| Arts & Lettres | Poésie | Démocratie, laïcité, droits | Politique | Féminisme, rapports hommes-femmes | Femmes du monde | Polytechnique 6 décembre 1989 | Prostitution & pornographie | Syndrome d'aliénation parentale (SAP) | Voile islamique | Violences | Sociétés | Santé & Sciences | Textes anglais  

                   Sisyphe.org    Accueil                                   Plan du site                       






octobre 2003

Le Nobel de la paix 2003 à la juriste iranienne Shirin Ebadi

par Micheline Carrier






Écrits d'Élaine Audet



Chercher dans ce site


AUTRES ARTICLES
DANS LA MEME RUBRIQUE


#8mars - Les "étincelles" de Sophie Grégoire Trudeau
Désolée, vous n’êtes pas égales
Élaine Audet et Micheline Carrier, récipiendaires du Prix PDF QUÉBEC 2016
Vous avez dit "mauvais genre" ?
Lorraine Pagé trace un tableau de la situation des femmes dans le monde
Sexisme politique, sexe social
Révolution féministe : site féministe universaliste et laïc
Il faut abolir les prisons pour femmes
Le féminisme islamique est-il un pseudo-féminisme ?
Pour un féminisme pluriel
Cachez-moi ce vilain féminisme
Féminisme - Le Groupe des treize veut rencontrer la ministre à la Condition féminine Lise Thériault
Combattre le patriarcat pour la dignité des femmes et le salut du monde
Martine Desjardins parle du Sommet des femmes à Montréal
Banaliser la misogynie, c’est dangereux
Féminisme - Faut-il faire le jeu du "Diviser pour régner" ?
Je suis blanche et vous me le reprochez !
La pensée binaire du féminisme intersectionnel ne peut que mener à l’incohérence
Lutter contre la pauvreté des femmes et la violence des hommes envers elles
"Du pain et des roses" - Le 26 mai 1995, une grande aventure débutait
Portrait des Québécoises en 2015 - L’égalité ? Mon œil !
Je plaide pour un féminisme qui n’essaie pas de s’édulcorer
La Maison de Marthe, première récipiendaire du Prix PDF Québec
Ensemble, réussir la 4ième Marche Mondiale des Femmes ! Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche !
Des "Déchaînées" aux genoux du patriarcat !
L’intervention féministe intersectionnelle – Troquer un idéal pour une idéologie trompeuse ?
Ce que révèle l’alliance de certains musulmans avec la droite réactionnaire
Au cœur de la division du mouvement féministe québécois : deux visions
Désaccord sur le virage de la Fédération des femmes du Québec
Féminisme islamique - Quand la confusion politique ne profite pas au féminisme
États généraux du féminisme - Des sujets importants écartés : "De qui ou de quoi avons-nous peur ?"
PDF Québec est lancé ! - Une voix pour les droits des femmes
États généraux et FFQ - Un féminisme accusateur source de dissension
Ignorer et défendre la domination masculine : le piège de l’intersectionnalité
Comment les hommes peuvent appuyer le féminisme
Le féminisme contemporain dans la culture porno : ni le playboy de papa, ni le féminisme de maman
Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité
Les micro-identités et le "libre choix" érigé en système menacent les luttes féministes
La misogynie n’a pas sa place dans le féminisme
L’écriture équitable - La féminisation des textes est un acte politique
Réfutation de mensonges au sujet d’Andrea Dworkin
Une éducation féministe donne de meilleurs fils
"Rien n’a encore pu me détruire" : entretien avec Catharine A. MacKinnon
France - La mainmise des hommes sur le monde de la radio
États généraux sur le féminisme au Québec/FFQ - Des exclusions fondées sur des motifs idéologiques et des faussetés
Le mouvement des « droits des hommes », la CAFE et l’Université de Toronto
Mensonges patriarcaux - Le mouvement des « droits des hommes » et sa misogynie sur nos campus
Féministes, gare à la dépolitisation ! Les féminismes individualiste et postmoderne
"Les femmes de droite", une oeuvre magistrale d’Andrea Dworkin
"Je suis libre", une incantation magique censée nous libérer des structures oppressives
