses filles ne le porteront certainement plus. Le voile perd de sa vigueur et de sa rigueur chez des gens qui comme elle s’intègrent non pas dans leur petite communauté religieuse, mais à la société canadienne ou québécoise.

    Ceci dit, je suis d’accord pour dire qu’il ne faut surtout pas prendre à la légère la montée de l’islam et de l’intégrisme dans le monde et il faut agir. Mais il faut agir intelligemment ! Pour avoir les effets que l’on souhaite, pas pour faire encore plus monter la ferveur religieuse et nourrir l’intégrisme, il ne faut pas que le voile devienne une « cause ».

    En terminant, je trouve malhonnête et très déplacé de votre part de faire appel à l’exemple du meurtre de Aqsa Parvez dans ce débat. En aucun instant FD aurai cautionné ce meurtre, ou tout autre utilisation de prétexte « culturel » pour soutenir de telles injustices, encore moins l’application des tribunaux religieux !

    C’est du voile, ou plutôt du symbolique du voile, dont il est question ici. Pour le contrer, on a des visions différentes. En fait, ni vous ni nous, n’avons LA solution parfaite pour remettre la religion à sa place qui est dans le privé des gens. Je répète, il faut juste trouver un moyen intelligent pour faire disparaître le voile, ou en fait les voiles. de quelques religions qu’ils soient. Ce n’est pas en se donnant des aires « d’ultra progressiste » que vous allez nous libérer de ce fléau. Proposez des solutions réalistes, faisables et responsables.

    Cordialement,

    Nimâ Machouf

    • > Le voile pour l’intégration
      12 juin 2008 , par Marie-Ève Brissette
        [retour au début des forums]

      Madame Machouf,

      Vous avez écrit : "En santé publique, nous avons une stratégie que l’on appelle « la réduction des méfaits », c.à.d quand on ne peut pas abolir une pratique complètement ou rapidement, on essaie d’en réduire les dégâts. Cela implique entre autre de reconnaître l’existence de ces pratiques, et d’accepter de cohabiter avec."

      Tout en limitant les dégâts, n’essayez-vous pas de corriger les facteurs qui les causent ? Par exemple, supposons que vous soignez des personnes qui ont des problèmes de drogues, en même temps, n’allez-vous pas faire de l’information sur les dangers des drogues, les facteurs qui conduisent des personnes à en être dépendantes, ceux qui en tirent profit, bref les facteurs personnels, sociaux, économiques et politiques ? Vous abstiendrez-vous d’analyser et d’avoir une vision collective parce que vous soignez des individus ?

      [Répondre à ce message]

    Port du voile : Françoise David a raison
    10 juin 2008 , par Marjorie Villefranche   [retour au début des forums]

    Je travaille depuis plus de 20 ans dans le quartier St-Michel de Montréal avec les communautés issues de l’immigration. Je côtoie quotidiennement des femmes québécoises d’origine haïtienne et, de plus en plus, des femmes musulmanes dont plusieurs portent le voile. Ce voile est-il un symbole et un outil d’infériorisation des femmes ? Oui, très souvent. Pourtant je n’ai jamais vu de soumission dans le regard des femmes portant le voile, je vois des femmes qui luttent pour leurs droits et de qui je me sens solidaire. Le port du voile devrait-il empêcher des femmes éduquées, des professionnelles, d’échapper à la pauvreté en travaillant dans le secteur public ? Ma réponse, à l’instar de madame David, est non.

    On le sait, l’intégration des nouveaux arrivants passe surtout par l’emploi. Et on voudrait priver des femmes d’emplois valorisants et rémunérateurs ? Je crois que la culture québécoise peut s’accommoder de la présence de quelques dizaines de femmes portant un voile dans ses institutions publiques. Mon expérience dans mon travail me démontre tous les jours que la rencontre de l’autre est le meilleur moyen d’échanger et de partager des points de vue. Je crois aussi que, bien franchement, nous avons des problèmes bien plus urgents à régler, dont celui du taux de chômage effarant des jeunes Noirs de Montréal et des personnes provenant du Maghreb.

    Marjorie Villefranche,

    Directrice des programmes, Maison d’Haïti

    Un débat bien mal mené !
    9 juin 2008 , par Marie-Sophie Villeneuve   [retour au début des forums]

    Je trouve que le débat entre le relativisme culturel et les féministes - dont je suis - critiquant le port du voile (de la burqua...) est bien mal mené, y compris dans cet article de Sisyphe. Je suis une québécoise, féministe et militante, travaillant en Indonésie, la plus grosse population musulmane au monde. Il y a quelques points, et non les moindre, que j’aimerais souligner.

