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jeudi 10 juillet 2003

Masculinisme et suicide chez les hommes

par Martin Dufresne, Collectif masculin contre le sexisme






Écrits d'Élaine Audet



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Des masculinistes utilisent des statistiques partielles pour illustrer l’incidence du suicide et la détresse chez les hommes.

Si l’on veut exploiter les statistiques de suicide à des fins de politique partisane - un choix éthique des plus discutables -, je crois que s’impose une présentation moins sélective des données disponibles. En effet, il est clair que le véritable indice de la condition et de la détresse des gens de chaque sexe qui attentent à leurs jours n’est pas le taux de suicides complétés mais bien celui des "tentatives" de suicide.

Or, selon des sources statistiques au-dessus de tout soupçon, au Canada " le taux d’hospitalisations pour tentative de suicide est une fois et demie plus élevé pour les femmes que pour les hommes ". (1) Même proportion au Québec où l’Enquête Santé Québec (1998) établit que 2,9 % des hommes et 4,2 % des femmes rapportent avoir fait une tentative de suicide au cours de leur vie.(2)

Cette donnée - 50% plus de femmes suicidaires - correspond d’ailleurs de près aux niveaux plus élevés de dépression et de pauvreté constatés chez les femmes, en regard des mêmes facteurs chez les hommes. Mais il faut croire que " c’est plus grave quand ça arrive à un gars ".

Si les hommes, moins nombreux que les femmes à attenter à leurs jours, sont plus nombreux à compléter un suicide, c’est apparemment en raison de leur préférence pour des méthodes plus physiques, " efficaces " (armes à feu, pendaison, chute, collision en voiture, etc.). Le retrait des armes à feu du domicile des hommes violents et contrôlants éviterait sans doute bien plus de décès que la manipulation de statistiques et l’exploitation du désespoir à des fins politiques, par ceux qui cherchent à nier la position privilégiée des hommes.

Pour qui veut éviter de nouveaux drames, il faut même se demander dans quelle mesure la politique masculiniste de présentation des hommes comme victimisés en tant qu’hommes n’est pas un facteur qui "concourt" au désarroi et au suicide de certains hommes. En plus de noircir systématiquement le tableau de la " condition masculine ", cette politique donne lieu à des cas repérés de suicides (et aussi de meurtres de femmes et d’enfants, hélas) commis par des hommes divorcés que des masculinistes avaient incités à une guerre à finir contre leur ex-conjointe.(3)

Homophobie meurtrière
Une des principales influences repérées sur le suicide des hommes est l’"homophobie", dont une des figures est le harcèlement infligé aux hommes soupçonnés ou accusés d’être insuffisamment " masculins ". Il me semble significatif que des insultes et des allusions homophobes prolifèrent dans les forums de discussion envahis par les masculinistes, comme celui du Centre des médias alternatifs du Québec depuis mai 2003.

Pierre Tremblay et Richard Ramsay citent, dans un numéro spécial de l’Association québécoise de suicidologie (4), une étude néo-zélandaise selon laquelle " la probabilité de faire une tentative de suicide en cours de vie (est) six fois plus élevée chez ceux qui (s’identifient) comme homosexuels ". Ils mentionnent également deux autres recherches, réalisées depuis 25 ans à Calgary et au Kinsey Institute, indiquant que les hommes gais et bisexuels " ont 14 fois plus de probabilités de rapporter une tentative de suicide durant leur jeunesse et qu’ils représentent 62.5 % des jeunes personnes de sexe masculin faisant des tentatives de suicide à Calgary ".

Tremblay et Ramsay insistent sur le fait que le principal facteur de risque semble être non l’homosexualité elle-même mais la pression homophobe, imposée aussi bien à des adolescents hétérosexuels qu’à ceux qui sont réellement gais, lesbiens ou bisexuels. Les statistiques de tentatives de suicide en font preuve : " Réalisée en 1995, à Seattle, une étude rapporte une incidence de tentatives de suicide " au cours des 12 derniers mois " de 5,7 % chez les adolescents hétérosexuels non visés par des attaques relatives à l’homosexualité, comparativement à 20 % chez les adolescents hétérosexuels qui l’avaient été. Les adolescents gais, lesbiens ou bisexuels (GLB), visés ou non pour des abus reliés à l’homosexualité, avaient la même incidence élevée. " (5)

Comme le décrochage des garçons (6), la propension au suicide de bon nombre des jeunes hommes découlerait directement d’une culture viriliste. Quelle ironie de voir les masculinistes s’autoriser de telles tragédies pour relancer leurs troupes ! Il faudrait plutôt déplorer les coûts sociaux de la pression à " se comporter en vrai homme " et de la guerre que d’aucuns tentent de perpétuer contre les droits des femmes et des enfants.