Trans, queers et libéraux font annuler une conférence féministe radicale à Londres
« Le féminisme ou la mort »
"Des paradis vraiment bizarres" - "Reflets dans un œil d’homme ", un essai de Nancy Huston
Quand les stéréotypes contrôlent nos sens
"Agentivité sexuelle" et appropriation des stratégies sexistes
Cessons de dire que les jeunes femmes ne s’identifient pas au féminisme !
Un grand moment de féminisme en milieu universitaire
Beauté fatale. Les nouveaux visages d’une aliénation féminine
Résistance au sexe en contexte hétérosexuel
La CHI - Un humour dégradant et complice de l’injustice sociale
"Heartbreak", une autobiographie d’Andrea Dworkin
Hockey, suicide et construction sociale de la masculinité
Polémique sur l’enseignement du genre dans les manuels scolaires en France
Le "Gender" à l’américaine - Un verbiage qui noie la réalité du pouvoir patriarcal
2011-2015 - Un plan d’action pour un Québec égalitaire
NousFemmes.org
L’égalité inachevée
Journée internationale des femmes 2011 - Briser le silence sur toutes les formes de sexisme
En France et ailleurs, 2010, une mauvaise année pour les femmes
Ce qu’est le féminisme radical
Polygamie - Le Comité de réflexion sur la situation des femmes immigrées et “racisées” appuie l’avis du CSF
Il y a trois ans, mon cher Léo...
La Fédération des femmes du Québec représente-t-elle toutes les femmes ?
Tout est rentable dans le corps des femmes... pour ceux qui l’exploitent
Incessante tyrannie
Comment le patriarcat et le capitalisme renforcent-ils conjointement l’oppression des femmes ?
Égalité ou différence ? Le féminisme face à ses divisions
Le "gender gap" dans les Technologies de l’information et de la communication
La Marche mondiale des femmes dix ans plus tard
Azilda Marchand : une Québécoise qui fut de tous les combats pour les femmes !
Les hommes proféministes : compagnons de route ou faux amis ?
Prostitution et voile intégral – Sisyphe censuré par le réseau féministe NetFemmes
Regard sur l’égalité entre les femmes et les hommes : où en sommes-nous au Québec ?
Féminisme en ménopause ?
Ce n’est pas la France des NOBELS !
Écarter d’excellentes candidates en médecine ? Inadmissible !
Trois mousquetaires au féminin : Susan B. Anthony, Elizabeth Cady Stanton et Matilda Joslyn Gage
La question des privilèges - Le réalisateur Patric Jean répond à des critiques
Lettre à Patric Jean, réalisateur de "La domination masculine", et à bien d’autres...
Une grande féministe, Laurette Chrétien-Sloan, décédée en décembre 2009
Le travail, tant qu’il nous plaira !
Comme une odeur de misogynie
La patineuse
Invasion du sexisme dans un lycée public
Magazines, anorgasmie et autres dysfonctions
"Toutes et tous ensemble pour les droits des femmes !"
Cent ans d’antiféminisme
MLF : "Antoinette Fouque a un petit côté sectaire"
Des femmes : Une histoire du MLF de 1968 à 2008
Qui est déconnectée ? Réponse à Nathalie Collard
Manifeste du rassemblement pancanadien des jeunes féministes
Pour une Charte des droits des femmes
Andy Srougi perd sa poursuite en diffamation
La lesbienne dans Le Deuxième Sexe
Le livre noir de la condition des femmes
La percée de la mouvance masculiniste en Occident
Procès du féminisme
Humanisme, pédocriminalité et résistance masculiniste
Une critique des pages sur le viol du livre "Le Plaisir de tuer"
Mise au point sur la suspension d’un article critiquant le livre du Dr Michel Dubec
Pour éviter de se noyer dans la (troisième) vague : réflexions sur l’histoire et l’actualité du féminisme radical
L’égalité des femmes au Québec, loin de la coupe aux lèvres !
Je suis féministe !
Écoféminisme et économie
Poursuite contre Barbara Legault et la revue "À Bâbord !" - Mise à jour
Biographie de Léo Thiers-Vidal
Vivement le temps de prendre son temps !
Séances d’information pour le projet d’une Politique d’égalité à la Ville de Montréal
Florence Montreynaud fait oeuvre d’amour et de mémoire
Magazines pour filles, changement de ton !