    Premièrement il n’y a pas LE voile, mais bien DES voiles, qui s’étendent sur un spectre allant de celui imposé aux femmes dans un contexte social de violence, de soumission et d’oppression (la burqua afghane par exemple), à celui choisi librement par des femmes loin de sa valeur symbolique "oppression des hommes par les femmes", mais basé sur la relation entretenue entre ces femmes, individuellement, et Allah.

    Donc considérer la burqua, le hidjab et tous les autres types de voile comme du pareil au même n’est pas un exercice très honnête intellectuellement car il masque cette réalité de la pluralité des voiles et des ports.

    À mon avis, l’on ne peut pas considérer la burqua afghane imposée de la même façon que le voile choisi, par exemple, de Monia Mazigh : Tunisienne, Docteure en finance internationale, candidate aux élections fédérales de 2004, professeure à l’Université d’Ottawa et qui a courageusement lutté pour sortir son mari de la torture (Maher Arar).

    N’en déplaise à plusieurs, Mme. Mazigh n’est pas une exception au Québec, dans le sens où dans ce cas-ci, le port du voile ne s’accompagne pas d’une situation de privation de droits de la personne et de ses libertés fondamentales. Et puis combien de femmes portant la burqua ou voilé des pieds à la tête, visage inclut, avez-vous déjà vu au Québec ?

    Donc il est important de bien connaître la réalité plurielle des voiles, au Québec puisque c’est de ça dont il est question ici, afin de bien adapter les propositions à cette réalité.

    Personnellement, ce qui me dérange dans le port du voile, celui librement consenti par les femmes je veux dire, celui de mes amies et de ma famille musulmanes, bref, c’est que fondamentalement, il renvoit les femmes à des objets sexuels pour les hommes.

    Et la même conception des femmes prévaut en Occident, y compris au Québec : Les médias ne cessent de nous renvoyer une image des femmes comme objets sexuels, mais ici devant être exhibés ! Un coup d’oeil sur le Grand Prix se déroulant actuellement à Montréal suffit pour convaincre les plus rébarbatifs à cette évidence. Des femmes sans nom, sans trait de personnalité distinct, rien que des seins et des visages sexy sur deux jambes.

    Mais mon intention ici n’est pas de détourner l’attention du débat sur "le voile", mais de souligner qu’à mon humble avis, il est extrêmement mal mené au Québec, de part et d’autre, ce qui peut avoir des effets préjudiciables pour les femmmes musulmanes d’ici.

    Car le deuxième point très critiquable est l’idée d’adopter une loi interdisant le port des signes religieux dans les établissements publics, avec l’intention bien sentie derrière de "lutter contre le voile". L’exemple de la loi française sur l’interdiction de ces signes dans les écoles publiques démontre au moins une chose : Dans les faits, les petites et jeunes filles musulmanes se sont retrouvées discriminées par l’application de la loi.

    Je veux dire ici que dans notre volonté de libération, les mesures suggérées risquent fort, dans les faits, d’avoir l’effet contraire pour les femmes musulmanes.

    Donner aux femmes musulmanes sur le marché du travail le choix entre "retire ton voile qui me dérange ou retourne chez vous" est une moyen des plus discutables, tout comme son effet émancipateur, à supposer que ces femmes aient vraiment besoin d’être libérées.

    Pourquoi ne pas supporter financièrement les organisations de femmes musulmanes qui oeuvrent tous les jours pour les droits et libertés des femmes musulmanes du Canada et du Québec ? Elles sont capables de mener le débat sur la question et de trouver des stratégies. Donnons leur le moyen d’avoir une voie forte sur l’espace publique !
    Pourquoi ne pas discuter ensemble d’oppression, de droits, d’exploitation, d’intégrisme et de porno plutôt que de s’entêter à opposer "valeurs québécoises et valeurs musulmanes" ou pire, "valeurs québécoises et intégrisme religieux", comme si "le voile" relevait à tout coup de l’intégrisme. Pourquoi ne pas lier les luttes entre elles ? La jeune fille voilée est-elle vraiment oppressée, et celle habillée comme une starlette porno clamant haut et fort qu’elle fait d’excellente pipe est-elle si libérée ?