Sources

1. Statistiques Canada.
2.
Prévention du suicide

3. Dufresne, M. Masculinisme et criminalité sexiste, Recherches féministes/NQF, 11(2) (1998), pp. 125-37, et sur Sisyphe
4. Vis-à-Vie, 10(2), 2000. www.cam.org/
5. Reis B (1996). The Seattle Public Schools’ Teen Health Risk Survey.
http://www.safeschoolswa.org/ssp_part2.html
.
6. Bouchard, P, et J.C. St-Amant. Garçons et filles, stéréotypes et réussite scolaire, Montréal, Éditions du Remue-ménage, 1996.

Mis en ligne sur Sisyphe le 10 juillet 2003


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Martin Dufresne, Collectif masculin contre le sexisme



Plan-Liens Forum

  • > Masculinisme et suicide chez les hommes
    (1/2) 25 août 2004 , par

  • Réponse à : Masculinisme et suicide chez les hommes
    (2/2) 10 septembre 2003 , par





  • > Masculinisme et suicide chez les hommes
    25 août 2004 , par   [retour au début des forums]

    Bonjour,

    Scientifiquement votre article est incomplet car il ne tient pas compte du fait que les tentatives de suicide sont justement des "tentatives".

    En effet, et je suis certain que vous le saviez, les tentatives de suicide sont souvent des mises en scène destinées a demander de l’aide.

    Les techniques, les produits utilisés ainsi que les moments choisis par ces personnes montrent qu’elles ne voulaient pas mourir.

    Un simple coup de fil aux services d’aide aux suicidés vous auraient évité l’écriture de cet article...

    • > Masculinisme et suicide chez les hommes
      25 août 2004 , par
        [retour au début des forums]

      Si on considère les tentatives de suicide et les suicides comme des appels à l’aide, et des indices de détresse, doit-on conclure que les femmes éprouvent davantage de détresse puisqu’elles font sensiblement plus de tentatives que les hommes ? Les moyens d’attenter à leur vie que les hommes utilisent seraient plus radicaux que ceux des femmes. Les hommes privilégieraient les armes à feu, les femmes, les médicaments.

      Alors, il n’est pas indiqué d’utiliser le nombre de suicides masculins pour essayer de démontrer que le désarroi des hommes est pire que celui des femmes et que c’est de la faute du féminisme, comme certains l’affirment.

      [Répondre à ce message]

    • > Masculinisme et suicide chez les hommes
      6 novembre 2005 , par
        [retour au début des forums]

      Tout à fait d’accord avec la personne qui vous indique que la plupart des "suicides" sont des tentatives qui résultent plus d’une volonté de vivre et donc d’un appel au secours maquillé que d’un véritable "désir" de mettre fib à ses jours.
      Ce phénoméne est particuliérement frappant de nos jours chez les jeunes femmes qui en ont fait depuis longtemps une arme...
      Chez les hommes, il y a plus suicides "maquillés" et de finalistes.
      Il n’y arien de glorieux à celà, je vous le concéde. De là à en faire une guerre des sexes pour cause de peur de l’"Autre", c’est de la psycho à bon marché

      Patrick Mahé /paris

      [Répondre à ce message]

    • > Que ca soir reussi ou non
      14 décembre 2005 , par
        [retour au début des forums]

      Ca change rien au fait que ya un problème kkepart. Que le suicide soit reussi ou non personne a comme ambition de se suicider. Ca vient des persecutions des autres. Jsais pas ta quel age mais pense y un peu. Moi jy ai deja pensé pis c pcq yavait du monde a qui jsais que ca aurait fait de la peine que jai jamais rien fait. Si kkun essaie de se suicider, ca doit être que ya kkechose qui cloche

      [Répondre à ce message]

    Réponse à : Masculinisme et suicide chez les hommes
    10 septembre 2003 , par   [retour au début des forums]

    Je viens de parcourir le texte qui soulève le problème du suicide chez les hommes et qui finalement laissent entendre que si près de 1300 hommes meurent chaque années par suicide, cela est moins important que toutes les tentatives de suicide manquées par les femmes en raison des moyens utilisés pour atteindre son but.
    Je suis renversé de voir que l’on puisse à se point tordre des réalités humaines en utilisant des statistiques basées sur des chiffres tellement instables.