Un 30e anniversaire de la JIF sous la fronde conservatrice
L’égalité des femmes au Québec est-elle plus qu’une façade ?
Colloque sur Antigone
Prostitution et trafic sexuel - Dossier principal sur Sisyphe.org
Golf : "Gentlemen only, ladies forbidden" ?
Méchant ressac ou KIA raison ?
Dégénération de "Mes aïeux", un engouement questionnant
Les « Gender Studies », un gruyère confortable pour les universitaires
Réflexions "scientifiques" du haut du Mont Grey Lock
Madame, s’il vous plaît !
Annie Leclerc, philosophe
Des arguments de poids...
Pour hommes seulement
Andrea Dworkin ne croit pas que tout rapport sexuel hétéro est un viol
Peau d’Âme ou Beautés désespérées ?
Réflexions et questionnement d’une féministe en mutation
Mais pourquoi est-elle si méchante ?
Le concours « Les Jeudis Seins » s’inscrit dans le phénomène de l’hypersexualisation sociale
Aux femmes qui demandent - sans plus y croire - justice. Qu’elles vivent !
Jeux olympiques 2006 : félicitations, les filles !
7e Grève mondiale des femmes - Le Venezuela donne l’exemple
Évolution des droits des Québécoises et parcours d’une militante
2005, l’année de l’homme au Québec
Mes "problèmes de sexe" chez le garagiste !
Brèves considérations autour des représentations contemporaines du corps
OUI à la décriminalisation des personnes prostituées, NON à la décriminalisation de la prostitution
"Femmes, le pouvoir impossible", un livre de Marie-Joseph Bertini
L’AFEAS veut la représentation égalitaire à l’Assemblée nationale du Québec
Elles sont jeunes... eux pas
Dis-moi, « le genre », ça veut dire quoi ?
Quand donc les hommes ont-ils renoncé à la parole ?
Déconstruction du discours masculiniste sur la violence
Les hommes vont mal. Ah bon ?
La face visible d’un nouveau patriarcat
Quelle alternative au patriarcat ?
Le projet de loi du gouvernement Raffarin "relatif à la lutte contre les propos discriminatoires à caractère sexiste et homophobe" est indéfendable
L’influence des groupes de pères séparés sur le droit de la famille en Australie
Victoires incomplètes, avenir incertain : les enjeux du féminisme québécois
Retrouver l’élan du féminisme
Le droit d’éliminer les filles dans l’oeuf ?
Le système patriarcal à la base des inégalités entre les sexes
Des nouvelles des masculinistes
Masculinisme et système de justice : du pleurnichage à l’intimidation
Nouvelle donne féministe : de la résistance à la conquête
Les masculinistes : s’ouvrir à leurs réalités et répondre à leurs besoins
Nouvelles Questions féministes : "À contresens de l’égalité"
S’assumer pour surmonter sa propre violence
Sisyphe, que de rochers il faudra encore rouler !
Coupables...et fières de l’être !
Un rapport de Condition féminine Canada démasque un discours qui nie les inégalités de genre
De la masculinité à l’anti-masculinisme : penser les rapports sociaux de sexe à partir d’une position sociale oppressive
Les courants de pensée féministe
Quelques commentaires sur la domination patriarcale
Chroniques plurielles des luttes féministes au Québec
Qu’il est difficile de partir !
Deux cents participantes au premier rassemblement québécois des jeunes féministes
Le féminisme : comprendre, agir, changer
Le féminisme, une fausse route ? Une lutte secondaire ?
À l’ombre du Vaaag : retour sur le Point G
L’identité masculine ne se construit pas contre l’autre
Les hommes et le féminisme : intégrer la pensée féministe
La misère au masculin
Hommes en désarroi et déroutes de la raison
Le « complot » féministe
Christine de Pisan au coeur d’une querelle antiféministe avant la lettre
Masculinisme et suicide chez les hommes
Le féminisme, chèvre émissaire !
L’autonomie de la FFQ, véritable enjeu de l’élection à la présidence
Les défis du féminisme d’aujourd’hui
Les arguments du discours masculiniste
Nouvelle présidente à la FFQ : changement de cap ?
La stratégie masculiniste, une offensive contre le féminisme
Le discours masculiniste dans les forums de discussion