    Dans la pluralité de la société québécoise actuelle, quelles modèles de femmes voulons-nous défendre, mettre en valeur, incluant des modèles positifs de femmes musulmanes ?

    Il n’y a pas UN voile, il y en a DES voiles. Et tous les traiter de la même façon produira invariablement de la discrimination et exacerbera les inégalités entre "nous" (femmes blanches du Canada et du Québec) et nos soeurs musulmanes.

    • > Un débat bien mal mené !
      9 juin 2008 , par Chantal
        [retour au début des forums]

      Je trouve que c’est trop simple et peu honnête de toujours ramener les choses à la question du nombre et à des cas individuels. C’est justement un trait du relativisme de se centrer sur l’individu. Qu’elles soient 3, 10 ou 20 avec le voile, un jour, dans les salles de classe, le message est le même : l’introduction d’un symbole utilisé par des radicaux religieux pour marginaliser les femmes. Les femmes portant le voile islamique ici ne courent pas trop de risques de perdre des droits fondamendaux pour l’instant mais qu’en sera-t-il si après le voile, il y a ensuite d’autres moyens de distinguer les femmes ? Et ces femmes ne pensent-elles pas à leurs soeurs à l’étranger qui n’ont pas la protection d’une société démocratique et qui sont maltraitées pour refuser d’être marquées par un signe réservé aux femmes ?

      Quant à la burqa, c’est Mme David qui abordait le sujet et l’auteur de l’article poussait sa logique au bout : si le voile peut être revendiqué comme moyen d’intégration par les unes, pourquoi pas la burqa pour d’autres ?

      Enfin, la position de Mme David face à ce symbole de discrimination des femmes ressemble à la position qu’elle avait sur la prostitution lorsqu’elle était à la FFQ. Une approche individualiste, peu importe pour l’ensemble des femmes touchées par cette question dans le monde. Il y avait une poignée de femmes prostituées qui se disaient satisfaites de "leur métier", voulaient qu’on légalise la prostitution soi-disant parce que ça les protégerait, etc. Et la FFQ de Mme David n’a même pas évalué les conséquences pour l’ensemble des femmes, pour la traite des femmes dans le monde, qui exploite surtout les femmes des pays pauvres. La FFQ de Mme David n’a même pas pu se tenir debout et dénoncer la prostitution comme un système de domination et de contrôle des femmes. Tout ça parce quelques-unes se disent consentantes. On les écoute, mais on ne mesure pas les conséquences pour les femmes sur le plan collectif. Même chose pour le voile. Pourtant, Mme David dit défendre TOUTES les femmes. Son approche essentiellement indidualiste relève du néo-libéralisme qu’elle dénonce dans d’autres domaines.

      Pour moi, qu’il y ait 2, 50 ou 10 000 femmes qui défendent le voile pour des raisons identitaires ou religieuses, ça n’empêche pas qu’il soit un symbole de soumission des femmes comme la prostitution est un système d’exploitation d’autres femmes. Et je crois que l’école doit exclure les symboles religieux et de soumission, car c’est un lieu où les enfants sont perméables aux modèles et aux influences. Les enfants n’ont pas à apprendre que les filles, c’est pas pareil, on peut les soumettre à des règles différentes que les garçons. Ils l’apprendront bien assez tôt, une fois ados et adultes. Les institutions doivent rester laïques, surtout les écoles,

      [Répondre à ce message]

      • > Un débat bien mal mené !
        10 juin 2008 , par Internaute
          [retour au début des forums]

        Je passe sur la critique de Mme. David du temps qu’elle était à la FFQ.

        Par contre, je m’élève encore contre cette adéquation voile = soumission, car la réalité est toute autre. Je suis pour la critique DES voiles, en tant que femme, ça nous concerne toutes.

        Mais je demeure contre la proposition d’une loi pour interdire le port du signe religieux dans les institutions publiques, essentiellement à cause de ses effets discriminatoires pour les femmes musulmanes. La lutte de toutes les femmes ne doit pas passer par la discrimination d’un groupe de femmes sur la base de leur religion, leur statut, leur orientation sexuelle, etc.

        Et les enfants doivent aussi apprendre qu’il existe une pluralité de religions et de croyances dans le monde et, ne vous en déplaise, une grande partie des musulmanes ont choisi personnellement de porter le voile, sans que cela ne leur soit imposé par une quelconque autorité intégriste, familiale, politique ou autre.