    Deux fois plus de femmes en dépression, deux fois plus font des tentatives de suicide, est-ce plus ou moins grave ? Ne peut-on dire que c’est grave point. Quand on sait que beaucoup d’hommes font des dépressions sans que personnes n’en relèvent les statistiques, puisqu’ils n’utilisent pas les services d’aide. Plusieurs hommes font des tentatives de suicide et restent chez eux et sont supportés par des proches, souvent les conjointes. Retrouve-t-on cette réalité dans les statistiques ?

    Est-ce de cette façon que la cause contre le sexisme progressera, permettez-moi d’en douter, mais que voulez-vous, vous voulez l’égalité et la reconnaissance et vous reproduisez un des plus vieux stéréotypes humains :"Les femmes et les enfants d’abord"

    Même mort, un homme ne peut pas être reconnu comme victime d’une triste réalité, point.

    • > Un article qui me dérange...
      18 avril 2005 , par
        [retour au début des forums]

      Cet article me gêne, autant pour son analyse selon moi quelque peu boiteuse que pour les axiomes qui le sous-tendent : il donne un mauvais fondement à un courant de pensée politique auquel j’adhère, et qui est _sans surprise_ le féminisme. En cela, je pense qu’il cause du tort à ma/notre cause. Je m’explique :

      Une variable qui n’a pas été prise en compte autant qu’elle aurait dû, puisqu’on étudie les taux de suicide (tentatives versus réussis) des femmes et des hommes, est le taux de comportements violents au sens large plus élevés des hommes (accidents de voiture mortels, « bastons », abus d’alcool, sports de combat, etc). Cette violence est souvent retournée contre son auteur. Qu’en déduire ? Si ce n’est une orientation de l’éducation des petits garçons vers la violence plus marquée que celle des petites filles, à mon humble avis, rien.

      Cette orientation (coupable) de l’éducation des petits garçons, je ne la tire pas de mon chapeau (hélas je ne sais sortir que des lapins blancs par ce biais, au fil du temps, ça lasse mon auditoire). On l’a souvent démontrée. Du costume de superman jusqu’aux tanks et avions miniature, en passant par les jeux de guerre et les rôles des garçons et des hommes à la télévision et au cinéma rarement exempt de « violence virile », il faudrait une sacrée prédisposition à l’esprit critique pour que nos petits frères deviennent des peluches maternantes. Même chez les garçons les plus doux, l’humour met en scène en général plus de violence. Je suis certainement plus agressive que mon petit ami (ouaip, le conditionnement, ça échoue parfois :D), mais j’ai remarqué qu’il plaisantait de manière bien plus fréquente sur les meurtres, la torture et autres formes de violence, et il m’a avoué avoir dessiné nombre de gens s’étripant et se massacrant. Comme si, pour ne pas être rejeté et exclu par le « clan » (par exemple les amis qui le disent « faible »), il fallait exprimer par un biais quelconque une affinité avec la violence.

      Je pense donc que la violence est valorisée chez les petits garçons, malgré que ça ne corresponde en rien à leur « nature » propre, avec pour corollaire chez les plus instables ou ceux qui traversent des périodes difficiles des comportements destructeurs, pour eux et pour les autres.