JPEG - 5.3 ko
Photo : Courrier international

Le prix Nobel de la paix 2003 a été attribué le 10 octobre à la militante iranienne pour la démocratie et les droits de l’homme, Shirin Ebadi. Avocate de 56 ans, Mme Ebadi est la 11e femme et la première musulmane à recevoir cette reconnaissance depuis la création de ce prix en 1901.

La presse iranienne a annoncé la nouvelle de façon laconique. Un porte-parole du gouvernement, qui s’était réjoui de cette reconnaissance, a ensuite précisé qu’il ne parlait qu’en son nom personnel.

Alors que les réformateurs accueillaient avec satisfaction l’honneur accordé à l’éminente juriste, les conservateurs l’ont immédiatement dénoncé comme une « infamie ». Un dirigeant conservateur a déclaré que Shirin Ebadi avait obtenu cette reconnaissance parce qu’elle avait le soutien du président Bush et du premier ministre Blair.

À son arrivée à l’aéroport Mehrabad, le 14 octobre, Mme Ebadi a néanmoins reçu un accueil "royal" de la part de ses compatriotes, en majorité des femmes qui tenaient à la main un bouquet de fleurs ou un portrait de la lauréate et portaient un foulard blanc, symbole de paix, au lieu du voile noir habituellement de rigueur. Aux environs de l’aéroport, la circulation était dense et lent, de nombreux automobilistes abandonnant leur voiture pour poursuivre leur route à pied.

Retombées politiques de cette distinction

Les analystes ont spéculé sur l’influence que pourrait avoir ce prix prestigieux sur les réformes en faveur des droits humains en Iran. Selon Siavosh Ghazi, journaliste iranien et correspondant de Radio-Canada, « il se peut qu’il y ait crispation à la suite de cette nouvelle chez les conservateurs iraniens, ce qui n’aiderait pas les changements dans le sens des réformes. »

Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, la sociologue Chahla Chafiq, auteure des livres Le nouvel homme islamiste et Femmes sous le voile, a souligné que l’attribution du prix Nobel de la paix à Shirin Ebadi est un choix « éminemment politique » qui met en relief le décalage entre la réalité quotidienne (répression) en Iran et le travail en faveur des droits de la personne accompli par de nombreuses personnes, dont Shirin Ebadi. Ce prix peut avoir une valeur symbolique, a-t-elle dit, parce qu’il souligne la lutte pour la démocratie et les droits humains en Iran.

En aucun cas on ne doit cependant interpréter cette reconnaissance en faveur du mouvement réformiste islamiste, a précisé la sociologue, car le bilan du gouvernement iranien est loin d’être brillant en termes d’avancées pour la démocratie et les droits de l’homme. À cause de la nature théocratique du pouvoir, « les luttes à l’intérieur de l’Iran ne sont pas parvenues à ébranler ou à abolir les lois patriarcales, les lois sur le statut d’infériorité de la femme quant au mariage, à l’héritage, au divorce, etc. » La répression continue, il n’y a pas de liberté d’expression.

Shirin Ebadi elle-même ne se fait pas d’illusion quant à l’influence de cette reconnaissance sur les réformes dans son pays : « Je ne pense pas que la politique en Iran soit assez flexible pour changer du jour au lendemain à cause d’un prix, fût-il prestigieux comme le Nobel de la paix, a dit Mme Ebadi. En revanche, cette distinction va donner beaucoup de conviction aux défenseurs des droits de l’homme et des libertés en Iran, sachant que ces derniers étaient un peu essoufflés ces derniers temps. Cela va les remotiver dans leurs actions (...) ». Elle a demandé au gouvernement de l’Iran de libérer le plus tôt possible les nombreuses personnes emprisonnées pour délit d’opinion et pour leur lutte en faveur de la liberté et de la démocratie. La liberté d’expression est primordiale, a-t-elle affirmée.

Shirin Ebadi estime que démocratie et Islam sont compatibles en Iran, une opinion que partage la sociologue Chahla Chafiq, mais « à condition que l’Islam ne soit pas l’idéologie de l’État et la source de la loi. Si l’Islam, comme toute religion, est idéologie de l’État et source de la loi, ce ne sera pas favorable aux droits de l’homme ni à l’égalité des femmes. »

Parcours d’une militante

Mariée et mère de deux filles âgés de 20 et 23 ans, titulaire d’une maîtrise en droit, Shirin Ebadi enseigne à l’université de Téhéran depuis plusieurs années. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages, dont The Rights of the Child. A Study of Legal Aspects of Children’s Rights in Iran (Tehran, 1994), publié avec le soutien de l’UNICEF, et History and Documentation of Human Rights in Iran (New York, 2000).

En 1974, elle a été la première femme à accéder à la magistrature sous le règne du chah, mais elle a dû quitter son poste après la révolution islamique de 1979, les imans ayant décrété que les femmes étaient "trop émotives" pour diriger un tribunal. Ebadi n’en a pas moins continué à offrir une aide juridique aux personnes persécutées en dépit des menaces dont elle a souvent fait l’objet.