        L’institution doit demeurer laïque, absolument, mais je repète que ces lois ont des effets discriminatoires sur les femmes musulmanes et cela est contraire à notre Charte des Droits et libertés. Renseignez-vous sur les effets de la loi française sur les petites filles ! Il y a un équilibre à faire entre le principe - la laïcité - et les droits de la personne (en l’occurence la liberté de religion et la non-discrimination). Si une loi s’applique également à tous mais a pour effet de priver l’accès d’un groupe à un espace public sur la base de son appartenance à une religion, c’est de la discrimination de facto et cela n’a pas lieu d’être au Québec.

        Trouvons d’autres moyens !

        [Répondre à ce message]

        • > Un débat bien mal mené !
          10 juin 2008 , par
          Fatima   [retour au début des forums]

          Et l’inversion de la discrimination, une méthode classique utilisée par d’autres groupes. Ce n’est pas la démocratie et la laïcité qui sont discriminatoires en réclamant d’éliminer les symboles religieux dans les institutions publiques. Les symboles religieux, dont le crucifix à l’Assemblée nationale (ont dit Bouchard et Taylor), sont contraires à la démocratie. Si je peux comprendre et accepter que, sur le plan individuel, des femmes portent le voile islamique (chargé de sens pour les femmes, bien que certaines le nient), il faut que les institutions soient neutres, ne transmettent pas des messages via le prétexte de la religion.

          Je pense aussi que la discrimination et le racisme, c’est de marquer des femmes - et des femmes seulement - par des symboles politiques et religieux. Vous pouvez bien prétendre que la plupart des femmes qui portent le voile islamique au Québec le font librement, elles adhèrent tout de même à une idéologie qui infériorise les femmes. Et ne me dites pas que je ne sais pas de quoi je parle, je vis dans cette communauté et je sais que certaines jeunes subissent les pressions du milieu pour adopter le voile pour raisons identitaires et certaines ont des menaces (voilà pourquoi je préfère ne pas m’identifier complètement ici). Le symbole religieux est un prétexte parce que ça passe mieux dans la population. Mais les motifs sont politiques, comme ailleurs. Je lis mes consoeurs musulmanes d’ailleurs pour trouver la vérité et une véritable défense des droits des femmes. Ici, on s’incline devant les volontés des intégristes. Je ne me sens pas du tout défendue par des organisations féministes, elles nous margilisent à force de vouloir nous distinguer et nous donner un statut différent des autres femmes québécoises.

          [Répondre à ce message]

          • > Un débat bien mal mené !
            10 juin 2008 , par Marie-Sofie Villeneuve
              [retour au début des forums]
            http://alternatives-international.n...

            Je reçois votre point de vue avec beaucoup d’intérêts et d’ouverture, pour m’aider dans ma réflexion. Mon intention n’est pas d’affirmer que les choses sont bien où elles sont en ce qui a trait aux voiles et aux discriminations de toutes natures actuellement vécues par les femmes musulmanes en général.

            J’ai d’ailleurs répété qu’il faut en discuter, et que cette question nous concerne toutes, en tant que femmes, car comme vous le dites, c’est un symbole qui infériorise les femmes. Pour ma part c’est l’aspect "femmes = object sexuel" qui me dérange.

            Mais au-delà des principes, ce sont les effets discriminatoires de la loi qu’il faut considérer avec beaucoup de sérieux : Combien de femmes musulmanes ne pourront plus travailler dans les institutions publiques avec une telle loi et se retrouveront plus vulnérables économiquement ? Combien de petites filles seront transférées dans les écoles privées plutôt que de bénéficier d’une éducation publique gratuite, neutre et pluraliste ?

            Je soutien juste que l’exemple de la Loi française démontre les effets contraires à son intention : Il n’y aura pas moins de pressions pour le voile ni plus de libertés pour les femmes musulmanes au sein de leur communauté. C’est juste que nous ne verrons plus ces femmes dans les institutions publiques et qu’elles risquent de voir leurs libertés diminuées.

            Je n’inverse pas la discrimination. Les effets observés à ce jour de la Loi française prouvent ce que je dis : Les petites filles françaises et musulmanes ne sont pas plus libres et ne vivent pas plus dignement, au conraire (voir lien ci-dessous).

            L’application d’une telle loi au Québec signifierait que l’école devra expulser les enseignantes et les écolières qui refusent ou ne peuvent pas enlever leur voile.

            Wow ! Vous pensez franchement que c’est là une façon de lutter contre la discrimination vécue par les femmes musulmanes ? Les priver de travail ou de scolarisation ?