      Ceci dit, faire des statistiques sur la dépression, la tentative de suicide et le suicide est illusoire : d’abord, du fait de cette même éducation différenciée, les femmes et les hommes ne vont pas exprimer de la même manière leur détresse. Par exemple, il me semblerait cohérent au vu de la plus grande difficulté générale des hommes, a fortiori éduqués selon un modèle viril, d’exprimer leur ressenti, leurs sentiments, détresse et souffrance comprises (« pleure pas comme une fille ! »), au vu du plus grand stigmate attaché à la consultation d’un psychologue par un homme (pour une « bonne femme » c’est normal, ça aurait ses états dépressifs chroniques, ces bêtes là^^), au vu de ce type d’indices, il semblerait cohérent qu’on rapporte plus de manifestations « bénignes » de la détresse chez les femmes et plus de manifestations « fatales » chez les hommes, puisque leur plus grande discrétion sur leurs sentiments, leur plus grande difficulté à appeler à l’aide, se traduirait logiquement par une moins grande propension à appeler au secours (moins de tentatives de suicides ou de dépressions), et par conséquent des sentiments de désespoir et de fatalité plus aigus, puisqu’une solution ne leur aura pas été proposée à temps (et donc plus de suicides « réussis »).

      Attention, je ne prends pas en pitié les « pauvres hommes qui ont du mal à s’exprimer ». J’accuse au contraire la société de créer ce phénomène, car si cela les pousse (peut-être) à se détruire davantage, ils en détruisent AUSSI davantage leur entourage (et là on peut se passer du « peut-être »). Je pense seulement que ce type de lecture du phénomène est plus adéquate. Et je me garde bien d’en déduire quoi que ce soit, si ce n’est encore et toujours une condamnation définitive et virulente de l’éducation différenciée.

      Dernier point, mon féminisme ne s’appuie pas sur la course à l’apitoiement.

      Je m’explique : qu’importe pour moi si les femmes soient plus en détresse que les hommes : je ne punis pas un crime en fonction de la souffrance endurée par la victime. Je punis un crime en fonction de la gravité de celui-ci, du caractère plus ou moins illégal, plus ou moins vil de l’acte du coupable. Faire le contraire reviendrait à transférer la responsabilité de l’agresseur-se vers l’agressé-e, puisque le problème tiendrait davantage de la vulnérabilité et de la sensibilité de celle/celui-ci que de la méchanceté (le terme me semble dérisoire, pardon) de celle/celui-là.

      C’est-à-dire que tout ce que prouverait pour moi une étude qui établirait FORMELLEMENT (ce que ne fait pas celle-ci) une plus grande détresse des hommes que des femmes, ce serait une plus grande capacité des femmes à résister à la souffrance, à s’accrocher à la vie, à se reconstruire, bref un plus grand courage des femmes. Auquel du fait de mon expérience personnelle je crois. Et en aucun cas une situation sociale plus défavorable aux hommes, d’autant qu’il est par contre en ce domaine PROUVE sans l’ombre d’un doute que les hommes sont privilégiés.

      Cela pourrait se résumer à une maxime toute simple : on peut être une femme forte, courageuse, et une victime. Prétendre l’inverse, c’est légitimer les agressions en en transférant la responsabilité sur la victime.

      Bon, résumé de ce long message :
      1/ Inclure l’impact de l’éducation différenciée, qui a pour résultante une plus grande violence doublée d’une plus grande difficulté à communiquer leurs émotions des hommes.
      2/ Ne pas en déduire hâtivement que les taux de suicide ou de tentatives de suicide prouvent qu’un des deux sexes, femmes ou hommes, est socialement privilégié face à l’autre. Il y a d’autres études franchement plus sérieuses réalisées en la matière. Les seuls domaines où l’on pourrait en tirer des conclusions, c’est en terme de regard porté sur la vie (je vis pour moi ou pour les autres ?), de sens du devoir, de courage, d’insertion, de pugnacité… Et encore cela me paraît-il bien peu scientifique.
      3/ Ne pas faire de victimisation : oui les femmes sont victimes de phénomènes sexistes. Cependant, ce n’est pas au nom de leur souffrance (variable d’une personne à l’autre) mais au nom de leurs droits qu’il faut agir ! En effet, la protection d’une personne (considérée comme mineure et par conséquent sous la tutelle d’un autre) est inconciliable avec le fait de garantir ses droits.
      4/ NE JAMAIS INVERSER LES CULPABILITES. C’est en effet à cause de ce type de raisonnements néfastes que tant de femmes réfutent leur féminisme (« moi je n’ai pas de problèmes », « je pense qu’il suffit de se battre », « je suis une femme forte, pas une geignarde », etc).

      [Répondre à ce message]


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