Avocate des droits des femmes et des enfants ainsi que des droits humains en général, la lauréate du prix Nobel de la paix 2003 a défendu dans le passé des causes délicates. Elle a joué un rôle majeur dans l’enquête sur une série de meurtres d’intellectuels et d’opposants en 1998 et 1999 et elle a représenté les familles des opposants libéraux Darioush et Parvaneh Foruhar, également assassinés. En 2000, elle a assuré la défense de Mehrangiz Kar et Shahla Lahiji, deux prisonnières de conscience combattant pour les droits des femmes en Iran. La même année, Mme Ebadi a passé 22 jours en prison sous l’accusation « d’avoir troublé l’opinion publique » en enregistrant sur cassette et diffusant les « confessions » d’Amir Farshad Ebrahimi, qui s’exprimait sur son ancien groupe, l’Ansar Hezbollah (les Partisans du parti de Dieu). Cet enregistrement expliquait comment l’organisation d’extrémistes islamistes avait reçu instruction de briser les manifestations et toute contestation.

Et l’avenir ?

Mme Ebadi a a déclaré que ce prix appartenait « à tous les Iraniens qui se battent pour la démocratie » et elle a situé son travail militant dans la continuité des luttes pour les droits humains en Iran depuis le début du siècle. Cette lutte « n’a pas commencé avec la République islamique, a-t-elle dit. Le mouvement pour les libertés en Iran a un long passé qui date du début de la révolution constitutionnelle, en 1905. Notre itinéraire rappelle l’histoire de ces femmes qui ont vendu leurs bijoux pour acheter des armes pour les militants de la liberté. Nous nous inscrivons entièrement dans cette lignée. »

Dans une entrevue au Courrier international, Shirin Ebadi a déclaré que le bilan du gouvernement Khatami était somme tout « positif ». Elle a donné pour exemple le fait que M. Khatami ait « énergiquement mis en lumière le rôle du ministère du Renseignement » dans le cas des assassinats en série d’intellectuels en 1998 et 1999. À son avis, le fait de rendre publique cette affaire « était un grand pas pour la démocratie ». Elle a mentionné également « la thèse du dialogue entre les civilisations » que le président a mise de l’avant, ainsi que « l’accent sur le respect de la loi. C’est un grand acquis, car à l’heure actuelle, même la minorité autoritaire en Iran se voit obligée, ne serait-ce qu’en
apparence, de se référer à la loi pour justifier ses agissements. »

La lauréate a affirmé néanmoins qu’il faut « braquer les projecteurs sur le bouclier que les pouvoirs érigent au nom de l’islam », a-t-elle dit. « Ce sont le despotisme, le colonialisme ou la phallocratie qui se cachent derrière ce bouclier. » Elle a également dénoncé les interventions étrangères « dans les affaires internes d’un pays » et encouragé les populations irakiennes et afghanes à s’unir, chacune dans leur pays, pour faire avancer « leurs projets sans permettre aux autres pays, étrangers ou voisins, de dessiner leur devenir. Les problèmes doivent être résolus à l’intérieur de la famille. »

La lauréate veut consacrer une grande partie de l’argent du Nobel de la paix - plus d’un million de dollars - aux actions de développement social qui lui sont chères, notamment par l’entremise d’une ONG qu’elle a créée, l’Association de défense des droits des enfants.

Interrogée sur le port du foulard qui suscite de vifs débats en Europe, la lauréate du Nobel de la paix 2003 a déclaré qu’elle le portait dans son pays parce que la loi l’y obligeait, mais qu’elle s’en dispensait en France parce qu’elle avait le choix.

Me Ebadi a accepté de représenter la famille de la journaliste irano-canadienne, Zahra Kazemi, au procès de son meurtrier présumé qui a commencé la semaine dernière à Téhéran.

Souhaitons que Shirin Ebadi ne subisse pas le sort de la Birmane Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la Paix 1991 et chef de l’opposition démocratique dans son pays où elle est prisonnière.

Sources

Amnesty International
Courrier international
Cyberpresse
Humanité
Iranscope
Radio-Canada, Maisonneuve en direct (Entrevues à écouter en ligne).
TF1.fr


Partagez cette page.
Share


Format Noir & Blanc pour mieux imprimer ce texteImprimer ce texte   Nous suivre sur Twitter   Nous suivre sur Facebook
   Commenter cet article plus bas.

Micheline Carrier
Sisyphe

Micheline Carrier est éditrice du site Sisyphe.org et des éditions Sisyphe avec Élaine Audet.



    Pour afficher en permanence les plus récents titres et le logo de Sisyphe.org sur votre site, visitez la brève À propos de Sisyphe.

© SISYPHE 2002-2003
http://sisyphe.org | Archives | Plan du site | Copyright Sisyphe 2002-2016 | |Retour à la page d'accueil |Admin