            C’est pourquoi j’en appelle à trouver d’autres moyens !

            [Répondre à ce message]

    >Pas de justice "à la carte"
    8 juin 2008 , par Internaute   [retour au début des forums]

    « Méfions-nous de tout ce qui peut nous faire glisser vers une "justice à la carte" où chacun pourra choisir son menu selon ses coutumes, sa religion, sa philosophie. Et tout ça, au détriment de l’égalité et du droit des femmes. » Ni putes, ni soumises/a>.

    > "Y aurait-il des femmes plus aptes à la liberté que d’autres ?" Réponse à Françoise David
    8 juin 2008 , par Andrée Ferretti   [retour au début des forums]

    Il n’y a jamais loin du compromis à la compromission.

    Françoise David, comme nous l’a montré sa position sur l’indépendance du Québec, n’hésite jamais longtenmps à passer de l’un à l’autre.

    Stratégie conséquente à une vision intéressée du politique, c’est-à-dire une stratégie qui ne voit pas plus loin que le pouvoir convoité.

    Paradoxalement, comme le PQ l’a montré et démontré, c’est une stratégie qui mène à l’abandon des principaux objectifs et tout droit à l’accumulation de défaites.

    Quand on prétend vouloir changer le monde, le moins que l’on doive pouvoir est de se tenir debout.

    Je parie ma dernièe chemise que, de dilution en dilution de leur projet, David et Marois finiront par s’entendre comme larrons en foire.

    > "Y aurait-il des femmes plus aptes à la liberté que d’autres ?" Réponse à Françoise David
    7 juin 2008 , par Michaël Lessard   [retour au début des forums]

    Il me semble que le Conseil du statut de la femme du Québec et plusieurs groupes de femmes que je connais à Québec ont une position similaire à celle de QS.

    C’est un débat : ce n’est pas simple ni évident d’imposer par la force (loi) le retrait du foulard islamique.

    C’est très discutable qu’il soit un réel progrès d’obliger des femmes à choisir entre le port du foulard ou une école publique.

    Mais, au fait, une femme (une enseignante par exemple) qui voudrait porter un foulard pour des raisons non religieuses, ça se serait acceptable je présume dans votre vision. C’est quand même un peu n’importe quoi quand un y pense.

    Imaginons dans une école ou une université que vous deviez oser décréter à des femmes qu’elles doivent retirer leur foulard ou quitter les lieux. Et aussi demander l’expulsion d’hommes juifs portant la coiffe juive ou le kippa, etc.

    Imposer ses valeurs, de manière agressive ou par la force de la loi, c’est de la libération ? Oui, il faut parfois le faire pour le progrès, mais certains changements sociaux doivent se faire avec les femmes concernées. On ne remplace pas la domination par la domination.

    Personnellement, j’accepte que les êtres humains ont la liberté fondamentale de porter tous les symboles et signes de leur choix.
    __

    ps : sexisme oblige, je dois préciser que je suis un homme.

    >Ottawa à marde
    6 juin 2008 , par France   [retour au début des forums]

    J’avais fini par voter pour Québec Solidaire après avoir renouvelé ma carte du PQ puis avoir adhéré au Parti Vert... Je ne risque pas de répéter la même erreur aux prochaines élections.

    Je suis d’accord sur tout avec Mme Carrier. Il y a longtemps que je me suis rendu compte que le multiculturalisme était une politique profondément raciste... et quelle frustration de voir des racistes et des misogynes traiter les autres de racistes. La première fois que j’ai ressenti un malaise c’est je crois dès 1990 (ou au début des années 1990) lorsque sur un écran de cinéma de Montréal j’ai vu une publicité financée par le gouvernement fédéral qui impliquait que c’était du racisme de ne pas tolérer le voile. Aussi, à défendre Salman Rushdie, je m’étais fait traiter de raciste. En réalité Ottawa est à l’origine de cette misère intellectuelle, cette grande noirceur, que nous vivons. L’erreur serait de mettre la faute sur les Conservateurs de Harper et de penser que voter Libéral aux prochaines élections va régler le problème. Ce sont les Libéraux fédéraux qui, justement, ont créé le problème.

    Il faut au moins que le Québec se sépare de ce "paquet de marde" qu’est Ottawa, image chère à Falardeau. Bien sûr, ça ne réglera pas tout mais je crois que c’est une condition préalable. Donnons sa chance à Pauline !


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